Philisophie Zeman, itinéraire d’une difficile assimilation

Le parcours tactique mené par Zdenek Zeman, depuis son arrivée au mois de juillet, a connu diverses phases. Un temps critiqué, sa méthode semble aujourd’hui porter ses fruits. Mais l’heure reste maintenant à la confirmation, et à la remontée au classement.

La période de match amicaux se montrera très satisfaisante. Le plein de victoire, et ses automatismes qui semblent porter ses fruits, et amener une grande confiance. En effet le jeu de Zeman se développe match après match avec des automatismes qui semblent prendre. Cependant de nombreux tifosi émettent comme contrainte la faiblesses des adversaires dans ces matchs amicaux, empêchant (d’après-eux) la possibilité de s’affronter à des clubs de plus gros calibres, et donc de pouvoir mieux travailler l’aspect défensif et sa solidité. Zeman dira de son côté qu’il a besoin d’affronter au départ des adversaires de faible niveau pour pouvoir mettre plus facilement en place les bases de sa philosophie. Cela lui aura notamment permis de faire changer de style de jeu Erik Lamela. En effet le boemo trouve que l’argentin de 20 ans ne va pas assez vers le but, et manque de tranchant dans le dernier geste. Il n’hésitera d’ailleurs pas à le malmener en conférence de presse.

Le premier match de Série A semble confirme les craintes des tifosi, et la prestation livrée face à Catane se montre décevante. Cependant la double égalisation semble montrer une équipe qui possède du caractère. Ce match laissera penser qu’il y aura encore beaucoup de travail. En effet les matchs suivants se montreront sur courant alternatif, avec du bons et du mauvais. Et pourtant, la prestation suivante sur le terrain de l’Inter fût très convaincante. Les giallorossi livrent une grande partition, avec un collectif bien huilé, montrant une efficacité défensive et offensive intéressante. Oui mais voila, les belles choses montrées ne dureront que trop rarement sur 90 minutes dans les matchs suivants. En effet les défenseurs seront trop souvent victimes d’erreurs individuels coutant des « black-out » de quelques minutes décisives pour les adversaires. Cela fût notamment le cas des réceptions suivants de Bologne, la Sampdoria, et un peu plus tard l’Udinese. A chaque fois les coéquipiers de Totti réalisent une première période de haute voltige, avec une large avance. Et à chaque fois l’équipe hôte remonte le score en seconde période sur des manques de concentrations. Un pressing et une possession de balle maitrisée, qui disparait au fil de la deuxième mi-temps.

Le pic de difficulté arriva lors du déplacement sur le terrain de la Juventus, où pour la première fois la Louve fût dominé (largement) dans chaque compartiment du jeu. Un désastre total où la Roma sombrera et encaissera 3 buts en l’espace de 30 minutes.  Un match qui aurait pu laisser de lourdes séquelles au sein du groupe giallorosso et de la societa. En effet de nombreux joueurs déclarent qu’ils n’arrivent pas à faire ce que Zeman leur demande, et De Rossi critiqua même ouvertement la technique médiatique « anti-Juve » de son coach. Cela aurait pu être le début d’un grand incendie, mais la societa  et Franco Baldini surent très bien gérer ce dur passage, avec une conférence de presse organisée quelques jours plus tard. Des mots forts servant à éteindre le feu, et à confirmer une fois de plus leur confiance en leur entraineur.

Après cela, exception fait des terrains digne d’une piscine Olympique contre Parme et la Lazio, la régularité dans les résultats pointe le bout de son nez et les prestations se montrent de meilleures qualités. En effet l’équipe de Zeman maitrise de mieux en mieux sa philosophie, et arrive à le produire durant 90 minutes. La moyenne de buts ne cessent d’augmenter, tandis que la défense tend à prendre moins l’eau. En effet le bloc équipe se montre plus compact, plus resserré, le coulissement et la couverture mutuelle permet de mieux quadriller le terrain. On constate également une meilleur maitrise du hors-jeu, qui permet à la défense de jouer plus haut et se retrouver plus proche de ses milieux. Les deux dernières prestations à domicile face à la Fiorentina et le Milan ont probablement été les prestations les plus convaincantes depuis ce début de saison. Les lignes se montrent plus proches, et le pressing est alors plus déterminant, avec des latéraux défensifs capable de servir d’écran devant la première relance des défenseurs adverses.

Une révolution technique et tactique qui a également eu lieu sur le plan individuel. Le cas le plus flagrant est Lamela. Qui a su transformer son jeu, en devenant une véritable machine à buts, à qui il devient presque impossible de chiper la balle quand il l’a dans les pieds. Mais nous développerons son cas un peu plus tard. Comment ne pas citer non plus les cas De Rossi et Pjanic, dont beaucoup les voyaient partant lors de ce mercato de janvier, avec comme argument qu’ils n’étaient pas adaptés au jeu du boemo. Aujourd’hui ils retrouvent chacun une place importante et déterminante dans le 11 type. Idem pour Piris, dont la transformation depuis le début de saison est fulgurante, sur le plan tactique et individuelle. Autant de réussites, comme la continuité trouvé par des jeunes talents comme Marquinhos ou Florenzi.

Un bilan de 32 points en 18 matchs encore trop faible sur le plan comptable, mais des progrès dans le jeu qui laisse entrevoir une seconde partie de saison forte intéressante. Avec des joueurs qui se montrent transformé par la méthode Zeman : Piris, De Rossi, Pjanic ou Lamela. Autant de joueurs qui sont passés de décriés à piliers pour certains, et en grand progrès pour d’autres. Un parcours assez similaire à ce qui se passa avec Pescara l’an passé. Avec des débuts difficile, et une machine quasiment inarrêtable une fois que les joueurs avaient totalement compris la « méthode Zeman ».