Photo tirée du site Ilromanista.eu

Alors que le Commando Ultrà Curva Sud (CUCS) de l’AS Roma fête ses 42 ans ce mercredi 09 janvier 2019, Bruno Conti s’est exprimé au journal Il Romanista :

« Que je réponds quand j’entends Cucs ? Je ne réponds pas, je suis émue. C’est merveilleux. De nombreux souvenirs. Un groupe qui a fait l’histoire du tifo. Il y a amour, respect, estime, fraternité. Ils ont conçu et crée de magnifiques chorégraphies. En déplacement ils étaient toujours là, même dans les moments de difficultés, eux étaient toujours à nos côtés. Ce que je ressentais quand j’entrais sur le terrain ? Adrénaline et conscience de pouvoir me tromper. Pour eux, n’importe quel joueur allait sur le terrain donnait toujours tout. Si on jouait aussi pour eux ? Evidemment. Nous savions très bien quels sacrifices économiques ils faisaient pour pouvoir nous suivre à tous les matchs, en particulier en déplacement. Ils nous transmettaient amour et passion, nous voulions leurs donner des satisfactions. Et par chance on a réussi à leurs en offrir quelques unes, même si cette Roma des années 80 méritait de gagner plus que un scudetto, 4 coupes d’Italie et une finale de Coupe des Clubs Champions. S’il est vrai qu’on amenait les nouveaux arrivants, en particulier les étrangers, sous la Sud pour leurs faire comprendre Rome et la Roma ? Oui. Je me souviens de l’émotion dans les yeux de Falcao ou Voeller quand ils ont été sous la Sud avec le Commando. Agostino disait à tous: « Regardez les tifosi, respectez les toujours ». Quand je marquais, j’allais souvent sous la Sud ? Oui. Plus d’une fois je me suis écorché les genoux, mais ça n’a pas d’importance. Cette Curva me rendait fortement ému. A l’époque, certains du Cucs étaient quasi sur le terrain avec les drapeaux ? Oui. Et quand on marquait ils venaient nous embrasser sur la pelouse. La belle chose était qu’il n’y avait pas d’incident. Une telle chose, aujourd’hui, serait impensable. Quel est le souvenir qui me lie le plus au Cucs et aux tifosi de la Roma ? Le jour de mon adieu au football. Et dire que je pensais que personne ne viendrais… Oui. Le soir précédent, nous avions perdu la finale de coupe Uefa, je pensais que la déception aurait surpassé le désir de me saluer. En y repensant je me remets à pleurer. Il y avait tout le monde, ils me faisaient tous des cadeaux. J’étais triste parce que je disais adieu au football, mais cela a été une des plus belles soirées de ma carrière. Pour cela, encore aujourd’hui je dis merci au Cucs et aux tifosi de la Roma ».