Jeremy MENEZ

Jeremy Menez, à la Roma pour sa troisième saison, a accepté de répondre à nos questions. Pour ce premier épisode, Jeremy nous parle de sa jeunesse en région parisienne, ainsi que ses débuts dans le monde professionnel avec le FC Sochaux. De la part de tout le site Cesololaroma.com nous remercions Jeremy pour sa disponibilité et sa gentillesse.

 

La formation et le FC Sochaux

Tu es né à Longjumeau, près de Vitry sur Seine, là où tu as fais tes premiers pas avec le ballon rond. Qui était Jeremy ?
Un garçon timide, je jouais avec les copains du quartier, c’était de la rigolade.

Vers les 10 ans tu rejoins le centre de formation Football-Paris, avant d’aller jouer une année à Brétigny sur Orge (ex-club de Patrice Evra). Que t’ont apporté ces deux clubs pré-formateurs ?
Déjà ce sont deux clubs de très haut niveau pour cet age là, donc déjà de l’exigence.

Tu rejoins le centre de formation de Sochaux à 13 ans. As-tu eu d’autres propositions ? Cela n’a pas été trop dur de quitter le cocon familial si jeune ?
Lens, Auxerre, Sochaux, Rennes et Le Havre. Mais j’ai opté pour Sochaux car j’ai eu une proposition immédiate, et que le cadre de vie m’a plu avec son beau château et sa réputation de très grand club formateur. Au départ ce fut très difficile mais c’est devenu très vite une seconde famille pour moi là-bas, et Mme Veron qui était directrice du centre à cette époque m’a beaucoup aidé.

Tu connais une progression extrêmement rapide, puisqu’à 15 ans tu intègre déjà la CFA, chose très rare. Et tu signes ton premier contrat pro à 16 ans.
Ce fut un grand moment pour moi car tout jeune je rêvais d’être professionnel.

Le 7 août 2004, un certain Guy Lacombe te lance parmi l’élite a à peine 17 ans. Tu restes toujours le plus jeune joueur de Ligue 1 à être entré en jeu. Que te souviens-tu de cette date ?
Vraiment très heureux et impressionné, mais mes coéquipiers et le coach m’ont vite intégré au groupe. Lacombe, c’est le coach qui m’a lancé donc il est très important à mes yeux.

Quelques mois plutôt, en mai 2004. Un carré magique remporte l’euro Under 17 : Menez, Nasri, Benzema, Ben Arfa.
A l’époque, toute l’équipe était très bonne et on parlait un peu plus de nous quatre. Aujourd’hui nous sommes devenus de vrais amis. Notre réussite actuelle est le fruit de beaucoup de travail.

Tu finis ta première saison avec 24 matchs au compteur et 4 buts, dont un fameux triplé marqué en 7 minutes face à Bordeaux, qui fait de toi le plus jeune joueur auteur d’un triplé.
C’était le Bordeaux de Ramé, qui à l’époque était international. C’était 7 minutes de folie incroyable. Dans ces moments là, nous ne maîtrisons plus rien. Mes amis étaient dans les tribunes, un moment inoubliable.

Ta seconde saison est à peu près dans la même lignée avec 33 matchs joués et 3 buts marqués. Qu’as-tu pensé de cette saison ?
La seconde année est toujours la plus difficile car il faut confirmer, par rapport à la première.

Pagis, Pedretti, Meriem, Matthieu, Santos, Frau, Erding … De grands joueurs sont passés dans ce club pour différentes réussites.
De nombreux joueurs comme Pedretti et Meriem ont été internationaux, et la plus part ont joué dans de grands clubs. Une belle réussite pour le FC Sochaux.

Si tu pouvais tirer un bilan de ce chapitre de ta vie ?
Les plus belles années sont celles de la formation, où ensuite nous apprenons le début de la médiatisation qui n’est pas chose facile, c’est le début de la carrière professionnel.

 

L’AS Monaco

Jeremy Menez, à la Roma pour sa troisième saison, a accepté de répondre à nos questions. Pour ce second épisode, Jeremy revient sur son passage à Monaco.

