Photo tirée du site Gianlucadimarzio.com

Monchi, directeur sportif de l’AS Roma, s’est exprimé dans un long interview à Sky Sport :

« Si je me sens un peu le Père Noël pour les tifosi avec le mercato qui arrive ? Oui, quand arrive le mercato, d’été ou d’hiver, le monde tourne autour des directeurs sportifs. Tous attendent qu’on prenne 3 ou 4 joueurs et qu’ils deviennent des joueurs importants. Cependant, pour moi, normalement le mercato de janvier ne change pas beaucoup une équipe, c’est pour changer des petites choses. S’il y a besoin de 4 ou 5 recrues, cela veut dire que quelque chose a été raté l’été précédent. Il ne faut jamais prendre un joueur que l’entraîneur ne veut pas et jamais prendre un joueur que voudrait l’entraîneur mais que moi je ne veux pas. C’est ma façon de travailler, aucun des deux ne doit imposer son point de vue, tout doit être partagé. Il y a 16 personnes qui travaillent pour moi, ils travaillent et voyagent beaucoup, pas seulement Monchi. Combien de fois je vois un joueur avant de décider de le prendre ? Beaucoup. Nous utilisons la première partie de l’année pour avoir une vision générale, puis on commence à signaler le joueur, mais nous le voyons souvent, entre 6 et 12 fois. Si cela m’ait déjà arrivé de prendre un joueur que je n’avais jamais vu jouer ? Non, mais je suis un défenseur de la TV, parce que je crois que la première impression doit être ainsi, autrement il faudra avoir 500 scouts. Puis, une fois qu’on comprend qu’un joueur pourrait avoir certaines caractéristiques, on doit toujours aller le voir de visu. Quelle différence entre le mercato en Espagne et en Italie ? Ici on travaille dans une vitrine, tout sort dans la presse, c’est difficile, pour moi ça a été le plus grand changement. En Espagne le mercato est important, mais il n’y a pas d’infos continues. Ici on ne parle pas mercato seulement en juillet ou août, mais ensuite en septembre, octobre, novembre… donc c’est plus difficile.

Zaniolo ? Quand l’Inter a demandé Nainggolan, nous avions fait deux demandes : Radu et Zaniolo. Cependant, Radu était déjà envoyé au Genoa. L’Inter ne voulait pas vendre Zaniolo, ils ne sont pas fous, mais ils voulaient absolument Radja et c’était normal qu’ils cèdent sur quelque chose. L’affaire n’aurait pas sauté sans Zaniolo cependant. Mais je ne pensais pas que Zaniolo aurait été aussi rapidement déterminant et à ce point. Les tifosi ? Ceux de la Roma ont tous raison, mais le tifoso a toujours raison, seulement que ceux de la Roma encore plus, parce que c’est vrai que quand quelqu’un supporte une équipe comme la Roma, qui est une grande équipe, pas seulement en Italie, mais aussi en Europe, il faut savoir gagner quelque chose. C’est normal, les derniers à qui on peut donner la faute sont les tifosi de la Roma parce qu’ils ont raison. Je ne peux rien dire d’autre. Au-delà des médias, j’ai toujours eu la sensation que eux me sont proche, mais c’est vrai que nous devons aussi leurs donner quelque chose. Cela fait de nombreuses années qu’ils ne gagnent rien, donc c’est normal. Je ne suis pas venu ici pour vendre, mais pour faire mon travail et mon travail était d’équilibrer les comptes. Petit à petit, nous sommes en train de le faire et nous avons fait des ventes normales, celles que j’ai pensé être bonne pour le club. Je n’ai pas de baguette magique, ce que je fais, je l’ai toujours fais de la même manière, travaillant avec les jeunes, mais aussi avec des joueurs expérimentés. Je crois que au final les tifosi, vous (les médias), vous pourrez commencer à comprendre quelle est mon idée. Je sais que le temps dans le football est court. Mais je suis convaincu, parce que je sais comment je travaille et comment travaillent ceux qui m’entourent, que nous avons raison.

Si je suis auto-critique ? Énormément. Je suis le plus exigeant de tous vis à vis de moi-même. Je dis toujours que le directeur sportif doit avoir 3-4 caractéristiques. Une de celles-ci est de comprendre quand on se trompe et apprendre de ce qui a été raté. C’est vrai que j’ai eu la possibilité de gagner beaucoup de choses, mais le jour suivant je suis préoccupé parce que je ne m’arrête jamais au succès. Je travaille toujours en pensant que demain le succès n’arrivera pas. Donc chaque jour j’essaie de dire « Où t’es-tu trompé Monchi ? ». Je ne m’arrête jamais, je vais toujours en première ligne, parce que je crois que c’est normal que cela soit ainsi. J’ai la chance, ici à Rome et à Seville, de travailler avec autonomie. Donc si on se trompe, je me trompe moi. Pallotta m’a dit: « C’est ton équipe, c’est ta Roma, tu dois faire cela ». Si j’ai fais plus de choses réussies que ratées depuis mon arrivée ici ? C’est trop tôt pour le savoir. Je fais l’exemple de Dani Alves. Un mois après son arrivée, à Seville on disait: « Mais d’où vient ce joueur ? ». Et puis il est arrivé où il est arrivé. Pour moi, la première année nous avons rejoint un résultat excellent, pour comment nous avions commencé. Cette saison, il est encore tôt pour savoir comment ça finira, parce que nous sommes encore en course dans chaque compétition. Je pense que les bilans se font à la fin de saison, mais j’ai raté quelque chose. Pourquoi je fais le directeur sportif ? Je ne sais pas, jamais je n’aurais pensé faire cela. J’ai passé un diplôme d’avocat, qui est ce qui m’aurait plu de faire. Quand j’ai arrêté de jouer, j’ai fais durant un an le team manager. Cela a été une année horrible pour Seville, qui allait en deuxième division. A ce moment, je pense que personne ne voulait faire le directeur sportif. Le président me l’a demandé, et je lui ai répondu oui, sans penser à où j’allais, parce que c’était une folie incroyable, l’équipe était en deuxième division, plus une faillite proche et d’autres choses ».