Photo tirée du site Corrieredellosport.it

Fabio Rossi, photographe qui a immortalisé la journée du dimanche 28 mai 2017, jour du dernier match de Francesco Totti, entre l’AS Roma et le Genoa, s’est exprimé dans un interview au site officiel Asroma.com :

« Combien de photos j’ai pris lors de cette journée ? Environ 10 000, dont j’en ai sélectionné un millier. Le curateur du club, cependant, a voulu tous les originaux pour les conserver. Suite au coup de sifflet final, j’en ai pris 6 824. Nous avons immortalisé chaque moment, et cela a commencé dès 7h30 du matin, jusqu’au dîner avec lui après le match dans un restaurant. Pour moi, depuis ce jour, le rapport que j’ai avec lui a changé. C’est un peu difficile à expliquer, mais mais j’ai toujours eu une sorte de blocage malgré que je le connaisse depuis longtemps. Je l’ai toujours perçu comme le capitaine de la Roma, j’avais quasi honte chaque fois que je pouvais lui parler. Mais ensuite il y a eu un moment de ce 28 mai qui m’a définitivement débloqué vis à vis de lui, et désormais nous avons un lien différent. Quel moment ? Je lui ai montré cette photo de lui assis sur les marches de la zone mixte, pendant qu’il allait rentrer pour la dernière fois sur le terrain pour être célébré. Une photo qui a fait le tour du monde. Pendant que je regardais son expression sur mon appareil, quasi libératoire pour toute la tension accumulée durant cette journée. Certaines sensations, certaines émotions, je ne les ai ressenti que lors de la naissance de mes deux enfants,  Diego et Eva. Pourquoi il s’est assis sur ces marches ? Parce que nous devions attendre qu’il soit appelé sur le terrain par le speaker. Après le match, il est directement rentré seul au vestiaire, il a changé de maillot et puis il est allé en zone mixte. A ce moment 24 ans de carrière lui sont passé en tête. Cette photo était la synthèse parfaite, et c’est dommage qu’elle n’a pas été considéré pour concourir au World Press Photo. Je dis cela avec regret parce que les yeux disaient tout, c’était les yeux de nombreux d’entre-nous, romanisti…

Quelle autre image me vient en tête ? Sûrement quand il nous a accueilli chez lui pour préparer toute la journée. Il y avait beaucoup de gens devant la grille qui attendait qu’il sorte faire un salue. Beaucoup étaient là depuis très tôt. Cela a été beau quand sa fille, Isabel, lui a amené ses chaussures et quand il est allé dans la chambre de Cristian et Chanel pour les saluer avec un bisou pendant qu’ils dormaient. Tout était simple et beau, simple comme est Francesco. Simple comme l’a été la cérémonie après le match ? Chaque fois que je revis la vidéo de cette fête je pleure. C’est plus fort que moi. Et croyez moi que cela m’et arrivé plusieurs fois durant ces 12 derniers mois. Cela a été un événement organisé de la meilleure de manières, nous avions tout bien organisé. Tout a semblé parfait, sans excès particuliers. Comment Francesco a vécu les premiers moments de cette journée ? Il était tendu et il avait probablement peu dormait cette nuit précédente. Il s’était déjà préparé à aller à Trigoria pour le dernier entraînement. Durant tout le temps il tenait en main un anti-stress pour enfants, un hand-spinner. Il parlait avec Ilary et ensuite cherchait à dédramatiser l’événement avec des blagues. Puis, la présence de la petite Isabel l’a détendu. Puis à Trigoria ? Il y a une autre photo qui m’a particulièrement ému, celle où il entre pur la dernière fois comme joueur à Trigoria, qui était sa maison depui 1989. Ce moment a été particulier. Il y avait De Rossi à l’entrée du vestiaire à l’attendre. Après le salue avec Daniele, il a embrassé tous ses coéquipiers et tout le taff, entraîneur compris. Ce que Totti a représenté pour moi ? Le message que le club et la Curva ont voulu dédié à travers leurs hommages (le maillot consigné par Pallotta après le match contre le Genoa et la chorégraphie avant le match des tifosi, ndlr) résume tout cela de la meilleure des façons. En substance, Totti est la Roma. Blague à part, plus d’une fois j’ai dis au capitano que sous la louve capitolina il n’y avait pas Romolo et Remo, mais Romolo et Francesco ».