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La copropriété disparaît à tout jamais

Très présente en Italie, la copropriété était devenue une rareté dans le football européen (outre les fonds privés détenant une partie de certains joueurs). Le site Cesololaroma fait le point sur cette pratique et les dossiers qui furent liés de façon directe à l’AS Roma.

Sur le principe, la copropriété est simple. Un club peut acquérir la moitié du contrat d’un joueur, pour la somme de 50% de sa valeur usuelle, et avoir la possibilité de le faire évoluer dans sa propre équipe. Quelle utilité ? Pour un petit club, cela permet d’obtenir un joueur important, sans devoir payer toute sa valeur, et permettant de le valoriser, et donc à terme d’obtenir une importante plus-valu. Pour un club plus huppé, cela permet d’obtenir un joueur important, évoluant dans un plus petit club, mais qui n’a pas forcément la possibilité de verser la somme totale du joueur à l’instant T. La contrainte est de devoir verser, à terme, un montant plus important quand il faut payer sa seconde moitié de contrat. Cela peut donc permettre de gagner du temps, pour un joueur ayant une forte valeur marchande, et dont un club important n’a pas directement la possibilité d’acquérir la totalité du contrat d’un joueur. Au terme d’une durée de deux ans, les clubs doivent alors trouver un nouvel accord. Soit prolonger la situation, soit que l’un des deux rachètent le joueur, ou bien l’arrivée des « enveloppes » en cas de non-accord. Le principe des enveloppes est à la fois simple, mais aussi digne d’une loterie (façon tirs au but) : Chacun des deux clubs (demi) propriétaires du joueur place une somme financière dans une enveloppe. Celui ayant mis le montant le plus élevé récupère la totalité du contrat du joueur. Cela peut parfois créer des situations cocasses, où les deux clubs mettent un montant très bas, et donc où l’un des deux fera une très bonne affaire.

La societa giallorossa a utilisé cette possibilité sur de nombreux dossiers, où de jeunes joueurs de l’AS Roma étaient concernés, et où il fallait donc leurs permettre de se valoriser sur la durée. Dernièrement, cela fût le cas de joueurs comme les défenseurs Federico Barba et Luca Antei, ou encore des attaquants comme Matteo Politano et Gianluca Caprari. Mais certains dossiers ont pris, sur la durée, plus d’importance, comme ce fût notamment le cas pour Andrea Bertolacci. Après avoir été prêté une saison à Lecce (28 matchs et 3 buts), Bertolacci prolonge son contrat (jusqu’en 2018) et rejoint alors le Genoa sous la forme de copropriété, pour un montant d’environ 1,5 millions d’euros. Après 3 saisons passées sous les couleurs rossoblu, le prometteur joueur italien a disputé 90 matchs et marqué 12 buts. Oui mais voila, lors de sa dernière saison, Bertolacci explose sous les yeux de la Serie A, où il inscrit 6 buts et 6 passes décisives en 34 matchs durant la saison 2014/2015. De quoi faire gonfler sa valeur donc. Si l’on parle à l’origine d’un montant de 6 millions d’euros pour sa moitié, la Louve dépensera pas moins de 8,5 millions pour le racheter de façon définitive (un prix probablement gonflé, contre le fait de faire baisser, en contre-partie, le montant de Iago Falque). Dans les joueurs suivants, la Roma vendra le néo-international italien contre la somme de 20 millions d’euros au Milan AC, soit une plus-valu de 11,5 millions d’euros (minimum), pour un joueur qui n’a jamais joué le moindre match officiel pour l’équipe romanista

