Le jour où Ranieri démissionna

Le 20 février 2011, après avoir terminé à un pas du Scudetto la saison précédente, Claudio Ranieri démissionne de son poste d’entraîneur de l’AS Roma suite à scénario totalement rocambolesque sur la pelouse du Genoa. Le site CSR vous propose une analyse de la situation, en faisant une comparaison avec Rudi Garcia.

Le contexte :

Avant noël, l’AS Roma reste sur une série plus qu’intéressante, avec 7 victoires, 3 nuls et 1 défaite. Les giallorossi sont alors placé dans la lutte au podium et la course au titre. Cependant, les tifosi vont vite déchanté au début de l’année 2011. En effet, les hommes de Ranieri arrive avant ce match face au Genoa avec une série de 3 défaites, 1 nuls et 2 victoires (dont un succès 1-0 à la dernière minute face à Cesena qui restera dans les anales, et fût proche d’être le premier but d’Adriano. Pire encore, la Roma ne gagne plus depuis trois matchs avec notamment deux lourds revers face à l’Inter (5-3 et le but épique de Loria) et le Napoli (2-0).

Le match couperet :

Le mister italien sait qu’il joue en partie sa tête sur ce match. Il aligne un 4-3-2-1, avec Julio Sergio dans la cage. Riise et Castellini sont chargés des couloirs, pendant que Mexes et Burdisso tiennent l’axe. Au milieu, on retrouve Perrotta, Brighi et Greco. Enfin, Simplicio et Totti sont chargés d’épauler Borriello. Menez, Juan et Taddei démarrent du banc, pendant Cassetti, De Rossi, Pizarro et Vucinic ne sont pas dans le groupe. La première mi-temps est un véritable compte de fée : Mexes et Burdisso marquent tous deux sur corners dans le premier quart d’heure. Totti permet même aux siens de mener 3-0 juste au retour du vestiaire. Et puis… dans la minute qui suit, Palacio remet son équipe sur de bons rails. Paloschi marquent ensuite le but du 3-2. Sous pression, Ranieri sort Borriello et fait rentrer le défenseur Loria. Mauvaise pioche, deux minutes plus tard Palacio égalise. Alors que le Genoa se retrouve à 10 contre 11, suite à l’expulsion de Rafinha, Palacio inscrit lui un doublé et offre une victoire rocambolesque aux rossblu.

La conséquence :

Ce retournement de scénario (0-3 à 4-3) ne fût que la goutte-d’eau qui fit déborder le vase : « J’ai toujours pensé au bien de la Roma. Je vous quitte donc pour créer une secousse, j’espère que cela fonctionnera ». Mais le vestiaire était dans un sale état. Depuis le début de saison, Ranieri a du faire face (parfois par sa faute, parfois non) a énormément de cas compliqué et disputes. Il du par exemple supporter les frasques d’Adriano (accusé d’avoir posé en photo avec une kalachnikov, ainsi que d’avoir conduit en étant alcoolisé au Brésil), ou encore les états d’âme de Pizarro (que Ranieri ne fait plus jouer). « Il Pek » décidera sans l’accord du club (exception d’un sms à Bruno Conti) d’aller soigner une blessure au Chili. A son retour, il eut une violente altercation avec Ranieri qui l’envoya en tribune. Mais cela ne s’arrête pas là. Face à l’Atalanta, Totti refuse catégoriquement de sortir de la pelouse, mettant son coach dans l’embarras qui fit sortir Menez. Un entraînement suivant, le Capitano n’écoute pas les consignes du mister, prend un ballon et envoie le ballon vers le but qui trouve la lucarne, et se mit à crier « voila ». Le rapport entre les deux est très froid, la cerise sur le gâteau arrivera face à la Sampdoria, où le n°10 fit son entrée à la… 91ème minute alors que son équipe perd. Ranieri ironisera après le match en disant que « il attendait juste son coup de génie ». On pourrait rajouter Borriello qui, laissé sur le banc durant un match à l’Olimpico, déclaré devant les micros des journalistes : « J’ai marqué 40 000 buts et il ne me fait pas jouer ». C’est Montella qui prend la relève, avec un bilan jusqu’à la fin de saison de 7 victoires, 3 nuls et 3 défaites en championnat (sans accrocher la Champions League).

Les similitudes et différences avec Rudi Garcia et le match face au Milan AC :

Si le score diffère, le scénario lui montre des ressemblances. En effet, la Louve est proche de rentrer au vestiaire avec au moins deux buts d’avance durant la première période. Si la première période fut juste « correct », la seconde période fût elle totalement calamiteuse. Probablement la pire « mi-temps » de l’ère Rudi Garcia. En ce sens, ce match sonne probablement le glas du mister français, où l’on a clairement vu que le groupe n’adhérait plus à son message. Si lui faisait de grands gestes et hurlaient à ces joueurs de faire monter le bloc-équipe, les joueurs semblaient eux tétanisés et apeurés, au point de reculer et perdre ballon sur ballon. Si Garcia n’a pas réussi dernièrement a amené cette confiance et cette sérénité envers son groupe, il a cependant jusqu’au bout réussir à leur tenir de son côté, notamment d’un point de vue humain. La scène de joie suite au but de Florenzi et l’empoignade individuelle avec chaque joueurs à la fin du match a permis à l’entraîneur romanista de continuer l’aventure, pour quelques semaines supplémentaires. La démission n’avait donc rien de légitime, pour un coach qui se bat quotidiennement pour ses joueurs et ce club, et qui avait la conviction de pouvoir redresser la barre, notamment grâce « à certains retours de blessés », comme par exemple Strootman. Mais les dirigeants doivent eux prendre une décision rationnel. Ce match face au Milan AC, sans défaite pourtant, est un point de non-retour, où un électro-choc devient une obligation. Si rien est officiel, Garcia vit peut-être ses dernières heures sur le banc giallorosso, en attendant un come-back de Spalletti ? 

Twitter: @Romanista35