Saison 2000/2001 : Le 3ème Scudetto

Alors que l’AS Roma célébrait son dernier Scudetto il y a 15 ans jour pour jour, le site Cesololaroma vous remémore le ce troisième titre de champion de l’histoire, obtenu lors de la saison 2000/2001. Un Scudetto obtenu avec un effectif et un entraineur taillés pour l’occasion, mais qui fut acharné de la première à la dernière journée, avec beaucoup de matchs se jouant au cordeau.

La philosophie de Capello et les bases tactiques

Fabio Capello est un entraineur réputé comme dur et peu proche de ses joueurs. En effet les clashs directs avec ses joueurs furent nombreux, et notamment cette saison quand Montella lui envoya une bouteille à la figure, où Delvecchio qui lui discuta souvent ses choix tactiques. Tommasi a encore déclaré ses derniers jours qu’il a préféré la gestion de Zeman que celle de « Don Fabio ». Cependant on ne peut que mettre en avant sa discipline et sa rigueur sur le terrain. Un bloc équipe ultra compact et très solide, s’appuyant sur une base défensive très solide, mais n’hésitant pas à attaquer à 4, 5 voir même 6 joueurs.

Le système de Capello est un 3-5-2, que l’on pourrait assimiler assez proche du schéma de jeu du Napoli actuel version Mazzari. La défense à 3 ne joue pas à plat. L’axial joue comme un véritable libéro en décrochant de sa position, tandis que les deux défenseurs excentrés évoluent comme deux véritables stoppeurs ayant comme double tâche de couvrir la montée des latéraux très offensifs, mais également de prendre en marquage individuelle les attaquants adverses. Un véritable numéro 6, à comme rôle d’évoluer devant la défense, en misant sur une forte puissance physique et facilité technique pour à la fois bloquer les actions adverses, et servir de première relance. Devant ce dernier, un autre milieu de terrain a lui plus de liberté, notamment pour apporter son soutien offensif. Sur les côtés on retrouve deux latéraux, qui évolue sur toute la bande du terrain. La présence des trois défenseurs et du milieu défensif leurs permettent d’amener la supériorité territoriale dans la moitié de terrain adverse. Enfin, on retrouve le fameux trident offensif, avec un véritable meneur de jeu, qui se doit d’organiser la manoeuvre. Tandis que le second évolue en soutien de la pointe, et a un peu plus de liberté, notamment sur la largeur du terrain.

Un effectif de grande qualité et homogène

Comme beaucoup d’entraineur, Fabio Capello dispose au début de saison d’un groupe d’environ 22 joueurs, lui permettant alors de doubler ses postes. Il bénéficiera surtout d’un véritable coup de pouce de son président, Franco Sensi, qui lui offrira un recrutement trois étoiles, avec pas moins de 75 millions d’euros dépensés pour trois joueurs majeurs. Walter Samuel (22 ans) arrive du Boca Junior pour 18 millions d’euros, Emerson (24 ans) débarque du Bayer Leverkusen pour 22 millions. Mais le gros coup de l’été revient à Gabriel Batistuta (31 ans), dont la Fiorentina récupère un chèque de 36 millions d’euros. S’y ajoute trois transferts « mineurs » tel que Zebina (Cagliari), Guigou (Nacional en Uruguay) et Balbo (de retour de Parme). Côté départ, on ne retrouve aucun grand nom, preuve que le président Sensi veut s’appuyer sur la base collective des années précédentes.

En effet Fabio Capello peut s’appuyer sur des joueurs présents depuis plusieurs années au club. Comme Antonioli dans la cage, Zago en défense, Cafu et Candela dans les couloirs, Tommasi et Nakata au milieu, ou encore Totti, Delvecchio et Montella devant. A cela s’ajoute des « anciens », qui permettent un mix idéal avec ces nombreux jeunes talents. On peut alors citer Di Francesco, Balbo ou Aldair, qui ont moins joué, mais étaient là pour leur expérience importante.

