Le récit de la (dernière ? ou pas) saison de Totti

Francesco Totti réalise sa saison la plus compliquée d’un point de vue personnel. En effet, alors qu’il ne reste que 4 matchs à jouer, le Capitano n’a joué que 11 matchs toutes compétitions confondues (9 en Serie A et 2 en Champions League). Depuis 1995, le n°10 de la Louve a toujours joué entre 29 et 50 matchs (lors de la saison du Soulier d’or, où il marqua 32 buts dont 26 en championnat). Cela plante donc le décor.

Un début de saison synonyme de clap de fin

Dès les premiers matchs, Rudi Garcia semble montrer ses intentions quant à l’utilisation de Totti au sein de son équipe. En effet, durant les 4 premiers matchs officiels, à 3 reprises Cesco passera les 90 minutes sur le banc. Et notamment face à la Juventus et au FC Barcelone (à chaque fois à l’Olimpico). A quelques jours d’affronter Frosinone, le mister français explique à l’antenne de RMC qui doit trouver la bonne solution pour intégrer Totti dans son système (ou de le faire évoluer). Il décide alors, face au promu, d’aligner un 4-2-3-1, avec le joueur de 39 ans en soutien de Dzeko. Cela sera un véritable fiasco, comme le rappelle notre commentaire sur le site au terme du match : « Son association avec Dzeko aura déçu. Impliqué dans quelques bons coups mais qui ont été trop rare, il a surtout paru très nerveux. Il aurait mérité une exclusion lorsqu’il s’essuie les crampons sur la cheville d’un défenseur de Frosinone ». Il aura une seconde chance, cette fois-ci en pointe, face à Sassuolo. Cette fois-ci, sa prestation est sauvé par un but (à la limite du hors-jeu) : « Son but plein de sang-froid et de malice sauve clairement sa prestation. Outre 2-3 coups de génie dont il a le secret, le Capitano n’a jamais réellement réussi à marquer le jeu romanista de son empreinte ». A ce moment de la saison, personne (ni le joueur lui-même, ni les dirigeants, ni les tifosi) n’osait évoquer le sujet d’une prolongation de contrat, tant à cet époque sa fin de carrière paraissait une évidence. Paradoxalement, c’est lors de son entrée à la pause face à Carpi qu’il fera meilleure impression… mais se blessa au bout de 10 minutes. Une simple blessure musculaire à la cuisse, qui devait l’éloigner des terrains pour un mois ou un mois et demi. Au final, Totti sera absent pour une durée de trois mois, et ne pourra s’entraîner normalement qu’en janvier. 

Le changement de coach et la remise en forme

Alors que Rudi Garcia est au plus mal, sans encore savoir qu’il s’agit de son dernier match, il fait rentrer Totti pour les 20 dernières minutes. Un nouveau fiasco, qui s’explique évidemment par une condition physique encore précaire : « Tout tifoso a mis le match et le score de côté à son entrée. Une joie que l’on attendait depuis trois mois et demi, et qui deviendra malheureusement de plus en plus rare. Il a cherché à relancer les ballons de très bas, comme un moment où il vient prendre le ballon à Castan près du poteau de corners. Il perd quelques ballons importants dans les 40 mètres adverses, et ne livra pas de coup de génie durant ce quart d’heure. On en attend plus, mais évidemment on leur pardonne »Spalletti arrive alors à Trigoria quelques jours plus tard. Il constate lui aussi que Checco est loin de sa meilleure forme. Il décide notamment de le laisser sur le banc durant les 90 minutes lors de ses 2 premiers matchs, face au Hellas Verona et à la Juventus. Face à Frosinone, alors que la Louve ne mène « que » 2-1, le mister toscan décide de faire entrer Totti pour la dernière demi-heure. Pour la première fois de la saison, le meneur de jeu éblouit de son talent, à coup de talonnades et de passes aveugle à une touche de balle. Sa prestation est ponctée par une belle passe décisive dans la profondeur pour Pjanic : « Bien que le physique devient difficile, la classe de celui qui est aujourd’hui 3e au classement des plus capés de Serie A est toujours présente : une passe décisive. Un peu timide au début cependant ». Lors des scénarios compliqués face à Sassuolo et la Sampdoria, il restera l’entièreté de la rencontre sur le banc. Il se blesse, sans gravité, aussi. Ce qui lui fera manquer le déplacement de Carpi.

