La Roma et l’Amsud, une belle histoire d’amour

L’Amérique du sud. Continent de passion, territoire de football, terre de fêtes et de couleurs, de décadence et de splendeur. Si les plus grands joueurs de l’histoire de la Roma sont pour la plupart natifs d’Italie, voir de Rome même, il ne faut pas oublier que l’Amsud fut et reste encore un formidable terrain de conquêtes et de trouvailles pour les recruteurs giallorossi, offrant au club de la louve une certaine passion du jeu, une certaine grinta propre aux joueurs brésiliens, argentins et consorts (nous mettrons de côté les quelques flops réalisés ^^). Les Falcao, Aldair ou Batistuta, sud américains de sang, envoutèrent les tifosi romanisti au point de tomber amoureux d’une ville, d’un peuple, rappelant l’anarchie et la passion régnant dans leurs lointaines contrées. Retour sur les joueurs qui donnèrent un petit air de samba (ou de tango) à notre magnifique Roma, à l’heure ou la nouvelle dirigeance du club semble être tourné vers ce beau continent pour écrire un autre grand chapitre du livre « ASR ».

Un tango aux sonorités giallorosse
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L’argentine, terre de tango mais surtout de football, est reconnu pour la ferveur de son public et la qualité de ses joueurs, issue pour beaucoup, de quartiers défavorisés, faisant d’eux des joueurs au mental guerriers, importateur de la vraie grinta d’argentine.

Le premier joueur du pays blanc et ciel à porter le maillot giallorosso fut Enrique Guaita, avant centre qui porta le maillot de la louve de 1933 à 1935. Il en profita pour devenir le meilleur buteur de série A 1935. « Enrico », comme surnommé en Italie, devint champion du monde 1934 avec les azzurri, malgré le fait d’être né en Amérique du sud.
En 1993 arriva d’Udine un attaquant nommé Abel Balbo, joueur qui laissera un beau souvenir aux tifosi sur le plan comptable, puisqu’il participa à 171 matchs jusqu’en 1998, trouvant le chemin des filets à 78 reprises. Il reprendra le chapitre giallorosso de 2000 à 2002, ne jouant que trois petits matchs, mais en devenant tout de même champion d’Italie 2001. Claudio Caniggia, un autre attaquant argentin, porta les couleurs de la Roma de 1992 à 1994.
Mais l’avant centre albiceleste qui marque le plus les esprit du peuple de la capitale se nomme Gabriel Batistuta. Arrivant dans la ville éternelle en 2000, l’ex florentin mis peu de temps à trouver ses marques, puisqu’il fut l’un des grands artisans du scudetto, formant un magnifique trio offensif avec Francesco Totti et Vincenzo Montella. Il marque notamment le dernier but de la saison lors du match du titre, face à Parme. Il quitta le club giallorosso en janvier 2003, laissant derrière lui un total de 37 buts en 81 matchs. Un total plus qu’honorable pour un « roi lion » approchant de la retraite.
Mais la Roma et l’Argentine, ce n’est pas uniquement une histoire d’attaquants. Le « mur » Walter Samuel en fut la preuve. Arrivé en 2000, il fut l’un des piliers de la défense championne d’Italie, méritant amplement sa réputation de roc. 122 matchs et 9 buts plus tard, il rejoignit le Real Madrid.
Actuellement, un autre défenseur central fait le bonheur des tifosi, en la personne de Nicolas « Scarface » Burdisso. auteur d’une première saison et d’une acclimatation remarquable, l’ex intériste démontre à chaque match être l’un des leaders du vestiaire, se faisant entendre tel un général remontant ses troupes durant le combat. Avec un gout prononcé pour la hargne, débordante à certains moments. Mais avec un cœur énorme.
Les puristes n’oublieront pas Leandro Cufrè (2000 à 2006) et Gianni Guigou (2000 à 2003), restés dans le coeur des tifosi grâce à leur combativité caractérisée.

