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Sabatini: « Nous sommes au début d’un très grand projet »

Walter Sabatini, directeur sportif de l’AS Roma, s’est longuement exprimé aujourd’hui sur le site de Romanews.eu. Il est revenu notamment sur le dernier mercato, mais également sur le futur.

Dimanche prochain l’AS Roma défie Palerme. Cela sera un un nouveau plongeon dans le passé, juste après la Lazio (deux clubs où Sabatini a été dirigeant, ndr)…
« Oui, Mais face à Palerme cela sera plus émouvant. Palerme a été mon utopie, seulement partiellement réalisée… Je pensais qu’il pouvait être un laboratoire permanent pour produire des résultats avec une certaine méthode et en partie nous y sommes arrivés. Il y a deux ans nous avons effleuré la Champions et ensuite malheureusement la Roma a perdu contre la Sampdoria. J’étais devant la TV à faire le tifoso de la Roma, évidemment pour mon intérêt personnel. Après la première mi-temps il pouvait y avoir 6 à 0 et cela m’arrangait que la Samp ne prenne pas les 3 points. Même avec le match nul nous serions passés, pour des questions de goalaverage. Après la reprise j’avais une légère inquiétude, mais je ne pouvais pas imaginer que cela se serait fini de cette façon : 1 à 1 et ensuite 2 à 1… Je voyais Ranieri sur le banc qui disait aux joueurs : « faire match nul est comme perdre ». Et je pensais : `L’égalisation ne leur va pas ! ‘(il rit). Ensuite la Roma a perdu ce match et Palerme, le dimanche suivant, n’a pas gagné son match face à la Samp. Voilà, mon utopie de football se serait réalisée entièrement. La Champions à Palerme était mon objectif : y arriver avec une méthode et des choix particuliers ; avec un entraîneur particulier et ainsi de suite… J’ai eu un grand regret pour ce parcours non réalisée, mais cela a été trois belles années ».

Ton Palerme était entraînée par Delio Rossi. As-tu eu un regret de ne pas pouvoir le porter à la Roma ?
« Non, il ne pouvait pas être l’entraîneur de la Roma pour toute une série de considérations. Pas pour le fait qu’il n’ait pas la carrure pour entraîner la Roma… C’est que l’Histoire est Histoire. Il n’avait pas le profil pour entraîner la Roma. La valeur de Delio Rossi est celle de la Roma ou de l’Inter, mais les caractéristiques que nous cherchions étaient différentes ».

Zamparini a comparé Rome et Palerme, en les définissant comme deux chantiers en construction. Partages-tu cette affinité entre les deux clubs ?
« Le Président a un très bon sens, malgré les hyperboles qui de temps en temps le tirent en dehors. Il est absolument vrai que la Roma est en construction, pas seulement dans le choix des joueurs : aquisition de mentalité, il veut jouer un certain type de football, imposer une culture alternative. Je ne veux pas revenir sur les mots « projet ou révolution culturel »: lorsque je les ai employés ils avaient du caractère, maintenant nous sommes dans des choses qui naissent tous les jours. Les choix qui ont été faits ont été révolutionnaires. Moi d’abord je suis descendu dans les vestiaires avec Franco Baldini, j’ai vu une chose qui est vraiment révolutionnaire, même si cela semble normal : toute l’équipe, qui devait s’entrainer à 10h30, à 9h45 était déjà à disposition. Tous présents, chacun avec ses fortes motivations et le travail introductif à l’entraînement. Je suis certain que ceci soit révolutionnaire : c’est la culture du travail et il a été transféré dans les joueurs ».

Donc, les joueurs acquièrent les règles de Luis Enrique. La Roma, en %, est arrivé à quel point dans le parcours que vous avez programmé ?
« Le projet technico-tactique est au 50%, mais les habitudes et les comportements maintenant sont proches de la perfection, même si la perfection n’existe ni en football ni dans la vie. Nous sommes proche du modèle que nous voulons, disons que de ce point de vue nous sommes au 80%. Le mérite est aux footballeurs et à l’entraîneur : ils ont un rapport que je peux dire comme complices, pas autoritaire… Il n’y a pas d’acceptation paresseuse mais une acceptation réelle. Les garçons reconnaissent l’autorité de l’entraîneur. Ceci nous induit à penser que la Roma ait un futur important devant lui, avec ce groupe de travail ».

