Photo tirée du site Gazzettatv.it

Francesco Totti, néo-dirigeant de l’AS Roma, a livré un interview au micro de Sky Sport :

« L’adieu à la carrière de footballeur ? Tôt ou tard ce jour devant arriver. J’étais conscient que ça pouvait devenir un des jours les plus durs de ma vie mais ça fait partie du football, de la vie. Il y a un début et une fin. Cela a été très longtemps parce que je l’ai quasiment décidé à la fin. J’avais envie de continuer pendant que la società temporisait et à la fin nous avons pris cette décision. Nous avons compris que c’était sûrement le moment d’arrêter. Le premier jour d’ex-footballeur ? Je n’ai pas dormi cette nuit-là. Je pensais à ce qu’il c’était passé, du matin à Trigoria jusqu’au soir au stade. Puis le dîner avec les amis. Cela avait été une soirée différente des autres mais, par chance, je suis directement parti ensuite en vacance avec ma femme et mes enfants. Revoir les images de l’adieu à l’Olimpico me donne encore des émotions. C’est un jour qui restera en moi pour toujours. Avoir fait toute ma carrière avec le même maillot est un objectif très important. Le Totti joueur ? De 2000 à 2010 je me suis senti un joueur très fort. J’étais parmi les 5 meilleurs au monde. Mon fils Cristian ? Il progresse mais il doit encore beaucoup apprendre. Il a une marge de progression. Il se diverti et je veux que pour l’heure il s’amuse. Si ensuite d’ici 5-6 ans il peut avoir un avenir en tant que joueur, alors je le laisserais continuer, autrement il changera de sport. Je lui enseigne les valeurs, le respect, comme un papa normal. A la maison je suis seulement Francesco, pas Totti. Je lui dis de s’amuser et de ne pas penser à autre chose. Un enfant doit seulement grandir et s’amuser. Les parents doivent être bons à leurs faire comprendre que le football est un divertissement, sans penser à la Serie A, à l’argent, au fait que cela peut changer la vie de tous. Un enfant doit toujours être sur de ce qu’il fait, avec le bon état d’esprit et alors tout devient plus simple. Je le dis à mon fils mais cela vaut pour tous les enfants. La Roma ? L’offre la plus concrète pour laisser la Roma a été celle du Real Madrid, lors de la saison 2003/04, et j’ai douté jusqu’au dernier moment, j’étais à un pas de quitter la Roma. J’ai fais un choix bien précis : annuler la possibilité de gagner beaucoup de trophées pour rester avec un unique maillot, qui pour moi a été la chose la plus importante. C’était plus le Real Madrid qui poussait, moi je freinais et au final j’ai réussi à rester. J’ai tout eu ici : amour et passion ont été plus important que de remporter des trophées ailleurs. Pour la Roma je me suis donné à 101%, parce que j’ai mis la Roma devant tout, devant même moi, aux choses personnelles, à la vie privée. La Roma a été tout. Le Ballon d’or ? C’est une des choses qui m’a le plus manqué personnellement. En jouant avec la Roma, je savais que j’avais moins de possibilité par rapport à des joueurs du Real Madrid, Juventus, Milan… eux avaient plus de visibilité au niveau international, aussi parce que le Ballon d’or se gagne en remportant la Champions ou le Mondial, ou bien quelques autres trophées importants.

Avec la Roma j’ai gagné Scudetto, Supercoppa Italiana et Coppa Italia, mais je n’étais pas en mesure de lutter avec d’autres joueurs. Spalletti ? Il n’y a jamais un échange et il n’y en aura jamais. J’aurais préféré finir ma carrière d’une autre manière. Peut-être que si j’avais été lui j’aurais mieux géré le joueur, et surtout la personne, de manière différente : j’aurais parlé avec lui. Ayant la chance de bien le connaitre, j’espère que cela soit différent. Malgré tout j’ai réussi à faire ce passage de joueur à dirigeant de la Roma, et je l’ai fais avec le bon état d’esprit : avec harmonie, avec l’intelligence d’une grande personne. Après 25 ans de football je ne veux pas changer d’environnement. J’ai grandi sur le terrain et je mourrais sur le terrain. Ma vie a été très belle et j’espère qu’elle continuera à être encore plus belle. Je laisse le terrain vert et cela serait beau de découvrir le nouveau terrain, cela sera encore plus stimulant. Le football d’aujourd’hui et les choix stratégiques ? Bandiera et amour, passion, aimer le maillot et être fidèle à un seul maillot. Je crois que De Rossi finira avec un unique maillot mais je ne suis pas dans sa tête. Il n’y a plus de ‘bandiere’. (symboles, ndlr). Je ne pense pas qu’il existera un autre Totti et qu’il puisse rester à long terme avec la Roma. Aujourd’hui le business a pris le dessus. C’est difficile qu’un jeune de la Roma grandisse en restant et en faisant la même chose que nous avons fait, moi et De Rossi. Cependant la situation est différente et il est impossible que cela se répète comme pour nous. Avant on pensais aux jeunes prometteurs du pays plus qu’à découvrir un joueur brésilien, argentin, sud-américain, ou de n’importe quel autre pays au monde. On vit tout différemment, il y avait moins d’étrangers, tout était plus resserrés et plus beau. Plus le temps va passer et plus le business a augmentera. Les top player ? Si ça dépend de moi, je dépenserais n’importe quel chiffre pour recruter les joueurs les plus forts, notamment parce que pour vaincre il faut des joueurs forts. J’ai toujours dis cela et je le dirais toujours. Cependant, ensuite, ce n’est pas moi qui gère l’argent, c’est le président qui décide. Le président mettra un budget et sur cette base il faudra être bon à construire une équipe. Avant on dépensait 100 millions pour un attaquant, mais aujourd’hui on met même cette somme sur un défenseur. Quel prix je coûterais dans ce mercato fou ? Je coûterais 200 millions. La Nazionale ? Il faut changer toutes les personnes qui n’ont pas fait ce que les tifosi attendaient. Commencer une nouvelle aventure avec de jeunes gens, qui connaissent le football, qui veulent faire le bien du football italien. Quand on se trompe, on se trompe tous ensemble. Il n’y a pas d’acteur principal. L’élimination au prochain Mondial pèsera très lourd. Peut-être on a pris au-dessus de la jambe la situation, que l’on était sûr de passer et d’être plus forts mais les matchs se gagnent sur la pelouse. L’élimination laissera des traces pour de nombreuses années ».