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Totti: « Tant que je ne rejoins pas Piola, je n’arrête pas »

Francesco Totti a livré un entretien au quotidien du Corriere dello Sport, où il fût interviewé par Giovanni Malago, entrepreneur romain et ami du joueur qui fût récemment nommé Président du CONI (Comité Olympique National Italien).

Giovanni Malago introduit l’interview par quelques déclarations : « Francesco fondamentalement est un timide, ceux qui le connaissent bien s’en rendent bien compte. Dans la vie privée il a un caractère opposé à celui du terrain, et comme tous les grands timides, quand il se sent à son avantage il devient l’acteur principal. Mais ce n’est pas facile de se mettre en avant. Si lui se sent vraiment comme chez lui, il n’hésite pas à prendre le leadership, mais dans le cas contraire il est plutôt à rester dans l’ombre. Dans les 20 dernières années, ce type de joueur ne s’est vu que deus fois en Italie : Del Piero et Maldini, qui ont collectionné des records de présences. Je pense que le football d’aujourd’hui a besoin de ses valeurs, la désaffection des dernières années est latente. Si le parcours que Totti a fait à la Roma, comme celui de Del Piero ou de Maldini, pouvait être imité par d’autres joueurs moins importants, cela serait une excellent médecine pour notre football ».

Salut Totti, après avoir dépassé Nordahl avec 226 buts au classement des meilleurs buteurs de tous les temps, tu entres encore plus dans l’histoire du football. Comment te sens-tu mentalement et quel est ton secret ?
« Un peu tout. La famille est la base des succès. Quand tu es bien dans la tête, tu réussis à donner toujours quelque chose en plus sur le niveau professionnel. Ensuite il est important de se maintenir en forme et respecter les personnes avec qui tu travailles, te mettre à disposition de tous. Dans un rôle aussi important que me donne la societa, je dois donner quelque chose en plus que les autres ».

Comment juges-tu le projet entamé il y a 18 mois par les propriétaires américains ?
« Ce n’est pas à moi de juger, la base de tout est les résultats. Quand ils arrivent tous est plus clair, mais Rome est une ville qui doit avoir une équipe à la hauteur des Big d’Europe, qui doit se faire connaitre au niveau international. Maintenir ce niveau n’est pas simple. Tout dépend de la societa qui a les cartes en main, qui doit être présente. Les résultats ensuite représentent tout ».

Comptes-tu jouer dans le nouveau stade de la Roma ?
« Je l’ai dit au Présenti Pallotta, réussir à le faire serait très beau, mais je crois que cela soit difficile, je ne sais pas quand es-ce que le stade sera fini. J’espère que cela se fera, mais ce dépend de beaucoup de choses ».

Pourquoi l’expérience Zeman a été un échec ? Pourquoi sa philosophie n’a pas été impreigné par les joueurs du vestiaire giallorosso ?
« Ce qui n’a pas fonctionné est les résultats. La faute est surtout celle de nous joueurs, nous ne nous sommes pas donnés à 100%. Si nous avions voulu réellement ce que disait Zeman, nous ne serions pas ici à parler d’une autre saison. Peut-être que nous l’avons pris avec superficialité, en prenant ce qui venait, beaucoup de jeunes ne réussissaient pas à comprendre ce que lui voulait vraiment. Puis le championnat passe vite et quand les résultats n’arrivent pas c’est toujours l’entraineur qui paye ».

La Roma avec cet effectif peut viser de hauts objectifs ou bien il manque encore quelque chose ?
« Cette équipe peut grandir, mais vaincre est difficile. Je le disais dès le début de saison : Il y a des équipes plus fortes que nous, même si individuellement nous avons de grands joueurs. Mais dans le football italien les individualités ne sont pas la seule chose qui compte, mais le groupe. Avec autant de jeunes cela n’est pas facile, dans un championnat qui est plus difficile que les autres. Et puis une ville comme Rome exige très vite de grandes prestations ».

Pjanic et Lamela sont les jeunes les plus talentueux. Qu’en penses-tu ?
« Ce sont des joueurs déjà prêts pour le niveau mondial, même s’ils sont jeunes ils font la différence ».

La Roma aujourd’hui a Andreazzoli, mais a besoin d’un entraineur qui crée une stratégie de jeu ?
« Un entraineur dans une équipe est très important, surtout pour sa bravoure et sa gestion du groupe, à le faire rester uni. Parce qu’il est facile de jouer avec Messi, Xavi, Iniesta, avec de grands champions moi aussi je pourrais faire l’entraineur… Mais pour rejoindre de grands résultats il est fondamental d’avoir un groupe uni ».

Depuis que tu es à la Roma, à quel moment as-tu senti la meilleure cohésion ?
« Lors du Scudetto avec Capello nous étions un groupe exceptionnelle. Nous nous fréquentions aussi hors du terrain, nous organisions des dîners quasiment chaque semaine. Cela est utile, parce qu’on se connait mieux. Et quand tu as un ami que tu fréquentes aussi hors du terrain, alors tu réussis à donner 10% supplémentaire ».

