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La 1ère à l’Olimpico d’un tifoso francophone

Voyage à Rome et Roma-Napoli : Beaucoup de tifosi vont sûrement se reconnaitre dans cet article. A savoir les émotions que peuvent produire un premier voyage à Rome, mais surtout une grande première au Stadio Olimpico. Thomas (allias « tom bzh ») nous permet de découvrir cette grande première qu’il a vécu la semaine dernière, lors de la demi-finale aller de Coupe d’Italie face à Naples.

Samedi 1er Janvier : Le voyage tant attendu depuis des semaines, démarre. Direction, la ville éternelle : son colisée, sa fontaine de Trevi, sa piazza di Spagna, et surtout SON équipe de football, la Roma !!

Nos avons réussi à trouver des billets pas cher (80 euros), au départ de Beauvais et à destination de l’ Aéroport Roma Ciampino, via Ryanair.
Accompagné d’un pote, nous rejoignons des amis polonais, rencontré lors d’un précédent voyage.

C’est parti pour une semaine intense puisque nous décidons tout d’abord de consacrer 2 jours à la visite de Naples, à seulement 2 heures de train, ceci avant de passer 5 jours dans le Latium.
Un bon moment passé dans une ville à l’atmosphère unique, que l’on adore ou que l’on déteste. Le Maté, partagé avec un Argentin, rencontré à l’Auberge de Jeunesse, sur les hauteurs de la ville, restera gravé longtemps… Je profite d’un moment calme dans le train du retour vers Rome, pour motiver mes amis à assister au match Roma-Napoli, qui à lieu le lendemain. La moitié d’entre eux sont enchantés par l’idée, d’autant qu’il s’agit des équipes qui représentent les 2 villes qui nous auront visité.
Première journée romaine, nous décidons de nous balader vers la Villa Borghese et ses magnifiques jardins, ce qui nous permettra de nous mettre au vert, avant le match. A 16H, il est temps d’aller acheter les billets. Direction le Centre de Rome, et tout particulièrement le Roma Store de la Piazza Colonna.
Nous galérons à trouver la place. Nous demandons notre chemin à un Carabinieri, qui avait l’air de s’ennuyer ferme… Derrière lui, un papi l’écoute nous donner la direction, et ne semble pas d’accord avec le policier. S’en suit une scène surréaliste, où les 2 s’engueulent presque pendant 5 minutes, pour savoir lequel connait mieux la ville.
Nous suivons finalement le conseil du vieil homme, qui nous paraissait être le plus convainquant des deux… On a bien fait.. 2 minutes plus tard, nous entrons dans le Store, où j’achète une écharpe. A ma grande surprise, mon pote s’offre une veste de la Roma.
Je demande au guichetier, 3 places en Distinti Sud, pour être au plus près de la Curva. Nous obtenons les précieux sésames, pour 28 euros, et 15 pour la copine polonaise. Elle nous chambre…
Ne sachant pas comment aller au stade, nous décidons de rentrer à l’auberge, située tout près de la station de train Termini. Nous arrivons à l’endroit où sont stationnés les Bus, et tentons de trouver lequel des 25 engins pourra nous déposer près du stade. Après avoir demandé à plusieurs reprises à des gens peu concernés par notre requête, nous trouvons une dame très agréable qui nous indique le bon Bus, ce sera le 910 !!
Nous nous dirigeons donc vers le stade, l’excitation grimpant… Je vois un paquet d’asiatiques dans le bus, habillés en vrais Romanisti. J’ai envie de savoir qui ils sont. J’engage la conversation, en anglais. Ces derniers me disent qu’ils sont indonésiens, supporters de la Roma, surtout depuis qu’un certain Nainggolan est devenu Giallorosso… tiens tiens….

Après 40 minutes, nous descendons du Bus. Nous y sommes, putain…. Mon pote avait pris son numérique, notre inquiétude était de ne pas pouvoir rentrer dans le stade avec. Finalement absolument aucun problème… nickel, on va immortaliser l’événement comme il se doit…
L’ambiance semble déjà chaude, notre copine manque de chuter dans les marches, en entendant un pétard claquer. Avec quasi une heure d’avance, nous nous installons en Distinti. Le stade est presque vide, mais les ¾ de la Curva sont déjà remplis, et ca chante déjà pas mal.
On patiente tranquillement, on siffle méchamment les Napolitains qui arrivent pour s’échauffer, en prend des photos. Les pronostics vont bon train. On parie tous une victoire de la Roma. Que dieu nous écoute.

Des milliers d’écharpes tendues pour l’entrée des joueurs me donnent des frissons incroyables. Le match débute. On n’est franchement pas rassuré par les premières minutes. Le Napoli domine et Insigne, très vif, profite des largesses de la défense, pas encore rentrée dans le match, pour mettre le feu. A l’arrivée sans trop d’inquiétudes.
Et c’est finalement le Capitano qui fait la première différence, en adressant une passe en profondeur sublime pour Gervinho. L’action se passant côté Nord, on pense d’abord que Reina lui prend le ballon dans les pieds, mais le doute ne dure qu’1 seconde, le stade explose, La Roma al vantaggio, Endiamoooo !!
Le match se poursuit, et les 2 équipes attaquent, c’est franchement agréable. Inler côté Napoli et Strootman côté Roma, sont partouts, recupèrent, relancent…
Après ½ heure de jeu, alors qu’il y a un léger temps mort, arrive le bijou. Robocop Strootman allume son pied gauche et envoie un missile dans la lucarne. 2-0, réalisme incroyable. A ce moment du match, l’ambiance est fabuleuse. Je me surprend à regarder la Curva pendant 2 ou 3 minutes, et à ne plus être concentré par le match. Je loupe donc l’action de Maicon, qui aurait pu faire un 3-0 parfait, à la mi-temps.
Bière à la main, c’est l’heure du bilan. Nous sommes tous les 3 enchantés du spectacle. La Roma est un cran au dessus, mais le score est certainement un peu sevère pour les « Jaunes » d’un soir. Tant mieux.

