Spalletti: « La peur n’existe pas dans mon vocabulaire »

A la veille de cette 27ème journée de Serie A et la réception du Napoli, Luciano Spalletti était en conférence de presse pour répondre aux questions des journalistes :

« Peu de chose à dire par chance. Seulement Florenzi et Nura qui travaillent de façon correcte sur leur retour mais ils ne sont qu’au début. Tout le monde est là, le docteur appelle toujours ceux qui le jour d’avant ont eu des petites difficultés pour le mettre dans le groupe. D’après le nombre de Primavera dont on a besoin, on anticipe. Tout le monde a répondu présent, même s’il y aura des détails à évaluer, comme toujours dans ces matchs de haut niveau à peu d’heures du coup d’envoi ».

Comment on repart après le derby perdu ?
« On repart… Alors, on ouvre un monde là. On met en ballottage le parcours que l’on a fait, mon parcours personnel. Depuis que je fais ce travail j’ai perdu 200 matchs. J’ai pris 7-800 buts. Depuis que je suis revenu j’ai joué 60 matchs, j’en ai perdues 11-12. On a pris beaucoup de buts. Toutes les fois que j’ai pris un but et perdu des matchs j’ai eu quelque chose à dire et surtout les joueurs ont eu quelque chose à faire. Sur ces 60 matchs, il y a 27 matchs avec au moins 3 buts marqués. Pour cela que dans le prochain match, demain, mais aussi dans le prochain derby, moi j’aurai quelque chose à dire et l’équipe quelque chose à faire. Probablement que ça ne sera pas facile, mais de sûr ça ne sera pas impossible ».

Match entre blessés de la Coppa Italia ?
« Le match de demain est difficile pour beaucoup de raisons, c’est délicat. Il faudra énormément d’attention, de force, de qualité. Je pense pouvoir dire la même chose qu’eux, même si moi je pense d’avoir déjà tout dit du Napoli et de Sarri, ne me demandez pas. On a vécu sur la même terre, on sait quand on doit envoyer un message et quand penser à nous-même, maintenant c’est le moment de penser à notre maison. Le Napoli aussi est une équipe mature. Je me réfère plus aux miens, nos joueurs nous ont contraint à les définir matures. Dans ce match de demain il faudra toute la maturité gagnée sur ce parcours. Je m’attends à ces prises de positions et à ces choix de moments de match où il faudra souffrir, savoir défendre en étant organisé, réussir à comprendre quel moment est le bon pour pousser et aller au delà de ses possibilités. Les matchs sont proches et prennent de l’énergie, mais nous ne sommes pas fatigués. Pour cela que l’on doit jouer ce match, avec les mêmes possibilités qu’a le Napoli, même s’ils ont eu un jour de repos de plus. On ne veut de la compassion de personne. Ca ne nous convient pas. On joue à armes égales contre un adversaire fort qui jouera avec nos intentions. A la fin on fera d’autres considérations ».

Perotti et El Shaarawy pourraient être utiles ?
« On est pas fatigués et on est prêts, ça nous va de jouer aussi proche. On savait que cette période arrivait, que l’on avait ces matchs. C’est clair qu’il y a des obligations, mais il y ‘avait aussi ce paquet de match à faire et ça peut vouloir dire changer quelques matchs. Probablement ça sera comme ça demain. L’équipe également est dans les conditions de faire le match et le spectacle, comme dans le derby. Je l’ai bien revu, toute cette différence qu’on a voulu en faire ressortir n’existe pas, même avec un résultat qui nous pénalise et qui avantage le retour, on a fait le match et dans les grandes lignes très bien. Il y aura quelque chose que l’on réglera au retour ».

En quoi la Roma est plus forte que le Napoli ?
« Quand il y a des joueurs de ce niveau c’est dur de dire qu’on est absolument plus fort en soi, même s’il y a un léger avantage dans le choix du moment cela peut être annulé et l’autre peut se préparer avant à ce qui va se passer. Parfois dans le match l’autre se prépare mieux et est plus prêt. D’après moi nous sommes deux équipes fortes, autrement on ne serait pas là avec ces stats, depuis que je suis arrivé à maintenant. Ce sont deux équipes dont la società , les dirigeants, les entraîneurs peuvent être fiers, on voit qu’il y a un travail pro derrière, on voit qu’il y a un sérieux dans le comportement et dans la prise de conscience, dans l’attachement, l’identification à ses couleurs. Il n’y a pas de gros avantages où on peut pousser. Il y a des choses que l’on sait faire, mais où les autres savent comment se comporter ».

