Une année à Olimpico, vu par le site CSR

C’est une nouvelle rubrique que le site CSR vous propose depuis ce début de saison, après le succès de « l’article-story » du derby face à la Lazio : Une description des rencontres se disputant au Stadio Olimpico, vu par l’oeil d’un membre du site (Edo). Revivez cette journée et ce match face au Sassuolo comme si vous y étiez.

Ça y est, dimanche dernier, notre équipe a enfin lâché des points.

La fin d’une série qui pouvait décevoir car la Roma menait, et aurait probablement gagné sans le passage à vide du début de la seconde période.

Mais bon, avec du recul, cela n’entache pas ce fabuleux début de saison.
Le nul laisse un goût amer, mais dès le lendemain matin, me revient à l’esprit une phrase de Robert Pirès dite lors de l’Euro 2000, après la défaite de la France en phase de poules contre les Pays-Bas : « Ce soir on a perdu, mais pas tout perdu. Cette défaite va même nous faire du bien. »

Avec cette phrase dans la tête, et en pensant à comment l’histoire s’était terminée il y a 13 ans pour l’ami Robert, on attend ce dimanche 10 novembre avec optimisme.

Le temps n’est pas super sur Rome, on nous annonce de la pluie pour le match.
On entre dans l’arène 20 minutes avant le début du match, et comme annoncé il y a beaucoup de monde.
La Curva et les Distinti Nord sont complètement remplis, la Tevere aussi n’est pas loin du sold-out, l’enthousiasme ne s’est pas perdu.
L’équipe est acclamée, Garcia également. La Curva rend justement hommage à l’entraîneur adverse, Di Francesco.

On se dit que, si on ouvre la marque rapidement, il y a de quoi faire un beau match et marquer beaucoup de buts.
Mais dans les premières minutes, ce match sent le piège.
On espère ne pas avoir à revivre le même match tendu que face au Chievo, mais le scénario est similaire. Notre équipe ne bouge pas, joue de manière trop horizontale. Les appels des attaquants ne sont pas vus, pas de prise de risques. Borriello ne se montre pas. Pis, le Sassuolo semble presser encore moins que le Chievo, et attend sagement de récupérer la balle.

Heureusement, Florenzi se démène toujours autant. Après 20 minutes, il se présente pour tirer, excentré, seul face au gardien. Il tire, dans notre secteur des porteurs de poisse crient déjà au but.
Même si le tir n’est pas mauvais, Pegolo effectue un bel arrêt.
Pendant une fraction de seconde, forte envie de s’énerver contre les porteurs de poisse. Mais Longhi ne trouve pas meilleur moyen de dégagement que celui de se la mettre dans ses propres filets.

La Roma mène 1-0 rapidement, tant mieux. On espère que le match va bien se mettre.
La Curva entonne le « Noi Saremo ad Aspettar ».
Mais en fait, il va tomber dans un faux rythme bizarre. Sassuolo ne se procure pas de franches occasions, uniquement des tirs de loin. Mais la Roma ne pousse pas pour en mettre un deuxième. Pas assez en tout cas. En plus, elle perd certaines balles de manière trop facile.

Dix minutes après le but, Borriello sort sur blessure. Jusque-là, il avait été plutôt transparent.
On espère que Pjanic sera mieux en remplaçant de Totti devant.
Mais les problèmes sont toujours les mêmes. Depuis le match face au Napoli, cette équipe semble avoir perdu l’illumination. La passe décisive qui coupe la défense adverse, qui va droit à l’attaquant qui a réussi à partir dans son dos ne se voit plus.
L’équipe a perdu son phare, Totti. Et elle a aussi perdu celui qui était le plus apte à effectuer ce genre d’appels, Gervinho.

Derrière, Burdisso et Castan jouent un bon match.
Sur les côtés, Maicon n’est pas dans un bon jour. Il ne saute jamais son vis-à-vis, préférant revenir derrière dans l’axe.
Balzaretti centre toujours aussi mal : soit ça arrive dans les bras du gardien, soit au troisième poteau.

Le seul capable de franchir les lignes adverses, de casser les équilibres, c’est Ljajic.
Mais au cours de la seconde période, le serbe va commencer par rater, sur une ouverture lumineuse de l’extérieur du pied de Florenzi, un face à face qui doit aller au fond. Non pas que le tir soit si facile que ça, mais jamais le serbe ne doit attendre autant pour tirer.

Il n’est pas verni lorsque, bousculé dans la surface, l’arbitre lui donne un jaune absolument incompréhensible. Ok, il n’y a probablement pas penalty. Mais Ljajic a bien été touché par l’adversaire, et s’il va à terre, c’est la simple conséquence de cette charge.
Pas de penalty, soit. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut donner un carton jaune à l’attaquant.

L’arbitre va vite regretter ce carton. La Curva entonne ses sifflets les plus violents depuis le début de la saison. Pendant 5 minutes, elle se réveille et hue l’arbitre et les adversaires.
Il y a de quoi les décourager, tellement c’est puissant. Et justement, le gardien du Sassuolo, probablement déconcentré, va dégager la balle en touche. Ce qui ne va pas calmer la Curva, qui reprend de plus belle.

