Luis Enrique: « Je m’en vais, mais le projet continue »

Ce matin Luis Enrique a tenu sa dernière conférence de presse. En effet le mister a annoncé publiquement son départ du banc de l’AS Roma. Il dirigera demain son dernier match sur le terrain de Cesena. L’ensemble de la societa et Totti étaient présents.

Peux-tu nous explique les raisons qui t’ont porté à cette décision ?
« Aujourd’hui c’est le dernier jour, je ne veux pas me fâcher. Une petite critique entre temps : il y a deux jours j’ai fais une réunion avec mes garçons, avec mon staff, pour dire ce que je sentais et pensais. Je l’ai fait en espagnol parce que je voulais parler avec le coeur. Ma critique va envers ce qui a été rapporté par la presse : tout ce qui a été dit est une mensonge. Presque tout est faux. Après deux jours on parle de ces mensonges. Ce que j’ai dis est aussi enregistré et est écrit ici sur une feuille et tout est très différent de ce qui a été écrit. Je le dis pour celui qui viendra après moi, ceci est une place qui a besoin d’un peu d’aide et j’espère que le prochain ne devra pas souffrir de ceci. Pour moi cela a été un très grand plaisir d’être l’entraîneur de cette équipe. Jamais je n’ai regretté d’être venu ici, même pas dans les pires jours. Ma famille a été très heureuse d’être ici. Je les ai même convaincus à partir parce qu’ils étaient convaincus que je serais resté. J’ai toujours tout donné par rapport à tous les tifosi et je remercie les tifosi pour le respect et la fidélité. Je m’en vais parce que je suis très fatigué, je me suis donné à 100% cette année, et même lorsque les forces m’ont manqué je suis resté près des joueurs. Si je ne récupère pas cet été comment ferais-je pour transmettre aux joueurs quelque chose ? L’an prochain je n’entraînerai pas. Pour moi cela a été une aventure, très belle et difficile. J’ai dépensé toute mon énergie en cherchant à faire bien. Si nous parlons de résultats, et cela doit être la seule chose à regarder, vers la fin nous pouvions encore centrer l’objectif, mais finalement nous n’y avons pas réussi. Pour moi cela n’a pas aidé une saison catastrophique. L’équipe s’est beaucoup améliorée, malgré que les résultats ne le montrent pas. Ils se sont beaucoup engagés. Peut-être qu’il y a des tifosi qui ne comprennent pas ce que je fais, j’ai toujours dit que lorsque je serais devenu un dérangement je serais parti et ceci s’est passé surtout après la rencontre de la Fiorentina. Cela ne me va pas d’entamer une nouvelle saison en sachant que, à la moindre difficulté, j’aurais été un point de rupture et j’aurais été très critiqué. Je souhaite le meilleur à ce club. Je n’ai aucune reproche à faire à personne. Si j’ai fait quelques erreurs, si quelqu’un pense que je ne me suis pas bien comporté, alors je m’excuse. Chacun a sa personnalité, je suis encore convaincu qu’en Italie on puisse faire un beau football. Sûrement que je dois m’améliorer dans la phase défensive, je le ferai, mais cela a été une grande fierté d’être entraîneur de la Roma ».

Erreurs ?
« Tant d’erreurs. Comme entraîneur j’ai cherché à faire comprendre quel type de match nous aurions rencontré. Faciliter leur travail, en sachant ce qui serait arrivé. Mon rôle a été celui là, chercher à faciliter leur travail. Il y a beaucoup de choses qui peuvent s’améliorer. Pour moi cela a été un chagrin enorme. Pour moi il est juste de juger un entraineur pour les résultats mais sûrement l’an prochain j’aurais continué à travailler de la même façon. Je continue à croire de cette façon de faire le football ».

Dans ce rêve brisé y a-t-il la peur d’arriver jusqu’au bout ? Je parle de l’ambiance qui n’a peut-être pas compris le début d’un cycle. Le rapport avec Totti ?
« Hier j’ai fait une boutade sur lui, j’ai parlé tant de fois de Francesco. Il a été très spécial, j’avais une très belle sensation avec lui. Je lui ai dit autrefois que j’ai un grand respect pour lui comme footballeur et comme homme pour sa façon dont il s’est toujours comporté. Cela a été un plaisir avec lui et avec tous. Aucune peur, la ville est merveilleuse. Je resterai ici quelques mois pour connaître la ville, je n’ai aucune peur. J’ai toujours vu cette tifoseria avec confiance dans mes comparaisons, quelques fois moins, lorsque l’on perd. C’est ma pensée, une pensée de fatigue et je ne crois pas récupérer la force. C’est simplement ceci. C’est un engagement, peut-être je dois la penser de manière différente. Je préfère un an intense comme ceci ».