De Copacabana à Roma
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L’histoire auriverde de la Roma s’écrit en lettres d’or puisque la relation entre le pays de Pele et la ville éternelle fut à de nombreuses reprises synonyme de réussite et de talent.

Les plus jeunes d‘entre nous se rappellent du « puma » Emerson, puissant milieu de terrain du scudetto 2001, tombé en disgrâce à son départ vers la Juve, dans les valises de Fabio Capello, en 2004.
D’autres garderont à l’esprit les feintes d’Amantino Mancini, grand ailier de la Roma de Luciano Spalletti, la rosa du record de matchs gagnés consécutivement et du beau jeu. Une certaine nonchalance lui valu de quitter le club dans l’indifférence, en 2008.
Les tifosi des 90’s, mais aussi du début des années 2000 se remémoreront quand à eux les exploits défensifs de deux monstres : Aldair et Cafu. le premier, champion du monde 1994, est un joueur au statistiques, disons…..ahurissantes : 13 ans en giallorosso, un scudetto, 415 matchs, et un numéro 6 retiré en hommage au grand monsieur qu’est « Pluto » , rien que ça.
Son compère du couloir droit, n’a quand à lui pas à se cacher derrière son compatriote : sa trace est également indélébile dans l’esprit des tifosi romanisti. 217 matchs dans la capitale, de 1997 à 2003, un titre de champion et d’incessantes courses pour porter son équipe vers l’avant.
N’oublions pas de citer Carlos Zago, romanista de 1998 à 2002, tout comme Marco Assuncao de 1999 à 2002 (et to ujours en activité à Palmeiras sous les ordres de… Zago), mais aussi Paulo Sergio de 1997 à 1999 (qui fût champion du monde en 1994 et gagna la Champions League avec le Bayern en 2001). Sous oublier Francisco Lima de 2001 à 2003.
Falcao. Ce nom ne dit peut être rien aux plus jeunes, mais ce joueur magnifique fut l’un des artisans de la Roma du scudetto 1983, alliant classe et génie, beauté du geste et réalisme. En compagnie des Di Bartolomei et Conti, l’entre-jeu romanista était redoutable. 5 ans, 107 matchs, 22 buts, voici les stats du magicien. Toninho Cerezo, compère de Falcao avec la Selecao, rejoint notre club en 1983.  Pendant 3 saisons, il ravit nos supporters grâce à son talent. Milieu récupérateur, il marquera quand même 13 buts, pas mal pour un joueur plutôt défensif. Homme de grand coeur, il sera ovationné et très ému lors de la fête des 80 ans de notre club.
Quand aux plus anciens d’entre nous (ou plutôt nos ancêtres ^^), ils se rappelleront de Dino Da Costa, efficace buteur issu de Rio de Janeiro, évoluant à la Roma de 1955 à 1960.

La touche uruguayenne de la Roma

Buteur lors de la finale du mondial 1950, l’ailier Alcides Ghiggia évolua à la Roma de 1953 à 1961, il disputa 201 matchs pour 19 buts marqués.
Autre champion du monde 1950, l’attaquant Juan Alberto Schiaffino, évoluant deux ans dans la capitale, pour un petit total de 3 buts.
Enfin, un dernier uruguayen a foulé récemment la pelouse de l’Olimpico : Daniel Fonseca. Il porta le maillot giallorosso de 1994 à 1997, où il disputa 65 matchs pour 20 buts. Pour l’anecdote Fonseca arriva d’un club ennemi (le Napoli), et y reparti pour un autre (la Juve).

La Roma de l’ère Di Benedetto, en plein renouveau, montre de nombreux signes d’intérêt envers le continent sud américain pour ce nouveau mercato. Les joueurs argentins, brésiliens voir uruguayens, si importants dans l’histoire de notre club, deviendront-ils dès cette saison d’indéboulonnables joueurs de la louve ? Ou bien faudra-t-il attendre quelques temps avant de découvrir les dignes successeurs des Aldair, Cafu ou Falcao?