Des statistiques impressionnantes

Avec 18 équipes et 34 matchs à disputer, l’AS Roma termine champion d’Italie avec 75 points. Soit 2 de plus que la Juventus qui termine deuxième. Si les giallorossi n’ont perdu que 3 rencontres cette saison, c’est surtout à domicile que l’équipe fût impressionnante. En effet à l’Olimpico la Louve ne perd aucun match, et en gagnera 12 sur 17. Seul 10 sur 51 points n’auront pas été pris. Mais, malgré ces 3 défaites, le parcours en déplacement reste très bon, avec notamment 10 victoires. Mais il est surtout à noter que plus de buts seront marqués à l’extérieur qu’à la maison (35 contre 33). Au finale la Roma marquera 68 fois lors de la saison 2000/2001, ce qui fait une moyenne exact de 2 buts par match. A l’inverse, 33 buts sera encaissés, soit 1 unité de moins qu’une moyenne d’1 but pris par match.

Les joueurs clés

Dans la défense à 3, seul Samuel s’impose comme un véritable pilier et taulier, tandis que les autres réalisent un turnover pour les deux places restantes. Heureusement pour Capello, du au manque de solutions de rechange, Cafu et Candela auront été apte à jouer d’un bout à l’autre de la saison, ne manquant respectivement que 3 et 1 matchs chacun. Ils sont probablement l’arme en plus du système Capello, avec de nombreux buts et passes décisives. Au milieu, Emerson démarre comme un titulaire indétronable, mais une grave blessure laissera plus d’espaces aux « doublures » Cristiano Zanetti et Assuncao. Le patron du milieu, et véritable soldat, se nomme Tommasi. Devant, si l’ont vente énormément les talents de Totti (autant pour ses buts, ses passes et sa patte sur le jeu) et de Batistuta (pour sa qualité d’avant-centre), il faut obligatoirement mettre en avant la présence de Delvecchio. Ce dernier ne manqua que 3 matchs, mais fût surtout « l’homme polyvalent » du mister. Il peut être utilisé en soutient de la pointe, voir même un peu partout au milieu de terrain. Toutes compétitions confondues il marqua même 9 buts. On peut enfin citer Nakata qui, s’il ne joua que la moitié des rencontres en championnat, fût un joker de luxe en cours de rencontres.
Au classement des buteurs, « Batigol » termine la saison avec 20 réalisations tout rond, en 28 matchs. Il devance le binôme Totti-Montella, qui inscrivent chacun 13 buts. Le trident magique inscrira cette saison 2000/2001 un total de 46 buts, sur les 68 de l’équipe giallorossa.

Les matchs clés

Au cours de ces 34 journées de Série A, l’AS Roma aura à plusieurs reprises fait basculer les scores dans les toutes dernières minutes. Une petite dizaine de matchs qui ont, indiscutablement, fait basculer le triomphe de ce Scudetto. En voici 9 :

-5ème journée : Brescia-AS Roma : Ce match est le premier tournant de la saison. Alors que les giallorossi viennent de perdre 2-0 face à l’Inter, après avoir commencé par 2 victoires, la Louve se voit mené sur le terrain de Brescia avec un score de 2-1 à la mi-temps pour les locaux. C’est alors que Batistuta, qui a déjà inscrit 3 buts en 4 matchs, va inscrire un triplé en l’espace d’une demi-heure. Il égalisera d’abord à la 61ème minute, puis offrira les trois points à 79ème minute. Il conclura ce match en beauté dans les arrêts de jeu.

-8ème journée AS Roma-Fiorentina : La Roma reste sur 3 victoires de suite, et espère bien continuer sur cette lancée. Cependant la Viola s’avère être un adversaire plus dure que prévu, et on semble se diriger vers un pauvre 0-0. Mais c’est alors que Batigol, ex-viola, trouve la faille à la 84ème minute.

-11ème journée AS Roma-Lazio : Un derby ne se joue pas il se gagne, et dira-t-on peut importe la manière. Cela le sera tout particulièrement. Alors que l’on se dirige vers un score nul et vierge, voila que Paulo Negro marque un but contre sans camp qui restera mythique, peu avant le début du dernier quart d’heure.