Qui de Palerme pourrait jouer dans cette Roma ?
« Je ne veux pas donner de noms particuliers, je ne veux blesser personne. Il est inévitable qu’en disant un nom j’irais blesser un qui joue ici dans le même rôle. Même si beaucoup là-bas ont le profil et le caractère technique pour jouer avec nous ».

On dit que la Rome devra être évaluée après Natale. Est-elle une évaluation qui partage ?
« Non, j’attends la partie prochaine de la Rome pour évaluer la Rome. Nous allons un pas après l’autre. Il me semble impropre me prendre des temps trop confortables : la Rome existe, n’est pas une promesse. Les gens ne doivent pas la percevoir comme une promesse, sont une équipe en activité et doivent produire le résultat. Il a la qualité et les caractéristiques pour le faire. Il serait confortable parler de programme triennal, mais les gens ne veulent pas sentir ces choses. Les tifosi sont plus mûrs que nous, ils n’ont pas besoin de messages sont tranquilles. Elles ont arrive tout. Les sportifs de la Rome sont allés au-delà de notre `rivoluzione’; la font ils la vraie révolution, en montrant de la patience, de la tolérance, de l’optimisme. Sincèrement je suis ébahi : ils nous ont dépassés et maintenant il est nous à nous devoir adapter à eux ! La Rome n’est pas de DiBenedetto, de Baldini, ou de Sabatini : il est des gens. Et les gens sont allées au-delà ».

Le débat sur le changement de route entrepris dans les dernières matchs au niveau tactique : l’équipe fait moins de possession de balle, mais trouve plus de profondeur. Disons qu’on est un peu encore italien. Luis Enrique s’adapte un peu au championnat d’ici ?
« Ce n’est pas un ajustement physiologique et je ne crois pas que le mister souscrive au 100% cette attitude de l’équipe. Ils combattent pour trouver la juste synthèse. Face à la Lazio nous avons joué trop de fois avec de longs ballons en évitant de construire. C’est un problème de synthèse, c’est ce que cherche Luis Enrique tous les jours et qu’il trouvera : il est très motivé, comme le précise ses interventions, clair dans l’exposition de sa pensée de football. Nous sommes en attente de trouver la synthèse la plus profitable entre être une équipe un peu baroque et une autre mortelle et verticale. Nous la cherchons et je suis certain que nous la trouverons ».

Qui entre les nouveaux arrivés t’as fait la meilleure impression et a déjà rendu la confiance de Luis Enrique ?
« Sûrement Pjanic : il est entré avec tranquillité et autorité dans les schémas de la Roma. Il est arrivé et il n’est jamais sorti du terrain. Je le préfère dans le rôle de relayeur, mais il est bon aussi dans d’autres secteurs, en particulier en numéro 10. Il a joué rapidement avec la sérénité demandée, qui faut à la Roma. Même les autres ont donné des signes postifs. Le même Kjaer, critiqué de manière exagérée après le derby, a donné de bons signaux. Gago, ensuite, a joué une très bonne rencontre contre la Lazio. Croyez moi, tous ont montré d’être des joueurs du calibre de la Roma ».

Osvaldo mérite un discours à part : beaucoup de buts, beaucoup de scepticisme et la confiance de Luis Enrique…
« Dans ses prestations je remarque une caractéristique qu’il faut prendre en compte : il est généreux et offre le but. Il marque avec une continuité qui tranquillise, ensuite il est très généreux. Contre la Lazio, il a combattu comme un lion, a récupéré des ballons sur tout le terrain. Il y met coeur, force, et maximum disponibilité ».

Tout clair. Certains, cependant, se questionne encore sur ce qu’il a de plus que Borriello…
« Marco a fait toujours bien lorsqu’il a joué. Son instant arrivera et il fera les mêmes choses que fait Osvaldo. Nous sommes contents qu’il soit ici avec nous, mais aussi conscients qu’il ne vit pas une période facile. Et, en attente qu’arrive son instant, il pourrait se sentir un peu humilier et tomber en dépression… ».