La Roma d’aiujourd’hui a une forte personnalité ?
« C’est un groupe qui doit encore trouver l’alchimie. Nous n’avons pas encore tout fait ce que nous voulions, il y a beaucoup de choses à approfondir ».

Qui est Andreazzoli ?
« C’est une très bonne personne, il a la chance de connaitre l’environnement, il est depuis quasiment 10 ans à Trigoria, il y vit, il connait tous de A à Z. Il a été bon à transmettre sa connaissance à tous, à convaincre tout le monde. C’est sa qualité. Puis les résultats sont venus, c’est un bon entraineur, il cherche à mettre l’équipe sur le terrain dans les meilleures conditions en fonction des caractéristiques des adversaires. Il a un bon rapport avec les joueurs, c’est un tacticien qui change de système en cours de match et ces joueurs le font avec plaisir ».

Ce qui te plait dans l’équipe de la Juventus ?
« Le caractère et la façon d’affronter les matchs. Chaque fois est comme une bataille, surtout à domicile ils sont dévastants. C’est difficile de faire un résultat dans leur stade. Personne n’est au niveau de la Juve. Le Milan a beaucoup changé, ils ont très mal commencé, maintenant ils font un retour exceptionnel. Le Napoli maintient sa position des dernières années, les autres se jouent une place en Europe ».

Même la Roma ?
« Oui, je pense plus à l’Europa League, pour arriver plus haut il faudrait que quelque chose d’important se passe. Mais mon rêve est de retourner en Champions League, c’est un objectif que nous avons tous en commun nous romanisti ».

Un mot sur le pape et son importance dans un monde plus éthique ?
« Remettre certaines valeurs feraient du bien à beaucoup de gens. Le Pape m’a suscité une bonne impression dès que je l’ai vu à San Pietro. Il a une bonne vision, Je l’ai vu d’une manière différente que les autres, et non pas parce qu’il porte le nom Francesco. Il s’est présenté en personne normal. C’est une personne plaisante qui transmet de la sérénité. Il pourrait faire bien à la société d’aujourd’hui ».

Quel rapport as-tu avec Del Piero ?
« C’est un mai, une personne vraie, avec qui j’ai eu tant de joies mais aussi de douleurs. Une personne qui a toujours démontré de l’amour pour le même maillot, pour les mêmes tifosi. Un joueur qui doit être respecté ».

Lors du Mondial 2006, Del Piero t’avait laissé le numéro 10, pour prendre le numéro 7.
« Il n’y a jamais eu de vrai duel entre nous, notamment parce que je faisais le trequartista et lui le second attaquant. Mais avec le système de Lippi cela pouvait créer une certaine compétition. Mais j’ai toujours eu un grand rapport avec lui ».

On parle fortement de ton retour en équipe nationale.
« Les paroles de Prandelli m’ont fait plaisir. Mais nous verrons cela l’année prochaine. Pour l’heure je suis bien, mais je pourrais très bien arrêter dans une année…»

Ta disponibilité envers les enfants malades des « Bambino Gesù » est quelque chose d’ancien.
« Ma mère connaissait une infirmière qui y travaillait, elle m’y a emmené pour voir cette souffrance et comprendre tant de choses. Ma chance a été celle-ci, avoir une famille à mes côtés qui m’a transmis les bonnes valeurs. Mon père lui a toujours été très critique avec moi. Il m’a toujours dit que je pouvait faire mieux, faire plus. Il me disait toujours que mon frère était plus fort. Cependant quand je n’étais pas présent, aux autres il dit des choses très différentes… ».

Ton fils Cristian est prometteur en tant que joueur ? Il a les qualités de son père ?
« Il aime jouer, se divertir, quand il deviendra grand ça sera à lui de décider, faire du sport est important. En tant que père je serais content qu’il soit footballeur, mais je serais aussi heureux s’il faisait un autre sport ».

Qu’es-ce que vous vous êtes dit avec Zeman quand il a été limogé ?
« Il m’a embrassé et m’a dit « tu dépasseras tout le monde ». Il est venu me saluer, devant le vestiaire. J’étais ému parce que j’avais un rapport avec lui qui va au dela du football. Je l’ai toujours estimé comme homme et comme entraineur. J’ai toujours bien parlé de lui, même quand il cherchait une équipe et qu’il est allé à Naples ».

Penses-tu pouvoir rejoindre Piola ?
« J’y crois, c’est un autre de mes objectifs. Je sais que cela sera difficile, parce que je n’ai pas 20 ans, mais quand je me mets quelque chose en tête c’est une chose que je cherche toujours à obtenir. Tant que je ne l’aurais pas dépassé, je n’arrêterais pas… »

Pour finir, ton nouveau contrat ?
« Je n’ai pas encore commencé à parler de ça avec la societa, je le ferais quand il m’appellerons. Personne ne se serait attendu à me voir à ce niveau à 36 ans. Je vis une vie de professionnel, mais je pense qu’il y a aussi le mérite de la préparation réalisé par Zeman ».