Lors de l’été 2006 donc tu es transféré à Monaco pour 3.5 millions d’euro. C’est en même temps peu mais aussi élevé pour un joueur d’à peine 19 ans. Comment as-tu vécu cela ?
Le premier transfert est toujours délicat mais je me suis très vite adapté dans ce grand club, et le montant du transfert ne m’a pas perturbé.

Qu’es ce qui ta changé concrètement entre Sochaux et Monaco ? (infrastructures, entraînements, pression, …)
La médiatisation des 2 clubs n’est pas la même, ni le cadre de vie ^^. On ressent un peu plus de pression.

Que représente pour toi l’AS Monaco, et quel contact avais-tu avec Lazlo Boloni ?
Un bon tremplin pour moi avec un super groupe. Malheureusement Boloni qui m’avait recruté est parti trop vite.

Tu intègres cette année là l’équipe de France espoir.
Après les sélections de jeunes, être en espoir était une suite logique.

En cours de saison Boloni laisse sa place à Laurent Banide sur le banc. Cela a-t-il changé quelque chose pour le groupe ? Quel était ta relation avec lui ?
Laurent Banide a su mettre une superbe ambiance. On a réssuti à finir l’année en boulet de canon.

Pour ta première saison monégasque tu joues 29 matchs et marques 7 buts. Peut-on dire que cette saison t’a vraiment donné une nouvelle dimension ?
J’étais en confiance, j’ai joué tous les matchs et donc forcément avec de meilleures performances.

Lors de l’inter-saison, Banide qui avait assuré l’intérim est remplacé par Ricardo qui arrive de Bordeaux. Un entraîneur de grande renommé. Qu’es-ce que le coach brésilien t’a apporté dans ta progression ?
C’était un coach avec une grande rigueur défensive, et très strict sur le plan tactique.

Tu finis cette deuxième saison avec un bilan aussi bon que la première puisque tu joues moins (25 matchs) et marque une nouvelle fois 7 buts, avec en prime 2 sélections en équipe de France A’. Que retires-tu de cette saison ?
De la régularité qui m’a permis d’être appelé en A’. Donc une grande saison.

Il se dit que lors de cette saison, sans une blessure qui t’a éloigné des terrains tu aurais pu signer à l’Inter.
Il n’y a pas eu d’offres concrètes.

Si tu pouvais nous faire un bilan de ces deux années monégasques ?
Elles m’ont permis d’avoir confiance en mes capacités à jouer au haut niveau. J’ai beaucoup joué et marqué, et cela m’a permis d’être appelé en A’ donc merci Monaco.

 

Les deux premières saisons à l’AS Roma

 

Jeremy Menez, à la Roma pour sa troisième saison, a accepté de répondre à nos questions. Pour ce troisième épisode, Jeremy nous parle de ses deux premières saisons passées sous le maillot de la louve. De la part de tout le site Cesololaroma.com nous remercions Jeremy pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Tu signes lors de l’été 2008 à la Roma pour 10 millions d’euro. Comment se sont passés les négociations ? Pourquoi avoir rejoint la louve ?
A Rome les dirigeants me voulaient et j’ai signé le dernier jour du mercato. Mes motivations ont été que la Roma est un grand d’Europe, mais aussi de jouer la Champions League.

Quelles ont été tes premières impressions en arrivant ici ? Qu’es-ce qui ta le plus frappé à ton arrivée et les joueurs qui t’ont le plus impressionné ? (infrastructures, joueurs).
La pression, l’ambiance des Tifosi, l’effectif énorme et les joueurs les plus impressionnants à mes yeux qui sont Totti, Mexes et De Rossi : des joueurs énormes.

Tu as joué ton premier match officiel lors de la 1ère journée face au Napoli à l’Olimpico. Qu’as-tu ressenti en entrant sur le terrain ?
Une énorme émotion d’autant plus que mon frère était dans les tribunes. Je suis vite rentré dans le match et puis nous avons fini sur un score de 1-1, malgré une grosse occasion de ma part.

