Photo tirée du site Gazzettatv.it

Monchi, directeur sportif de l’AS Roma, s’est exprimé dans un long interview à La Gazzetta dello Sport :

Monchi parle à 360° du mercato et de ses 18 mois à l’AS Roma


« Mon bilan après 20 mois à  Rome ? Les bilans se tirent quand un projet se termine et le mien est encore long. Si on pense à la saison passée, elle est positive, pendant que celle actuelle n’est pour l’instant bonne. Mais ça ne seront pas quelques résultats à changer ma manière de pensée et de me faire passer l’enthousiasme de travailler à la Roma. Donc pas de départ en fin de saison ? Chaque jour j’entends que je vais démissionner ou qu’on va me virer. Non, je l’ai déjà dis, je reste à la Roma. Mon objectif est d’arriver au succès de manière graduelle, mais continue. Je comprends que désormais la première nécessité du tifoso soit de vaincre, mais il est important aussi d’être toujours compétitifs, de haut niveau et proche du succès. Mieux ainsi, plutôt que de vaincre seulement une fois et puis rien ensuite. Rome est la Capitale et en ville la grande majorité des gens sont romanisti. Je voudrais que l’on raconte mieux et à 360° ce qu’est ce club, et je pense que cela n’est pas fait. Au-delà de quelques résultats ou d’une recrue juste ou ratée, pour moi notre società est un modèle et ça me déçoit que parfois on nous met au second plan par rapport aux jugements sur Monchi ou Di Francesco. La Roma est plus que ce que je lis ou j’entends. Concernant Di Francesco, si j’ai eu du mal à le défendre ? Cela n’a pas été difficile parce qu’il y avait une confiance à 100% dans mon idée de le garder. Et tous l’ont partagé. Quand nous sommes allés à Boston voir Pallotta, nous avons parlé 15-20 secondes de Eusebio. Certes, ensuite il y a les moments. Quand on perd à Udine ou à Bologne, ou bien le nul de cette façon à Cagliari, je voulais virer autant l’entraîneur que moi-même. Mais ici prévaut le tifoso. Ma confiance en lui était quand quand je l’ai pris, aujourd’hui on travaille ensemble encore plus fortement.

Certains accusent Di Francesco d’avaler les couleuvres de la società ? Eusebio n’est pas ainsi. La saison passée nous avons du faire des opérations difficiles : ça ne m’a pas plu de vendre Salah et Rudiger, mais j’ai du le faire. Nous avons eu la chance d’avoir un entraîneur qui a compris le moment et a rejoint les résultats. Et je ne peux pas perdre confiance en lui maintenant pour quelques résultats négatifs. Je peux le faire s’il change l’attitude, la façon de travailler ou qu’il perd la confiance de l’équipe. Dans ma carrière, j’ai toujours eu du mal à licencier un entraîneur. De Rossi, la blessure et la prolongation, comment est la situation ? Connaissant Daniele et son romanismo, ni-même à lui cela n’est pas bon de parler de son futur pour l’instant. Nous devons tous espérer son retour le plus rapide. Par chance, nous avons eu de bonnes nouvelles au niveau radiologique, désormais il faut comprendre ce qu’il se passera quand il reviendra à s’entraîner sur le terrain. Il y a deux jours, j’ai vu Daniele pour la première fois différent : optimiste, positif, parce qu’il n’a pas de douleur. Prolongations de contrat : Manolas, Under, El Shaarawy et Lorenzo Pellegrini. Quand en parlera-t-on ? Ce sont des situations différentes. Certains seront évalués à la fin du mercato, d’autre à la fin de saison. Et il y a Zaniolo qui, vu son rendement, sera peut-être la première prolongation que j’affronterais. Il a un salaire plus faible que tous les autres et je sais que au niveau footballistique, en ce moment, l’Italie a besoin de héros pour reconstruire la confiance, mais avec Nicolo nous devons être plus tranquilles, pour son bien. Il a seulement 19 ans. Je dis que Zaniolo est le futur de la Roma et il ne sera pas vendu. Il aura un long parcours et important dans ce club. Il est comme un Palace que nous sommes en train de construire petit à petit, mais si nous le construisons trop vite alors il peut s’écrouler. J’ai vu beaucoup de talents qui se sont perdus. Nainggolan ? Il est fort, le problème est de le gérer.

