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Les ingrédients mental et tactique du succès

En plein milieu de cette dernière trêve internationale, le site CSR refait un bilan de ce début de saison et les ingrédients de ces succès, amenant à cette place de leader après 12 journées.

Un travail d’abord mental

Avant de parler du terrain et de tactique, il est inconcevable de ne pas débriefer le travail psychologique effectué par Rudi Garcia. Alors que le traumatisme de la défaite lors de la finale de Coppa contre la Lazio (tifosi, joueurs et médias), le premier entraineur français de Serie A a tout de suite su qu’il devait s’imposer comme le patron du navire. Il a d’ailleurs lui-même reconnu qu’il a du remettre dans l’ordre à Trigoria, où chacun souhaitait y mettre son grain de sel. Il impose ses méthodes, et ne laisse rien au hasard, comme l’écran géant en salle de musculation (dont il effectue 2-3 séances par semaine en gymnase) où les joueurs peuvent revoir les derniers matchs ou bien leur futur adversaire. Mais c’est surtout son relationnel qui est apprécié par les joueurs : De Rossi le compare dès le début à Luis Enrique qu’il avait beaucoup apprécié, tandis que d’autres le rapprochent à Mourinho pour l’aspect que chaque joueur se sent concerné et important dans le groupe. Il relance notamment des joueurs annoncé sur le départ et dont peu auraient parié, comme Balzaretti, De Rossi et à moindre mesure Pjanic. Mais le plus impressionnant est surtout le laps de temps dans lequel il a réussi ses 7 travaux d’Hercule.

Une solidité défense retrouvée

Les chiffres parlent d’eux-même : 3 buts encaissés en 12 rencontres. Par comparaison Luis Enrique en avait encaissé 12 et Zdenek Zeman 20, en autant de rencontres. Une métamorphose qui passe par un meilleur équilibre du bloc équipe, et des individualités plus surs concernant la ligne défensive. Si Stekelenburg donnaient des garanties sur le plan technique, le hollandais n’a jamais semblé trouver son leadership pour guider sa défense. Chose que De Sanctis a su faire de manière très naturelle, et dont son charisme s’est aperçu dès sa conférence de présentation. Ses coups de gueules restent déjà mémorables, et il semble par cela rassurer tout un secteur. Mais le gardien est loin d’être la seule explication de ce renouveau, au vue des peu d’occasions que la Louve a subit. En effet il faut aussi compter sur une défense à 4, où l’on retrouve une certaine expérience internationale. Balzaretti, qui retrouve un niveau beaucoup plus honorable que l’an passé, et Maicon, proche de son niveau de l’Inter, donnent des garanties défensives mais sont aussi capables d’apporter le surnombre offensivement. Force du groupe du mister français, leurs alternatives Torosidis (Inter, Bologne et Chievo) et Dodo (Samp et Napoli) ont sur répondre présents les rares fois on l’on a fait appel à eux. Mais c’est aussi la défense centrale qui impressionne : Considéré trop proches dans leurs caractéristiques, Benatia et Castan ont laissé septiques les médias et les tifosi, avant de répondre sur le terrain. Les deux hommes ont tout simplement encaissé un seul but et ont remporté 10 victoires, les 10 fois où ils ont été aligné ensembles. Intraitables dans les duels et le sens du placement, les deux centraux de 26 ans sont jusqu’ici un véritable mur. Si la rentrée de Burdisso correspond aux deux matchs nuls ensuite, l’argentin a cependant répondu lui aussi présent, à l’exception de sa mauvaise relance qui aurait pu couter cher contre Sassuolo. Tandis que Jedvaj et Romagnoli rongent leur frein, en attendant leur heure. Mais vous le savez bien, on ne défend pas seulement à 4, ou 5…

