Une année à Olimpico, vu par le site CSR

C’est une nouvelle rubrique que le site CSR vous propose depuis ce début de saison, après le succès de « l’article-story » du derby face à la Lazio : Une description des rencontres se disputant au Stadio Olimpico, vu par l’oeil d’un membre du site (Edo). Revivez cette journée et ce match face à Cagliari comme si vous y étiez.

Il y a vraiment des jours où on serait prêt à tout donner pour ne pas avoir à sortir de chez soi.

Le premier jour de l’hiver, typiquement.
Comme ce 25 novembre à Rome, où le grand froid s’installe.

Mais bien évidemment, la Roma est là, la seule chose qui puisse nous réchauffer le temps d’une soirée.
On attend toute la journée ce match, même si la Serie A le lundi soir, ça fait très bizarre.

Pour la première fois de la saison, à l’arrivée au stade, on décide d’aller attendre la sortie des joueurs juste au dessus de notre tribune.
Cela permet de noter que, malgré le passage des rugbymen samedi, le terrain n’a pas l’air en trop mauvaise qualité.
Pour attendre la sortie des joueurs, des têtes connues sont là-dessous : Vespasiani, le speaker de la Roma, mais aussi le directeur général Baldissoni, qui n’a pas l’air trop tendu malgré les polémiques actuelles avec le président Pallotta.
Durant l’attente, un type abonné depuis 40 ans nous raconte pourquoi il ne supporte plus ce stade :

« Regardez où est ce qu’on est, vous avez vu ? A l’endroit des tribunes le plus proche du terrain. Et d’ici au poteau de corner, il doit bien y avoir 50 mètres. A quoi ça sert d’être à la maison sérieusement ? Vivement le nouveau stade, j’en veux pas un grand mais un où l’on soit juste devant le terrain, où on puisse s’accrocher au grillage, hurler et cracher sur les juges de touches. J’ai envie de voir s’ils continueront à siffler des hors-jeux inexistants ou refuser des penaltys. Comme par hasard à Turin ils commencent à regagner depuis qu’ils ont leur nouveau stade.
Ici on peut rien faire, je vous jure on perd 10 points par saison à cause de ce stade pourri.
Vespasiani ! Oh Vespasiani écoute moi ! Amène les arbitres sous la Curva pour leur échauffement, histoire qu’on ne se sente plus inutile. On est à Rome et ils doivent le savoir ! »

Heureusement, cette théorie tirée par les cheveux n’aura pas le temps d’être développée, les joueurs entrent sur le terrain, menés par De Sanctis qui semble avoir dix ans de moins sans sa barbe.
De Rossi sort en dernier et va déposer une gerbe de fleurs sous la Sud en hommage à Amadei.

On remonte à nos places, et on est déjà gelé. La Curva entière l’est. Ce match sera le plus triste de la saison au niveau de l’ambiance, aucun vrai moment chaleureux. L’hymne ne dégage pas la chaleur habituelle, pourtant on en aurait bien eu besoin.
Allez, les buts qu’on marquera auront cet effet.

Des occasions, on en a, dès le début. Gervinho et Strootman sont imprécis.
L’équipe ne semble pas prendre ses responsabilités, trop sûre du fait qu’elle marquera tôt ou tard. En attaque, seul l’ivoirien se montre suffisamment pour tenter de déséquilibrer le bloc adverse.
Le milieu ne fait pas son travail, De Rossi commet une série d’erreurs grossières.
Certes, on frappe le montant une fois, mais c’est Cagliari, par l’intermédiaire de son meilleur joueur de champ de la soirée, Ibarbo, qui va se procurer la plus grosse occasion de la première mi-temps.
A tel point que sous la Curva, quand le colombien met sa tête, on a déjà l’impression que c’est but.
Il nous faut une parade miracle de De Sanctis pour sauver la baraque.

Plus tard, le penalty réclamé nous semble évident. Mais surtout, ce qu’on ne comprend pas, c’est comment l’arbitre a pu laisser l’avantage sur un penalty.
« C’est légal ça, de laisser l’avantage s’il y a penalty ? »

Alors qu’un débat commence à ce sujet dans notre secteur entre ceux qui pensent que non (majoritaires) et les rares qui pensent que oui, on arrive à la mi-temps de ce match tristounet.
On ne s’inquiète pas outre mesure. La Roma a toujours marqué cette saison, et très souvent uniquement en seconde période.

Mais la reprise du match aura un effet inverse à celui espéré. Le milieu de terrain semble totalement dépassé, les sardes ayant tous les contres favorables.
On se dit alors qu’ils ont autant de chances de marquer que nous.
Quand ils marquent sur coup franc, on est même pas étonnés. Heureusement, le juge de touche lève son drapeau. Le match peut encore tourner en notre faveur.
Sans un énorme gardien sarde, il aurait pu l’être sur un tir de Maicon, sur une volée de Florenzi.

Mais rien ne se passe, cette équipe frôle la suffisance malgré les occasions créées.
Même Gervinho ne se fait plus voir énormément. Ljajic et Pjanic n’essayent jamais les tirs de loin, trop occupés à chercher la combinaison décisive pour entrer dans la cage avec la balle.

Le nombre incommensurable de corners ratés a de quoi énerver. Ce soir, seul Dodô (c’est dire !) aura réussi à effectuer quelques bons centres.

Quand on voit Bradley entrer à la place de Maicon, et alors que tout le monde commence à faire son tacticien et dit que l’équipe est passée en « 3-5-2 », « 3-4-3 » ou même « 3-5-3 » pour un de nos camarades derrière qui n’a pas du étudier les règles rudimentaires du foot, on ne met pas longtemps pour se rendre compte que Lex Luthor est en fait rentré comme véritable arrière latéral. Signe d’un mauvais résultat imminent, et d’un sérieux problème de banc dans notre effectif.

Pendant un instant, dans les arrêts de jeu, on se dit que tout va basculer. Quand on voit cette tête sur un bon corner –enfin- qui revient sur Burdisso, qui l’ajuste en direction du petit filet.

Comme pour Ibarbo toute à l’heure, on voit déjà le but. Mais Avramov, comme De Sanctis une heure plus tôt, sort une parade de monstre, et brise tous nos espoirs.

Pas tous en fait, car on va avoir les derniers frissons sur le tout dernier corner. Mais l’arbitre, mauvais ce soir il faut le reconnaître, va siffler la fin du match avant même que la balle ne sorte de la surface, avant même que Dodô ne reprenne de volée, et qu’un sarde ne la sauve sur la ligne.
D’un côté, heureusement. Comme on me dit, « de toute façon le but n’aurait pas été valable vu que le match était fini. Je te dis pas ce qui se serait passé, on aurait fait s’écrouler le stade. »

Pas faux, en attendant, c’est un deuxième nul consécutif.
Cette année à l’Olimpico avait si bien commencé avec un derby gagné, une victoire 5-0, et une victoire de prestige face à un prétendant au titre.
Mais ce dernier mois, c’est nettement moins bien. Une victoire étriquée face au dernier, et deux nuls évitables face à deux équipes de seconde partie de tableau.
Quelque chose s’est enrayé, les joueurs n’ont plus la même force mentale.
Le retour du Capitaine ne pourra faire que du bien.
Car après 10 victoires, faudrait pas non plus qu’on arrive à faire 10 nuls consécutifs.

Edo