La Roma a déjà beaucoup de joueurs italiens, si cela peut augmenter ? J’ai beaucoup de défauts, mais deux grandes vertus : je reconnais quand je me trompe et j’aime apprendre. Le Monchi qui est arrivé ici avait une connaissance indirecte du football italien, aujourd’hui je le connais mieux et j’ai compris qu’il est plus opportun de prendre des joueurs italiens. Parmi les recrues, souvent celles qui ont eu le meilleur rendement sont des joueurs italiens. Cela ne signifie pas qu’on ferme le mercato à l’étranger, mais la Roma sera dans le futur très italienne. Si cela a été une erreur de prendre Pastore et Schick ? Ce sont deux discours différents. Pastore est un joueur fort, la question est de retrouver celui de Palerme et PSG, jet e crois que nous sommes encore dans les temps. On croyait au projet de l’utiliser comme milieu relayeur (dans le 4-3-3, ndlr). Pour Schick, le problème n’est pas le joueur. C’est la personne qui, parfois, ne trouve pas la dimension idéale pour développer ce que peut faire le joueur. Donc, il faut travailler sur la personne. Je crois que Patrik est un fruit et il faut encore le presser jusqu’à la fin et donner du temps et de l’énergie sur lui. Moi j’y crois. Regardez Immobile, si on parle de lui à Dortmund ou à Seville il est irregardable, si on parle de lui à la Lazio alors il est une idole. La meilleure recrue que j’ai pris ici au rapport qualité/prix ? Au niveau du rendement Kolarov, mais Pellegrini a un futur extrêmement important. Si le fait que la Juve n’a pas de rival est un problème pour la compétitivité ? Pour moi le championnat italien est au niveau maximal. Du point de vue tactique, nul part ailleurs on travaille comme ici. Il faut profiter des viviers et avoir le courage de lancer les jeunes : Barella, Tonali, Mancini, Zaniolo, Cristante, Pellegrini… Il y en a des très forts et ils seront le futur du fooball italien, qui est en phase de progression. Puis il y a la Juve, certes, qui gagne toujours : mais qui a le double de nos recettes. Où nous n’arrivons pas avec l’argent, nous devons arriver avec les idées et le travail.

Pour augmenter les recettes, il faut rapidement le nouveau stade ? En ce moment de crise économique, un projet qui soulève un milliard d’euros et le fait que cela bloque encore me semble un peu logique. Il pourrait donner beaucoup pas seulement à la Roma, mais à la ville. Nous voulons réduire l’écart pas seulement avec la Juve, mais avec tout le football européen, et pour faire cela le projet est fondamental. Quel mercato je ferais en janvier ? L’été passé la Roma a beaucoup investi, les choses importantes ont déjà été faites. Nous cherchons seulement des joueurs qui haussent le niveau de l’équipe. Ce n’est pas facile, mais on essayera jusqu’au bout. Mais comme qualités et quantités, nous sommes prêts, j’en suis sûr. (le journaliste donne des noms, où Monchi doit dire « possible » ou « impossible »). Piatek ? Cela sera possible, si son club n’en demandait pas 70 millions. Pour moi il est fort, mais il est au Genoa. Nous sommes convaincus qu’il le sera aussi peut-être à Chelsea. Tonali ? Un des plus importants jeunes du football italien, mais je pourrais dire la même chose pour  Barella. Mancini ? Pour l’instant impossible, mais cet été ça sera différent. Rugani ? Impossible, pour l’heure et après. Ils ont refusé une offre de 40 millions de Chelsea. Nous ne pouvons pas dépenser autant pour un défenseur central. Thiago Mendes ? Impossible. Ziyech et Belotti ? Ils me plaisent tous les deux. Bennacer ? Il me plaît, mais on en reparlera en juin. Dendocker et Ozyakup ? Impossible, exactement comme Herrera. Malcom à Barcelone ne joue pas, si je le prendrais dans le cas où on me l’offrait ? Non, quand quelqu’un fait le directeur sportif d’un club, il doit comprendre qu’il représente aussi le coeur et les sentiments des tifosi. Il s’est moqué de la Roma et à moi m’importe l’image de la società. Un rêve, Mbappé ou Neymar ? Mbappé, parce qu’il est plus jeune et plus fort ».