Un trio complémentaire et dynamique au milieu

Se rapprochant considérablement de ce que Luis Enrique avait proposé il y a deux, avec une sentinelle très proche de ses deux défenseurs centraux et deux milieux relayeurs devant, Rudi Garcia a su redonner une solidité à son équipe grâce à son milieu de terrain. En preuve notamment la possession de balle régulièrement entre 60 et 70%. Pourtant annoncé sur le départ cet été, et même souhaité par certains, De Rossi retrouve son meilleur niveau cette saison, avec ce repositionnement qu’il affectionne en véritable numéro 6. Pompier de service pour venir tacler ou mettre sa tête dans sa propre surface, il est aussi l’homme de la première relance. Sa vision du jeu retrouvé et sa combativité en font une arme et une valeur ajoutée pour cette équipe. Pour l’aider dans son apport défensif, il peut compter sur le batave Strootman, qui est assurément l’homme qu’il manquait depuis 2 ans (en tout cas depuis le départ de Gago). Celui qui a récupéré le n°6 d’Aldair, et qui a été recruté pour plus de 16 millions d’euros, a inquiété lorsqu’il se blesse à la cheville durant le dernier match amical. Fort heureusement, il ne manque qu’un match, et fait rapidement son retour. S’il est encore loin de ce qu’il peut réellement apporté, et lui-même le reconnait, son apport est déjà incontestable : 2 buts et 4 passes décisives en 11 rencontres. Suffisant pour que son sélectionneur lui assure d’or et déjà sa place au Mondial avec Robben et Van Persie. Un cran plus haut, et plus libre de s’atteler à la création du jeu, Pjanic semble lui aussi enfin atteindre le niveau dont on doit s’attendre. Le bosniaque, qui ira lui aussi à la prochaine Coupe du Monde, est plus libre dans sa tête et dans ses mouvements. Il n’hésite même plus à prendre ses responsabilités, quitte à prendre des pieds de son Capitano les corners et coups franc. Son importance dans le vestiaire et sur le terrain se ressent plus élevée que par le passé, et la confiance que Garcia lui donne n’y est pas pour rien. Ses statistiques parlent aussi pour lui, même s’il peut encore monter en puissance, avec 3 passes décisives et 3 buts. Peu absent jusqu’ici, ces 3 joueurs ont laissé peu de places à des alternatives, si bien que Bradley s’est contenté de quelques titularisations et des rentrées en jeu pour tenter de marquer des points. Si l’américain a su remplacer avec brio Strootman, qui se rapproche plus de ses caractéristiques, cela a été plus compliqué en place de Pjanic où sa créativité technique a fait défaut.

Une dépendance offensive à Totti et Gervinho

Sur ce début de saison, le mister francilien a changé ses méthodes. Habitué avec une pointe centrale rapide et prenant la profondeur, il innove en replaçant Totti, avec qui il instaure des le départ un dialogue sincère et réciproque, dans une position de faux attaquant de pointe. Le n°10 giallorosso joue souvent dos au but en redescendant, pour permettre aux deux autres attaquants de déborder ou prendre la profondeur. Jusqu’ici, ceux-ci furent majoritairement Gervinho et Florenzi, chacun auteur de 3 et 4 buts. Un trident assez complémentaire, qui a inscrit 10 des 26 buts de la Louve. Mais Rudi aura plus d’un tour dans son chapeau, à commencer par la pépite serbe Ljajic. Arrivé quelques heures avant le terme du mercato, le remplaçant numérique de Lamela a jusqu’ici eu du mal à trouver sa place au sein de l’effectif. Malgré un faible temps de jeu, il inscrit cependant rapidement 3 buts, dont 2 très jolis contre Verona et Bologne. Mais c’est surtout face au Sassuolo qu’il a déçu, en manquant 3 occasions qui aurait permis de faire le break. Mais paradoxalement, ce match a probablement été celui où il a été le plus intéressant dans le jeu, où il a pour la première fois fait sortir son caractère et sa fantaisie, se créant ses actions à lui seul. Si les opportunités arriveront forcément, tant son talent est indéniable, il devra tâcher à ne pas rater le prochain wagon. Marquinho et Caprari ont jusqu’ici joué les seconds rôles, avec de très rares apparitions. Si Borriello a remplacer comme il a pu Totti, le joueur attendu est incontestablement Destro, qui pourrait faire parti des convoqués dans une semaine, face à Cagliari. L’attaquant de 22 ans possèdent les caractéristiques de l’attaquant de Garcia apprécie : Capable de jouer en pointe, mais également légèrement sur un côté. Si la Roma a toujours marqué au moins un but, cela fait 4 rencontres qu’elle n’en inscrit « qu’un » seul à chaque fois. Il faudra donc réussir à relancer la machine, et les retours de blessure y aideront beaucoup.