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Giorgio Rossi: « Je laisse ma place à la jeunesse »

1958-2012. Cela fait 54 ans que Giorgio Rossi joue le rôle de kiné-masseur dans le club de l’AS Roma. Une éternité quand on sait que le club de la Louve a été créé il y a 85 ans. 3 ans avant que Giorgio voit le jour. Cet homme mythique s’est livré aux médias, quelques heures avant de prendre définitivement sa retraite.

Comment es-tu ?
« Cette célébration face à Catane m’a beaucoup ému. Cela a été une fête merveilleuse ».

Dans toutes ces années, que retiens-tu ?
« De grandes choses, en particulier l’amitié et l’affection de tous les joueurs que j’ai connu. Surtout Aldair,Totti et De Rossi. Ensuite comme dirigeant Tempestilli, Bruno Conti et Giannini ».

Quel a été l’instant le plus beau et le plus difficile ?
« Les deux Scudetti bien sur, surtout le premier après 40 ans. J’ai deux épines dans le coeur : Roma-Liverpool et Roma-Lecce. Deux préoccupations incroyables ».

Au niveau professionnel quel a été le pari gagné ?
« En particulier je dirais Aldair. Je l’ai toujours suivi et aidé. Un autre qui a eu tant de problèmes, même extra-sportif a été Tonino Alicicco ».

Penses-tu que les joueurs défendent Luis Enrique par intérêt ?
« Non, je l’exclus. J’ai connu tant d’entraîneurs et avec tous j’ai eu de bons rapports. D’affection et d’amitié ».

Avec la Roma tu as beaucoup gagné, peut-être qu’il te manque seulement la première Coupe d’Italie.
« En 1964 j’étais avec la Primavera, qui à cette époque s’entraînait sur le terrain Trois Fontaines, cependant je l’ai effleuré la Coupe d’Italie, parce que nous nous entraînions presque en cohabitation avec la première équipe ».

As-tu déjà vécu un cas similaire à l’affaire Ljajic-Delio Rossi ?
« Pas de ce genre non, mais il y a eu quelques embardés entre entraineur et joueur, mais toujours à huis-clos. En ne connaissant pas Delio Rossi, à Rome il se dit qu’il a « pété un câble ».

Après le cas Osvaldo-Lamela, maintenant comme est la situation dans le vestiaire ?
« Dans le vestiaire maintenant règne une tranquillité exceptionnelle, notamment grâce à Totti qui est le leader naturel dans l’équipe et dans le vestiaire ».

Un jugement sur Totti.
« Je le connais depuis qu’il a commencé à jouer au football. Depuis tout petit, jusqu’à ses plus grands titres, en passant par ses premiers pas en Série A. Je l’ai vu croître en tant que footballeur et homme. C’est une personne exceptionnelle ».

Le meilleur Totti ?
« Celui de Zeman. Certes ensuite les équipes de Zeman avaient une période de baisse, mais il avait un exceptionnel jeu qui voulait toujours un but de plus que l’adversaire ».

L’instant le plus difficile ?
« La Coupe des champions, Roma-Lecce et Rome-Sampdoria. Nous nous sommes vus ôter sous le nez deux scudetti, mais malgré tout, dans toutes ces anées il y a eu un rapport très beau autant avec les joueurs qu’avec la societa, avec lequel j’ai eu tant de manifestations d’affection ».

Le joueur qui t’a surpris plus que tous ?
« De Rossi, parce qu’en tant qu’homme et footballeur il a énormément progressé ».

Celui qui t’a le plus déçu ?
« Gomez et Servidei. Gomez a fait le touriste à Rome pendant trois ans. Tous les deux on joué leur carrière dans un Derby ».

Le meilleur entraîneur ?
« Le plus grand a été Liedholm : il était exceptionnel comme homme, il se montrait grand dans toute situation et même dans les difficultés. Il était très supersticieux et il faisait toujours partir l’équipe le jeudi. Nous étions influencés par son pouvoir. L’équipe le suivait avec tranquillité ».

Ceux avec la mentalité plus gagnante ?
« Capello, Eriksson et Spalletti. Les autres n’avaient pas de grandes équipes pour faire des grandes choses ».

Quel personnage est Luis Enrique ?
« Aujourd’hui en conférence de presse il a été exceptionnel. Ses compliments m’ont ému, je ne pensais pas l’entendre. Il a montré qu’il avait un grand côté humain, même si quelques fois en ce qui concerne son comportement nous avons eu quelques différents, comme lorsqu’il a laissé De Rossi en tribune à Bergame. Chaque entraîneur a ses idées et agit selon son credo ».

Montella ?
« C’est un grand parce que c’est un homme d’une très grande intelligence. A l’époque de Capello on voyait déjà qu’il était un entraineur presque né ».

Un message aux tifosi ?
« Ils ont été très grands, j’ai toujours reçu de grandes manifestations d’affection. Un soir sorti d’un restaurant, un chauffeur arrêta un autobus au milieu de la rue pour me serrer la main et ce geste m’a ému ».

Allez dit nous la vérité, tu ne pars pas ?
« Mais malheureusement c’est la vérité. Je pars en retraite. C’est mon choix, c’est l’heure de donner la place aux jeunes ».

Coïncidence : tu te retires le jour où Totti rejoint les 500 matchs en Série A.
« Et je les ai tous vu ! Un beau record, non ? Francesco est et restera le plus grand de tous. Un champion qui a conservé l’humilité et la timidité du gamin qu’il était ».

Peux-tu en dire un peu plus sur uis Enrique ?
« Un homme exceptionnel, éduqué, toujours le premier à saluer. Il deviendra un très grand entraîneur, je ne sais pas s’il le réussira avec la Roma, mais je lui souhaite avec tout coeur. Donnons-lui un peu de temps ».