Spalletti: « Je vous présente ma nouvelle Roma »

Arrivé jeudi à Trigoria, Luciano Spalletti faisait ce samedi sa présentation à la presse, à la veille d’affronter le Hellas Verona. Voici les paroles du nouvel entraîneur de l’AS Roma.

Le directeur général, Mauro Baldissoni, a introduit la conférence de presse : « Bonjour à tous, le changement d’entraîneur est la certification que quelque chose ne fonctionnait pas, mais en même temps il c’est le premier pas d’une nouvelle solution. Nous avons l’enthousiasme pour ce nouveau départ, nous sommes convaincus de faire mieux. Nos programmes n’ont pas changé, l’objectif de progresser et d’être compétitif reste intact. Je remercie encore Garcia pour les résultat et la sincère passion qu’il a montré ces années dans son travail. Une passion qui sera aussi présente avec Spalletti car il l’a déjà prouvé. Je donne la bienvenue à Luciano Spalletti ».

Vous confirmez les bonnes impressions que vous avez eu au début ?
“Je suis revenu car j’ai déjà entraîné la Roma et je sais à quel point c’est beau de l’entraîner. Mais il faudra un peu de temps pour être au courant des améliorations et des nouvelles choses créées, c’est pour cela que j’ai voulu dormir ici, comme ça je les apprends au plus tôt et je peux arriver à votre niveau. J’y rajouterai quelque chose, la bonne impression vient du premier entraînement, puis elle s’est confirmé dans le deuxième et le troisième, ce à quoi je ne croyais pas. Les joueurs ont été très attentifs sur l’aspect de l’envie que je le demandais de mettre sur le terrain et c’est le meilleur message que je pouvais recevoir. Ca fait des années que j’entraîne, quand il y a un changement d’entraîneur certains restent déçus justement pour Garcia et il y a le risque qu’ils soient perturbés ou trop amers pour fournir un entraînement riche. Garcia a fait de bonnes choses, il a laissé des records derrière lui, il fera une grande carrière et je lui souhaite bonne chance »

La préparation physique ?
“Elle fut débattue plus d’une fois. Moi j’ai dit cela car je suis convaincu que dans ce football, le nerveux, le tempérament, le signal que donne la tête aux jambes est le plus important. Le discours est ample, il faut inclure les moments passés hors de l’équipe, quand on fait ce travail on cherche toujours le chemin le plus court et ce n’est pas de refaire une longue préparation. Que dire aux joueurs, que s’ils perdent des matchs pendant 2 mois encore c’est pas grave car ils ont rien dans les jambes ? Les joueurs n’ont pas d’excuse, on est en retard et l’unique chemin est celui de gagner tout de suite, autrement les mêmes personnes qui m’ont accueilli à Fiumicino, dans deux mois ils me prennent par l’oreille et me font faire le tour de la ville, que je ferai de toute façon car je connais déjà Rome ».

Comment fut le retour ?
“Très beau. Les équipes de ce niveau sont constitués de deux teams, une qui va sur le terrain et une qui travaille derrière et je ne connaissais pas tous ces gens qui travaille du matin au soir pour qu’on puisse tous faire notre travail, c’est important et on doit en tenir compte ».

Quand reverra-t-on la Roma de Spalletti ?
« J’espère tout de suite, les autres avancent vite et on doit partir fort, il faut qu’on se ré-approprie nos qualités, je veux une réaction très forte, je veux montrer de quoi cette équipe est faite »

Les objectifs ?
« J’ai répondu plus tôt, le premier impact est le premier match, la première semaine de travail, ce que l’équipe réussit à changer rapidement. On doit faire ça, dans n’importe quel travail on fait ça, s’il n’y a pas ça ça sera dur d’arriver à d’autres steps ».