Une dépression qu’il soignerait ici à Rome ou ailleurs ?
« Il la soignera ici, j’en suis certain. Il s’agit seulement d’une coïncidence malchanceuse. Borriello restera à Roma, à moins qu’il ne doit cohabiter avec un état d’esprit totalement négatif. Mais il est disponible et fier, il ne rennoncera pas aux couleurs giallorossi ».

Lamela est le futur de Totti ?
« Le Totti de demain n’est pas encore né. Francesco est un joueur irremplacable et personne pourra agir à sa place. Il y a des footballeurs qui ne peuvent pas être remplacés : Maradona n’a jamais été remplacé, Rivera non plus et Totti ne le sera jamais. Malgré la valeur de Lamela, qui est indéniable ».

Kjaer : tu l’as voulu fortement. Après ce qui s’est passé lors du derby, crois-tu toujours qu’il soit un joueur de la Roma ?
« Je souhaite éclaircir les choses : j’ai voulu tous les joueurs. J’ai cette photo (il indique le cadre avec tous les nouveaux joueurs ndr), que je n’expose pas par respect envers les autres, vu que je suis le directeur sportif de tous, même de ceux qui étaient déjà ici à Trigoria. Il a fais des erreurs, mais il les corrigera, parce qu’il a des qualités intrinsèques extraordinaires. Physique et vitesse, impact et tant d’autres choses. C’est difficile de faire une erreur dans un match aussi important, et pour obtenir le pardon il devra faire une série de prestations sans bavures. Mais il aura le temps et la façon de le faire. »

Combien de temps il faudra ?
« Il faut qu’il fasse une série de matchs importants, il faut qu’il comprenne et travaille à l’entraînement pour corriger les distractions dans lesquelles il tombe. Je le considère comme un patrimoine de la Roma. Ensuite, à la fin de l’année, nous verrons ce qui arrivera. La Roma naît pour aller en avant. Il est venu à titre de prêt avec option d’achat et il faut lui donner le temps de se faire apprécier. Lorsqu’il jouera comme il sait le faire et, en partie déjà il l’a montré, nous en reparlerons. J’ai en tête encore tous les titres du journal après le match face à l’Inter. S’il est en mesure de faire un grand match, nous devons le mettre dans la condition de faire normalement des grandes parties. Cela dépend de nous : de l’ambiance, des coéquipiers ».

Heinze, dans le rapport qualité prix, a-t-il été le meilleur achat de la Roma ?
« Je ne réussis jamais à faire de raisonnements commerciaux sur les footballeurs. Ce n’est pas ma façon de penser au football. Lorsque je pense aux 9-10 nouvelles arrivées de la Roma c’est comme si je les avais payées 4 millions chacun. C4est un compte grossier et je laisse Fenucci s’occuper des chiffres… Ceci cependant est un coût moyen des nouveaux achats de la Roma. L’aquisition de Heinze a été vraiment important, pour sa valeur et pour ce qu’il transmet au groupe pour tous les entraînements. Il est extraordinairement généreux avec les coéquipiers. Il prodigue de conseils vers les autres, un bon choix ».

Beaucoup parlent déjà du départ de Juan en janvier.
« Aujourd’hui aucun joueur de la Roma n’est sur le marché. Juan a eu des problèmes et Luis Enrique ne l’a pas connu jusqu’au bout. Cela fait seulement un mois qu’il a retrouvé le groupe et il est normal qui doive récupérer le temps perdu, parce que le mister ne l’a pas encore mis à feu… »

Est-il possible qu’il exige un rôle de titulaire que l’on a pas voulu reconnaître ?
« Dans la Roma cette règle me semble n’exister pour personne. Juan est une personne loyale, il n’a jamais manifesté certaines exigences, il n’a jamais donné de signaux ainsi. Sauf le fait qu’aujourd’hui c’est un footballeur en souffrance, comme Borriello et d’autres. Et pour ceci il va revenir »

La campagne d’acquisition a été faite à 100% par rapport aux demandes de Luis Enrique ?
« Pas à 100%, il n’y a jamais une campagne d’achats qui est totalement l’idée d’un entraîneur. Cependant nous avons cherché à y arrive le plus près possible. Si je disais que nous sommes au 60%, cela serait déjà un beau chiffre ».