Ailleurs des entraîneurs étrangers gagnent comme Bielsa et Simeone, des étrangers sur des bancs espagnols. Ici en Italie ni toi ni Mihajlovic n’ont réussi. Pourquoi ?
« C’est une belle pensée. Un entraîneur est toujours important, mais ce % dépend aussi de l’équipe. Mihajlovic est presque italien. Ce n’est pas que le football italien soit différent. Je n’ai pas senti que les entraineurs italiens étaient mieux que les européens. Je ne crois pas, il y a de bons italiens et d’autres mauvais. Cela n’a pas été aussi difficile que vous le voyez. J’ai été traité incroyablement par mes collègues, tous ont été très gentils et ils m’ont fait tous des compliments. Cela a été un plaisir de jouer contre eux chaque fin de semaine. Lorsque je suis arrivé à la maison avec le Tapir d’or j’ai dit à mes garçons que j’étais le meilleur entraîneur de tous les étrangers ».

Rome est un endroit difficile, c’est une donnée indéniable. Tant de démissions depuis quelques années, maintenant même la tienne. Il y a quelque chose dans le monde du football qui crée des difficultés ultérieures ?
« Non. Je ne connais sûrement pas les 10% des choses que vous savez, j’ai cherché à faire mon travail et il n’a pas toujours été jugé par tous parce que je représente un grand club. Cela a toujours été une fierté d’entraîner cette équipe. Pour moi ce n’est pas une démission, c’était juste le moment de partir. La societa a le temps pour prendre un nouvel entraîneur et d’autres joueurs. Jamais je n’ai pensé à me résigner après une défaite, maintenant qu’il n’y aura plus ces défaites on peut recommencer de nouveau. Ce n’est pas une année à jeté au vent, les garçons se sont beaucoup améliorés cette année. Maintenant c’est une équipe responsable et j’en ai fais les premiers pas ».

Il y a un honneur à faire un pas en arrière et admettre une faiblesse. Maintenant que feras-tu dans ta vie ? Tu as eu ici toute la confiance de la societa, de l’équipe et des leaders, même d’une partie du public. Comment est-il possible avec ce cadre de faire un pas en arrière ?
« J’ai beaucoup de respect pour le club, cela a été beau de travailler dans une circonstance comme celle-ci, avec des personnes qui croient en moi. Les entraîneurs sont d’abord des personnes, et la personne pour moi est avant n’importe quelle chose. Ce n’est pas facile pour moi de m’en aller ».

Tu as fait référence aux résultats. L’Europe aurait changé quelque chose ?
« Chaque défaite fait mal aux tifosi, à la societa, aux joueurs et même à moi. Qu’est-ce qui se serait passé si nous avions accroché la troisième place ? Je ne le sais pas. Celle-ci est la réalité et ma décision ».

Si tu pouvais donner un conseil à ton successeur ?
« Je ne pense pas être apte à donner des conseils, mais sûrement la societa prendra la personne juste. Il faut de la tranquillité pour obtenir ce qu’on veut, pas seulement après les 10 premier matchs ».

Pourquoi ton idée du football n’est-elle pas allée au-delà de ce Bologne-Roma ? Selon toi tu as échoué ?
« Cela a été un grand match, mais même d’autres rencontres ont été joué à mi-haut niveau. Le football se joue de manière différente pour chaque entraîneur. Chaque jour il faut tout donner. Lorsque tu donnes 100%, et je l’ai donné, les garçons l’ont donné, on ne peut pas parler de faillite. Nous ne jouons pas l’Europe, mais ce n’est pas un désastre ».

Est-il juste que tu sois l’unique à payer ?
« Je ne paye rien, c’est mon sentiment. Je comprends que certains soit enragé, mais c’est personnel. Je continue à penser que je dois être juste avec moi-même et avec tous. Il ne s’agit pas de coupables, la Roma donnera tant de satisfactions ».

Quel est l’héritage que tu laisses à ton successeur ?
« Jamais j’ai pensé à laisser une marque ou une identité. J’ai fait mon travail, j’espère aider de quelque façon que ce soit le successeur. Pas seulement dans le jeu, mais même quelque chose d’autre qui puisse aider la Roma. Si on ne parle pas de moi, cela ne me préoccupe pas ».

Une fois récupéré l’énergie pourrais-tu montrer que ton football peut marcher en Italie ?
« L’Italie me plaît beaucoup. C’est sûr. Je n’ai pas de sentiments de revanche, contre personne. On peut faire ce type de football dans n’importe quel Pays. Pour l’instant je vais penser à récupérer. Forza Roma ! ».