Une année à Olimpico, vu par le site CSR

C’est une nouvelle rubrique que le site CSR vous propose depuis ce début de saison, après le succès de « l’article-story » du derby face à la Lazio : Une description des rencontres se disputant au Stadio Olimpico, vu par l’oeil d’un membre du site (Edo). Revivez cette journée et ces matchs face à Livorno et la Juventus comme si vous y étiez.

Roma – Livorno

Un petit apéritif avant d’affronter un gros, ça ne fait jamais de mal.
Surtout quand l’apéritif en question est l’équipe la moins en forme des derniers mois en Serie A.
Livorno, après des premières journées pas mauvaises du tout, n’a plus gagné depuis une éternité et se retrouve dans les bas-fond du classement.

Changement d’entraîneur en plus, avec le nouvel arrivant qui débarque à Rome en proposant une défense à 5.

Le plus dur, encore une fois, sera de marquer le premier but. Après, tout devrait aller comme sur des roulettes.
Il semble loin le temps où la Roma pouvait mener 2, voire 3-0 et tout perdre dans les dernières minutes.

Le bon début de Garcia se trouve aussi là : donner à la Roma la carrure d’une grosse équipe, qui se fait respecter et qui joue à son niveau pendant 90 minutes.

Aujourd’hui, le but de la tranquillité arrivera rapidement. Ljajic centre, Gervinho est tout seul et ne peut que marquer.
Il tente une madjer à la volée improbable, et bien entendu, rate son occasion.
De l’autre côté du stade, dans notre secteur, pas le temps de comprendre ce qui se passe qu’on voit Destro catapulter le ballon dans les buts et transpercer les filets. 1-0.

Livorno ne semble pas changer ses plans pour autant, et continue de bétonner derrière, comme si l’objectif n’était pas de chercher des points à Rome, mais plutôt repartir sans une trop grosse valise.

Vient ensuite un corner, remise de la tête, et notre meilleur buteur de la saison, Benatia, tente lui aussi un geste improbable, un retourné qui s’envole au dessus de la barre.

Plus tard, De Rossi (enfin de retour à un bon niveau) trouve avec une passe lumineuse Destro tout seul dans la surface. Bardi accomplit un miracle et repousse la balle, le sort du match n’est pas encore scellé.
Puis Pjanic lance Gervinho, qui comme tout le monde pouvait s’y attendre, rate son occasion.

Bref, c’est une première période totalement dominée par la Roma, et on pourrait déjà tranquillement mener 4-0 avec plus de chances.

Finalement, Destro frappe sur le gardien, la défense tarde à dégager, Strootman surgit et plante le 2-0.

Le match sera totalement dominé également en seconde période, Pjanic et Ljajic rateront les habituelles grosses occasions.

Ljajic, malgré les ratés, effectue un bon match, notamment en deuxième période.
Sur une énième remontée de balle conduite par Nainggolan, et alors que dans notre rangée un petit débat sur les actions ratées de Ljajic avait lieu depuis une ou deux minutes, le serbe tire à ras de terre, à l’entrée de la surface, et marque pour la première fois depuis 3 mois et demi.

3-0, le match s’achèvera tranquillement, tout le monde pense déjà à l’affiche de mardi.

Roma – Juventus

Dans la plupart des stades, il y a des signes qui te montrent d’emblée si le match auquel tu assisteras sera une affiche ou non.
A Rome, en rentrant à l’Olimpico quarantes minutes avant le match, si le bas de la Tribuna Tevere est déjà rempli, c’est que oui, un rival est dans la place.

Le rival de ce soir, c’est la seule équipe italienne plus forte que nous, la seule qui nous ait battue pour le moment, la Juventus d’Antonio Conte.

Montée des marches, et résonne déjà un chant assez tendu à l’encontre des juventini :
« Buttate, Buttate, Buttate de sotto, Ooooo Pessotto Buttate de sotto !» (Jette-toi, jette-toi, jette-toi en bas, ô Pessotto jette-toi en bas !)
La référence, c’est le fait que lors du Calciopoli de 2006, en pleine coupe du monde, l’ancien joueur de la Juve et de la Nazionale Gianluca Pessotto avait tenté de se suicider en se jetant du haut du siège social de la Juve.

Le secteur visiteur est plein, mais le reste du stade aussi. Nous sommes plus de 60 000 ce soir, pour le match qui restera au final, avec le derby de septembre, le plus beau qu’il m’ait été donné de voir à l’Olimpico.

