Le Roma Club Bretagne à l’Europoussins Pleudihen

Créé au début de cette saison 2014/2015, le Roma Club Bretagne a eu la possibilité de terminer sa première saison en beauté, avec ce déplacement au tournoi Europoussins de Pleudihen (Bretagne), dont l’AS Roma U10 étaient parmi les participants. Le site CSR vous propose un compte-rendu de ce week-end.

Pour une partie des membres (2 mayennais, 1 finistériens et 2 rennais), le week-end débute le vendredi soir. Retrouvailles dans un petit camping local vers 20-21h, sous un vent et froid breton. Un drapeau de l’AS Roma placé dans un arbre donne le signal aux arrivants suivants pour retrouver l’emplacement. Après la rapide mise en place des tentes, les premiers verres sont remplis et le barbecue se prépare. C’est alors que trois personnes viennent se joindre à nous. Il s’agit de deux papas (et un de leurs fils) dont leurs enfants jouent dans l’équipe U10 des Girondins de Bordeaux. Croyant tomber sur des tifosi italiens, c’est à leur grande surprise qu’il constate être tombé sur des bretons, et qu’un traquenard alcoolisé s’abat sur eux. Les discussions avec les visiteurs d’un soir continuera assez tard dans la nuit, avec des sujets tournant principalement autour du football et des centres de formation. Un moment de partage très plaisant.

Le réveil fût très matinal le samedi, peu avant 8h, laissant la possibilité de découvrir les sanitaires, avec la « douche à jeton, à durée limitée ». On rejoint alors le village de Pleudihen, où un défilé est organisé en milieu de matinée, où les 40 équipes paradent devant le public, encore peu présent à ce moment. C’est alors que l’on découvre, enfin, la délégation giallorossa. Les gamins de 10 ans semblent vraiment surpris, au vue de leurs visages riant (surtout celui de Cristian qui n’est ni énervé de voir des gens crier « Totti », ni en mode avoir le melon, juste heureux d’être là et jouer au foot), de voir des tifosi de leur club favori présent à plusieurs centaines de km de la Capitale italienne. Premier contact également avec les parents des enfants giallorossi, dont 7 membres ont suivi l’équipe. De bien belles rencontres également, dont une où nous reviendrons un peu plus tard. Petit test d’un premier fumigène (mini-baton de fumée), en vue des prochains matchs. On retrouve alors un nouveau membre à ce moment-là, venant de Normandie.

Petit arrêt au Carrefour Maket du coin pour certains, avant de rejoindre le lieu du tournoi, où on constate une très grande organisation à tout point de vue. Cela n’est pas le plus grand tournoi U10 d’Europe pour rien. Alors que l’on attend le premier match de la compétition, on rencontre le papa d’un joueur romanista : Jean-Léonard Touadi. Nom que l’on a trouvé après coup sur internet, et qui était en faite une « personnalité ». En effet, le père du capitaine des petits louveteaux n’est autre que député en Italie (le second de couleur de l’histoire du pays) et possède des diplômes de journalisme (il dirige un programme sur la Rai Due) et de philosophie à l’Université « La Sapienza ». Il fût également adjoint à la sécurité, la politique de la jeunesse, et aux relations des universités pour le maire de Rome de l’époque, Walter Veltroni. Une personne très abordable, qui est venu vers nous de façon spontanée, et avec qui on a pu dialoguer régulièrement, parlant lui aussi français (né au Congo, et vivant à Rome depuis 35 ans).

Passé la petite leçon histoire, place au terrain. L’équipe romaine est composée de 8 éléments : 1 gardien, 3 défenseurs, 3 ailiers et 1 meneur de jeu. Le dispositif tactique est toujours le même : 1 gardien (ayant comme consigne de TOUJOURS relancer en passe courte vers ses défenseurs), 2 défenseurs (ayant pour rôle à la fois de couvrir l’axe, mais aussi de prendre leur couloir offensivement), 2 ailiers (devant coller au maximum leur ligne de touche), et 1 joueur axial (faisant à la fois le rôle de 6, le 10 et le 9). Un schéma demandant une grande rigueur tactique pour des joueurs de cette âge, et surtout dans l’agressivité et le repli défensif. On constate une maturité hallucinante, avec déjà le plaisir de jouer collectivement, en construisant les actions calmement de derrière. Pas un hasard si toutes les personnes à qui on parlera plus tard nous avouerons que « la Roma est la meilleure équipe du tournoi ». Les deux « prodiges » sont le capitaine Jean-Paul Touadi (défenseur, n°4) et le meneur de jeu Leonardo Graziani (n°10), dont tout le monde nous dira qu’il fût le meilleur joueur du tournoi. Un petit phénomène.

