Mais qui sont-ils ?

Mais qui sont-ils : ceux qui refusent de se plier, ceux qui luttent encore pour un idéal, qui passent des nuits blanches à inventer de nouveaux chants, à travailler sur de nouveaux tifos (non-« autorisés », les nôtres…) ceux qui seront toujours là, ceux qui dans la défaite, trouvent le moyen et la force, de sortir à nouveau les griffes en pensant déjà au prochain match. Ceux qui mettent en jeu leur propre liberté, pour avoir choisi D’ETRE, et non pas DE PARAITRE (comme tous ceux qui se sont fait la Tessera del tifoso (Milanisti, Juventini, Interisti, Laziali, …). Ce sont eux, qui, peut importe le résultat, tire une satisfaction du simple fait d’avoir chanté sans arrêt pendant 90 minutes.

Personne n’est meilleur qu’un autre, mais ce sont simplement 2 moyens différents de vivre la Curva Sud, de vivre une foi, à domicile comme en déplacement. Ils ont réprimés notre envie de vivre en éteignant nos fumigènes… ils ont coupés les ailes à notre fantaisies en nous empêchant de faire rentrer les banderoles… ils ont voulus des « ministres policiers » qui frappent les supporters, et des « policiers ministres » qui leur montrent qui frapper… mais c’était sans compter sur nous !

Nous sommes SUPPORTERS et nous le seront TOUJOURS ! Nous ne lèverons jamais les mains !

Ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent, mais nous ne nous plierons jamais, nous ne céderons JAMAIS à aucun compromis avec eux ! Et nous combattons surtout, pour tout ceux, qui à cause d’un système malade et aveugle, ne peuvent pas être physiquement à nos cotés ! Ces quelques lignes, je veut les dédier à tous ceux qui comme nous, en ont plein le cul (excusez la grossièreté, mais c’est le cœur qui parle) de ce football moderne, apathique et malade. A tous ceux, qui comme nous, chaque jour, luttent pour leur idéal. Nous, nostalgiques d’un football qui est désormais mort. D’un football qui appartenait AUX SUPPORTERS ET NON PAS AUX PUISSANTS. Nous sommes contre ce football qui ne se joue plus sur un rectangle vert, mais dans d’obscures sales de tribunaux, contre ce football qui en quelques années seulement, a fini dans les mains des puissants qui l’ont monopolisé en augmentant le prix des billets pour assister à un match de foot au stade; et offrant à des pris très démocratiques les différentes, maudites chaines de télé qui sont entrain de tuer à petit feu le football, et la passion qui gravite autour du ballon rond.

Tout ca uniquement parce qu’ils veulent éliminer notre mouvement, ils veulent détruire les Virages, et anéantir toute forme d’agrégation et de support organisé. Nous ne céderons pas sans lutter, nous ne céderons pas sans dire NON à cette injustice. Il n’y aura pas un jour où nous n’hurleront pas notre rage et notre désaccord. Notre désaccord, notre mépris et notre haine contre tous ceux qui sont entrain de détruire tout ce en quoi nous croyions ! NOUS REVOULONS NOTRE FOOTBALL ! CELUI QU’ILS NOUS ONT ENLEVES !

NOUS REVOULONS NOTRE TIFO ! LE VRAI TIFO, CELUI AUTHENTIQUE, FAIT DE FUMIGENES, DE TORCHES ET DE BANDEROLES. NOUS NE VOULONS PLUS DE CE FOOTBALL QUI INFLIGE DES INTERDICTIONS DE STADES POUR « ALLUMAGE DE MATERIEL PYROTECHNIQUE » OU « CHOREGRAPHIES NON AUTORISEES ».

Pour eux, les Ultras sont des délinquants, des criminels, de la racaille. Des gens à ficher à tout prix, qu’il faut tenir à l’œil, des gens qui ont besoin d’un « billet nominatif » pour rentrer à l’intérieur d’un complexe sportif, qui ont besoin d’une « tessera ».

On ne parle de nous (quand on parle de nous !) qu’en négatif ! Personne ne parlera jamais des collectes de fond pour des œuvres de bienfaisance, qui sont organisées dans tous les virages d’Italie. Personne ne parlera jamais de nos banderoles de solidarité pour quiconque, personne ne parlera jamais de la joie que peut ressentir une personne en vivant sa vie simplement, avec des valeurs positives et vraies, et un esprit social qui n’a pas d’égal ! Nous aimons vivre comme ça, et en même temps, nous sommes obligés de combattre pour sauvegarder ce pourquoi nous vivons. Le combat sera long et dur, mais il ne nous fait pas peur, et nous ne nous enfuirons pas parce que nous ne l’avons jamais fait.

Un jour, je raconterai à mon fils l’histoire d’un football du passé… un passé pas si lointain que ça dans le temps, mais à des années lumières de ce que nous vivons actuellement, au point de vue des sentiments… je lui raconterai les dimanches passés au stade avec mes amis… de l’effet que faisaient les fumigènes en début de match, quand ils nous masquaient la vue durant de longues minutes… du son des tambours qui accompagnaient incessamment nos chants. Je lui raconterai que le vrai match était entre les 2 virages, et que le résultat devenait secondaire si tu avais fait ton devoir de supporter pendant 90 minutes. Je lui parlerai de déplacements interminables dans des trains d’un état épouvantable, de billets achetés le matin même au stade sans devoir présenter aucun document d’identité… je lui raconterai qu’au stade, les drapeaux et les banderoles de chambrages entraient sans aucun problème. Que les tifos et les chants de chambrage étaient une marque de fabrique des virages italiens. Je lui dirai que le dimanche, quand on n’allait pas en déplacement – par choix, pas par interdiction – nous écoutions tous ensemble le match autour d’une radio.

Il y en aurait tellement, trop, de choses à lui raconter… des choses que malheureusement, il n’aura pas la chance de vivre et de pouvoir raconter lui-même à son fils. Il sera lui aussi un fils du football moderne. Il vivra le présent, et rêvera d’un passé indélébile en regardant les yeux de son père.

Je termines en vous laissant réfléchir un moment: Bari, énième déplacement à nous être interdit, alors qu’il y a 2 ans, nous étions 15.000 et plus, à nous rendre dans la ville Pugliese ! Ceci est l’exemple flagrant que leur objectif c’est NOUS, que ceux qu’ils veulent atteindre et blesser, C’EST NOUS, LES SUPPORTERS ! Ils sont entrain de nous priver de la liberté, et ce n’est pas un signe de force, mais de faiblesse ! Nous avons un crédo et nous ne voulons pas nous plier à quelque chose qui est entrain de faire perdre l’envie à un grand nombre de personnes d’aller au stade…

NOUS NE SOMMES PAS DIFFERENTS DES AUTRES, NOUS AVONS SIMPLEMENT CHOISI DE DIRE NON !

Au pays des ânes, nous ne sommes pas les coupables, mais ceux qui ont écrit ces lois débiles !

« Vos chaines peuvent emprisonner nos corps, pas nos esprits ! »

Danilo Marchi pour CoreDeRoma (traduit par Fabio)