Une année à Olimpico, vu par le site CSR

C’est une nouvelle rubrique que le site CSR vous propose depuis ce début de saison, après le succès de « l’article-story » du derby face à la Lazio : Une description des rencontres se disputant au Stadio Olimpico, vu par l’oeil d’un membre du site (Edo). Revivez cette journée et ces matchs face à la Samp et le Genoa comme si vous y étiez.

Dans quelques années, on ne retiendra probablement de 2013 que ce maudit 26 mai, l’un des jours les plus noirs de notre Histoire, juste derrière la finale de Coupe des Clubs Champions perdue à domicile aux tirs au but en 1984, et l’incroyable défaite face à Lecce qui coûtera le titre en 1986.

On ne retiendra probablement pas que, à partir de septembre, notre Roma a été remarquable. Qu’elle n’a été inférieure qu’à la machine de guerre juventina, machine conçue pour tout gagner, et déjà rodée depuis 2 ans, contrairement à nous.

La seule solution pour ne pas oublier, c’est donner de l’avenir à cette équipe. La qualifier aux coupes européennes, desquelles nous sommes absents depuis trop longtemps. 3 ans sont très longs, trop longs, même dans la Ville Eternelle.
Gagner un titre aussi peut être une bonne solution pour ne rien oublier. Avec l’avantage d’être une fin en soi.

Hélas, pour le titre, ce ne sera vraisemblablement pas cette année. La semaine dernière, dans une arène où on avait encaissé 10 buts en 3 matchs (et donc 13 en 4 matchs depuis dimanche), la machine de guerre blanche et noire nous a rappelé que les champions se voient avant tout au mental. Et on a encore beaucoup de progrès à faire de ce point de vue.

Jeudi, Roma – Sampdoria

4 jours après ce match nous est offerte l’opportunité de nous rattraper, dans la compétition qui a eu un dénouement si cruel l’an dernier.
La Sampdoria régénérée depuis l’arrivée de Mihajlovic est attendue à Rome.

Premier match de 2014 à l’Olimpico.
Nouvelle année, nouvelles résolutions.

Concernant les matchs, une résolution pas mauvaise serait de tout faire pour arriver à l’heure. Ces derniers temps, la fâcheuse manie d’arriver à la ramasse au stade nous avait pris à nos potes et moi.
Prendre son temps comme si nous ne connaissions pas assez bien la réalité du trafic urbain de Rome.
Se garer assez loin de l’enceinte à 10 minutes du match.
Se taper un sprint désespéré pour arriver à voir le coup d’envoi.

Par une chance incroyable, on n’est jamais arrivé en retard. Mais après ce match, je pense qu’on dira stop pour de bon.
Notre première vision de l’intérieur a été précisément celle du coup d’envoi.
Même pas le temps et l’envie d’aller nous asseoir à nos désormais places personnelles.

Un match de coupe, ça peut parfois sous-entendre séance de prolongation. Et donc, séance de tirs aux buts.
Pour n’en avoir jamais vue en vrai, j’espère secrètement que les équipes se neutraliseront pour y arriver.

Mais au bout de six minutes, Ljajic sert Dodô qui dédouble sur son couloir, centre parfait pour Destro qui manque la balle de manière inexplicable.
La défense blucerchiata est heureusement complètement à l’arrêt, et au second poteau Torosidis récupère, contrôle (mal), mais a tellement le temps qu’il peut finaliser tranquillement.
1-0. Evidemment, je suis content pour ce but qui va faciliter grandement la tâche. Le plus dur a été fait. Mais je sens qu’on va maintenant sérieusement s’ennuyer.

Et je ne me trompe pas. La Sampdoria est venue avec son équipe de remplaçants, et n’a que faire d’une qualification en quarts de finale de cette Coupe qui intéresse seulement son vainqueur.
Le reste du match sera une purge, peut-être la pire depuis le début de la saison, encore plus que celle du Roma 0-0 Cagliari.

La Sampdoria ne prend aucun risque, la Roma gère tranquillement.
La seule véritable autre émotion de cette première période sera le double sauvetage incroyable du gardien Fiorillo sur des tirs de Florenzi. La seconde intervention n’a franchement pas grand chose à envier à celle de Gordon Banks face à Pelé en 1970.

Dans ses cages, Skorupski n’a pratiquement rien à faire. Seul un centre dangereux lui passera devant les yeux en début de seconde période.