Le temps de remonter dans les tribunes, et c’est immédiatement la douche froide (pour les joueurs qui jouent maintenant sous une pluie battante). On ne comprend pas ce qui se passe. But d’Higuain sur un ballon anodin. De Sanctis ne semble pas très clair, sur le coup… effectivement, on apprendra par la suite, qu’il se met tout seul le ballon dans les buts…
Ce but secoue néanmoins les joueurs Romains, qui dominent pendant un bon ¼ d’heure très nettement. De Rossi monte d’un cran, Ljajic, jusque là invisible se montre et manque de peu le 3-1. Gervinho, est lui fabuleux, en défense et en attaque où chacune de ses accélérations donne un frisson aux supporters.
Finalement c’est Naples qui égalise, sur un contre malheureux, où Benatia n’arrive pas à dégager. Mertens fixe Castan, le mange avec un coup de rein, et ajuste De Sanctis. 2-2.
Pendant un instant, tout le monde est abattu, tellement le score est injuste. De manière surprenante, c’est presque le plus beau moment du match, car les chants redoublent, les mecs sautent comme des fous. 2 rangs devant nous, un gars se viande lamentablement, sous les moqueries gentilles de ses voisins.
Mon pote, lui, se prend la tête à deux mains, à chaque passe ratée. A se demander même s’il n’est pas plus dedans que moi…
A 5 minutes de la fin, je cause avec mon voisin de droite, qui me dit que c’est mort, et que si le score en reste là, l’élimination est assurée.
Sur le terrain, pas de temps mort, ca va d’un côté comme de l’autre. Les entrées conjuguées de Pjanic, Destro et Florenzi ne semblent pas porter leur fruit. Mais qui sait ?

Jusqu’à la 87ème minute, moment ou je me dis que n’aurais pas l’occasion d’entendre le « Grazie Roma », De Rossi récupère le ballon, jeu en une touche de balle entre Florenzi et Destro. Le premier remet pour Gervinho qui ajuste le gardien adverse.
Et là, célébration dantesque. Je sors de ma bouche un hurlement furieux (que je ne m’imaginai pas être capable de faire), les gens se jettent les uns sur les autres, et le plus drôle de tout, 2 rangs devant moi, un des mecs qui se foutaient de la chute de son pote 15 minutes plus tôt, finit à son tour sur les fesses !!!
Le speaker est fou. Ha Segnato il numero 27, Kouassi GER-VI-GNO, Kouassi – et là je regarde mon pote et ma copine, index levés, brailler à leur tour GER-VI-GNO, trois fois de suite. Moment inoubliable, d’autant plus que j’attendais de voir un joueur célébrer un but sous la Curva… Que c’est bon, nom de dieu !!
Le match se terminera donc sur le score de 3-2 pour notre rosa. Belle victoire, mais qui n’offre absolument aucune garantie pour le match retour une semaine après. Ca risque d’être chaud à San Paolo. Mais sur le moment, tout le monde se satisfait de la victoire et chante le « Grazie Roma » avec cœur.

La dernière scène marquante de la soirée, à lieu à la sortie du stade, ou chacun fonce tête baissée vers les Parkings, bravant des conditions climatiques exécrables. Les conducteurs ayant eu la mauvaise idée de passer à côté du stade à ce moment précis, voient débouler des milliers de supporters qui slaloment entre les voitures, pour certains qui sautent même par-dessus les pare-chocs, lorsque la place pour passer n’est pas assez large… Un conducteur enervé sort de sa voiture pour gueuler, mais après s’être pris 3, ou 4 coups d’épaule, revient presto dans sa voiture. Une scène assez incroyable…
Le reste du voyage se passe magnifiquement bien – visite du Vatican – forum et Colisée – les soirées dans le Trastevere (dont un restaurant fabuleux où j’ai mangé ma meilleure pizza – Le nom : Dar Poeta) – sans oublier de jeter une petite piécette dans la fontaine de Trevi, pour souhaiter la meilleure fin de saison possible à notre équipe.
Tout le quartier du Palatino est à faire également. De préférence, lorsque que la nuit tombe. Les couleurs y sont magnifiques.
Quand à mon pote, il n’a plus laché sa veste de la Roma de tout le sejour, récoltant au passage des poignées de main de 2 supporters Gialorossi avec qui on a du coup, partagé un bière. Il a également subi les chambres d’un restaurateur Laziale, qui ne l’a pas loupé pendant tout le repas. Il était néanmoins sympa, le type…

Globalement les romains ont été assez accueillants. Dans certains endroits très touristiques, c’est limite, mais c’est un peu partout pareil.
Soyons clairs, Rome est pour moi une ville, où je pourrai me projeter de vivre, si je connaissais mieux la langue.
Dimanche 8, c’est déjà le retour. Très heureux de mon séjour, et tellement content que la Roma ait trouvé la bonne idée de sortir la Juve en ¼ de finale, pour que je puisse enfin assiter à un match de l’équipe que je supporte depuis plus de 10 ans….
Je reviendrai, sans aucun doute.

Thomas (Tom bzh)