Qui a mené les opérations de mercato ? Toi, Baldini ou Luis Enrique ?
« Le mister a fait des signalisations que club a suivi. Certains se sont traduis en achats, d’autres non. La tendance a été de toute façon celle d’être proche de ses demandes ».

Si les 60% du marché font récompense aux choix de Luis Enrique, le restant des 40% est divisé avec Baldini ?
« Oui, Ainsi il ne semble pas que Luis Enrique ait pris six joueurs et Franco quatre. Je veux dire que les garçons arrivés et ceux restés sont aptes à 60% par rapport au football que veut faire notre entraîneur. Je ne parle pas de leur valeur, mais de leurs caractéristiques. Je considère cela plus que suffisant pour exprimer le football que Luis Enrique a à l’esprit. Pour mieux expliquer comment nous travaillons : Bojan nous a été signalé par le mister, mais il est aussi vrai que nous l’aurions pris de toute façon s’il y avait eu l’occasion. Gago est choisi par Franco Baldini pour son histoire personnelle, mais la vérité est que nous avons étudié tous ensemble les situations de marché et avons choisi de le prendre. Il est clair qu’ensuite les rapports du joueur avec Franco ont rendu plus facile l’opération ».

Le marché estival de la Roma a-t-il été trop coûteux ?
« Je ne pense pas : cela me semble plus une motion que certains qui ont des intérêts à faire passer ce concept… On a déchaîné une sorte de contestation : à un certain point tous ont découvert que 15 millions pour Vucinic étaient peu, par contre lorsque je suis arrivé il semblait que le monténégrin ne valle plus rien. Ensuite tout à coup lorsque nous l’avons vendu à 15 millions, et nous devions le faire, sont arrivées les critiques. Certains ont aussi dis que 9 millions pour Menez étaient peu. Je n’écoute pas ces choses. Je suis sûr d’une chose : aujourd’hui si nous voulons vendre Osvaldo à 20 millions nous le vendons. Le marché devient coûteux si les footballeurs se montrent adéquats ».

Il se dit que tu voulais apporté en giallorosso 6-7 « animaux » et 4-5 « artistes ». Ensuite par contre vous vous êtes plutôt orientés sur des joueurs techniques. Peux-tu nous indiquer un footballeur physique que tu avais dans l’esprit et qui cependant ensuite n’est pas entré dans le projet ?
« Je pensais prendre Fernando du Porto, ensuite j’ai vu que De Rossi exalté dans ce rôle, et j’ai donc changé d’objectif. Effectivement nous avons cherché à faire des choix qui allaient plus du côté technique des joueurs, pour pouvoir coller au modèle de jeu de Luis Enrique. Le football ailleurs est ainsi, il change d’idée tous les jours. Il est difficile de ne jamais changer d’idée et de défendre un choix à tout prix ».

La Roma repartira sur le marché en janvier pour étayer quelques secteurs ?
« Oui, Nous retournerons sur le marché. Je ne peux pas indiquer publiquement quels seront les secteurs sur lesquels nous interviendrons, mais il y aura des opérations autant en entrée qu’en sortie. Nous travaillerons pour améliorer la qualité de l’effectif ».

Casemiro est demandé par tous et Rafael est un gardien très intéressant…
« Casemiro, nous le voulions parce qu’il y a eu un instant où nous pouvions le prendre à certaines conditions. Aux conditions actuelles il est impossible. Rafael nous ne l’avons jamais voulu, nous n’avons pas pensé à lui. À la Roma il n’y a pas besoin de d’autres gardiens : Stekelenburg est extraordinaire et défendra la cage giallorossa au cours des années à venir ».

La Roma est un peu pauvre sur les côtés : est-ce un secteur à renforcer ?
« Nous avons encore du temps pour prendre ce type de décisions. Je veux me rappeller cependant qu’il y a des joueurs qui ont exprimé leur valeur, comme Cicinho et Cassetti qui ont joué peu ou Rosi qui a fait de grandes choses. En outre Jose Angel est des plus prometteurs de Série A, il a été un investissement important et fera une carrière de grand niveau ».

