Nainggolan, Le « Ninja » qui sait tout faire

Arrivé 48h après la déroute face à la Juventus, Radja Nainggolan s’est acclimaté à sa nouvelle réalité en l’espace de quelques jours. En l’espace de 3 semaines, l’international belge a déjà disputé 4 rencontres (pour 4 succès) et apporte à Rudi Garcia des solutions supplémentaires dans son entre-jeu. Voici sa présentation par la rédaction de Cesololaroma.org :

Une réussite précoce et un pilier à Cagliari

Radja Nainggolan est né le 4 mai 1987 à Anvers, du côté de la Belgique Flamande. Originaire de l’Indonésie par la nationalité de son père, il débute le football dans le club de Germinal Beerschot, où il jouera de 12 à 17 ans. C’est à cet âge qu’il décide de réaliser le grand saut, et de rejoindre l’Italie. Dans un premier temps, direction Piacenza où il évoluera durant 5 saisons en Serie B. D’abord en alternant avec la Primavera, puis exclusivement avec l’équipe première. Et c’est lors de la saison 2008/2009 que sa carrière va décoller, avec une saison où il dispute 38 rencontres et inscrit 3 buts. Le début de saison 2009/2010 sera du même niveau, avec 21 matchs (1 but) à la mi-saison. Cela lui vaut alors l’honneur d’être repéré par Cagliari, qui va rapidement lui faire découvrir l’élite. S’il connait une période d’adaptation tranquille (seulement 7 matchs durant ses 6 premiers mois), il ne va ensuite plus quitter sa place de titulaire, en ne manquant que 7 matchs de Serie A durant 3 saisons et demi (soit 131 matchs au total). Le « Ninja », est un vrai monstre physique et un infatigable récupérateur de ballons. Nainggolan disputera 36 matchs (2010/2011), 37 matchs (2011/2012), 34 matchs (2012/2013), puis 17 matchs sur le début de la phase aller (2013/2014) avec en général entre 1 et 2 buts par saison. Cette saison il en est déjà à deux réalisations, alors que nous sommes qu’à mi-chemin, de quoi battre son record atteint en Serie B en 2008/2009 avec 3 buts en 38 matchs.

Le jeu du chat et de la souris depuis l’été dernier sur le mercato

Nainggolan aurait déjà pu débarquer dans la Capitale italienne lors du mercato estival dernier. En effet le belge était la piste numéro 1 de Walter Sabatini en début de mercato, et un accord semblait même proche avec Cagliari. Oui mais voila, les démons de la saison passée (avec la défaite 3-0 sur tapis vert pour cause de l’accès aux tribunes à risque) resurgissent et les discussions se tendent. Le directeur sportif se « rabattra » alors sur Kevin Strootman (16 millions + bonus) que Manchester United n’arriva pas à concrétiser. Autre dessous de mercato, Radja aurait également pu arriver en fin de mercato, en cas de départ de Daniele De Rossi vers la Premier League. Alors qu’il aurait pu arriver au lieu de Strootman ou De Rossi, le voici donc cet hiver en compagnie des deux autres. Mais cela n’a pas été une mince affaire. Nainggolan a été annoncé comme « transfert conclu » chez tous les « gros » d’Italie. D’abord la Juventus mais surtout l’Inter de Tohir l’été dernier, puis le Milan AC en ce début de mois de janvier, et enfin du Napoli. L’AS Roma aura alors tenté l’assaut définitif pour rafler la mise, d’un joueur qui vient conforter quantitativement et qualitativement le milieu de terrain de Rudi Garcia (avec cependant le départ de Michel Bradley vers Toronto, pour 7 millions d’euros).

Un milieu de terrain polyvalent capable de tout faire défensivement et offensivement