-12ème journée AS Roma-Juvenuts : Cette fois-ci c’est bien le premier 0-0 de la saison qui arrivera, mais après coup sûrement LE point qui a fait la différence. En effet en obtenant le Scudetto avec 2 petits points d’avance sur la Juve, on peut vous laisser imaginer qu’un but juventino lors de cette rencontre aurait changé la face du championnat…

-17ème journée Parma-Roma : Dernière rencontre de la phase aller, et Batistuta frappe encore. Alors que Parme mène sur son terrain à la mi-temps, avec un but de Di Vaio, c’est une nouvelle fois le buteur argentin qui va faire la différence avec un doublé inscrit dans le dernier quart d’heure (76ème et 85ème minute)

-20ème journée Vicenza-AS Roma : Une nouvelle fois, les giallorossi vont faire la différence dans les toutes dernières minutes. En effet nous sommes à la 82ème minute quand Montella surgit et vient inscrire un but d’une grande importance. Emerson tuera le suspense à la 86ème minute avec un second but.

-21ème journée AS Roma-Inter : Nous sommes à un score de 2-2 à la mi-temps (avec des buts d’Assunçao et Montella). Un score sur lequel on semble se diriger jusqu’à la fin du match… jusqu’à la 89ème minute, que Montella choisit pour venir inscrire un doublé et arracher une nouvelle victoire in-extremis.

-26ème journée AS Roma-Perugia : Les giallorossi auront de nouveau appris à courir après le score. Mené 1-0 à la mi-temps, Totti viendra chercher l’égalisation peu avant l’heure de jeu. Mais voila, Perugia reprend de nouveau l’avantage au score à la 81ème minute. On pense alors que la Louve se dirige vers une seconde défaite consécutive. C’est alors qu’à la 95ème minute un tournant viendra revoir ces plans, avec un but contre son camp d’un défenseur adverse.

-29ème Juventus-AS Roma : C’est probablement, et indiscutablement, sur cette rencontre que le championnat à basculé. En effet sur sa pelouse la Juve mène doublement au score dès la 6ème minute (par Del Piero et Zidane). A l’entrée du dernier quart d’heure, nous en sommes toujours à ce score. Capello décide alors de faire entrer son joker de luxe, Nakata, pour tenter un dernier coup de poker. Coup gagnant, puisque le japonais remet son équipe sur de bons rails, avec une frappe lointaine dans la lucarne. Montella viendra chercher un point tant précieux (mais surtout qui enlève 2 points à la Juve) dans les arrêts de jeu (92ème minute).

Le « Scudetto-day », AS Roma 3-1 Parme : Une journée inoubliable

L’AS Roma n’arrive pas dans les meilleures conditions pour cette rencontre. En effet les giallorossi reste sur 2 matchs nuls, d’abord face au Milan, puis face à Naples, alors que ce dernier avait empêché la Louve de prendre les 3 points en égalisant à la 84ème minute. La Roma doit donc impérativement gagner, pour ne pas avoir à se préoccuper du résultat de la Juventus de l’autre côté, et de ce fait conserver ses 2 points d’avances.
Pour cela Capello peut s’appuyer sur son 11 type :  Antonioli, Zebina, Samuel, Zago, Cafu, Tommasi, Emerson, Candela, Totti, Batistuta, Montella.
Les giallorossi, dans un stade plein à craquer et bouillonnant, ne perdra pas de temps pour se mettre à l’abris. En effet Francesco Totti trouve la faille à la 19ème minute, et libère le Stadio Olimpico en pleine fusion. L’aeroplanino donnera une bouffée d’air supplémentaire quelques minutes avant la mi-temps. Rien ne peut plus arriver aux romanisti, et Batistuta va même inscrire son 18ème but de la saison peu avant les 10 dernières minutes (où Delvecchio et Nakata feront leur entrée). Le but de Di Vaio quelques minutes plus tard se montrera totalement anecdotique. Le public peut alors exploser, et envahir la pelouse, pour une après-midi et une nuit d’ivresse dans toute la ville…

Et après cela ?

La critique qui peut être fait à la gestion de Franco Sensi est qu’il a sûrement voulu trop miser sur le court ou moyen terme, sans vraiment se soucier d’un projet sur la durée. En effet de lourds investissements ont été réalisé sur un court laps de temps, ayant pour but de gagner tout de suite, mais sans réellement se projeter dans l’avenir. On peut notamment regretter que des joueurs comme Zebina, Samuel ou Emerson ne soit restés que peu de temps. La pérénité du club n’a pas été assez assuré en misant sur le rajeunissement d’un groupe petit à petit pour ne pas tomber au fond du gouffre. Une leçon à tirer pour la suite…