D’après vous il faut faire quelque chose en plus contre les buu à Rüdiger ? C’est normal ce qu’il subit à  24 ans ?
« Moi je pense que pour arriver au niveau du football européen, en faisant un tour pour le voir, surtout dans ce qui est dans les tentatives d’annuler le racisme, car on en fait la pub toutes les minutes, je pense qu’i faut un parcours de positions étiques. Voir ces résultats sans rien signifie une prise de position, ça n’aide pas. Ca nous fait rester distant du niveau européen. Je ne vois aucune signification éducative dans cette prise de position. Il faut, comme on fait à l’étranger, être bien décisifs et attaquer qui met en évidence ce problème. Car c’est un problème des gens en général, être raciste. Je peux élargir : moi j’avais un ami très cher en Toscane, non-voyant. Il avait de beaux yeux bleus, mais il était aveugle. Tout le monde le connaissait, Montella l’a emmené un peu partout, moi aussi, Prandelli, Antognoni, Francesco aussi le connaît. Quand il avait quelqu’un devant lui il ouvrait grand les yeux en signe pour faire connaissance. Il ne pouvait donner de valeur à leur aspect. Les racistes mériteraient de vivre comme lui, ils auraient la possibilité de connaitre les gens pour ce qu’ils sont intérieurement au lieu de les évaluer sur la couleur de la peau ».

Vous pouvez expliquer ce qui s’est passé entre Milan et le derby ?
« Je pensais l’avoir déjà expliqué. En entendant votre question il m’a semblé avoir mal expliqué, j’espère que les joueurs ont mieux compris. Nous on avait le ballon en main et au début on a bien joué. En voulant, je pourrais dire des minutes à regarder avec attention, qui expliquent beaucoup. Avoir le ballon signifie avoir besoin d’aller jouer dans le trafic, là ça devient dangereux car si tu laisses de la distance aux deux qui jouent devant pour les contres, Felipe Anderson e Immobile, c’est clair que mis en condition avec leur qualité il peuvent changer l’action, puis tu dois être bon pour avoir une distance correcte, quand tu récupères la balle tu dois la rejouer dans les pieds en peu de temps, si tu es à 10m tu mets peu de temps. Ils sont tous les deux assez physiques, ils encaissent des coups dans les duels. Ils ont profité des contres sur cet épisode là. Au début on a bien joué, après moins. Et ils ont trouvé ces espaces où attaquer. Dans ces espaces ils ont été bon pour prendre l’avantage. Puis le match s’est développé en jouant toujours mais sans utiliser d’hypothétiques épisodes importants qu’on a réussi à se créer. Puis ils ont contré de la même façon, en gagnant un duel de vitesse et physique et ils ont assuré le match. Nous à la fin on a fait aussi un forcing où il y avait le risque de perdre l’équilibre et on a pas beaucoup concédé, en faisant ce qu’on devait faire. En ce qui regarde le match, on en a parlé, on a été ok sur l’analyse et maintenant il faut penser à la suite. Car on ne peut rien modifier sur ce qui s’est passé, il faut donner un suivi à ce qui est le comportement général qui nous a emmené à faire ce type d’analyse. Il faut donner de la continuité aux choix, aux stats, victoires, au classement important que l’on a. Nous devons utiliser les erreurs commises, mais on doit aussi les dépasser. On est projeté vers le discours général, l’objectif en général qu’on avait au début du parcours ».

Après le 2-0 en Coupe d’Italie et avec la Juventus qui s’échappe, s’il y a la peur que les objectifs nous échappent des mains ?
« Cela était le cas avant de jouer, il y a toujours ce risque. Avant chaque match on ne sait jamais le résultat, si au début de saison on m’avait dit que l’on en serait là, je ne sais pas ce que j’en aurais pensé, j’aurais sûrement voulu faire mieux, mais nos résultats sont bons. On est toujours en course avec la Juventus, qui fait un parcours incroyable. Puis ils font mieux que la saison passée, mais nous également. La parole peur me donne de la fatigue. Cela me stimule toujours. Pourquoi parler de peur ? En Coupe d’Italie nous avons 30% de chances, eux 70%. Eux ont fêté, nous non. Cela fait partie du jeu, des exultations. Eux ont envoyé des messages sur tous les téléphones, le mien est plein de messages. Beaucoup sont vintages, mais mon téléphone est plein. Personnellement je n’ai jamais fait cela. Mais c’est le jeu, nous allons de l’avant avec ce bilan. Moi j’aurais à dire et les joueurs aurons à faire ».

Dzeko ne peut pas se reposer pour manque d’alternative à son poste ?
« Selon moi contre l’Inter il a fait un grand match, l’autre soir il a été sous son niveau. Pour dire qu’il y a de la fatigue, il faut 2-3 matchs, autrement on peut seulement parler d’une erreur de parcours. Pour le moment il faut faire comme nous avons toujours fait avec tous, avoir des chiffres qui donnent des évaluations, collaborateurs et professionnels, et un peu de coup d’oeil qui devient la chose la plus directe pour trouver la solution ».

Cyril