À ce sujet, le maillot de Jose Angel est parmi les plus demandées dans les Roma Store : les siens et ceux de Bojan font partis des plus vendues, après ceux de Totti et De Rossi…
« Bojan est l’enfant prodige du football espagnol. Son but contre l’Atalanta est celui d’un phénomène : sur une trajectoire difficile il exécute un stop parfait, ensuite il déplace le ballon et enfin il croise le tir avec l’autre pied. Dans une seule situation il met trois gestes incroyables ».

Toutefois il y a le risque qu’il puisse être seulement un joueur de passage ?
« Il est de la Roma pour 2 ans et ensuite il y a la possibilité de le racheter. Maintenant il y a des conditions lourdes, mais elles peuvent changer dans le temps, tout est modifiables. Les gens ne doivent pas ne pas s’affectionner à Bojan en le considérant transitoire. Nous pourrions vérifier les conditions parce qu’il devient un joueur stablement de la Roma. Au contraire je suis certain qu’il s’arrêtera à Rome même après. Le joueur tombe amoureux de cette équipe et peut-être que dès janvier nous retournerons à traiter avec Barcelone ».

Guardiola dit qu’il reviendra au Barça…
« Je ne sais pas comment il peut dire ceci et en tout cas il pourrait l’attendre longtemps. Il a encore tout à montrer, mais je suis très confiant : Bojan peut devenir un symbole de ce club ».

Que réponds-tu à ceux qui disent que les meilleurs sont toujours ceux de la vieille garde ?
« Beh j’espérais et au fond je savais que la vieille garde aurait constitué la structure traînante de l’équipe. Il nous manquerait sinon ! Personne n’a jamais dit : « La nouvelle Roma sera le vraie Roma ». Nous avons parlé d’intégrations, nous n’avons aucune intention de faire disparaître l’épine dorsale de l’équipe ».

Combien de temps faudra-t-il pour que ces deux noyaux de joueurs se complètent au mieux et arrivent à donner la meilleure contribution ?
« Ce sera physiologique. Dans le football il faut deux ans. Je ne suis pas habitué à donner du bonus aussi importants, cependant on ne peut pas penser qu’il faillent moins, ce serait une prétention absurde. Nous arriverons à un juste équilibre et avant d’y arriver ce seront les sénateurs qui nous porterons en avant ».

Concernant les cessions : la Roma n’a pas placé tous les joueurs qu’elle voulaient.
« Les contrats sont difficiles à affronter. Je dis que la Roma a fait tout ce qu’elle devait faire et qu’il n’existe pas une opération qui ne puisse pas venir contestée. Ceci vaut pour toutes les équipes du monde, pas seulement pour la Roma ».

Serait-il juste de mettre à l’écart un joueur qui refuse une destination ?
« C’est encore un objet de comparaison. Le contrat collectif est en échéance et a été prorogé d’un an. Il est clair que les clubs ne peuvent pas être toujours perdantes par rapport aux joueurs, cependant en général je crois que lorsque les contrats sont là ils doivent être honorés ».

Les contrats doivent être honorés : ce message est envoyés aussi aux footballeurs ?
« Certes, nos joueurs respectent les règles. Nous avons de la chance, parce qu’il s’agit de chance, d’avoir un vestiaire composé de garçons extraordinaires : ils sont loyaux, sérieux, corrects. J’ai une équipe à qui je demande principalement deux choses : loyauté et générosité. Toute l’équipe exprime au maximum ces deux qualités ».

Il est absurde de penser que dans cette harmonie De Rossi puisse partir…
« Mais personne n’y pense, De Rossi ne partira pas. Je dis seulement qu’il ne partira pas, nous le lui empêcherons ! (il sourit). Il ne peut pas partir,aucun de nous ne veut qu’il partir et il ne veut nous laisser. Je ne veux pas entrer dans l’événement, il faut une totale discrétion et je ne veux pas que le privé du joueur soit mis en avant. Je dis seulement que nous l’empêcherons de partir. Nous l’approcherons ».

Devrons-nous attendre longtemps pour ce cadeau ?
« Il se passera au cours de l’année. Entre temps il joue avec totale tranquillité malgré le contrat en échéance. Il est un footballeur spécial, c’est un homme sans peur, un homme extrêmement courageux ».

