Photo tirée du site Vocegiallorossa.it

Contrairement à la maladie d’Alzheimer, le cerveau humain a souvent tendance à se souvenir des instants récents et à oublier ceux plus anciens. Et cela pourrait s’apparenter au cas Lorenzo Pellegrini, auteur d’une bonne saison dernière (que l’on développera ensuite), et auteur d’un démarrage de saison actuel extrêmement compliqué (pour ne pas dire plus), avec deux titularisations (l’une à l’AS Roma et l’autre avec l’Italie) et deux remplacements lors de la mi-temps. De nombreux commentaires apparaissent sur les réseaux sociaux, tel que « Il faut le vendre au plus vite », « qu’il dégage » ou encore « Un joueur moyen et qui le restera ».

Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici un petit rappel du mercato, où Pellegrini a été fortement convoité par les plus grands clubs européens et, après réflexion, il a choisi de continuer sa carrière dans son club de coeur et poursuivre avec Eusebio Di Francesco. Outre des intérêts (+/- poussés) d’Arsenal, Chelsea, Manchester City, PSG, FC Barcelone ou encore l’Atletico Madrid, d’autres clubs tels que Manchester United, la Juventus (dont Pjanic l’a appelé personnellement pour le convaincre de rejoindre les bianconeri), l’Inter et le Milan étaient prêts à payer sa clause de 30 millions d’euros si le joueur leurs disait oui. 

La Juventus toujours sur Pellegrini, et cet appel de Pjanic pour le convaincre

Car oui, les deux mauvaises prestations de l’ex-capitaine de la Primavera (qui avait atteint la demi-finale de la Youth League en 2014/2015) semblent effacer la saison précédente, où il fut classé parmi le Top 20 des milieux de terrain de Serie A (dominé par Miralem Pjanic à 7.42), si l’on en croit les notes du très sérieux site Whoscored.com, avec une moyenne de notes de 6.98, faisant de lui le premier milieu sous la barre du 7. Cela montre une progression, puisqu’il obtint 6.74 et 6.94 respectivement lors de sa première et deuxième saison à Sassuolo (6.92 en Europa League la seconde saison).

Mieux encore, aucun autre joueur (à l’exception de Lucas Torreira, lui aussi classe 96) « Under 21 » se classe devant lui (Nicolo Barella, un an plus jeune, se classe lui juste derrière avec une moyenne de 6.95). A noter que les deux autres jeunes de ce Top 20 sont Sergej Milinkovic-Savic (7.39) et Bryan Cristante (7.08), tous deux âgés de 22 ans la saison passée. Pour finir, Pellegrini se classe notamment juste derrière Jorginho (7.02), et devant Daniele De Rossi (6.92), Sami Khedira (6.91) et Marek Hamsik (6.91). Kevin Strootman a lui une moyenne de 6.71. Et d’ailleurs, la saison passée, quand le batave jouait, beaucoup réclamaient sur les réseaux sociaux que l’italien joue à sa place.

Pellegrini aurait tranché sur son avenir pour la saison prochaine 

Aujourd’hui, on semble pleurer son départ vers Marseille pour enterrer six pieds sous terre Pellegrini (alors que ce dernier fait mieux que l’ex-n°6 au niveau de toutes les stats). Mais une statistique dit beaucoup sur l’apport offensif d’un joueur. Il s’agit de la « key pass », voulant dire une dernière passe amenant une frappe (but, tir non-cadré ou bien arrêt du gardien). Et dans ce domaine, l’actuel joueur de 22 ans s’est positionné sur le podium du championnat italien la saison passée, avec 1.6 « key pass » par match, où seuls Pjanic et Radja Nainggolan ont fait mieux à ce poste (1.9 « key pass » par match).

D’autre part, Pellegrini est lui-même conscient d’avoir un physique « diesel » qui l’empêche chaque année d’être au top dès le début de saison. Lors de sa seconde année à Sassuolo, où il jouera 34 matchs au total (pour 8 buts et 8 passes décisives), Pellegrini manquera les 5 premiers matchs d’Europa League, avant de démarrer les suivants comme titulaire. Sur les 12 premiers matchs officiels, il n’en démarrera que 3 comme titulaire, tandis qu’il débutera ensuite 14 fois dès la première minute en 16 rencontres. Idem la saison passée, où il ne démarre titulaire qu’une fois lors des 7 premiers matchs officiels, avant de disputer au total 37 rencontres.