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Une année à Olimpico, vu par le site CSR

C’est une nouvelle rubrique que le site CSR vous propose durant cette saison, après le succès de « l’article-story » du derby face à la Lazio : Une description des rencontres se disputant au Stadio Olimpico, vu par l’oeil d’un membre du site (Edo). Revivez cette journée et ce match face au Chievo comme si vous y étiez.

C’est quoi la saveur d’un nul ? D’une défaite ?

Franchement, la thérapie de choc devrait le prévoir. A force de tout gagner, on va tomber de très haut quand la série s’arrêtera.

Mais peut-être qu’il ne faut pas s’inquiéter, cette équipe fait de la surenchère depuis le début de la saison. Elle gagne son premier match pour la première fois depuis 6 ans, mais ça ne suffit pas et elle gagne aussi son premier match à domicile.
De 2, on arrive à 4, derby s’il vous plaît. Ça va s’arrêter, c’est sûr.
Et bien non, de 4 on passe à 8, Inter et Napoli au tapis.
Puis 9, et pour la première fois de la saison, victoire d’un match sans gros mérites. Mais gagner un match immérité, c’est un mérite en soi, surtout pour la Roma.

Alors, en terme de mérite, ne parlons pas d’un match qui sent mauvais à 30 kilomètres à la ronde. Chievo. Equipe habituée à lutter pour se sauver, équipe habituée à se sauver de belle manière.
Mais cette année, c’est différent. L’Hellas, la vraie équipe de Vérone, est de retour dans l’élite, avec une belle équipe.
Et forcément, ça va mal pour le Chievo. Qui à l’heure de nous affronter est dernier au classement.
Le pire des scénarios, sans aucun doute. Mais pas pour eux, pour nous. Sannino a déjà appelé le chauffeur de bus, qui va se garer devant la cage véronaise pour 90 minutes et des poussières.
Il sait qu’un point pris face à une équipe qui en a laissés aucun depuis le début de la saison relancerait mentalement ses joueurs jusqu’à la fin de la saison.

Ce match, ces dernières années, on en ressort avec un nul presque à chaque fois. Le reste du temps, on le perd. Comme l’an dernier, avec un but de Théreau à la 87ème.

Mais cette année le psychologue est arrivé. Pas celui de Luis Enrique, le vrai. L’entraîneur quoi, le français, le Rudi de la situation.

« Altro che Sergente, Dottor Garcia » (Mieux que le Sergent, le docteur Garcia)

Il a brisé tous les clichés entourant notre club depuis le début de la saison, ne lui reste plus que le plus grand de tous : rater le match le plus abordable qui soit.

Olimpico, on arrive.
Depuis le début de la saison, je n’avais subi absolument aucun contrôle de sécurité. Comme par hasard, c’est pour le match le moins dangereux de tous que ça arrive. Et pas une messieurs, mais deux fois. Logique, bonsoir.

Enfin bon, on ne va pas se plaindre, car ce sont ces mêmes responsables de la sécurité qui vont nous amener la première bonne nouvelle de la soirée.

Sylvain, le français en déplacement ce soir, avait une place en Tevere, mais avait été lâchement abandonné par son camarade. On essaye donc de le faire rentrer en Sud avec nous.
On ne doutait pas du fait que ça allait probablement passer avec un peu de négociations. Mais aussi facilement, certainement pas. Il n’y a même pas eu à discuter, apparemment 3 abonnés pour un étranger n’ayant pas de place dans le bon secteur, c’est un bon ratio. Bon à savoir pour une prochaine fois…

On arrive à nos places en avance, mais c’est encore libre plus bas. C’est tentant, mais la superstition est plus forte. On a gagné tous nos matchs ici, on va pas changer.
Vous vous souvenez du t-shirt de Pulp Fiction ? Et bien, il est porté par mon pote Andrea pour la quatrième fois sur quatre. Pour demander à la chance d’être avec nous, on ne peut pas faire mieux.

Le Chievo nous montre encore une fois que, au niveau des supporters, ce n’est pas un club digne de l’élite. On peut les compter un par un avec le zoom de l’appareil photo, ils ne sont même pas une dizaine.

L’hymne est particulièrement beau pour un match contre un petit adversaire, les fumigènes sont présents dans toute la Curva.

Le match débute, et on a ce à quoi on pouvait s’attendre. Les véronais sont bien en place derrière, et la Roma n’arrive pas à se construire de belles occasions.
En fait, des espaces, il y en aurait dans le dos de leur défense. Mais rien n’y fait, l’équipe n’arrive pas à se montrer réellement inquiétante malgré la possession.
Les latéraux Dodô et Torosidis n’essayent jamais de faire la différence et de sauter leur vis-à-vis.
Ljajic rompt les équilibres, diversifie les attaques, mais attend toujours trop pour faire la dernière passe.
Borriello aura fait 50 appels de balle au cours de cette première période, le Serbe n’en aura vu presque aucun.
Mais la défense est toujours aussi solide, Castan et De Rossi sont les meilleurs joueurs sur le terrain.

