photo tirée du site Corrieredellosport.it

Antonio Conte, homonyme de l’ex-sélectionneur de l’Italie, avocat qui a souvent défendu dans sa carrière les dossiers de justice sportive liés à l’AS Roma, s’est exprimé dans un interview au site officiel Asroma.com :

« Entre 500 et 1 000 tifosi romanisti attendus à Moscou ? Les romanisti ne font jamais manquer leur soutien et nous sommes contents d’avoir contribué à faire vivre cette émotion après la sanction infligée par l’UEFA suite aux faits de Liverpool-Roma. Cela sera beau d’avoir un fort soutien à Moscou, qui comme toujours donnera un passionné soutien dans les tribunes en respect des règles. Il est fondament que la società et l’équipe n’encoure pas de sanctions. Après les faits de Liverpool, l’UEFA a demandé à ce que l’entière tifoseria soit sanctionnée (interdisant que le premier déplacement de cette saison soit interdit, avant que la Roma gagne en appel, nldr) ? L’UEFA peut donner n’importe quelle sanction, même l’interdiction de déplacement pour une saison entière. Mais l’organe footballistique européenne la plus importante a écouté notre recours, prenant aussi en compte la force et la crédibilité de notre società. Et les tifosi ont pu aller à Madrid et je suis certain qu’ils suivront nombreux aussi l’équipe à Moscou pour un match qui sera décisif pour la qualification. Autre question d’actualité sur la scène européenne : la sanction de l’UEFA envers Pallotta, qui avait critiqué l’arbitrage au retour face à Liverpool ? Aussi à cette occasions nous avons rejoint un important succès. Du côté du président il n’y avait évidemment pas l’intention d’offenser quiconque, mais seulement la volonté de manifester dans le vestiaire à la fin du match sa déception concernant l’arbitre, qui avait objectivement pénalisé l’équipe. Trois mois de suspension étaient évidemment trop, et nous avons obtenu une réduction de la peine à un mois. Il est d’ailleurs rare que l’UEFA réduise ce genre de sanction. C’est un excellent résultat.

La bataille qui m’a le plus tenu à coeur concernant la Roma ? Au niveau UEFA, un cas historique lié à la rixe de Roma-Galatasaray. Match de Champions qui se finit sur le score de 1-1, mais suite au coup de sifflet final, une rixe a eu lieu entre turcs et joueurs de la Roma avec au milieu une intervention de la police italienne. Il y a eu de lourdes sanctions : Olimpico à huis-clos un match, trois journées de suspension à Totti et Lima, une à Capello et Batistuta. La peine concernant le stade prévoyait en plus que le match suivant soit joué à 300km de Rome. Notre plaidoyer a été entendu et la Roma a pu continuer de jouer à l’Olimpico. Une sentence qui a fait jurisprudence à l’UEFA. En championnat, j’ai aimé le souvenir du cas Cassano en 2003, qui marqua le but de l’égalisation dans le derby. On a réussit à annuler sa suspension 24h avant, avec une audience en urgence. Et il marque, de la tête, à la 90ème, en anticipant Couto. Les tifosi me le rappellent encore. Un cas compliqué fût la pièce lancée à l’arbitre Frisk en 2004, face au Dinamo Kiev ? A cette occasion l’UEFA aurait voulu exclure la Roma de la compétition européenne, dès cette même édition. Cela n’est pas arrivé et, après un long travail, et une très dure audience à l’UEFA, nous avons obtenu une sanction minime avec deux matchs à jouer à huis-clos contre le Bayer Leverkusen et le Real Madrid. Une victoire dont tous se souviennent.

Un autre dossier fût celui lié au transfert de Mexes à la Roma, lors de l’été 2004 ? Oui, exactement. La controverse fût compliqué et a duré longtemps, étant examiné aussi par la FIFA. Le club français avait accusé le joueur d’avoir signé quand il était encore sous contrat, demandant une compensation financière. On avait été exclu de pouvoir recruter durant deux blocs de mercato, dénommé « transfert windows ». Lors du recours au TAS, nous avons obtenu la suspension du premier des deux blocs de sessions de transferts, permettant à la società de conclure le mercato lors de la seconde moitié du mois de août. Si cela m’est déjà arrivé de crier « Forza Roma » dans un tribule ? Je suis un tifoso et je vis ma passion autant dans les moments négatifs que positifs. Chaque tifoso peut et doit exprimer son opinion, en bien ou en mal, mais l’important est de ne jamais perdre le soutien et l’amour pour l’équipe. Je suis cette équipe depuis toujours. La Roma, que je porte dans mon coeur depuis toujours, est sans doute celle de 1974-1975, de la troisième place. Entraîné par Liedholm et avec Prati comme avant-centre qui marque un but décisif surprise dans le derby. L’arbitrage en 2011 entre la famille Sensi et Unicredit, et ce drapeau biancoceleste jeté d’un balcon ?  Nous étions dans le cabinet de l’avocat Ruperte, en zone Nord. Il y a eu un tifoso de la Lazio qui voulait se montrer, probablement un habitant de l’immeuble, pour faire face aux nombreux tifosi de la Roma présents dans la rue. En attente de l’audience, devant les autres avocats présents, j’avais ouvert la fenêtre et je jeta le drapeau par terre. Et beaucoup de tifosi explosèrent en applaudissant. C’était un moment de grande tension pour la Roma et ça n’était pas le cas d’accepter des boutades de derby. Pour moi la Roma est une chose très sérieuse ».