Pastore retrace sa carrière et parle de l’AS Roma [partie 3/3]

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Photo tirée du site Asromaultras.org

Javier Pastore a livré un très long interview au site officiel Asroma.com, où il parle dans cette troisième partie de nombreux sujets divers et variés :

Pastore retrace sa carrière et parle de l’AS Roma [partie 2/3]

« Le fait d’aller à Paris à 22 ans m’a aidé à grandir ? Beaucoup. La première année a été un peu difficile, pour la langue et la culture différente, j’étais jeune, et j’étais très timide. Je parlais peu avec les coéquipiers et les gens. Je m’étais démoralisé et je me disais « je ne réussirais jamais à apprendre le français, je ne réussirais pas à le comprendre. Tout était dans la tête. La seconde année cela a été mieux, j’ai mis ma timidité de côté et j’ai réussi à entrer en contact avec les coéquipiers et avec la ville. J’ai compris que Paris était un endroit magique. Je suis devenu là-bas un homme et c’est là que ma fille est née : j’étais un jeune homme et je suis devenu un père. Mon but préféré ? Celui que j’ai marqué contre Chelsea avec le PSG. Je suis entré à 5 minutes de la fin, et j’ai mis un but avec un geste dont personne ne s’attendait, un de mes plus beaux. A quel point le football a changé depuis mon retour en Italie ? Aujourd’hui on défend tous ensemble et on attaque aussi ensemble. Il y a dix ans c’était différent. Quand je suis arrivé, cependant, j’étais jeune et je pensais seulement à m’amuser. Si c’est plus facile ou difficile pour un jeune aujourd’hui de faire carrière ? Je peux parler de ma propre expérience, mais pour moi c’est plus difficile. Je pense aussi aux relations avec les plus jeunes en Argentine. Aujourd’hui ils pense seulement à l’argentin, et même en étant très jeune, avec l’influence des familles. Je ne dis pas que je n’ai pas pensé à cela, mais ça ne peut pas être le motif principal. Parce que sinon on laisse la passion et on met le foot de côté. Tu dois faire les choses par passion, et ensuite l’argent arrive. On ne peut pas penser à l’argent avant d’arriver en Serie A.

Quels conseils donner à un jeune ? Jouer avec passion, tout donner, apprendre de chaque entraînement. C’est la base, et puis le reste arrive ensuite. Il faut l’état d’esprit et aussi un peu de chance. Le conseil le plus important que j’ai reçu dans ma carrière ? Beaucoup de personnes m’ont aidé. Mon agent d’abord, Simonian, avec qui je suis depuis mes 16 ans et qui m’a toujours dit de me concentrer seulement sur le jeu. Puis footballistiquement, j’ai appris de Sabatini, la personne qui m’a fait venir en Europe. Il m’a donné beaucoup de conseils à Palerme, nous parlions tous les jours. On parlait de la vie et du football, j’étais comme son fils. Arrivé à Palerme je n’arrivais à rien faire, même à l’entraînement. Il m’appelait dans son bureau pour revoir le dernier match. Il me disait « regardes trois fois l’action et dis mois ce que tu en penses ». Puis je lui disais « directeur, j’ai fais certaines choses de bien », et il me répondait « non, tu as levé le bras parce qu’un coéquipier ne t’as pas passé le ballon, et là tu n’as pas fait la course de dix mètres ». Il me signalait diverses choses que je ne voyais pas à 19 ans. Ce sont tous des détails importants sur et hors du terrain. Footballistiquement il m’a beaucoup aidé. A quel point Palerme a été important pour moi ? Énormément. Outre Sababtini, Delio Rossi m’a enseigné des mouvements en un mois que aucun ne m’avait dit dans ma carrière. Nous faisions un travail individuel, à la fin de l’entraînement.

Je pensais que cela me serait inutile, mais il me dit « je te mets sur le banc, mais dans un mois, quand on aura travaillé tactiquement, je te remet titulaire. Il m’a donné sa parole, et un mois après j’étais à nouveau titulaire, j’étais un autre joueur. Qui je suis hors du terrain ? Un homme, un peu vieux (rire, ndlr), normal. J’aime être chez moi en famille, je veux vivre tranquille. Ma passion ? Etre avec ma famille. Quand j’étais jeune je jouais aux jeux vidéos, désormais si j’ai un jour de libre je joue au volley. J’aime beaucoup le cinéma. En France ça n’était pas simple de voir d’autres langues, alors quand j’avais un jour de libre je venais à Rome avec ma femme, pour voir un film et rentrer le lendemain. Depuis que je suis à Rome tout est plus simple. Ce que je veux faire à la fin de ma carrière ? Désormais je pense à jouer d’autres belles années, le football est ma vie, et je ferais sûrement quelque chose dans ce domaine. Mais je ne sais pas encore quoi, la vie peut changer d’un jour à l’autre. Je suis argentin, mais ma femme est italienne, mes enfants sont nés en France. Donc je vis au jour le jour, je choisirais plus tard. Avant je pense à la famille. L’objectif de cette saison ? Jouer le plus possible, que ce soir tout le monde ou bien une partie. Je veux être bien physiquement et amener la Roma le plus en haut possible. Le football est un jeu d’équipe et si la Roma finit en haut alors ça sera parce que toute l’équipe a été bonne, et non pas un seul joueur ».