Rudi Garcia (qui avait déclaré que « son arrivée fait que nous serons plus forts, à la fois pour la seconde partie de saison mais aussi pour le futur. Si nous jouons en Europe la prochaine année, cela ne sera pas une mauvaise chose d’avoir un joueur de haut niveau en plus.  Son avantage est qu’il est polyvalent et qu’il sait tout faire ») dispose donc maintenant de 4 joueurs potentiellement titulaires au milieu avec l’arrivée du néo-numéro 44. Cela lui permet donc une certaine rotation (notamment en ces semaines de Coupe d’Italie), jouant sur les suspensions et phase de repos. Nainggolan apporte surtout un profil nouveau dans l’effectif giallorosso. Si De Rossi est le pilier de l’entre-jeu avec sa position de sentinelle devant la défense, l’indonésien d’origine apporte une hargne et une pugnacité à la récupération tel un Gattuso des grandes années. Il est en effet (depuis 2010), le joueur de Serie A qui a réalisé le plus de tacles (474, soit quasiment 4 par match) et cela qui a (de loin) récupéré le plus de ballons sur cette période de 3 ans et demi, avec 1233 ballons récupérés (soit quasiment 10 par match). Cela permet donc à la Louve d’effectuer un abatage important et un gros pressing pour étouffer l’adversaire. Mais pas seulement, Nainggolan est aussi doté d’une bonne vision du jeu, en étant capable de faire la passe juste vers l’avant mais aussi de réaliser une transversale milimitré pour changer de côté. Enfin, il est également en capacité de perforer, avec ou sans ballon, les lignes défensives adversaires pour apporter le surnombre offensif et conclure les actions romanisti. Le mister français dispose donc maintenant d’une panoplie de choix tactique et technique entre ces 4 joueurs ayant chacun leurs qualités propres, mais aussi au niveau du schéma de jeu, pouvant passer d’un 4-3-3 en 4-2-3-1 (voir un 4-4-2 losange avec Pjanic devant les trois autres) sans aucune difficulté.

Une adaptation éclaire avec ses nouveaux coéquipiers et une place déjà trouvée

Arrivé deux jours après la déroute face à la Juventus en début de mois, Nainggolan dispute déjà sa première rencontre officielle avec le maillot giallorosso le jeudi (soit après avoir effectué un seul entrainement) face à l’Atalanta en Coupe d’Italie. Garcia laissa notamment Strootman et Pjanic sur le banc, pour aligner De Rossi et Taddei avec le « Ninja ». Cette première prestation mis déjà tout le monde d’accord. Quelques jours plus tard, le dimanche face au Genoa, il est cette-fois ci aligné en compagnie de Strootman et Pjanic (avec De Rossi suspendu), où on assiste à une sorte de 4-2-3-1, où le hollandais et le belge se partagent à tour de rôle les tâches défensives. Le week end suivant, toujours à l’Olimpico contre Livorno, il débute pour la première fois sur le banc (laissant le milieu type de la phase aller sur la pelouse) et fît son entrée en jeu durant la dernière demi-heure. Avec un Pjanic un peu diminué à cause d’une douleur au genou, Radja sera alors aligné titulaires face à la Juventus (Coppa) et Verona, à chaque fois en compagnie de De Rossi et Strootman, pour un milieu de terrain en forte densité physique et de récupération. S’il est d’or et déjà forfait face à Parme pour cause de suspension, il se rendra sûrement indispensable durant ces 5 rencontres, notamment grâce à son adaptation rapide (en partie du au fait qu’il parle couramment l’italien et correctement le français) que la Louve va disputer en l’espace de 15 jours (Parma, Coppa 1/2 aller, Lazio, Coppa 1/2 retour, Inter).

Et la sélection de Belgique dans tout ça ?

Après avoir disputé une dizaine de sélection chez les « Espoirs » (U21) de la Belgique, Nainggolan connait sa première sélection A, le 29 mai 2009, alors qu’il est âgé de 21 ans depuis moins d’un mois. Intégré au sein d’une génération dorée, il peinera à y faire sa place, et n’aura connu en 3 ans et demi que 4 sélections. Il est vrai que son passage à Cagliari ne lui aura pas offert une grande exposition médiatique, mais surtout devant faire face à une lourde concurrence dans l’entre-jeu des « Diables Rouges ». Pourtant considéré comme l’un des meilleurs milieux de terrain en Serie A, il espère bien profiter de ses 4 derniers mois à l’AS Roma (« J’ai toujours dis que l’important est ce que le joueur fait sur le terrain, j’espère avoir plus de considération parce que j’aurais une plus grande visibilité. Je suis convaincu que je ferais bien, j’aurais mon opportunité ») pour se montrer aux yeux du sélectionneur Marc Wilmots, qui ne possède pas de tel profil en son groupe. Nainggolan a donc toutes les cartes en main pour s’offrir un billet, en compagnie des Hazard et autres Feilani, lors du Mondial au Brésil qui se disputera cet été…