L’hymne est fantastique, les pétards lancés sur la piste olympique sont innombrables. Pendant les premières minutes de jeu, du haut de la Curva, on ne verra pas grand chose du match. On entendra et entonnera juste le plus fameux des chants anti-juventini : « Il Lunedi, che umiliazione, andare in fabbrica a servire il tuo padrone…. » (Le lundi, quelle humiliation, aller à l’usine servir ton patron…)

La Roma semble déterminée dans les premières minutes, mais la Juve est comme on pouvait s’y attendre très bien mise en place.
La première frayeur vient lorsque Tagliavento siffle une faute pour tirage de maillot de Benatia à l’encontre de Giovinco. Les secondes qui séparent le coup de sifflet du moment où l’on verra la couleur du carton nous semblent être une éternité. Ouf, c’est jaune.
Sur le moment, il ne fait aucun doute au stade que ce sont les hurlements et les vociférations de dizaine de milliers de romains en furie qui ont poussé l’arbitre à ne pas exclure le marocain.
En lisant le règlement, on se rend pourtant compte que, lorsque l’attaquant n’a pas la possession de la balle, le carton pour faute en tant que dernier défenseur ne peut pas être rouge. Bien vu, l’arbitre !

Dans l’ensemble de cette première période, la Roma se montrera plus dangereuse que la Juve, et plus maîtresse de la partie.
Pourtant, il n’y aura que deux tirs de Nainggolan et Florenzi largement à côté à se mettre sous la dent.

Puis vient la seconde période, qui débute de la pire des façons. Centre d’Isla, Peluso reprend de la tête et crucifie De Sanctis. Sur le moment, on ne cherche même pas à regarder si le juge de touche lève son drapeau, à tel point nous sommes sûrs que le but n’est pas hors jeu.
Mais l’irrégularité viendra d’ailleurs. Selon l’assistant, le ballon est sorti du terrain lors du centre, c’est donc 6 mètres.

Ascenseur émotionnel pour tout le stade, et les chants anti-juventini repartent dans un vacarme assourdissant.

Le match est intense, combattu, et les deux équipes jouent un bon football. On retiendra juste une mauvaise prestation de Pirlo côté Juve, chez nous tout le monde joue un bon match, sauf Gervinho peut-être qui ne semble pas à l’aise face à un bloc défensif aussi solide que celui juventino.
Totti aussi n’est pas dans son assiette, et rate trop de passes.

Le spectre des prolongations se rapproche de minute en minute.

Garcia décide finalement de jouer la carte Pjanic. Bingo.
A dix minutes de la fin, il récupère la balle au milieu de terrain, la conduit devant la surface.
Dans notre secteur, tout le monde est debout. Tout le monde a en effet compris que cette action peut faire mal, c’est la première fois qu’on se retrouve en contre-attaque avec autant d’attaquants que la Juve n’a de défenseurs.
Le bosniaque sert Strootman à la limite du hors-jeu, le hollandais tarde un peu pour centrer.

Il y arrive quand même, et vient le moment de Gervinho. Il se retrouve devant le défenseur qui le marquait, et va taper dans la balle. Cette fois-ci, il doit être au courant que Destro n’est pas derrière lui, donc il ne tente pas une volée-madjer. Mais le geste est tout de même de toute beauté. Il tend le bout de la semelle juste ce qu’il faut, et fait passer la balle sous le bras de Storari.
1-0.

Le stade explose, et revienne les grands moments de liesse du début de saison, comme lors du but de Balzaretti. Tout le monde se saute dessus, tout le monde s’embrasse, on est sur le point de battre l’ogre juventino.

Les entrées de Tevez et Llorente n’y changeront rien, la Juve ne sera plus dangereuse.
4 minutes d’arrêts de jeu, elles passent lentement, mais la Roma tient le match.

3 coups de sifflet, et tout le monde est en liesse.

Contrairement aux derniers matchs, tout le monde reste à sa place pour entonner le Grazie Roma. Mais pas seulement. Le speaker nous réserve un petit bonus, « la società dei magnaccioni », une chanson que tout romain connait depuis sa naissance. Là aussi, personne ne bouge, l’atmosphère est fantastique.

Après des victoires face à la Lazio et face à Napoli, vient le tour de s’offrir le scalp de la Juve. Cette saison à l’Olimpico est vraiment extraordinaire, il ne me manquait que des gros matchs de Ligue des champions pour être comblé.

A bientôt,
Edo