Pour le reste du match, à signaler les sifflets habituels contre Mihajlovic, les ratés habituels de Ljajic, les progrès de Dodô.
Première apparition de Nainggolan sous notre maillot, et on peut déjà aisément se faire une idée de l’étendue de son talent, et surtout de l’utilité que peut avoir ce transfert. Gros coup, Sabatini.

Le match se terminera doucement et tranquillement sur ce score de 1-0. Trois jours sont déjà passés, et franchement je ne sais pas quoi vous dire de plus sur cette rencontre, comme si je l’avais déjà presque complètement rangée aux archives. Heureusement, dans moins de 10 jours, ce sera un tout autre adversaire que l’on aura en quarts de finale.

A la sortie du stade, j’espère que le match du dimanche m’apportera plus d’émotions. Par chance, mon vœu sera exaucé.

Dimanche, Roma – Genoa

On essaye de respecter les résolutions prises, arrivée au stade 40 minutes avant le début de la rencontre.
Cela permet de voir un échauffement (ça faisait longtemps !), d’entonner Campo Testaccio, et de vivre le Roma Roma.
Aujourd’hui, il sera gâché par une charge des supporters du Genoa, qui vont essayer de se coller à la Curva Nord pour chercher les ennuis.
A la fin de notre hymne, en raison des rapports amicaux entre supporters du Genoa et du Napoli sera entonné un « Odio Napoli » (Je hais Naples).

Le match débute. Me revient à l’esprit la statistique de l’avant-match. Depuis son retour en Serie A, le Genoa a toujours perdu à l’Olimpico face à la Roma.

De bonne augure, mais le match ne débute pas de la meilleure des manières. Pendant 20 minutes, notre équipe ne se montre pas vraiment dangereuse. Il ne faudrait pas s’endormir.
Le coup de boost viendra de l’extérieur. L’un des moments les plus sympas de la vie d’un supporter au stade arrive. On voit des visages se retourner avec des yeux tout illuminés. « Stanno sotto ! » (Ils sont menés)

Le tableau d’affichage nous expliquera vite qui est mené. C’est la Juve, qui perd 1-0 à Cagliari. Pas le temps de s’enthousiasmer et de donner de la voix qu’un coup franc nous est accordé à l’entrée de la surface.

C’est le capitaine qui décide de s’en charger. Comme souvent dernièrement, c’est dans le mur.
Le ballon se retrouve dans la surface, il est mal dégagé.

Le moment venu est celui d’un garçon au talent incompréhensible. Capable de rater des dizaines de contrôles faciles au cours d’un match, et de marquer des buts somptueux. Depuis cet après-midi, celui-là est peut-être le plus beau d’entre tous.
Alessandro Florenzi, le gamin d’Acilia, est dos au but.
Hop, retourné. Le temps que la balle redescende, tout le stade retient son souffle, comme si personne n’arrive à imaginer ce qui va se passer.
Le ballon retombe sur le poteau opposé. C’est une balle rentrante.
1-0.

Ale se tient la tête, montrant qu’il ne sait pas lui non plus comment cela a pu arriver.
Le speaker rappellera justement que ce genre de buts, on s’en rappelle toute sa vie.

Prendre l’avantage, c’est faire le plus dur aujourd’hui. Car en face, il n’y a pas de quoi vraiment faire peur.
L’attaquant titulaire du Genoa, c’est Calaiò. 8 saisons en Serie A pour 20 buts marqués. Oui, vous pouvez rire.

Plus tard au cours de la première période, Gervinho ratera son habituel face-à-face.
« Quello durante gli allenamenti deve fa una cosa e una sola : ALLENASSE A TIRA’ !!! » (Lui durant les entraînements il doit faire une seule chose : s’entraîner à tirer !) gueule mon pote Andrea.

On lui rétorque derrière : « Vabbè se segnava spesso se chiamava Cristiano Ronaldo e valeva 100 milioni » (S’il marquait souvent il s’appellerait Cristiano Ronaldo et il valerait 100 millions.)

Peut-être j’ai envie de dire, mais rien ne lui empêche d’essayer de s’améliorer dans ce domaine…

Quelques minutes plus tard, Gervinho a encore la balle dans la surface. Il sert Totti, qui va tirer.
Et là, arrive le moment que nous attendions tous depuis le début de la saison.
Quand j’ai pris mon abonnement, la première chose heureuse à laquelle j’ai pensé, c’est le fait que j’allais voir de nouveau le Capitano marquer devant son public, devant nous.
Entre blessures et petits coups de malchance, il aura fallu attendre 4 mois.
Mais aujourd’hui on sentait tous que tôt ou tard ce grand moment allait arriver.
Frappe, balle déviée, Perin n’arrive pas à la repousser, la Nord se lève, gooooo. 2-0.

