Sauter par dessus le précipice

Ce samedi à 20h45, l’AS Roma (13e) se déplacera sur la pelouse du promu Novara (18e) pour le compte de la 11e journée de Serie A. Après 3 défaites en 4 matchs, les giallorossi se trouvent dans une mauvaise passe et une remontée au classement passe par une victoire impérative en déplacement. Une nouvelle contre-performance plongerait encore plus le club vers le bas et les ambitions à terme pourraient se trouver déjà contrariées. Un match où gagner domine sur la manière.


L’adversaire du jour

En 1956, le Novara Calcio était relégué en Serie B après 24 saisons parmi l’élite et où 2 ans plus tôt un certain Silvio Piola tirait sa révérence sous le maillot azzuro à 41 ans. Nul doute que les dirigeants de l’époque et les tifosi de cette ville du Piémont pensaient qu’il faudra attendre 55 ans après avant de revoir le club goûter de nouveau la Serie A. Plus d’un demi-siècle donc et beaucoup de turbulences puisque Novara va descendre palier par palier les échelons sportifs jusqu’à se retrouver en Serie C2 (4e division) jusqu’en 2003 ! A partir de là le club azzuro va remonter petit à petit : Serie C1 en 2004, Serie B en 2010 et Serie A en 2011. Une accélération brutale au point de vue sportif pour ce club qui ne s’attendait pas à retrouver l’élite aussi rapidement.

L’an passé en effet, tout juste promu, Novara réussit à finir 3e de Serie B et accrocher un strapontin en playoffs où il s’en sortit brillamment vainqueur en éliminant la Reggina puis Padoue. La liesse entourant cette montée quasi historique fut rapidement ramené à la raison puisque l’entraineur Attilio Tesser a du renforcer son effectif amoindri cet été par les départs de leurs deux meilleurs buteurs, Bertani (17 buts) parti à la Sampdria et Gonzalez (15 buts) qui était prêté par Palerme. Peu fortuné, le club a utilisé le système D pour recruter en allant dénicher des joueurs au noms peu ronflants mais rompus aux joutes de la Serie A comme Massimo Paci (Parme), Riccardo Meggiorini (Genoa), Takayuki Morimoto (Catane), le brésilien Jeda (Lecce) ou encore Paolo Dellafiore (Parme) qui viennent s’ajouter au noyau dur du groupe à savoir les milieux de terrain Marco Rigoni et Filippo Porcari, les défenseurs Michel Morganella et Giuseppe Gemiti sans oublier le gardien international albanais Samir Ujkani.


Pour le moment, après 9 matchs, Novara semble souffrir avec une place de relégable (18e) et une seule victoire au compteur mais quelle victoire puisqu’il s’agit d’une victoire contre l’Inter à domicile (3-1) lors de la 3e journée. Autrement le calendrier plutôt favorable aux piémontais n’ont pas permis de réaliser de grandes performances la faute à une défense très perméable, la plus mauvaise de Serie A (17 buts encaissés, à égalité avec Parme). D’ailleurs en 9 matchs, Novara n’a jamais fini une seule rencontre sans encaisser de but, une tare facheuse pour la lutte pour le maintien et dont la Roma compte bien en profiter contre une équipe qui jouera sans doute regroupé à l’affut d’un contre salvateur.

 

Du côté de Trigoria

La Roma a vécu une semaine dernière décévante en subissant deux défaites face au Genoa et Milan. La conséquence immédiate de ces deux revers font que les giallorossi pointent à une modeste place, l’écart avec les premières places grandissant doucement mais surement. Pourtant la crise ne couve pas encore à Trigoria et Luis Enrique semble avoir beaucoup de crédit auprès de la direction mais aussi auprès des tifosi qui semblent comprendre que le projet de cette nouvelle Roma sera long et semé d’embûches. Il ne faudrait pas non plus que les mauvais résultats deviennent une habitude et pour cela il faudra soigner les carences récurrentes à savoir la difficulté à se créer des occasions franches malgré une possession de balle souvent bien supérieure à son adversaire et une incapacité à gérer les contres attaques adverses et les corners, les buts du Genoa et du Milan en étant les parfaits exemples.

Luis Enrique a livré sa liste de 19 joueurs pour la rencontre. Les principaux forfaits sont Totti, Juan, Borini, Pizarro, Kjaer et Lobont alors que Taddei, Rosi et Simplicio font leur retour dans le groupe. Comme d’habitude, les 11 de départ devrait être modifié samedi soir. Stekelenburg gardera logiquement les buts,  Heinze est le favori dans l’axe pour épauler Burdisso, Cassetti va sans doiute faire les frais du retour de Rosi et Angel conserve son habituel côté gauche. Au milieu, autour de De Rossi, Pjanic et Gago semblent les mieux placés. En attaque, Borriello pourrait remplacer Osvaldo tandis que Lamela et Bojan seront sans doute partants dès le coup d’envoi.

Par le passé

  • 1955/1956 : Novara 2-2 Roma
  • 1954/1955 : Novara 1-2 Roma
  • 1953/1954 : Novara 2-0 Roma
  • 1952/1953 : Novara 3-1 Roma
  • 1950/1951 : Novara 1-0 Roma

Une autre époque… Des antécédents très lointains tant Novara a mis du temps à retrouver la Serie A. On notera pour l’anecdote que lors de sa seule en Serie B de son histoire, la Roma voyait Novara en Serie A.


Le duel

Takayuki MORIMOTO/ Pablo OSVALDO : Le match des jeunes attaquants. Après 5 ans à Catane, le japonais (23 ans) est partie en copropriété à Novara où il a déjà inscrit 2 buts en 5 rencontres. Habitué des buts en seconde période, il faudra d’autant plus se méfier de lui quand on connait les carences défensives de la Roma à l’approche du coup de sifflet final. En face, l’italien-argentin fraichement appelé en Nazionale souffle le chaud et le froid. Si ses stats sont bonnes (4 buts), on attend encore davantage de lui dans le jeu surtout à 17M. L.E semble lui vouer une grande confiance, cela ne peut donc que l’aider à s’épanouir dans le collectif giallorosso.


Les équipes probables

Novara (4-3-1-2) : Fontana – Morganella, Paci, Centurioni, Gemiti – Marianini, Porcari, Rigoni – Mazzarani – Jeda, Morimoto.

Roma (4-3-3) : Stekelenburg – Rosi, Burdisso, Heinze, Angel – De Rossi, Pjanic, Gago – Lamela, Borriello, Bojan.

L’arbitre

Le match sera dirigé par Gianluca ROCCHI (38 ans), arbitre en Serie A depuis 2003 et au niveau international depuis 2008. Il a arbitré 21 fois la Roma en championnat dans sa carrière pour un bilan de 9 victoires giallorossi et 8 matchs nuls et 4 défaites, les deux derniers matchs s’étant soldés par deux défaites l’an dernier à la Sampdoria (2-1) et contre la Juventus (0-2).