Même si nos adversaires viennent clairement pour repartir avec un point, avec un gardien qui prend son temps (pour ne pas dire qu’il en perd) dès la dixième minute, ils effectuent un certain pressing, et essayent timidement de se montrer dangereux.

Pas de grosses occasions à se mettre sous la dent en ces premières 45 minutes, un tir de Marquinho à côté, une frappe de Strootman contrée…

En Curva, la sueur froide vient quand à l’autre bout du terrain, Dodô rate la balle… Non pas parce qu’il offrait une balle dangereuse à l’adversaire, mais parce que tu ne peux pas voir de tels gestes en Serie A…

Au contraire, tonnerres d’applaudissement quand Castan déboule à deux cents à l’heure pour tacler une balle en touche. On parle beaucoup de Benatia le nouveau, celui qui a mis 2 buts déjà, mais Castan est tout autant exceptionnel.

Mi-temps, 0-0. Pas un problème pour la Roma de Garcia, mais certainement un problème pour la Roma storica.
On verra laquelle des deux faces l’emportera.
Ce qui est certain, c’est qu’on sent qu’une seule grosse occasion peut amener un but…

Evidemment, 0-0 c’est pas top, on espérait se mettre tout de suite à l’abri pour dérouler ensuite, comme face à Bologna.
Quelque chose n’a pas marché ? On n’a pas respecté quelque chose dans nos procédures de superstition ?
Evidemment… ce soir, avec Sylvain, nous ne sommes pas 3 mais 4. Et il a pris la place d’Andrea.
Hop, plus efficace qu’un changement de joueur sur le terrain, changement de place en tribune.
Si on ne gagne pas comme ça…

La seconde période reprend, mais le rythme semble être le même. Il faut changer quelque chose.
Dodô perd deux balles stupides. Malgré une prestation passable jusqu’alors, ces deux événements, associés au raté de balle de la première période, font tâche. Encore une fois…
On veut Balzaretti.

Le cygne blond fera son entrée, quelques minutes après celle de Florenzi.
Ale casse les équilibres, et sur sa première balle dangereuse touchée, il sert Borriello. Poteau but, le stade se lève et exulte, 1-0.

Pour être honnête, personne n’a rien compris au but dans notre secteur. C’est l’inconvénient d’être en Curva, quand l’action est de l’autre côté du stade, tu as du mal à comprendre ce qui se passe.
Certains disent qu’il l’a prise de la tête, d’autres du pied, d’autres pensent qu’il ne l’a même pas touchée et que Florenzi a fait un centre-tir…

Nous sommes contents pour Borriello, modèle de professionnalisme inattendu depuis le début de la saison. Après le match, il déclarera même que oui il était content pour le but et la victoire, mais « l’équipe joue mieux avec Totti ». Grande classe.

La Curva se réveille, les « Noi Saremo in Curva Sud ad Aspettar » reprennent avec force.
Quand Borriello se retrouve à terre et que les adversaires ne dégagent pas en touche, les « Serie B, Serie B » s’entendent jusqu’à Vérone.

Frayeur quand, à la suite d’une mauvaise prise de balle de De Sanctis, Benatia fauche de manière grossière mais nécessaire Paloschi.
Pendant un moment, aucun d’entre nous ne voit le juge de touche lever son drapeau. Trois secondes après, on se rend compte que rien de dangereux ne s’est passé… Ouf.

Les 4 minutes d’arrêt de jeu passent lentement, mais elles passent. Cette équipe ne peut pas encaisser de buts maintenant, et elle n’en encaissera pas.

Fin du match, Grazie Roma.
10 matchs, 1 but encaissé, 30 points. On me dit depuis la France que j’ai bien choisi mon année pour venir, je le crois de plus en plus chaque jour.

Dernière note sympa de la soirée, dans notre grande clémence, on donne raison à Lotito.
Les mages arrivent sous la Curva en ce jour d’Halloween. Cette équipe a décidément quelque chose de magique, cette année ne pourra pas être anonyme.

De la Monte Mario, Totti doit regarder tout ça avec fierté.
Cette fois-ci, c’est lui qui nous fera l’honneur de conclure l’article.

« Gli scudetti si vincono contro le piccole squadre » (Les championnats se gagnent face aux petites équipes)

A la semaine prochaine,

Edo