Totti lève le doigt et suce son pouce, et tout le stade entonne « C’è solo un capitano, un capitaaanoooo».

Quelques minutes plus tard, dégagement sur un corner du Genoa.
Totti récupère la balle, et se retrouve dans la même configuration que lors du but du 3-0 à l’Inter en début de saison.
Dodô est servi, il déboule plein axe, tarde un petit peu pour la donner à Florenzi.
Le buteur d’aujourd’hui lève la tête, voit un arrière latéral en position d’attaquant central tout seul au centre. Hop, la balle est donnée, Maicon ajuste Perin et marque son deuxième but de la saison en vrai renard de surface. 3-0.

Avec l’équipe d’en face, rien ne peut plus nous arriver. Le Genoa joue mal, est apeuré, acculé, jamais inquiétant devant.

Mi-temps. Fait rare pour être signalé, une bagarre éclate dix mètres sous nos yeux, dans notre secteur. Tout le monde se lève pour comprendre ce qui se passe, même les gens de la Sud Centrale. Mais tout rentrera vite dans l’ordre.

Le match reprend, la Roma continue de développer son jeu. Strootman est le meilleur sur le terrain, comme en première période et comme à Turin la semaine dernière. Un vrai monstre, qui ne perd jamais la balle, même lorsqu’il se retrouve face à 3 adversaires.
Au milieu, Pjanic aussi livre une belle prestation, mais c’est surtout Nainggolan qui étonne. Pas parce qu’on ne savait pas qu’il était aussi bon, mais il semble s’être adapté à une vitesse incroyable dans l’équipe. Une chose est certaine, il a livré une meilleure prestation que celles de De Rossi lors du dernier mois.

La Roma obtient un corner sous la Sud. Totti va le frapper, il est acclamé. Il lève la main, signe que la balle sera donnée au premier poteau. Pour la première fois depuis des lustres, le Capitaine tire bien un corner. Benatia ne se fait pas prier, 4-0.

5ème but depuis le début de la saison pour Mehdi, meilleur buteur de l’équipe avec Florenzi.

On aura notre compte de buts pour aujourd’hui, mais pas d’émotions. La plus belle est encore à venir.
Aux alentours de l’heure de jeu, l’ancien laziale Matuzalem sort, remplacé. Naturellement, il est copieusement sifflé par la Sud et tout le reste du stade.
Visiblement énervé, les gènes laziali ressortent, et ce joueur professionnel s’abaisse à notre niveau et nous répond. Pas sûr qu’il soit en position à 4-0 pour nous, enfin soit, les sifflets redoublent et les 20 000 membres de la Sud lui adressent le geste que De Rossi avait déjà fait à destination de la Curva Nord laziale lors du derby de septembre.

L’arbitre, qui a été étonnamment bon aujourd’hui, lui donne un carton rouge. Dans le virage, on met quelques secondes à comprendre que cela empêche ce pauvre Cofie d’entrer en jeu.
Toute notre tribune éclate de rire, et reprend les « Lazio in B », auxquels viennent désormais s’ajouter les « Matuzalem torna a Betlemme » (Matuzalem retourne à Bethléem).

A 11 contre 10, la rencontre est définitivement terminée. En cette dernière demi-heure, on apprend avec déception que la Juve a finalement terrassé Cagliari, que Napoli est allé gagner sur le terrain de l’Hellas.
Destro rentrera en jeu, le temps de rater une très belle volée et une autre belle occasion.
Marquinho entre aussi, sifflé de manière assez incompréhensible par certains membres de la Sud centrale.

Comme on pouvait s’y attendre, c’est le jour du début pour Tin Jedvaj. Quelques touchers de balle nous permettent de comprendre qu’il a le talent nécessaire pour évoluer très bientôt parmi les plus grands.

Totti ne marque pas un doublé car son tir sera contré devant la cage vide.

A quelques minutes de la fin, on assiste à un pogo déclenché en bas de la Curva Sud.

L’arbitre, justement, ne donnera pas de temps additionnel.
Pour la seconde fois consécutive en championnat à la maison, 4-0 score final. 4 victoires consécutives sous nos yeux, on commence à refaire une belle petite série.

Ce mois de janvier sera très chargé à Rome, puisque la semaine prochaine deux autres matchs auront lieu à l’Olimpico.

Bonne semaine à tous, et on se retrouve donc pour les matchs face à Livorno et la Juventus.

Edo.