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Piris, Le coup de poker quitte ou double

Le paraguayen de 23 ans, Ivan Piris, est sûrement une des recrues les plus méconnues du mercato estival. Et pourtant son nom commence à résonner fortement en Amérique du Sud. En effet le latéral droit a su se faire un nom en Copa Libertadores, face à un certain Neymar, mais également en Copa America avec le Paraguay. Si le côté défensif est son point fort, il doit encore progresser tactiquement, et se montrer plus incisif dans ses montées.

La formation et la découverte

Ivan Piris est né le 10 mars 1989 à Asuncion au Paraguay. Il commence le football à l’âge de 6 ans dans un club local nommé Las Aguilas Verdes. Il y fera ses gammes pendant 5 ans, puisqu’à ses 11 ans il est repéré par le grand club de sa ville natale, le « Colo colo » Cerro Porteno. De l’année 2000 à 2008, le jeune Piris terminera sa formation dans les équipes de jeunes du club, avant de connaître le graal suprême et sa première apparition dans le monde professionnel. Cela lui arrivera le 19 octobre 2008, alors qu’il n’est âgé que de 19 ans. Petit à petit, il commence à s’imposer comme un titulaire en puissance dans le couloir droit défensif de son équipe, à tel point qu’il fut élu révélation du championnat paraguayen lors de l’année 2009 par le site Teledeportes. Année où lui et son club décrocheront le titre ce champion du pays.

Les premières prémices dans le monde professionnel

Mais c’est véritablement lors de l’année 2010 que sa carrière va commencer tout doucement à exploser. En effet, à 21 ans, il disputera 38 rencontres en championnat, mais également 8 rencontres de Copa Libertadores. Cela lui permettra à son jeune âge de découvrir les exigences du très haut niveau. L’année 2011 sera pour lui celle qui lui permettra de se faire connaître dans tout le continent sud-américain. En effet, toujours titulaire indiscutable de son club avec 14 matchs à la mi-saison, il va disputer 14 rencontres de Copa Libertadores. Un parcours qui permettra, à lui et son équipe, d’atteindre les demi-finale de la plus grande compétition mondiale derrière la Champions League. Et c’est lors de cette demi-finale, face au club brésilien de Santos, qu’il sera sur le devant de la scène. En effet son adversaire direct n’est autre qu’un certain Neymar, joueur qui foudroie déjà le championnat du Brésil. Et le petit Piris se montrera impérial, ne laissant pas le moindre espace à son concurrent d’un soir.

L’arrivée dans un grand club

Alors que l’on est à la mi-saison, le Sao Paulo, club mythique brésilien, n’hésite alors pas à mettre 2 millions d’euros pour le recruter, alors que la concurrence (plus ou moins prononcée) était déjà forte : Boca Junior, Manchester United, Tottenham, Benfica, FC Porto, Bologne et Udinese. Le joueur décide cependant de rester sur le même continent pour continuer sa progression et rejoint le club tricolore. Il ne reste finalement qu’une année entière dans le club brésilien. Les 6 derniers mois de l’année 2011, et les 6 premiers mois de l’année 2012. Mais il y figurera comme un titulaire, avec respectivement 17 et 19 matchs disputés. Cette année lui permettra, dans un club à importante envergure, de se faire remarquer aux yeux de l’Europe. Et tout particulièrement du FC Seville. En effet le club espagnol sera tout proche de recruter le latéral paraguayen, à tel point qu’un vol était déjà acheté pour son arrivée en Andalousie. Mais l’insertion de Walter Sabatini dans la transaction changera la donne, et Piris rejoindra finalement la capitale italienne, pour un vol direct et sans retour.

Débarquement dans la capitale giallorossa

Ivan Piris rejoint donc la capitale italienne lors de cet trêve estivale 2012. Arrivé à la Roma dans les premiers jours du mois d’août (pour un prêt d’1 million d’euro et une option d’achat à 4 millions), il ne participera pas à la tournée américaine, mais sera du ritiro en Autriche à la mi-août. Selon les observateurs, il impressionne déjà lors des premiers entraînements, avec une capacité de marquage défensif supérieure à la moyenne. Alors qu’il se montre très intéressant lors du dernier match amical face à l’Aris Salonique, son début de saison s’avérera assez difficile. En effet le jeune paraguayen de 23 ans semble avoir du mal à se faire à la tactique à l’italienne. Et le plus difficile arrivera lors du Roma-Bologne, où il est accusé d’être reponsable des deux buts adverses (en 90 secondes) amenant à l’égalisation. Zeman n’hésitera d’ailleurs pas à le sortir juste après, à la place de Marquinhos. Piris passera alors deux matchs sur le banc avant de faire son retour. Mais lors du déplacement face au Genoa, malgré un premier quart d’heure compliqué, il disputera son match référence : deux passes décisives à son actif (pour Totti et Osvaldo) et une seconde période de qualité sur le plan défensif. Il devra de ce fait confirmer ce dimanche face à l’Udinese, pour prouver que sa saison est lancée.

Et la sélection ?

Ivan Piris dispute une quinzaine de matchs avec le Paraguay U21, avant de rejoindre l’équipe A de son pays à l’âge de 21 ans. Il collectionne jusqu’à aujourd’hui une dizaine de sélections, avec notamment une Copa America 2011 de grande qualité. En effet, titulaire de sa sélection, il rejoindra la finale de la compétition avec de grandes prestations. Il continue à un poste de titulaire lors des éliminatoires du Mondial 2014. Si les prestations collectives de son équipes sont médiocres, le joueur enchaîne lui les bonnes prestations individuelles. En effet, il n’aura aucun mal à remporter ses duels face à des adversaires directs comme Di Maria (Argentine), Armero (Colombie) ou Vargas (Pérou).

S’il a encore du mal à exploiter ses qualités dans le championnat italien, Ivan Piris semble avoir toutes les aptitudes nécessaires pour s’imposer autant dans le domaine défensif qu’offensif. Mais les tifosi giallorossi n’auront pas une patience sans limite pour le voir à l’oeuvre à son meilleur niveau…