Comment voyez-vous Florenzi, Pjanic et Gervinho ?
« Florenzi plutôt en 2 ou en 7 ? (arrière latéral ou milieu offensif de couloir, ndlr) Il peut faire les deux, mais aussi le 3 et demi et 4 trois-quart (ironisant sur les chiffres pour montrer qu’il peut jouer partout, ndlr). Je suis revenu et j’ai regardé notre football qui est de haut niveau, nos entraîneurs sont bons car ils enseignent des principes de jeu, il y a moins de rigidité par rapport à la façon d’être sur le terrain. Il y a différents modules du 4-4-2 au 4-2-3-1, type 4-2-3 et demi-1, où les joueurs ont plus de rôles, ils ont développé ces qualités et sont plus complets, plus important que l’équipe ou le module. Le Napoli a déjà joué avec des modules différents, la Fiorentina et l’Empoli aussi, j’aime aussi le Torino. Cette élasticité nous approche du football européen, on est plus européens et ça nous sert à proposer un bon football et proposer à notre publique un bon jeu ».

Ce qui vous a poussé à démissionner est toujours présent ?
« Je suis venu pour démissionner ? Je suis venu ici vous ne pouvez pas savoir pourquoi, entraîner la Roma est magnifique, le reste est oublié. Pour moi c’est tout nouveau, je suis revenu car trois tifosi particuliers me l’ont demandé et à eux je ne peux pas dire non, ce sont mes enfants. Ma femme m’a envoyé la photo de ma fille de 4 ans Matilde, on a un tifoso en plus ».

Vous avez parlé de mercato avec Sabatini ?
« Je dois faire connaissance avec les joueurs, je dois faire une formation, mais s’ils ont été choisi par Sabatini qui est un très grand, des qualités il en a, puis il est clair qu’on se verra pour des ajustements, on peut s’améliorer partout. J’avais apporté un cadeau à Sabatini mais je l’ai gardé, il m’a rappelé pour guider cette équipe, j’ai une idée mais je la garde pour moi ».

Vous vous baserez sur le 4-2-3-1 ou vous changerez ?
« Lors de mon premier séjour le 4-2-3-1 était l’idéal pour les joueurs qu’on avait, puis à l’étranger j’ai appris que la solution était de s’ouvrir, d’absorber, connaître et je l’ai fait. Si on peut utiliser ce module on le fera, il fut amusant, combien de fois je me suis excité à l’entraînement de les voir aussi fort. Si les mesures du terrain ne changent pas, je me suis dit 4-2-3-1, mais maintenant quelque chose de différent se fait aussi. Comme vous avez dit, il faut mettre en place rapidement, l’équipe doit être très ouverte et assimiler les bonnes nouvelles, autrement on prend du retard ».

Qu’a dit Pallotta pour vous enlever les doutes, si vous en aviez ?
« Ca n’a pas dépendu de ce qu’ils m’ont offert, ce fut facile car j’avais du plaisir à entraîner la Roma. Si après tu connais les choses en profondeur c’est mieux. J’ai eu des propriétaires plus proches dans le passé qui n’ont pas autant aidé, la différence on l’a fait nous, Pallotta de là-bas a quand même un sentiment fort pour la Roma, il en a une passion, j’ai vu comme il s’agite mais je ne pouvais pas le dire (rire). Ceux qui portent le maillot de la Roma doivent comprendre l’amour qu’il y a ici à Rome. Francesco aura communiqué son histoire et ce qu’il a vécu,maintenant il prendre juste rapidement des points ».

Comment vous avez trouvé l’équipe tactiquement ? Et Castan ?
« Garcia a fait d’après moi un très bon travail, j’ai vu jouer la Roma de très belle façon à des moments, il a fait tout ce qu’il devait faire et je changerai probablement quelque chose, mais l’objectif est de donner de la continuité, faire jouer l’équipe d’une façon connue, qui soit meilleure que celle de l’équipe d’en face, c’est pas un problème de différence mais de nouvelles connaissances, il y a un football plus ouvert et moins rigide, ces joueurs savent s’adapter. Je crois que tout dépend du milieu, tous les ballons y passent et on a un milieu splendide. Si 90% de nos ballons doivent être gérer par les noms que l’on a, je suis tranquille. Strootman s’améliore de jour en jour et aujourd’hui j’ai regardé Castan, je sais ce qu’il a eu et il m’a dit qu’il allait bien, il m’a assuré que demain il ferait un grand match s’il devait jouer. Ces trois jours, il s’est bien entraîné ».

