Sabatini: « Luis Enrique a notre vision du football »

Le nouveau directeur sportif, Walter Sabatini, a tenu ce midi sa première conférence de presse à Trigoria. Un entretien qui a duré plus d’une heure, où le nouvel homme fort du mercato a fait le tour du panorama giallorosso.

« Pour le Scudetto, l’envie des tifosi sera plus importante que l’argent »

Un choix difficile mais excitant. Voila les premiers mots de Sabatini qui tient à porter ses idées en avant : « Je perçois maintenant la dimension dans laquelle je me suis précipité, même si je m’y attendais. Je dois par contre vous demander quelques pauses pour fumer une cigarette, de façon à être toujours efficace (rire, ndr). La Rome m’a convaincu. La Roma est la Roma, elle ne doit convaincre personne, je sui revenu en arrière de ma décision pour venir ici. Je ne réalise pas mon rêve et je n’ai pas dormi avec la photo de Giacomino Losi. J’ai demandé et obtenu de la società un contrat d’un an parce que nous ne devons pas être un poids pour le club, qui doit nous choisir et rallonger les accords si nous travaillons bien ». Mais aussi pour porter en avant le projet, ou plutôt le travail, de la nouvelle direction : « Je suis ici pour éclaircir la pensée de Di Benedetto et de Baldini, qui sera ici dès qu’il aura réussi à régler son contrat avec la fédération anglaise. Je n’aime pas parler de projets, dans le football cela n’existe pas, le travail tous les jours existe. Nous savons ce que nous voulons faire et nous le ferons, avec un choix courageux comme le retour de Baldini ». Pour lui c’est toute une mentalité qu’il faut changer. Et ce n’est pas l’argent qui réglera les problèmes d’un coup de baguette magique : « DiBenedetto veut gagner le Scudetto, mais Rome doit vouloir gagner le Scudetto. Lorsque un club a derrière elle une poussée populaire ainsi puissante, ainsi peuplée, une force de coup qui fait le football, on doit viser la victoire. Parce que les gens font le football, pas les footballeurs ou les dirigeants. DiBenedetto a dit que nous gagnerons, mais pas que nous gagnerons vite. La società vient pour porter une idée de victoire avec les moyens qu’elle mettra à disposition. L’envie de vaincre doit être un élan aux footballeurs sur le mercato, un élan à des comportements positifs, un élan à dépasser ses limites ». Enfin il demande aux tifosi de mettre à leur poubelle leur pessimisme et de tous tirer dans le même sens : « on ne fait pas une révolution technique, on fait une révolution culturelle. Je voudrais une équipe pleine d’envie, d’envie de se confronter avec les adversaires, avec le football. et demande la complicité des gens, pas la patience. La complicité est une façon de partager et penser ensemble, que les tifosi soient complices de ce groupe de personnes qui veut faire quelque chose ».

« Les meilleurs joueurs resteront tous »

Le cas le plus ambigüe à régler semble être celui du monténégrin Vucinic, dont il faudra évaluer de près les motivations : « Son cas ne doit pas être réglé en quelques secondes, c’est un grand joueur et il mérite une réponse réfléchie J’ai toujours eu peur de lui lorsque je travaillais dans d’autres équipes. Je dois en parler avec lui parce que j’ai perçu quelques uns de ses malaises par rapport à sa position sur le terrain, j’en ai d’ailleurs parlé avec son sélectionneur. Une fois que le schéma de jeu sera bien défini je m’entretiendrais avec lui ». Concernant Menez, l’envie semble être de le conserver : « Il  est fort, c’est un joueur qui exalte les gens et nous voulons des joueurs qui exaltent les gens, le football ne doit pas être casse-pieds. Les joueurs forts resteront tous, s’ils acceptent les choix de l’entraîneur et du club». Pendant que le sujet Borriello dépendra de lui : « Borriello est un problème parce qu’il est très fort mais il a vécu une saison à deux phases. Nous devrons comprendre quel rôle il peut avoir et s’il veut rester quel rôle il aura, avec lui nous devrons parler plus qu’avec n’importe quel autre joueur ». Concernant De Rossi, la volonté est clairement de le conserver à tout prix : « Il doit rester à la Roma, avec lui nous serons plus forts. Il a eu une période difficile mais je souhaite sa permanence. Je ne connais pas encore ses demandes. Au niveau économique nous devons suivre les exigences, mais j’ai le droit de faire quelques exceptions ». Enfin, il affirme haut et fort que Totti est le projet technique de la Roma : « Totti est innominabile, c’est une sorte de divinité. Il est le projet technique de la Roma, l’équipe sera modelé autour de lui. Ils l’ont mis de côté tant de fois et tant de fois sur le terrain il a écrasé les adversaires. Il devra comprendre quand ce sera à lui de jouer, et le moment où cela sera à d’autres de jouer, Il Capitano devra se gérer. Je voudrais lui parler, en espérant même pour le faire rencontrer Luis Enrique dans la soirée » Sabatini conclut : « Je devrais rencontrer tous les joueurs déjà présent, je dois comprendre s’ils veulent faire de la figuration ou être des acteurs importants. S’ils ont envie d’être quelque chose. Je devrai parler avec eux pour le comprendre, la Roma a toujours été compétitive, en mettant de côté l’an passé, il y a deux ans ils ont joué le Scudetto à la dernière journée. Il y a quelque chose à modifier du point de vue culturelle, il est vrai ».