L’exclusion du groupe et la renaissance

Le match suivant, et la réception de Palerme, Luciano Spalletti annonce en conférence de presse la titularisation du Capitano pour le match face aux rosaneri à l’Olimpico. Le jour même, Totti s’exprime publiquement à la Rai, sur un rapport « bonjour au revoir » avec le mister toscan, et exprime un manque de considération. Le lendemain matin, jour de match, Spalletti décide d’exclure le Capitano du groupe, qui sera en tribune (en larmes, lors des chants à son égard de la part des tifosi) au motif qu’il veut des joueurs concentré à 100% et pas avec des états d’âme. S’il ne rentre pas à Empoli, il dispute ensuite 15 minutes face à la Fiorentina, où il touche notamment le poteau sur un coup-franc en fin de match. Enchaînant ensuite trois banc de touche (durant toute la rencontre), Spalletti décide de le faire rentrer dès la mi-temps face à Bologne, qui passe son temps à défendre devant sa surface. Il est très probable que s’il avait su que les rossoblu jouerait ainsi (chose inhabituelle), Totti aurait été aligné d’entrée : « Rentré à la place d’un Falque insuffisant, il offre un assist d’entrée pour Salah et n’est pas loin d’offrir le 2ème but salvateur. Dommage pour les quelques dernières passes ratés. Oui, on note une rentrée réussie, mais on est surtout content de le revoir sur le terrain ». Mené (3-2) par l’Atalanta, là encore le Capitano fait son entrée, pour le dernier quart d’heure, où il inscrira son second but de la saison en championnat : « Comme d’habitude, tout ce qu’il touche se transforme en or. Dès qu’il entre sur le terrain, il ne tarde pas à bien se placer pour planter le but de l’égalisation. il sert aussi un très bon ballon à Dzeko qui n’en fera rien ». Enfin, l’apothéose. Alors que la Roma se dirige vers la seconde défaite de l’ère Spalletti, Checco fait son entrée à la 84ème minute. Il lui suffira de toucher deux ballons pour les envoyer au fond des filets : « Il ne lui aura fallu que 3 minutes pour faire passer le score de la défaite à la victoire. D’abord reprenant un coup franc de Pjanic, puis transformant le penalty de la victoire. Coaching gagnant pour Spalletti ».

Petit bilan et autre records à atteindre

Sur la phase aller avec Rudi Garcia, Francesco Totti a joué 183 minutes, pour 1 but et 1 passe décisive. Sur la phase retour avec Luciano Spalletti, le Capitano a joué 103 minutes, pour 3 buts et 2 passes décisives. Simple hasard ou bien le « Divin Chauve » arrive à piquer « Er Pupone » dans son orgueil, pour lui faire tirer le meilleur de lui-même ? A son arrivée, Spalletti a déclaré en conférence de presse que Totti devait faire plus d’efforts durant les entraînements, pour répéter les bonnes performances en match. Au-delà de cela, il déclare également que la présence comme titulaire de Totti dépend en partie du style de jeu de l’adversaire (plus facile à utiliser face à une équipe qui est retranchée devant sa cage), que Totti aura toujours sa vision du jeu, sa qualité de passe et de frappe, mais qu’il ne peut plus faire les efforts de courses, de déplacements et de couverture. En d’autres termes, un équilibre à conserver, qu’il a trouvé lors de cette série de 9 victoires consécutives. S’ils ont eu et ont des mésententes, les deux hommes se respectent et savent que l’un peut apporter à l’autre et vise-versa. En cette fin de saison, Totti a encore des records à aller chercher. A commencer par atteindre un chiffre rond au niveau des penalty, et consolider son record dans l’histoire du championnat italien, qui est actuellement de 69 transformés. S’il fait 3 apparitions durant les 4 dernières rencontres, il atteindrait alors les 600 présences en Serie A. Plus difficile, s’il inscrit encore 3 buts, il atteindrait alors la barre des 250 buts en championnat.

Un avenir en pointillée 

Concernant son avenir, les cartes pourraient être redistribués. Jusqu’à il y a quelques semaines, il semble inimaginable de penser que Totti pourrait rempiler pour une année de plus. Pallotta lui avait fait part de ses plans, lui proposant dès la saison prochaine un rôle de vice-président. En effet, sans utilisé envers l’équipe, Totti pourrait devenir plus un problème qu’autre chose. Non pas part sa faute, mais par les polémiques incessantes créées par les médias, notamment pour attaquer la societa américaine (cela n’est pas un secret que certains médias se nourrissent du mal du club, soit pour question de lobbys ou rancune personnelle). Oui mais voila, cela était sans compter sur le retour au devant de la scène de Totti, avec notamment ces 3 buts et 1 passe décisive en 61 minutes. De son côté, Spalletti a déclaré après le match face au Torino qu’il soutiendrait « la décision prise par Totti, et que je l’accompagnerais rencontrer Pallotta s’il souhaite continuer ». Si les médias affirment que le président n’a pas infléchit son avis, le renversement de situation pourrait venir de son bras droit, Alex Zecca, qui était notamment à l’Olimpico mercredi. Ce dernier aurait déclaré à des proches que « tout pouvait se passer » concernant le n°10 de la Louve. A côté de cela, une pétition a été mise en ligne par les tifosi de la Roma, et un site internet (http://rinnovopertotti.it) en soutien à sa prolongation de contrat a même été crée. On annonce même une manifestation à Trigoria, et un stade plein face au Chievo. De son côté, Pallotta aurait déclaré à Totti au mois de mars, lors de sa dernière rencontre : « prends le temps d’y réfléchir, et on se reverra au mois de mai pour faire le point ». Si le patron romain a tous les droits, il semble difficile à ce point d’imaginer qu’il puisse refuser cette prolongation à Totti, qui serait considéré comme un choix incompréhensible. Wait and See…

Twitter: @Romanista35