Photo tirée du site Gazzettatv.it

Francesco Totti, néo-dirigeant de l’AS Roma, a livré un interview dans le journal du Corriere della Sera :

« Ce qui a changé ? Tout. La vie, la tête, le physique. J’étais habitué à faire toujours la même chose : me réveille tôt, collation, entraînement. Comme une machine. Désormais je dois programmer ma journée. L’impact n’a pas été simple. J’ai demandé à la società si je pouvais recharger un peu les batteries. J’avais envie de prendre l’air, me libérer l’esprit, profiter de mes enfants. Ils me l’ont accordé et je les remercie, ainsi j’ai pu commencer du bon pied mon nouveau parcours. Je suis resté dans le football, qui pour moi est la vie. Cela représente tout. Ce que je peux apporter en tant que dirigeant ? J’ai été joueur et je connais toutes les dynamiques. Je sais comment traiter un joueur. Dans un vestiaire je peux être proche de ceux qui ne connaissent pas les paroles, les regards, les moments justes. J’ai cet avantage par rapport aux dirigeants, j’ai vécu les dynamiques du vestiaire. Je le vois chaque jour, comment avant. Seulement que désormais j’ai plus de hauteur. A quel point le costard-cravate pèse ? Au début je parlais tout seul, comme un fou : je suis blessé, je suis suspendu, désormais je rentre. Cependant maintenant je me suis habitué. Mon adieu au football comme joueur le 28 mai dernier ? Personne ne pouvait s’attendre à vivre cela, moi le premier. C’est quelque chose qui va au-delà du football. Cela a été émouvant pour mon sentiment envers les tifosi et leur sentiment envers moi. Je n’étais pas Totti ou le capitaine de la Roma, j’étais le frère de tous. Le visage des gens, plein d’amour, étaient pour moi. Je dirais une chose qui peut sembler difficile, parce que la Roma compte plus que tout et je l’ai toujours mis avant tout : de ce résultat, je l’ai compris, n’importe pas beaucoup aux gens. Roma, seulement Roma, toujours Roma ? La première fois je pouvais aller au Real Madrid, parce que je n’aurais jamais voulu porter un autre maillot italien. Le coeur et la tête m’ont fait choisir et je n’ai jamais eu de regret. Une seconde fois ? Les derniers mois avec Spalletti ont été compliqué.  Nous avions un beau rapport, avant qu’il ne parte en 2009. Quand il est revenu, je me suis mis à sa disposition. J’aurais préféré jouer plus, vu que c’était ma dernière année, cependant je n’ai aucun regret. J’ai accepté dignement ses décisions. Cela m’a déçu, mais je sais que les choix sont fait par l’entraîneur et ensuite, en somme, on en paye les conséquences. J’ai reçu des propositions provenant des Ermirats ou des USA. J’aurais été recouvert d’or, mais j’aurais ruiné 25 années d’amour. Cela pouvait être une expérience, je n’étais pas bien vu de l’entraîneur à ce moment, cependant cette fois encore j’ai choisi la Roma.

Pallotta ? Au débuté le rapport était titubant, mais nous avons clarifié les choses. Lui voyait blanc et moi rouge. Puis nous avons trouvé une couleur en commun pour le bien de la Roma. Si avec moi sur le banc Insigne serait entré avec l’Italie ? Avec moi il aurait été titulaire, c’est un des rares qui peut résoudre le match à lui seul. A qui je donnerais les clés de la Fédération Italienne de Football ? A Damiano Tommasi. D’abord parce que c’est un ami et ensuite parce qu’il est compétent. C’est une belle figure : jeune, transparent, propre. Et le sélectionneur ? Je mettrais Montella, pour reformer la Roma du Scudetto 2001. Mon principal regret ? Celui de ne pas avoir joué avec Ronaldo, celui de l’Inter. Mon rêve, mais aussi le sien. Il a beaucoup marqué, mais avec moi il aurait marqué encore plus. Si la Var (la vidéo, ndlr) me plaît ? Oui, mais il faut voir comment l’utiliser et qui décide. J’aurais obtenu quelques penalty en plus ? Oui, mais j’aurais aussi été sanctionné de quelques mauvais gestes que j’ai fais aussi. La vidéo qui a le plus buzzé me concernant est le mauvais geste sur Balotelli ? Il n’y avait pas besoin de la VAR. C’était une accumulation de plusieurs années, pour ce qu’il disait sur les romani. C’est un très mauvais geste que j’ai fais. Le geste de De Rossi face au Genoa ? Une chose instinctive, qui peut arriver sur un terrain. En voyant le geste, je me suis dit que c’était impossible qu’il fasse une telle chose. Lui est le plus expérimenté de tous, désormais il faut lui être proche et basta. Di Francesco ? Avec lui tous sont contents, c’est un groupe solide. Il est ouvert au dialogue, il n’a pas la langue dans sa poche. Il est dur, c’est un abruzzese. Il dit ce qu’il pense. Si le scudetto n’allait pas à la Roma ? Je préférerais le Napoli, pour changer. A Turin ils sont fatigués de fêter le titre. A Naples ils le fêteraient pour cent années. J’aimerais un scudetto au Sud. Et un scudetto à l’Inter ? Eh, non, pas à l’Inter. Spalletti, pour mes 40 ans, m’a offert le modèle de la DeLorean de « Retour vers le futur », si je pouvais avancer le temps ou revenir en arrière ? Je reviendrais en arrière. De 2000 à 2010 cela a été top, des années fantastiques. Un seul scudetto m’a suffit. Comment j’ai vécu l’élimination de l’Italie ? Très mal, comme tout le monde je ne pensais pas à l’hypothèse d’une élimination. Cependant cela est arrivé, c’est un épisode qui n’a pas ému que l’Italie, mais le monde entier. Ne pas voir l’Italie au Mondial est très étrange ».