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Une année à Olimpico, vu par le site CSR

C’est une nouvelle rubrique que le site CSR vous propose depuis ce début de saison, après le succès de « l’article-story » du derby face à la Lazio : Une description des rencontres se disputant au Stadio Olimpico, vu par l’oeil d’un membre du site (Edo). Revivez cette journée et ce match face à la Fiorentina comme si vous y étiez.

Une année loin de chez soi, ça passe vite. C’est juste incroyable de penser que plus de 3 mois se sont déjà écoulés depuis mon arrivée à Rome, et pourtant…

Aujourd’hui 8 décembre, alors que mon Lyon natal est en pleine fête des Lumières, la Roma joue un match en cette douce journée d’hiver.

Arrivée au stade avec un tempo à l’italienne. Alors qu’on est en train de courir pour arriver à l’entrée, les équipes sont déjà appelées. Pas encore rentrés, et le Roma Roma est entonné.
Des amis retardataires devant nous brandissent leurs écharpes comme s’ils étaient déjà à l’intérieur.

On monte enfin les marches, le début de match est imminent. Le temps de s’asseoir à nos places, de ranger rapidement l’abonnement dans le portefeuille, je lève les yeux… Hop, le coup d’envoi est à peine donné.
Timing parfait en fait, ma quale ritardo. (Mais quel retard ?)

L’Olimpico est bien rempli, à peu près comme face à Sassuolo. Seule différence, les fiorentini sont plutôt nombreux, bien plus que pour les deux autres Roma – Fiorentina que j’ai déjà eu l’occasion de voir.
Tout au long du match, le soleil fera des apparitions. Ce sont sûrement les meilleures conditions de jeu du début de saison après celles du derby. Décidément, la Serie A de jour a une toute autre saveur.

La Roma commence son match comme elle avait terminé le précédent. Du rythme, des appels, des tentatives de déséquilibrer la défense faiblarde de la Fiorentina, tout semble indiquer qu’on aura des buts.

Gervinho est un vrai catalyseur, à lui tout seul il peut mettre à terre une défense.
Sur un centre trop long de Maicon, l’ivoirien provoque son vis-à-vis, se retrouve sur la ligne de but à moins d’un mètre de poteau, à l’instar de Lamela l’an dernier face à l’Udinese. Moins fou que son prédécesseur, il met en retrait pour Florenzi, qui sans le faire exprès, dévie sur Maicon.
Le brésilien a une balle à tirer, il est à moins de 20 centimètres de la cage.
Ce moment semble être une éternité, il ne se décide pas à tirer. Alors qu’en Curva on s’imagine déjà qu’il va rater l’impossible, il décide très intelligemment de reculer la balle pour s’ouvrir une fenêtre de tir, et la mettre dans le petit filet florentin abandonné.

1-0, déjà. Il y a de quoi être content, on peut maintenant espérer que la Fiorentina se livrera encore plus pour lui en planter un deuxième.

Ce deuxième but pourrait arriver très rapidement, si Neto n’accomplissait pas de miracles sur une tête très dangereuse de De Rossi.
Il pouvait également arriver si Gervinho, bien lancé par un Ljajic qui accomplit une belle première période, ne glissait pas tout seul dans la surface au moment d’armer sa frappe.

Dommage, décevant, car en face on a une équipe qui pardonne encore moins que les modestes adversaires qu’on a affronté dernièrement.
Et justement, on va finir par payer.
Dodô, sur sa première mauvaise relance du match, offre une balle à Tomovic qui se retrouve comme Gervinho vingt minutes plus tôt sur la ligne de but tout près de la cage.
Centre en force, balle qui rebondit dans la surface, Vargas à bout portant n’a que peu de chances de louper la cage.
1-1, Egalisation. Un autre porté disparu des terrains de Serie A s’est réveillé face à nous.

On arrive à la mi-temps, assez confiant finalement pour la reprise.

Pour le moment, toute l’équipe a plutôt bien joué. Les centraux, surtout Benatia, ont été bons. Sur les côtés, Dodô a paradoxalement été meilleur que Maicon. L’un a défendu comme il pouvait (et plutôt de bonne manière) sur Cuadrado, alors que l’autre cherche trop souvent le tir quand il arrive sur le côté droit de la surface, au lieu de centrer.

Pas grand-chose à redire sur le milieu de terrain.

Devant, Florenzi est clairement un ton en dessous de Ljajic et Gervinho.

Au retour des vestiaires, l’équipe semble retomber dans ses travers des derniers temps, avec un jeu trop immobile, peu de lucidité devant.
La Fio a la balle, et se montre dangereuse avec un centre de Borja Valero qui passe dans la surface sans trouver personne.

Il faudrait remplacer un Florenzi invisible par une vraie pointe capable de la mettre au fond.