« Luis Enrique représente notre vision du football, il n’est pas inférieur à Villas Boas »

Sabatini revient d’abord sur les choix et les critères qui ont favorisé l’intronisation de Luis Enrique : « Le motif pour lequel nous l’avons choisi est clair : nous voulons faire un football différent, il représente la discontinuité, il représente symboliquement une idée de football que nous voulons poursuivre avec une jeune personne, exubérant, un entraineur qui amène une culture qui défie un monde de football. Nous ne sommes pas dans la recherche d’une mutualité espagnole, cela sera à lui de faire une synthèse entre le football et la culture de jeu espagnole, et les exigences de notre championnat. C’est une nouveauté absolue, un choix courageux que je referais, même si au début cela peut sembler un peut contradictoire nous sommes contents de l’avoir pris. Il a signé un contrat de deux ans avec option sur parole pour la troisième, deux ans suffiront s’il peut guider l’équipe pour les dix prochaines ». Malgré les nombreux entraineurs entendus, Luis Enrique est celui qui a montré le plus de convictions : «Nous avons parlé avec une dizaine d’entraîneurs, nous avons approché des entraineurs de grande expérience cependant nous n’avons pas perçu une réelle et forte motivation de la part de ces grands noms. Nous avons évalué entre autre Klopp, Garcia, Pioli, Giampaolo, qui sont tous d’excellents entraîneurs. Luis Enrique, qui a accepté, était notre premier choix. Ce n’est pas un entraineur inférieur à Villas Boas ». Cependant certains choses seront à modifier pour porter les idées en avant : « Luis Enrique est très satisfait de l’effectif de la Roma comme il est ainsi. Il est évident qu’il nous a demandé de l’améliorer qualitativement et quantitativement. Le problème de la Roma n’est pas représenté par la valeur mais par le registre d’état civil des joueurs. Nous abaisserons la moyenne d’âge des joueurs. Nous voulons porter à Trigoria des jeunes joueurs forts Je veux rendre cette équipe moins sclérosée. Il faut une dialectique différente et une saine compétitivité à l’intérieur du groupe. Deux principes comptent dans un groupe : loyauté et générosité. Si cela est le cas nous ferons un extraordinaire pas en avant. Luis Enrique est un compétiteur, je le rencontrerai demain et nous déciderons quand commencer le travail. Il aura une équipe prête à entraîner, sûrement ». Il Conclut avec la chose qui l’a le plus impressionné chez l’espagnol : « Son envie de vouloir mettre sur le terrain une équipe qui veut démolir l’adversaire. Beaucoup n’ont pas cette idée, ils pensent voir comment évoluera le match. Il joue un football arrogant »..

« Pas de budget prédéfini, mais j’ai carte blanche »

Sabatini a tout d’abord souhaiter préciser qu’il n’avait pas de budget défini, mais que Di Benedetto lui avait donner son entière disponibilité :« le montant du budget ne m’a pas été référé ou délivré, il m’a été donné carte blanche pour travailler librement. Dans les jours qui suivent nous nous rencontrerons et chercherons à comprendre où on peut arriver. DiBenedetto m’a exalté en me disant que pour faire le football il faut l’argent, mais sûrement pour tout ce que je voudrai j’aurai la couverture de la società. Mais le problème est que si je dis « J’ai un budget de 80 millions ». Pastore coûte 60. Que faisons-nous, le budget est fini ? Elle ne m’a pas donner de chiffres mais la società m’a donné une liberté de travail sur le mercato ». La première problématique a suivre de près sera le poste de gardien : « Il y a des noms que je ne ferai pas. C’est un problème que nous soulevons. Doni pendant plusieurs années a été jugé très fiable, ensuite je devrai comprendre ce que s’est passé mais sûrement nous prendrons un gardien. Nous chercherons à comprendre qui dans cet effectif restera à faire le numéro deux ou le numéro trois ». On parle beaucoup d’une possible arrivée dans le staff de Perruzzi : « Son arrivée est mon idée, très personnel, J’aimerais l’avoir près de l’équipe pour gérer les humeurs du groupe. Maintenant je dois réfléchir ». Un petit mot ensuite sur Pradé et Montali : « On cherchera le poste juste pour Daniele, qui a fait un grand travail, mais je le ferais en concertation avec Franco Baldini. Montali a très bien travaillé la saison dernière, cependant l’organigramme qui m’a été présenté comporte trois noms : Entraineur, Directeur Sportif et Directeur Général. Outre ces personnes il sera difficile d’en insérer d’autres, malgré leur forte valeur ».

« Je voudrais prendre Lamela à tout prix »

Dans cette longue conférence, Sabatini n’a pas tenu à donner de nom, bien évidemment pour travailler plus sereinement. Cependant il s’est attardé brièvement sur l’argentin Lamela : « C’est une négociation compliquée, notamment pour les demandes du club argentin, j’admets candidement qu’il est un excellent footballeur et que je voudrais le porter ici à tout prix. Si je n’arrivais pas à le prendre je prendrais de toute façon un autre joueur de son niveau » . Si des romanisti ne feront pas leur retour à Rome, l’effectif en sera composé tout de même : «Bovo et Stoari ne viendront pas, cependant certains joueurs de la Primavera pourraient grimper en équipe première». Enfin pour terminer, il évoque la possibilité de voir arriver un ou deux joueurs ayant travailler avec Luis Enrique : «Il est clair qu’il est possible de voir arriver quelques joueurs avec qui il a travaillé, ensuite nous verrons».