A l’inverse, certains dossiers liés à des joueurs importants se régleront aussi avec les copropriétés, mais avec des sommes plus importantes au moment de trouver un accord définitif. Le premier cas est celui de Mirko Vucinic. Après une première saison en prêt (33 matchs et 3 buts, toutes compétitions confondues), le montegrin est acquis en copropriété par la Roma, comme la somme de 7,5 millions d’euros (soit une estimation totale de 15 millions). Au terme de cette seconde saison (où il jouera 48 matchs et inscrira 14 buts), l’attaquant fût racheta de sa seconde moitié, pour la somme de 12 millions d’euros (correspondant donc à une somme « fictive » de 24 millions), soit pour un montant total de 19,5 millions d’euros. Au total, Vucinic joua 147 matchs et marqua 46 buts, soit une moyenne de un but tous les trois matchs. Le second cas important concernant ces copropriétés fût Radja Nainggolan. Arrivé sous la forme de prêt (3 millions d’euros) en janvier 2013, avec le rachat sur sa copropriété (pour 6 millions d’euros) en juin 2014, le « Ninja » coûta alors 9 millions d’euros pour sa « moitié » lors de l’été 2014. La societa giallorossa prolonge alors cette formule, au risque de se retrouver perdante à terme. Cagliari et l’AS Roma décident alors de prolonger cette coprorpriété au sujet de cette saison 2014/2015. Suite à cela, les deux clubs doivent alors obligatoirement trouver un terrain d’entente pour le joueur d’origine indonésienne. Si le club sarde peut demander beaucoup plus pour la moitié de son joueur, ces derniers s’entendront à trouver un terrain d’entente, et à obtenir « que » 9 million d’euros pour la seconde moitié du contrat, notamment contre un prêt payant revu à la hausse de Victor Ibarbo.

Un autre cas récent fût très compliqué. Il s’agit du jeune attaquant Fabio Borini. Arrivé à la surprise général lors du dernier jour du mercato estival 2011, l’italien alors âgé de 20 ans débarque de Chelsea, où il signa durant l’été à Parma. Ce dernier le cède en prêt à l’AS Roma, contre le montant de 1,25 millions d’euros (assorti à une option de rachat fixé à 7 millions d’euros). Tout se passant bien pour lui (il jouera au final 26 matchs, pour 10 buts, durant toute la saison), la societa giallorossa décide alors d’obtenir sa copropriété lors du mois de janvier 2012, contre la somme de 2,3 millions d’euros (soit un coût total de 3,5 millions avec le prêt payant). Arrivé en fin de saison, le joueur refuse de rester dans la Capitale une saison de plus en copropriété. Ce coup de pression fait que les deux clubs ne trouvent un accord, notamment du à la flambée de sa côte, et on arrive donc à la fameuse loterie des enveloppes. Parme met alors 4,2 millions dans l’enveloppe, contre 5,3 millions pour la Roma. La Louve le récupère donc pour, au total, 8,8 millions d’euros. Enervé de ce chantage, Walter Sabatini décide alors de vendre Borini. Une belle plus-valu réalisé, puisque l’italien (qui participera à l’Euro 2012, sans y jouer la moindre minute) est vendu contre la somme de 13,3 millions d’euros (+1 million de bonus). Un autre cas similaire, mais cette fois-ci perdu par la Roma, est Marco Motta, que l’Udinese gagna aux enveloppes.

Lors des « enveloppes », certains dossiers ont du se jouer sur des coups de hasard. A ce sujet, on retrouve notamment le cas Stefano Sabelli. Le latéral droit italien est alors prêté la première saison à Bari, où il dispute 29 matchs. A ce terme, il passe alors en copropriété. Ils jouent encore plus avec son club, puisque, play-off inclus, il dispute 40 matchs durant cette seconde saison en Serie B. C’est alors que le sort des enveloppes rentrent en prise de compte. Sans avoir trouvé d’accord, les deux clubs doivent se rendre à loterie. Bari met alors le montant le plus élevé, avec 600 000 euros. La Louve perd alors, pour un très faible montant, un joueur lié depuis longtemps au secteur des équipes nationales d’Italie. Un cas inverse amena à Matteo Politano. Suite à un prêt convaincant à Perugia (8 buts en 28 matchs), cet ailier gaucher rejoint alors Pescara, sous la forme de copropriété. Une première saison avec 6 buts 31 matchs, avant d’avoir la possibilité de confirmer parmi la seconde division italienne : 6 buts 7 et passes décisives en 49 matchs. Alors que la Roma veut le prêter en Serie A la saison prochaine, le club toscan ne trouve pas d’accord. C’est alors que les enveloppes se précisent : Le club de la Capitale place alors 601 000 euros dans l’enveloppe, pendant que le club de seconde division ne peut aller au-delà de 600 000 euros. L’ailier classe 93 revient donc en totale propriété de l’AS Roma, avant de rejoindre dans les prochaines semaines une équipes de Serie A, qui selon les dernières rumeurs pourrait être Sassuolo. La possibilité pour Politano d’exploser parmi l’élite du football italien.

 

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