Peux-tu revenir sur deux moments importants de la saison 2008/2009. Ton premier but face au Chievo (qui offre la victoire à la Roma) et sur la double confrontation face à Bordeaux où tu as été très bon (où tu es passeur décisif).
Le premier but est toujours spécial, d’autant plus qu’on était dans une situation délicate. Contre Bordeaux j’avais à coeur de me montrer car c’est toujours spécial de rencontrer un club français.

Tu finis finalement ta première saison avec 29 matchs et 4 buts, plus 3 matchs de Champions League. Cela a été une année enrichissante pour toi ?
La ligue des champions, où le niveau est hors norme, et découvrir une autre culture sont forcément très enrichissantes.

Tu entames donc ta seconde saison giallorossa. Et au bout de deux matchs, Spalletti jette l’éponge et est remplacé par Ranieri. Comment s’est passé cette transition ?
Je n’ai pas trop bien vécu le départ de Spalletti, car c’est le coach qui m’a fait venir à Rome. La relation avec Ranieri était difficile au départ car je ne jouais pas.

Deux matchs de ce début de saison nous restent en mémoire. Les deux fois à San Siro, et notamment face au Milan où tu es buteur, alors que Ranieri ne t’avais pas fait jouer lors des 5 premiers matchs.
Je me devais de faire un gros match face au Milan pour montrer à Ranieri ce que je valais, et j’ai eu la réussite de marquer un but.

Un autre match maintenant moins glorieux est celui de Cagliari, où tu as été accusé directement d’être responsable du retour des sardes après ton entrée. Comment as-tu vécu cela ?
Je n’ai pas eu le comportement adéquat, et j’ai vraiment mal vécu cette période.

Tu fais finalement une fin de saison en boulet de canon, avec comme match d’apogée celui face à l’Udinese où tu réalises une énorme performance avec trois passes décisives. Quel a été l’électrochoc ?
La discussion du mois de décembre avec le coach a été très importante. On a remis les choses à plat. Après, l’équipe évoluait à un tel niveau qu’il était plus facile d’être performant.

Deux finales en quelques sortes perdus : La coupe d’Italie et le scudetto. Comment as-tu vécu cet échec de n’avoir rien gagné malgré cette fabuleuse saison ?
Je n’ai pas perçu cela comme un échec. Car cela m’a appris de connaître ce qu’était le top niveau, dans le championnat le plus dur au monde.


La saison actuelle giallorossa

Jeremy Menez, à la Roma pour sa troisième saison, a accepté de répondre à nos questions. Pour ce quatrième épisode, Jeremy revient sur la saison en cours, et sur ses attentes à l’avenir. De la part de tout le site Cesololaroma.com nous remercions Jeremy pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Une première question un peu plus personnelle. Où as-tu passé tes vacances ? Et pourquoi ce numéro 94 ?
Je l’es ai passé au Bahamas en famille. Le numéro 94 fait référence à mon département de jeunesse.

As-tu senti lors de ton retour à Trigoria que le regard de Ranieri, des tifosi, et de la presse avait changé depuis la saison passée, et que tu es vraiment attendu au tournant ?
Bien sûr. J’attendais avec impatience de reprendre car tout le monde a confiance en moi.

Que penses-tu des nouvelles recrues giallorossi : Adriano, Simplicio, Rosi et Borriello ?
Ce sont de très grands joueurs avec des parcours différents. Un plus pour la Roma.

Une question que nous n’avons pas encore abordée est les tifosi. L’an passé ils étaient 20 000 à Vérone (pour ne citer que cela). Que penses-tu de la Curva Sud et de ses tifosi ?
C’est la première fois que je vois ça. Ils sont incroyables. C’est notre 12ème homme.

Dès le premier match amical, Ranieri décide d’aligner un autre carré magique : Adriano-Totti-Vucinic-Menez. Cependant tu as joué presque milieu relayeur à la place de Pizarro. Ce poste reculé te plait-il ?
J’aime jouer partout, mais je préfère être plus offensif car mon jeu repose essentiellement dans la percussion offensive.