Entre-temps, les joies de cette seconde période avaient été amenées par l’annonce de l’égalisation du Parma face à la Lazio.
A propos de Lazio, c’est anecdotique mais au niveau des mauvaises nouvelles, les supporters situés devant nous reçoivent de jolis petits cadeaux de la part des pigeons logés dans le toit du stade. La Roma et les oiseaux, pas une grande histoire d’amour…
Enfin bon, à Rome, on dit que ça porte bonheur. On verra ça…

Comme je le disais, Ljajic est le seul capable de se procurer de grosses occasions.
Encore une fois, il se retrouve face à Pegolo.
Cette fois, le but est encore plus facile à réaliser. Le gardien sort et laisse, vu du haut de la Curva, un grand angle libre. Ljajic n’a qu’à la placer, et c’est but.
Mais non, il décide de tirer en force sur le gardien.
La Roma rate encore une fois l’occasion de tuer le match.
Le serbe est sympa et fait un bon début de saison, avec 3 buts déjà marqués. Mais bon, s’il doit marquer des buts alors que les matchs sont pratiquement déjà joués (Verona pour le 3-0, Lazio pour le 2-0 dans les arrêts de jeu, Bologna pour le 5-0), et louper des occasions si importantes pour le déroulement de la partie, ce ne sera pas très utile…

Bref, le foot est un sport où la chance a son importance, mais au haut niveau, une règle s’applique toujours. Qui ne saisit pas l’occasion de conclure un match est puni. Dans un quart d’heure, on saura si ce match étrange et plutôt ennuyant déroge à la règle.

Gervinho effectue son réchauffement, accueilli par une salve d’applaudissements.
Caprari aussi est bien accueilli lorsqu’il entre en jeu. Hélas, il ne se fera noter que par deux épisodes : un plat du pied de l’extérieur de la surface directement sur le gardien, et un centre au troisième poteau.

Pour se rattraper des occasions ratées, Ljajic va essayer de perdre du temps à la sauce du Capitano. Mais bon, il faudrait lui expliquer que dès la 80ème, c’est pas spécialement bon et ça peut se retourner contre lui.

Les verts et noirs vont nous rappeler que le match n’est pas terminé. A quelques minutes de la fin du temps règlementaire, De Sanctis est sollicité et répond de fort belle manière en la poussant en corner. Avertissement sans frais, cette fois-ci…

4 minutes d’arrêts de jeu. Les 3 premières passent sans encombre, la victoire est à un pas.
De nombreuses personnes commencent à se diriger vers la sortie. Le speaker a son doigt pointé sur le bouton qui enclenche le Grazie Roma.

Mais ce n’est pas fini. Les hommes de di Francesco envoient un dernier ballon dans la surface, au second poteau.
Le temps s’arrête dans les travées du stade.
Remise de la tête dans l’axe.
Castan et Burdisso, excellents jusque-là, regardent le ballon leur passer devant.
Bradley sauve comme il peut (peut-être de manière irrégulière) un but tout fait.
Le ballon, après plusieurs contres, ressort dans une zone moins encombrée ou se trouve… un joueur adverse… celui qui avait réalisé un triplé il y a une semaine.
A bout portant, il ne se fait pas prier. Les filets claquent. On vient de comprendre que ce match sera un mauvais souvenir. 1-1.
Le banc du Sassuolo se lève en intégralité, tout le monde rentre sur le terrain comme si Berardi venait de marquer un tir au but décisif en finale de Coupe du Monde. Pegolo, lui, fait le fou dans sa moitié de terrain.

C’est la première fois de la saison que l’on voit un adversaire marquer. Evidemment, quand cela arrive, c’est toujours de la pire des façons.

On ne pourra même pas battre le coup d’envoi, l’arbitre siffle la fin. La perte de temps trop anticipée s’est retournée contre nous, tout comme les occasions de break manquées.

Les trois ou quatre minutes qui auraient dû servir à chanter Grazie Roma nous servent à rester assis, dépités, les mains sur le visage. Et regarder les démons de la Roma ressortir des enfers.
10 matchs ont peut-être servis à effacer le 26 mai. Mais pas les autres défauts structurels de cette équipe.
Premier mauvais résultat de la saison pour la Roma. Ce sont eux, les 2 premiers points véritablement laissés en route, pas ceux de la semaine dernière. Finalement, on aurait préféré être en stress pendant une heure puis gagner, comme face au Chievo, plutôt que d’être à moitié endormis tout le match, pour ne pas le gagner à la dernière seconde

La première sensation en sortant du stade est bien entendu pessimiste. Ils semblent loin, ces rêves de scudetto, alors même qu’on est toujours premiers.
Et en 2 journées, l’Inter nous a déjà repris 4 points dans la course à la Champion’s League.

La pluie, qui avait cessée, nous accueille sur notre marche vers la voiture.
Sur le Lungotevere, deux supporters apparemment bien ivres se frappent. L’un est à terre, en sang, avec la veste totalement déchirée.
Plus loin, vers la Salaria, une femme en scooter tape sur le guard rail et tombe à terre. La voiture de derrière l’évite et bloque la circulation. Rien de grave, heureusement.

Décidément, cette journée est vraiment maudite.

Le prochain match face à un Conti fils qui vient de marquer 3 buts en 2 matchs sera un vrai test. Et déjà, on n’a plus le droit à l’erreur.

Bonne semaine, on se revoit donc dans deux semaines face à Cagliari.

Edo