Tiens à propos… Destro est convoqué pour la troisième fois consécutive après son retour de blessure. Il a d’ailleurs entamé son réchauffement dès la reprise du match, on peut donc espérer que Garcia le fera entrer. Ce serait même logique.

Et justement, Florenzi sort, remplacé par Destro.
Son dernier match sous nos couleurs, c’était un certain 26 mai. Mais comme je le répète depuis le début de la saison, il sera d’une importance capitale à partir du moment où il retrouvera régulièrement les terrains.

Plus ou moins à partir de ce remplacement, la Roma se retrouve à attaquer et mettre une vraie pression sur la cage viola.
Comme lors du derby, ce siège se fait plus ou moins au même moment du match.
Strootman frappe d’abord le poteau.
Sur un contre, Ljajic ne se met pas en position de placer un bon tir alors que la cage était à moitié vide.
Quelques minutes après, Gervinho décide de s’amuser dans la surface. Il fait tout. Tout, sauf le nécessaire, le tir quoi.

On commence à s’arracher les cheveux, mais on sent que le but n’est plus très loin. On pousse encore plus, les joueurs le sentent et poussent eux aussi. Elle est là, la force de notre enceinte. Quand notre équipe attaque sous la Curva et assiège son adversaire, en entendant tout ce virage qui hurle, il est plus facile de se donner la force de volonté nécessaire à faire la différence. On perd peut-être un lot de points habituels à cause des arbitres, mais on en gagne aussi lors de ces moments.

Maicon n’est pas loin du doublé, mais il tire sur Neto.
Corner.
Sur les suites, Gervinho se retrouve une nouvelle fois à déborder dans la surface. Cette fois, au lieu de s’amuser, il décide de centrer.
Il sait qu’un vrai attaquant est enfin rentré.
Destro, absent depuis des mois, décide de ne pas attendre autant que la saison dernière pour marquer. D’un vrai geste d’attaquant, il la met au fond.
2-1.
Le stade jubile, et tout le monde est heureux non seulement pour soi-même, pour la Roma, mais aussi pour ce jeune attaquant si talentueux qui vient de passer des mois difficiles.
10 minutes lui ont suffi pour nous montrer que oui, il peut être l’homme en plus pour le reste de la saison.

Pas le temps de souffler que Pasqual tire un coup-franc aux 20 mètres. Le tir est splendide, on voit tous la balle déjà au fond. C’est sans compter sur la magnifique parade de De Sanctis, peut-être sa plus belle en ce début de saison pourtant de très haut niveau.

Du côté de la Fiorentina, changement aux couleurs giallorosse, sous les sifflets. Aquilani sort pour laisser sa place à David Pizarro (le plus hué des deux), qui ne fera rien de spécial au cours de ce match.

En fin de match, on se replie peut être trop, nos deux lignes défensives sont basses. Gervinho est le seul à rester devant.

Pjanic récoltera un rouge stupide pour nous faire passer 5 minutes finales pas très sereines. Il a été celui qui s’est plaint le plus de l’arbitre avec Florenzi aujourd’hui. Et au final, avec ce carton rouge, il est avec son compère d’Acilia le joueur le plus décevant du match. Juste retour de la monnaie.

Si Benatia a effectué un match énorme, c’est Castan qui sauve la baraque durant les arrêts de jeu. Rossi, l’homme aux 12 buts en ce début de saison, n’arrivera même pas à tirer à cause du retour somptueux du brésilien.

Coup de sifflet final, que ça fait plaisir de retrouver enfin la victoire et le Grazie Roma !

Les joueurs courent sous les deux virages, Rudi fait son frontman et vient saluer la Sud.

On s’accroche à la Juve et on prend nos distances sur le Napoli en cette belle journée d’hiver.

Sur ce match, mention spéciale à un joueur que j’ai beaucoup critiqué depuis le début de saison, Dodô. C’est de son côté que se trouvait l’un des dangers de la Fiorentina, Cuadrado. Il l’a très bien neutralisé, provoquant même avec l’aide de Bradley son carton jaune à une minute du terme.

Et bien entendu, ovation au héros du soir, Destro. En début de saison, quand il avait été demandé qui serait le meilleur buteur de la Roma cette saison, j’avais donné le nom du buteur d’Ascoli Piceno. Un match seulement, un but, et seulement 3 pions de retard sur Florenzi. Je crois sincèrement que mon pronostic hasardeux pourrait se révéler gagnant.

En rentrant, on voit un gamin avec un des ballons jaunes utilisés aujourd’hui. Vu qu’il sortait de la Monte Mario, c’était probablement l’heureux qui a récupéré le ballon catapulté par Mehdi Benatia sur son dégagement de pompier.

Bonne fin de week-end et bon début de semaine à tous, rendez vous dans 15 jours face à Catania, équipe en crise, pour le dernier match de l’année.
Encore une fois en journée, pour mon plus grand bonheur.

Edo