Il y a eu quelques problèmes aussi avec Totti…
« Il y a des footballeurs qui ne seront jamais un problème et Francesco en fais partie ».

Cependant nous avons risqué de le perdre.
« Non, nous n’avons jamais risqué de le perdre. Vous interprêtés certains situations de la mauvaise façon, mais personne n’a jamais mis Francesco en discussion. Certaines choses ont été accentues. On a voulu inventer un cas entre lui et moi qui n’existait pas : j’ai fais une conférence pour Totti et certains l’ont interprété comme une conférence contre Totti. J’ai dis certaines choses, mais je voulais le défendre. Ce jour j’ai dis une chose réelle qui se concrétisait : l’équipe était totalement assombrie, elle était devenue une armée de figurants. Et je ne voulais pas que Totti serve d’alibi au fait que l’équipe puisse mal jouer. Je lui ai demandé de prendre ses responsabilités. Je suis un dirigeant qui a fait une demande à un grand footballeur, je crois pouvoir le faire ».

As-tu servi de médiateur même avec Luis Enrique ?
« Les choses de gestion quotidienne arrivent souvent. Je n’ai pas convaincu Luis Enrique ni personne. Il s’est convaincu tout seul et Totti s’est adapté aux comportements dont je parlais. Les deux se sont syntonisés spontanéement, comme deux personnes intelligentes qui occupent des rôles fondamentaux dans un club de grande importance ».

Une provocation tactique : De Rossi plus haut au milieu du terrain et Totti plus proche du but adverse. Cela pourrait être deux formules magiques pour s’approcher du passé ?
« Ici il y a la forte tentation de faire milles tactiques, mais ces évaluations reviennent à Luis Enrique. J’avais supposé un De Rossi plus haut, mais ensuite sur le terrain il m’a contredit. Je ne pense pas que Totti doive jouer plus avancé parce qu’ensuite on serre les espaces et les joueurs adverses peuvent le frapper plus facilement. Totti est un grand play-maker et peut interpréter ce rôle dans une portion de terrain plutôt que dans une autre ».

Tu as jusqu’à présent a représenté la Roma dans chaque situation. L’arrivée de Baldini te forcera à retourner dans l’ombre ?
« Cela sera ainsi, c’est ce que je veux. Pour moi c’est un privilège de travailler loin des médias : il y a beaucoup de choses que je dois faire et je préfère les faire sans trace. Normalement à cette heure (11h30 du matin) je devrais déjà avoir vu plusieurs matchs. Baldini représentera la Roma au mieux : il fera tout ce qu’il faut parce qu’il sait ce qu’il doit faire ».

Vous avez sûrement deux grosses personnalités : il y a jamais eu des frictions parmi vous ?
« Nous n’en avons pas eu le temps, maintenant nous en parlerons… (il rit). Nous sommes très proches sur la pensée de football et ceci est ce qui compte ici. Ensuite dans la vie il a tant d’intérêts que moi je n’ai pas et nous sommes différents, notamment dans la manière de nous exprimer ».

Es-tu contents/mécontents de cette Roma ?
« Sur ceci je ne me suis pas confronté avec lui, notamment parce qu’aujourd’hui Franco a encore une perception extérieure de la situation. C’est Baldini qui m’a voulu ici, il m’a appelé : celle-ci est la fondation pour laquelle il ne peut pas y avoir de problèmes entre nous ».

Qu’est-ce qui manque à Luis Enrique pour devenir un grand entraîneur ?
« Il est déjà un grand entraîneur. Il lui manque seulement l’histoire, mais ce n’est pas de sa faute, il est encore jeune ».

Pourtant il vient d’une équipe de seconde division. Comment peut-on le définir déjà comme un entraîneur de premier plan ?
« Parce que je vois comment il entraîne, je vois comment il étudie et comment les joueurs receptionnent son discours ».

Est-il méticuleux ?
« Je pense que oui ».

Il peut être l’entraîneur du futur ?
« Mon plus grand souhait est qu’il reste ici, c’est mon grand désir et je travaillerai pour ceci. C’est un entraîneur fort, extraordinaire. Son problème ne peut pas être résolu : il est très jeune, ceci est un privilège et un problème en même temps, parce qu’il n’a pas encore une histoire qui puisse le placer parmi les meilleurs… ».

