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Une année à Olimpico, vu par le site CSR

C’est une nouvelle rubrique que le site CSR vous propose depuis ce début de saison, après le succès de « l’article-story » du derby face à la Lazio : Une description des rencontres se disputant au Stadio Olimpico, vu par l’oeil d’un membre du site (Edo). Revivez cette rencontre face au Milan AC comme si vous y étiez.

Roma – Milan AC

La fin de l’année arrive à grands pas, nous savons déjà que notre équipe terminera à la deuxième place, et jouera la prochaine Ligue des champions. Le titre est depuis longtemps hors d’atteinte.
Alors nous ne pouvons que nous satisfaire de ce calendrier qui nous réserve deux dernières très belles affiches, face au Milan et à la Juve. Si ce n’était pas le cas, on aurait eu quand même de sérieuses raisons de s’ennuyer.

Vendredi 25 avril, les vacances de Pâques viennent de s’achever à Rome, mais la ville est en ébullition pour la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II qui aura lieu dans deux jours.
Sur le chemin du stade, on se rend compte que cet événement aura aussi des répercussions sur le match de ce soir. Des groupes nombreux de supporters romanisti étrangers se dirigent vers le stade. Dans le tram, c’est ainsi que j’apprends qu’un Roma Club du Danemark est venu dans la Ville Éternelle pour assister au match.

On arrive au stade avec une bonne heure d’avance, et tout de suite nous comprenons qu’il y aura beaucoup de monde ce soir.
En attendant le coup d’envoi, à signaler les sifflets quand Balotelli vient sonder le terrain, avec son casque sur les oreilles. Le début d’une longue et triste soirée pour l’attaquant de la Nazionale.
Dans notre secteur, des gens essayent même de lancer des chants racistes à son égard. Heureusement, ce sont toujours les mêmes pèlerins qui essayent de lancer leurs provocations depuis le début de l’année, sans que cela ne mène à rien puisque personne ne les suit.

Le bas de la Tevere est plein, comme je l’avais déjà dit plus tôt dans la saison, c’est un signe qui ne trompe pas : on assistera à un gros match, et il y aura beaucoup de monde.
L’hymne est l’un des plus beaux de l’année. En Tribuna Tevere justement, tous les supporters brandissent des petits drapeaux jaunes et rouges. Un tifo se déploie, reprenant les premières lignes de Campo Testaccio. Belle surprise, car de mémoire, je n’avais plus vu de tifo en tribune à Rome depuis le jubilé de Vincent Candela.

Bel hommage à Tito Vilanova rendu par tout le stade, la nouvelle de sa mort nous étant arrivée alors que nous étions déjà à l’intérieur de l’enceinte.

La divulgation des compositions d’équipe nous avait permis de nous faire une petite idée, et les premières minutes ne nous tromperont pas : toute la force de la Curva Sud se concentrera sur les sifflets à l’encontre de Balotelli. Durant les dix premières minutes, des sifflets descendent de toutes les travées du stade contre lui, et sont laissés de côté les chants habituels des débuts de rencontre, comme le « Canteremo fino alla morte, Innalzando i nostri color…»

L’attaquant rossonero essayera à sa façon de répondre à ses sifflets, en tombant à terre dès que possible, en faisant de grosses fautes. Le point culminant de ce récital digne d’un film comique arrivera quand il s’écroulera devant nos yeux, réclamant un penalty totalement ridicule.

Le problème à tout cela, c’est que le match tardera véritablement à avoir un bon rythme. La Roma n’accélère pas, préférant temporiser dans les premières minutes, comme elle avait l’habitude de faire en début de saison.

Première alerte du match sur un tir flottant, central, et trop lent de Bonera, capté sans aucun souci par De Sanctis.

La Roma se montrera dangereuse pour la première fois du match sur un centre de Maicon, que Ljajic reprend très bien de volée. Malheureusement, c’est contré par un défenseur.
Sur un corner joué rapidement, Toloi sera tout proche de reprendre un centre de Totti. 3 secondes après, Dodô tire mais la balle passe au dessus.

De l’autre côté, à part les sketchs de Balotelli, sont à signaler les prestations de fantôme de Kakà et Montolivo, jamais vraiment dans le jeu.

Ljajic, en grande forme ces derniers temps, se balade dans la surface, et le but ne sera évité que par un retour en catastrophe d’Adil Rami. On sent que cette défense centrale milanaise, il n’y a pas si longtemps charnière titulaire de la défense de l’équipe de France, est perméable.

Une autre balade va avoir lieu dans la surface du Milan. Cette fois, pour la rime, ce n’est pas Ljajic, mais Pjanic à la baguette. Avec une facilité déconcertante, sur deux simples coups de reins, il va se débarasser sans contact de Montolivo puis Rami, pour se retrouver seul face à Abbiati qu’il ajustera tranquillement d’un plat du pied.

1-0. Le stade est en liesse, c’est l’un des plus beaux buts de l’année.

La mi-temps arrive. Nouveauté, les pom pom girls ! L’influence américaine se fait sentir de plus en plus…

A la reprise, le fantôme Montolivo manque de peu l’égalisation, son plat du pied à l’entrée de la surface passe de très peu à côté.

Ensuite, la Roma réattaque. Sur une combinaison de coup-franc que tout le monde semblait avoir compris mis à part la défense du Milan, Pjanic n’est pas loin du doublé. Abbiati repousse difficilement une balle qui n’était pourtant pas passée très loin de lui.

Plus tard, Dodô remonte la balle, sert Ljajic dans l’axe, qui décale Totti sur le flanc droit. C’est une semaine de canonisation ici, Checco l’a bien compris, et en apéritif de la messe de dimanche il envoie un véritable coup de canon sur Abbiati. Le pauvre gardien milanais ne comprendra où est passée la balle que lorsque Gervinho la poussera au fond.

2-0, et le match semble totalement plié désormais.

Milan ne sera plus dangereux que par un tir de Montolivo et deux frappes de Taarabt. Pazzini, homme habitué à marquer face à nous, ne se montrera que par une volée au dessus.

Plus rien ne se passera jusqu’à la fin du match, énième victoire de la Roma cette saison à l’Olimpico, je suis véritablement verni.

Ce match a permis de constater que la Roma est cette année trois crans au dessus du Milan, il n’y a même pas de comparaisons possibles.

Après le Grazie Roma, ce n’est pas la « società dei magnaccioni » qui nous est offerte en bonus, mais « Roma Capoccia ».

On se retrouvera pour le dernier rendez-vous de l’année face à la Juventus. Hélas, il n’y aura pas autant d’engouement que lors du match de Coupe d’Italie, le championnat ayant déjà rendu son verdict depuis longtemps.
Pour tout vous dire, j’espère secrètement que la Juve sera championne dès cette semaine, pour ne pas avoir à subir la vision d’une fête bianconera sous mes yeux.

A la prochaine,

Edo