Qui sera le playmaker ? Et sur Rudiger ?
« Pjanic, Willy et De Rossi savent le faire. Willy ? Mais c’est Vainqueur (rire). On a des joueurs qui prennent le jeu à leur compte, si vous vous rappelez on avait Pizarro qui jouait meneur de jeu et qu’on avait descendu plus bas et cette Roma l’avait rendu précieux dans ce rôle. J’ai des joueurs qui savent faire cela, j’ai vu des matchs de la Roma de Garcia, De Rossi sait faire le double récupérateur (défensif et offensif, ndlr), comme d’autres, c’est une qualité importante. Il y a des schémas à développer, comprendre qui le fera le mieux. Strootman aussi sait le faire, je l’ai vu s’entraîner avec la Primavera, c’est un joueur exceptionnel. Je ne suis pas un grand entraîneur, mais je suis ami avec de grands entraîneurs, Ancelotti m’a souhaiter bonne chance de manière particulière, il m’a demandé 3-4 milieux qu’on a. Qui est l’autre entraîneur ? Je ne peux pas le dire. Rudiger ? Il sait aussi jouer à 3 en défense, car avec l’Allemagne il joue ainsi, quand tu divises la largueur en 2 au lieu de 3 tu es facilement attaquable par l’attaquant quand tu fais tourner le ballon, il ne peut pas être celui qui lance les offensives. Quand celui de gauche pousse, celui de droite défend, on atteint ainsi l’intensité que l’on veut ».

Quelle idée vous-êtes vous fait de la Curva Sud ?
« J’en suis très désolé, je suis en retard et je ne me suis pas mis au courant, quand le stadio Olimpico est vide tu es malheureux. Il y a eu ce moment où on a été bon en Champions, en comparaison c’est désolant. Il faut plus de qualité, on doit avoir une grande équipe pour remonter, si vous regardez combien de points ils ont fait devant, ça devient difficile de les atteindre mais pas impossible, regardez la Juventus, il faut une grande équipe et une grande società pour les remonter et un entraîneur qui fait le moins d’erreur possible ainsi qu’une Curva pleine à craquer qui rugit et chante un hymne précieux comme Grazie Roma. S’il n’y a pas cela, on perd un appuis important. Je demande aux tifosi de nous soutenir, pour moi la Curva est pleine demain ».

Vous êtes contre ces comparaisons avec le passé ? Et sur Dzeko ?
« Je ne les prends pas en compte, je suis sûr de ce que j’ai vu et entraîné, c’est une bonne équipe et on devrait produire un beau football. D’après moi et ce que j’ai vu ces derniers jours on peut le faire rapidement. Dzeko ? J’ai toujours joué avec des pointes qui coupaient au premier poteau car c’est le seul moyen pour eux de prendre le ballon puis on a eu Francesco qui pouvait la prendre partout et maintenant Dzeko. Mes collègues à Coverciano l’appellent la balle passante, si elle était pas coupée au premier poteau elle allait en touche, mais maintenant on a Dzeko qui l’a prend avec ses 2 mètres. Si vous m’aviez demandé quel attaquant je voulais, j’aurais répondu Dzeko ».

De Rossi ?
« Je lui ai parlé, avant vous m’avez demandé ce que pouvait être le changement dans une équipe. Daniele est fondamental, il a de l’expérience et de la qualité, il peut développer des choses, avec d’autres je peux lui demander plus de choses, il m’a donné sa disponibilité complète, il fera autre chose que je ne peux pas dire mais qui me fera très plaisir ».

Twitter: @Cyrilbaldassari