La compétition (matchs de 10 minutes sur un quart de grand terrain) débute tranquillement face à l’US Saint Malo, ville de naissance du président du Roma Club Bretagne, avec un score de 4-0 pour les jeunes romains. Le deuxième match sera lui remporté dans la grande difficulté, face au modeste club (passé par les qualifications) de Agneaux FC, sur le score de 3-2. A deux reprises les louveteaux mènent au score, avant que les adversaires égalisent à deux reprises. Finalement la victoire est là, dans la douleur. Arrive ensuite le premier gros match de la compétition, avec une opposition face au PSG, qui donnera le ton de la suite de la compétition. C’est l’occasion pour nous de sortir le matériel. Pot de fumée de couleur jaune et petits bâtons de fumée sont alors de sortie, avec une ambiance à son paroxysme de la journée. Au bout du suspense, la Louve s’impose sur le score de 2-0, sous l’euphorie des membres bretons qui sont au plus chaud de leur journée. La journée se terminera ensuite par une quatrième victoire, face à Guingamp, sur le score de 1-0.

Au cours de l’après-midi, on est rejoint par 4 nouveaux membres venant du Finistère. Un « local » venant de St Pierre de Plesguen. On rencontre aussi un père et son fils, venant de Rennes, futur membres du Roma Club Bretagne. D’autres personnes se joindront à nous au cours du week-end. C’est après une après-midi bien arrosé pour certains, coups de soleil ou extinction de voix pour d’autres, que la première journée se termine. Enfin presque, puisqu’une soirée est organisée les bénévoles, à quelques centaine de mètres du lieu du tournoi. Rapide passage au camping, puis départ peu après à 2 voitures, où l’on arrivera à se perdre dans le tout petit village : « Retour au camping pour se retrouver », au moment où les deux véhicules se croisent finalement par hasard. On trouve tant bien que mal le lieu de la soirée, où est installé un podium, avec les staff des différentes équipes disant un mot, des écrans diffusant la finale de Champions League, et un apéro offert à tous les présents. On discutera notamment (via un traducteur) avec l’entraîneur des petits de la Juventus, qui après quelques temps nous dira du bien de la Roma, et s’étonnera de nouveau voir supporter la Roma (pourquoi pas la Juventus ? Milan ? Inter ?), ainsi qu’un journaliste de Ouest France, ou encore une dame logeant chez elle les enfants de la Roma.

Alors que le staff de l’AS Roma fait un bref discours sur la scène, on les voit chercher quelqu’un dans la foule, un sac à la main. On les voit alors se rapprocher de notre groupe, et déclarer : « Qui est le président du Roma Club ? ». A notre grande surprise, l’entraîneur sort du sac un maillot de l’AS Roma (le « third » 2014/2016 version Tim Cup), floqué et signé par Francesco Totti. Un cadeau pour probablement compensé sa nom présence, comme on l’apprit le matin même (suite à une vidéo du Capitano, publié sur la page Facebook du tournoi, déclarant qu’il était désolé de ne pas pouvoir venir). Après réflexion, il n’est pas impossible que Rudi Garcia soit dans le coup, puisqu’une semaine plus tôt, deux membres du Roma Club Bretagne (dont le président) l’ont rencontré à Trigoria. Après lui avoir offert un t-shirt de notre Roma Club, on lui demanda si Cesco sera présent en Bretagne, et il répond : « En tout cas il m’a demandé où était situé la Bretagne ». La soirée se finit à droite et à gauche, certains regardant de façon plus ou moins attentive la finale de Champions League, en sirotant les derniers verres de la soirée. Suite à une très longue journée, retour au camp de base peu après la fin du match, pour une autre longue journée le lendemain.

Le réveil fût un peu plus compliqué, et plus tardif, que la veille. Avec une arrivée tout juste pour le coup d’envoi du dernier match de poule. Une « finale » puisque Malaga et la Roma ont respectivement remporté leurs 4 premiers matchs. Les romanisti ouvrent rapidement le score, mais les espagnols trouveront finalement l’égalisation. La Louve termine malgré tout première, grâce au challenge « jongles » effectué par les deux équipes avant le match. Tout le monde se dirige alors vers le tableau pour connaître l’adversaire du 1/8 de finale. Après quelques couacs dans notre programme, c’est finalement l’Olympique Lyonnais qui sort deuxième de leur poule. Changement de terrain, mais même ambiance. Les derniers pots de fumées sont de sortie. Très vite (on passe à 12 minutes de jeu), les romains ouvrent le score, mais là encore (face à une grosse opposition et un gros pressing adversaire), l’égalisation arriva. La Roma s’en sort même extrêmement bien, avec deux frappes frôlant les montants, et une action qui aurait pu (du ?) donner un penalty aux lyonnais. La Roma eu aussi sa chance, avec une belle piquée lointaine (face but de Totti à San Siro face à l’Inter), qui passe de peau au-dessus de la barre. Gros stresse pour la séance de tirs au but, que la Roma remporte 3 tirs au but à 2 (un tir non-cadré pour les français, et un transformé par le gardien giallorosso). C’est l’euphorie pour les jeunes romanisti, qui viennent fêter la qualif avec nous et leurs parents (cf photo). Petit passage sur le terrain voisin pour soutenir nos « amis » bordelais, qui perdent de justesse face à la Juventus (en 1/8).

