Retour sur une soirée, ayant un air de déjà vu

La victoire de la Juventus face à l’AS Roma sur sa propre pelouse fait encore jazzer alors que le coup de sifflet final a été donné il y a plus de 50 ans. Le site CSR revient brièvement sur les événements polémiques qui ont entaché ce match, qui devait à la base être une fête et une vitrine pour la Serie A.

Le premier moment polémique arrive à la 25ème minute. Alors que Francesco Totti réalise une faute (évitable) sur Andrea Pirlo a environ 25 mètres de la cage de Lukasz Skoruspki, le playmaker juventino voit sa frappe détourné de la main par Maicon. Plusieurs éléments prêtent alors à confusion : Tout d’abord l’arbitre semble dans un premier temps vouloir soit faire retirer le coup franc ou bien le faire tirer à la limite de la surface, mais après quelques secondes Mr Rocchi désigne finalement le point de penalty. Sur les causes, on peut d’abord se poser la question de l’intentionnalité et si le geste est fait pour se protéger ou bien pour augmenter la surface de blocage. Enfin, on peut se demander si réellement la main à eu lieu hors de la surface, ou bien dans la surface. Il faut prendre en compte le fait que la ligne fait partie de la surface et que si le ballon touche le bras du latéral brésilien sur la ligne, alors le penalty peut être sifflé. Lors de cet action, Rudi Garcia se verra expulsé pour avoir fait le geste du violoniste, peut-être synonyme de « cela est toujours la même chanson ».

La seconde décision importante que l’arbitre du prendre, fût encore un penalty à la 32ème minute, mais cette fois-ici côté giallorosso. Sur un coup franc tiré par Miralem Pjanic, le suisse Lichtsteiner retient grossièrement le Capitano au second poteau (loin de où se situe le ballon) et les deux hommes se retrouvent au sol. Un coup de sifflet plutôt logique, même s’il semble que le n°10 de la Louve semble extrêmement bien jouer le coup, en amenant son adversaire au sol avec lui, qui l’a cependant bien ceinturé en amont. Les débats sur les différents plateaux TV italiens semblent quasiment unanime pour dire que l’homme en jaune a pris la bonne décision sur cet événement. Plus discutable le carton jaune donné par l’arbitre à « Cesco » pour avoir fêté ce but devant le parcage des tifosi romanisti.

Le troisième événement est probablement celui qui a fait le plus polémique, pour plusieurs raisons. Alors que le 4ème arbitre annonce « une minute de temps additionnel », nous sommes exactement à 46′ 51″ quand Pogba s’écroule et obtient le penalty. Avant même d’analyser la faute, on peut de suite se poser la question de l’utilité de laisser ces 50 secondes supplémentaires, alors que la blessure de Cacares n’a pas amené la civière sur le terrain (synonyme d’une minute supplémentaire) et qu’au pire son changement n’aurait du engendrer que 30 seconde de plus. Mis cela de côté, le contact entre Miralem Pjanic et l’international français pose là aussi question. Si le contact semble indiscutable, on peut encore se demander si celui-ci a lieu hors de la surface ou bien à l’intérieur (ou sur la ligne, faisant parti de la surface). Là encore, les débats vont bon train et difficile de trouver une réelle unanimité dans un sens comme dans l’autre. Mais ce qui questionne est cependant le contexte qui amène l’arbitre à siffler. Alors que Mr Rocchi a conscience que le premier penalty est extrêmement litigieux, que l’on a dépassé le temps additionnel annoncé et que ce second penalty parait encore très difficile à juger, fallait-il « au bénéfice du doute » ne pas prendre une nouvelle décision « pro-Juve » au vue de ces circonstances ?

Le quatrième événement est réellement à l’interprétation de l’arbitre, et ne souffre pas de scandale véritable. Cependant, l’accumulation des éléments défavorables semblent laisser à penser que cela est la goutte d’eau faisant déborder le vase. Ce qui ne fait aucun doute est que la position de Vidal est clairement en position de hors-jeu. Actif ou passif ? Difficile à analyser, mais le chilien semble cependant être dans le champ de vision du gardien polonais et du frappeur Bonucci. Il semble donc que le milieu bianconero fasse bien « action de jeu », et que sa présence illicite ait pu gêner le dernier homme giallorosso.

Nous passerons sur l’extrême mauvaise gestion de fin de match par l’arbitre (qui a d’ailleurs été suspendu durant un mois, malgré qu’il aurait fait son mea-culpa à la societa giallorossa au terme de la rencontre), et n’aura plus le droit d’arbitre ni la Roma ni la Juventus cette saison), qui a notamment du expulser communément Kostas Manolas et l’espagnol Morata, alors que cela aurait probablement pu être évité, si ce dernier avait pris un carton jaune lors de l’action précédente avec Radja Nainggolan. On passera également sur les tensions en tribune présidentielle où les remplaçants et blessés (ce qui a eu dont d’énerver Kevin Strootman) de la Roma ont continuellement été insulté, voir quasiment menacé physiquement. L’entraîneur des gardiens a même été giflé par un « tifoso » de la Juventus, qui sera sûrement « interdit de stade » pour une certaine durée.

Au vue de tout cela, les réactions de Walter Sabatini, Rudi Garcia et Francesco Totti sont-elles légitimes ? Selon certain, comme le journaliste (tifoso de la Lazio) de So Foot, Eric Maggiori, la Louve se plaindrait d’action dont elle aurait été bénéficiaire ces dernières années. Chose vraie. Les penalties obtenus par Gervinho face à l’Inter (faute de Pereira sur le côté droit) puis contre le Milan AC (faute de Gabriel côté gauche) sont effectivement assez ressemblant à celui que Pogba obtient le week-end passé. Il est aussi exact que les giallorossi avaient obtenu en 2010/2011 un penalty face à la Juventus, suite à une main de Pepe sur un coup franc de Totti (qui se dépêcha de réclamer le penalty à l’arbitre). Tout cela est vrai, mais le problème n’est pas là. Comme nous l’avons analysé dans cet article, le problème vient de l’accumulation des faits contestables et dans leurs circonstances (avec des décisions semblants aller dans le même sens, malgré le bénéfice du doute), et non pas de chacune de ses situations qui pris de façon individuelle ne sont pas en soi de graves erreurs d’arbitrages. Toujours est-il que l’écart entre ces deux monstres de la Serie A semble s’être réduit pour quasiment ne plus exister, et cela reste l’élément à retenir pour les romanisti, qui ont su faire jeu égal sur la pelouse du triple-champion d’Italie, après l’avoir fait quelques jours plus tôt sur le terrain du champion d’Angleterre. Si le bilan comptable est pas génial, l’examen de la maturité a été passé avec succès.