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Zeman le romain

Zeman fait parti de ces entraîneurs qui savent entrer dans le coeur des foules. Mais à Rome, le phénomène inverse s’est produit, et lorsque le tchèque entraîna les équipes romaines, c’est Rome qui rentra dans son coeur. Rien de surprenant donc de le voir revenir chez lui après 13 ans, pour le plus grand plaisir des tifosi.

 

Quand Zeman arrive à la Roma en 1997, il vient de passer trois années à diriger l’équipe rivale, la Lazio de Rome où il lancera entre autre le jeune Alessandro Nesta. L’année précédente la Roma avait finit 12ème et avait quasiment lutté pour le maintien. Pour sa première saison, Zeman réussit des miracles, finissant 4ème grâce à un trio d’attaque prolifique (Balbo, Totti et Sergio dépassant les 12 buts) qui finira d’ailleurs meilleur attaque de serie A, une habitude pour le tchèque. La saison 1997-1998 est surtout la saison d’un grand pas en avant pour un joueur phare de l’histoire giallorossa. En effet c’est cette année là que Zeman donne le brassard de capitaine à un certain Francesco Totti âgé alors de 21 ans, qui ne le lâchera plus.

La deuxième saison de Zeman est encore meilleure. Il finira pourtant 5ème (mais sera toujours la meilleure attaque), la faute à d’innombrables erreur d’arbitrage en défaveur de la Roma. Pour beaucoup ces multiples fautes proviennent du fait que Zeman n’avait pas hésité à déclarer que les joueurs de la Juventus se dopaient régulièrement et qu’il voulait un sport propre. Ces deux histoires feront grande polémique et à cause de ces faits, Zeman sera remplacé à la tête de la Roma par Fabio Capello alors débarqué de la même Juventus.

Par dessus tout ce qu’on retiendra à Rome de Zeman c’est le spectacle. En deux années, son équipe aura mis 134 buts en serie A, soit une moyenne de 2 buts par matchs. Dans les derbys surtout où en 1998 la Roma est menée 3-1 et à 10 mais réussi à arracher un match nul 3-3. Lors du retour en 1999 la Lazio est alors en tête du championnat mais la Roma l’emporte 3-1 et la Lazio entre alors dans une spirale infernale qui lui fera perdre son titre au profit du Milan AC.

Mais des derbys, Zeman en perdra 4. Mais ils ne seront pas ses seules défaites marquantes. Par exemple prenons le Juventus – Roma (3-1) de 1998, où un penalty flagrant est « oublié » par Messina pour la Roma. Zeman dira de ce match : « La Juve gagnera le scudetto car elle est la plus forte et la plus aidée », ce que le président Franco Sensi s’est empressé d’appuyer : « Vingt millions de témoin. Tous ont vu ce qui est arrivé à la Roma ». Il en fallait pas moins pour lancer la fameuse polémique Zeman-Juve. Ou alors le match Roma – Inter de 1999 perdu 4-5. Ce match incarne la philosophie de Zeman, une attaque survoltée et une défense dépassée. Dans les rumeurs qui ont circulé, Sensi aurait choisi de ne pas continuer l’avanture avec Zeman au soir de cette défaite. Mais rendons à Zeman ce qui appartient à Zeman. Il Boemo aura aussi des victoires resplendissantes comme le Roma – Napoli (6-2) de 1997 ou le Roma – Milan (5-0) de la même saison.

Zeman a su conquérir Rome des deux côtés du Tibre. Mais il est toujours resté plus proche de la Roma. Il n’a d’ailleurs jamais pu quitter la ville éternelle et y vit toujours et ce depuis 18 ans. Soyons sûr qu’avec lui, nous allons voir du spéctacle et des buts. Bentornato il Boemo e in bocca al lupo !