C’est ensuite le FC Toulouse qui se présente pour les 1/4 de finale. Les sudistes l’ont aussi remporté aux tirs au but lors du tour précédent, face au FC Seville (ayant fait le plein de victoire en poule). Contrairement au tour d’avant face à l’OL, le TeFeCe présentera une opposition bien plus faible. Si l’ouverture du score fût débat, un coup franc direct suite à une faute jugée litigieuse par leurs supporters, une seule équipe joua sur le terrain. Une véritable domination, avec un jeu huilé, et probablement la meilleure performance giallorossa du tournoi. Toujours les mêmes préceptes de jeu : toujours une passe courte, jamais un dégagement avec un long ballon, de quoi nous donner des frayeurs lors de certaines relances défensives. Les 1/2 finale offrent un AS Roma-Ajax et un Juventus-FC Bale. Les hollandais vont donner beaucoup de fil à retordre aux romanisti (en manquant notamment un coup franc de peu), dont le gardien sortira pour la première fois ses arrêts du tournoi. A plusieurs reprises il sauve son équipes, qui après amnégation et combat trouvera l’ouverture du score, pour réussir à la conserver jusqu’au terme de la rencontre. Dans la souffrance de voir le chronomètre s’écouler jusqu’à voir « 00’00 », les romanisti peuvent laisser éclater leur joie, avec le billet en poche pour la finale. Dans l’autre rencontre, les italiens s’inclinent aux tirs au but face aux suisses.

Il faudra bien attendre 2h entre la demi-finale et la finale. Pour cause de long trajet-retour, certains membres nous quittent malheureusement ici. C’est probablement pour la première fois de leur vie que les petits romanisti ont joué un match devant autant de gens (2000-3000 ?). Les joueurs entrent sur le terrain (deux mi-temps de 7 minutes), avec le trophée en main. Le speaker présente alors chacun des joueurs. Comme on pouvait s’en douter le petit Cristian Totti obtient les clameurs des spectateurs. Contrairement à la 1/2 finale, c’est la Louve qui prend le contrôle du jeu et qui semble largement au-dessus de son adversaire. Malgré les occasions, la défense helvète ne plie pas et résiste. Un arrêt de jeu durera un bon moment, quand un jeune romain perd un protège-tibia. Après plusieurs minutes de flottement, et le gamin qui se dirige vers le banc, un jeune juventino passent ses protège-tibias à un membre du staff giallorosso, sous les applaudissements de tous les spectateurs. Alors que le speaker annonce à l’arbitre la fin du chrono, l’homme au sifflet laisse jouer le corner, qui amène un penalty pour le FC Bale. C’est là que le gardien romain réalise une grande parade, en plongeant sur son côté gauche. Le cafouillage ensuite ne profite pas aux suisses, et le score reste vierge

La seconde période débute, sur l’euphorie des petits romanisti suite au penalty arrêté. Malgré une forte domination, cela ne rentre toujours pas, avec notamment une occasion immanquable dans le but vide de la part de l’ailier gauche (n°7). Le but va enfin arriver, grâce au 6ème but de la compétition du n°10 Leonardo Graziani, sur un magnifique coup-franc. Malheureusement, dans la minute suivante, un manque de concentration voit un long ballon adverse lober les deux défenseurs, avec l’attaquant suisse qui part conclure en contre. Alors qu’on se dirige petit à petit vers les tirs au but, et que le temps additionnel est même dépassé, les jeunes romains ne se dégagent pas au milieu de terrain, et le FC Bale part de nouveau en contre, en transformant le face à face. Sur la reprise, l’arbitre siffle la fin du match, avec une victoire contre le cours du jeu. Les louveteaux versent les premières larmes de leur jeune carrière, avec un Cristian Totti (qui certes n’est pas le fuoriclasse de l’équipe malgré du talent indéniable, mais qui joue avec passion et envie, sans aucun prise de tête. C’est lui qui par moment indique à ses coéquipiers de venir applaudir le petit public romanista présent) totalement abattu (auteur de 2 buts dans le tournoi), tout comme le capitaine Jean-Paul Touadi, à qui on remettra pour l’équipe un t-shirt du Roma Club Bretagne. La journée se finira par quelques photos avec l’équipe U10, et quelques sourires de retour sur leurs visages. Chacun se salue avant de faire le voyage retour, en pensant déjà aux prochains rassemblements. Le journaliste italien (spécialiste mercato), Gianluca Di Marzio, publiera dans la soirée un article sur le tournoi, avec notamment ce passage : « Au bord du terrain euphorie, grand enthousiasme : 20 tifosi giallorossi du Roma Club Bretagne ont suivi tout le périple des enfants des mister Donadio et Scala, avec chants et fumigènes ».


L’Europoussins s’ouvre en fanfare par OuestFranceFR


Le message de Francesco Totti à l’EuroPoussins par OuestFranceFR