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La consécration de la méthode Spalletti

Un membre de la communauté CSR (Alias Imperatore64) vous remémore à l’esprit l’un (si ce n’est LE) des matchs les plus symboliques de l’ère Luciano Spaletti. La fameuse finale aller de Coppa Italia 2006/2007, qui se termina sur un score de set de tennis…

« Siiiiiiiii, 3 a 0, goooooool, siamo grandi !!!! »
Pour la troisième fois en un quart d’heure, Simone, petit garçon et fils du patron du seul restaurant italien de la ville de Saint Jean de Luz, vient me sauter dessus entre deux bouchées de mes pâtes aux quatre fromages. Ce restaurant, « la petite Italie », était un vrai fief romanista. Un patron romain, une femme et des enfants qui l’étaient tout autant, j’y ai vécu tous les grands moments de la période Spalletti et de la Squadra Azzurra en 2006 jusqu’à sa malheureuse fermeture il y a trois ans.

Mais revenons au match. Nous sommes le 9 mai 2007, en pleine finale aller de la coupe d’Italie, qui voit s’affronter les deux meilleures équipes italiennes du moment, la Roma de Luciano Spalletti, et l’Inter de Roberto Mancini. Cette finale aller sera le symbole d’une vraie tradition du beau jeu romain et d’une vraie révolution tactique amenée par son technicien toscan. Le jeu romain est traditionnellement fait de possession, de longues courses latérales, d’un bloc équipe jouant souvent haut et de renversements de jeu incessants à travers des passes courtes ou directes ou longues qui sont assurées par l’habilité technique de ses joueurs.

Luciano Spalletti créa une véritable révolution tactique en adaptant à sa manière le 4-2-3-1. Le fameux « 1 » n’est autre que Francesco Totti, bandiera de ce club, habituellement trequartista mais replacé en attaque, certes en raison d’une carence contextuelle d’attaquants, mais principalement due à une grande intelligence tactique de Spalletti. Eh oui, ce n’est pas Guardiola, Ancellotti ou Vicente Del Bosque qui a inventé le jeu sans attaquant, c’est Luciano Spalletti, précurseur parmi les entraineurs. « Totti évolue donc en pointe, inscrivant autant de buts qu’il ne fit de passes décisives, terminant l’année soulier d’or européen. Il combine parfaitement avec un milieux offensif axial, Perrotta ou Aquilani, à la fois élégant et besogneux dont la principale tâche est d’alimenter Totti. Les côtés sont occupés par des ailiers rapides chargés d’ambiancer les latéraux adverses en veillant à bien leur casser les reins (Nous n’avons toujours pas de nouvelles concernant le torticolis d’Anthony Réveillère), Taddei / Mancini principalement. Ensuite, le milieu est cadenassé par la paire De Rossi / Pizarro formant un pivot ultra-complémentaire, l’un positionné en « chien de garde » ratissant autant qu’il ne dératise, l’autre dictant le tempo de l’équipe et orientant le jeu. Enfin, la ligne défensive est classique, deux latéraux-pistons, Tonetto / Cassetti ou Panucci, combinant avec les ailiers et deux défenseurs axiaux aussi durs sur l’homme que propres à la relance, Mexes / Chivu en général ». (passage rédigé par Er Franzoso, membre de la communauté CSR)

Pour le match de coupe d’Italie, Luciano Spalletti aligne dans les cages le brésilien Doni, aussi fragile que miraculeux, mais très utile pour le jeu romain. La défense est composée de Panucci-Mexès-Ferrarri-Chivu. Les deux milieux défensifs sont De Rossi et Pizarro, la ligne de 3 affiche Mancini-Perrotta-Taddei, et en pointe l’inévitable Totti. De son côté, Roberto Mancini présente une équipe solide ;: Toldo, Maicon, Cordoba, Materazzi, Maxwell , Stankovic, Dacourt, Zanetti, Figo , Adriano, Crespo.

Le match est véritablement à sens unique, me permettant de me lever et de fêter allègrement chaque but avec toute la famille du restaurant, terminant le match avec un plat froid réchauffé par l’ambiance. Sur un centre en retrait venu de la droit, Il Capitano ouvre le score par une frappe placée du pied droit. De Rossi double la mise en déviant une reprise de Mexès sur corner. Simone Perrotta creuse l’écart à la suite d’une passe en profondeur. Après une réduction de l’écart du score par Crespo, c’est Mancini qui enfonce l’Inter en signant le 4e but romain après une balle repoussée par Francesco Toldo. Puis Cristian Panucci, l’expérimenté latéral, cristallise l’humiliation infligée aux lombards grâce à un doublé, malgré un second but inscrit par Crespo.

La Roma s’impose 6-2, remportant la coupe d’Italie quelques jours plus tard malgré une défaite au match retour. Finalement, outre le score, ce match est la victoire d’un système offensif, basé sur le mouvement de toute l’équipe, impliquant tous les membres dans l’animation offensive et entraîné par un Totti en grande forme.

Quelques semaines avant, j’étais dans le même restaurant, avec les mêmes personnes, pour un autre match symbole mais symbolisant plutôt les limites de ce système. C’était le quart de finale retour de la ligue des champions face à Manchester United, l’ambiance n’était pas la même, mais çà, c’est une autre histoire….