N’y a-t-il pas de craints qu’il soit tenté par d’autres clubs ?
« Aujourd’hui il considère la Roma comme une des premières équipes européennes, mais cette pensée est prématurée ».

Luis Enrique a été choisi par Baldini ?
« Cela a été un choix spontané de tous les deux, cela semble incroyable, mais vrai. Une convergence presque autoritaire, une chose entièrement fortuite. Il m’a été signalé vers mai par un agent italien, mais je ne vous dirais pas son nom. Quelqu’un m’a a envoyé du matériel qui le concernait : découpes de journal, vieilles interviews, déclarations etc Après avoir lu ses pensées j’ai appelé Franco et je lui ai demandé : « Prendrais-tu quelqu’un qui pense ces choses ? » et il dit « Prenons-le vite ! », sans même savoir de qui il s’agissait. Ensuite je lui ai dit qui il était et Franco a été rapidement le rencontrer ».

Quand la ville rêvait Ancelotti, vous regardiez déjà le dvd de Luis Enrique ?
« Oui, cela a été une chose immédiate, une alchimie instantanée : Luis Enrique nous a beaucoup plu et très vite ».

Totti et DiBenedetto parlent de 5 ans pour devenir grands. Cela ne semble pas trop ?
« Oui, c’est trop. Ils donnent justement de la prudence, mais la prudence n’est pas ma prérogative. S’ils disaient d’abaisser le seuil : nous devons devenir compétitif et lutter pour vaincre en deux ans. Cependant leur plate-forme est à souscrire ».

En quoi il faut encore changer la Roma pour devenir un Big en Italie et en Europe ? Mentalité, jeu, ambiance, harmonie…
« C’est déjà un Big. Mentalité, jeu, ambiance : les changements sont en cours, c’est une chose progressive. Nous devrons naturellement faire des sélections et des choix : nous devons être tous disposés, personne exclu, à nous mettre en discussion tous les jours ».

Aujourd’hui, à la lumière du derby perdu et en vue de la huitième journée, à quel point est la Rome en % ?
« Je dirais à 60%. Si je fais référence à certaines choses vues même pendant le derby je peux être tranquilles, mais il y a encore trop de signaux de discontinuité dans les 90 minutes. Des pauses trop récurrentes que nous devons corriger au plus vite ».

À propos du derby, une petite curiosité : comment juges-tu l’exultation d’Olvaldo ?
« Son tricot ne nous a pas plus, même s’il s’agissait d’un geste sympathique vers un coéqipier blessé. Même si cela partait d’une bonne intention nous aurions préféré pas le voir, car cela a pu donner encore plus de motivations aux adversaires ».

Un regard sur le centre de formation. Est arrivé l’excellent Tallo et a été essayé Florentin, ensuite finalement parti à Cesena. La ligne verte plait aux américains : avez-vous alloué un budget précis ?
« Non, mais la societa m’a donné faculté à intervenir. L’opération Tallo est à cheval entre les jeunes et l’équipe première. Alberto De Rossi s’occupe de la reconstruction/construction de ce joueur, qui maintenant fait très bien, comme d’autres jeunes connus du centre de formation tels que Viviani, Verre, Caprari… Je m’en excuse si j’oublie certains ».

Une curiosité : pourquoi signes-tu toujours pour un an ?
« Parce que la societa doit avoir la faculté de changer de directeur sportif sans problèmes. La societa doit être libre de faire un autre choix sans l’anxieté d’un contrat à longue échéance. C’est une motivation pour moi et pour la societa. Je me mets toujours en discussion, j’ai toujours fait ainsi ».

Si DiBenedetto te demandait de signer pour 5 ans ?
« Non, même pas s’il me le demandait ».

Pour conclure avec une touche d’humour. Combien de cigarettes fumes-tu par mois ?
« En faisant le calcul des cigarettes que j’ai allumé jusqu’à aujourd’hui, je dirais que j’ai fumé toute la Piazza d’Espagna ! Depuis trente ans je ne fais rien d’autres que de parler de football et d’acheter des cigarettes ! (il rit) ».