As-tu des ambitions personnelles concernant cette saison ? (AS Roma et équipe de France).
J’aimerais remporter le scudetto, et également m’installer en équipe de France.

Quelques jeunes pouces vous ont rejoint comme Pena, Pigliacelli ou encore Scardina. Vas-tu voir de temps à autres les matchs Primavera ?
Franchement, pas trop car on joue tous les 3 jours, c’est difficile d’aller voir jouer la Primavera.

Vous allez retrouver la Champions League. Une occasion pour le club mais aussi pour toi de prouver tout ton talent aux yeux européens. Qu’attends-tu de cette compétition ?
D’aller le plus loin possible en Champions League, car c’est la plus grande compétition après le mondial.

Sens-tu que vous avez comblé un peu l’écart avec l’Inter depuis la saison passée, et qui pour toi pourrait venir se mêler à la lutte ?
En Italie, il y a toujours les 4 gros devant et peu de surprise. Pas comme en France.

Une dernière question un peu plus large. Où te vois-tu dans quelques années ? Aimerais-tu devenir la 3ème bandiera française après Candela et Mexes à la Roma ?
L’avenir nous le dira car la carrière d’un footballeur est pleine d’imprévus, mais un club comme la Roma te marque à vie.

 

En dehors du terrain

Jeremy Menez, à la Roma pour sa troisième saison, a accepté de répondre à nos questions. Pour ce dernier épisode, Jeremy nous parle de tout ce qui le touche personnellement, en dehors du terrain. De la part de tout le site Cesololaroma.com nous remercions Jeremy pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Qui est Jérémy en dehors du terrain ? Peux-tu nous parler un peu de toi ?
Un garçon tranquille et réservé, sauf entre amis où la rigolade prime.

Les études comment ça se passait ? Sans le foot qu’aurais tu aimer faire ?
Les études ce n’était pas le top. Mais sinon j’aurai fait pasteur ^^.

Pour continuer. A quel joueur de la Roma est associé ce comportement.
Bogoss : Mexes
Grande gueule
: De Rossi
Chambreur
: Cassetti
Introverti
: Brighi
Guerrier
: Perrotta
Fêtard
: De Rossi
Travailleur
: Riise
Tête en l’air
: Moi ^^

Qui sont les joueurs avec qui tu t’entends le mieux en dehors du terrain ?
Rosi, Okaka, Totti, Mexes, De Rossi. Nous sommes souvent ensemble, des garçons tranquilles et intelligents. Nous sommes fiers de jouer pour la louve.

As-tu gardé des contacts avec des anciens joueurs du championnat de France ? Et aujourd’hui quels joueurs conseillerai-tu à Pradè dans le championnat de France ?
J’ai gardé contact avec Ben Arfa, Benzema, Diawara et Nasri. Je lui conseillerai de prendre Hazard de Lille.

« Menez », Tu es d’origine bretonne, de Brest. T’intéresses-tu un peu à tes « racines » ? Peux-tu me parler un peu du football breton très représenté dans le milieu professionnel.
La Bretagne est une terre de foot et cela se voit en ligue 1, où Brest et Rennes sont aux deux premières places, je suis donc fier de mes racines. Une grande partie de ma famille y habite.

Quelles sont tes passions dans la vie de tous les jours ?
Je suis quelqu’un de casanier qui aime rester chez soi. J’aime le Rap et la Playstation. A Rome personne n’est à mon niveau à PES ^^. Mon autre passion la sieste.

As-tu le temps de visiter un peu la ville ? Rome c’est la ville rêvé ?
Oui c’est la ville rêvée mais avec des matchs tous les trois jours il est difficile de visiter. Ma famille en profite davantage.

Quels sont les grosses différences entre la France et l’Italie dans le style de vie ?
Ce sont deux cultures différentes dans la mode, la nourriture, et le football qui est une religion.

Un mot pour les lecteurs du site Cesololaroma.com ?
Merci du soutien que vous nous portez, nous donnons le maximum à chaque match pour reconquérir le scudetto. Longue vie au site Cesololaroma. Grazie mille et Forza Roma.