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Garcia, Un projet ancré sur le long terme

Alors que les premières critiques arrivent envers Rudi Garcia, le site Cesololaroma réalise une rétrospective des 20 premiers mois de l’entraîneur français à l’AS Roma. Malgré un début d’année 2015 compliqué en terme de résultats, le président Pallotta a ces dernières heures confirmé qu’il était le patron et que son coach sera toujours sur le banc giallorosso la saison prochaine.

Une arrivée dans la tourmente et un projet à construire

Rudi Garcia arrive à l’AS Roma après le tsunami qu’a provoqué la défaite en finale de Coupe d’Italie face à la Lazio. A partir de ce moment-là, le mister français tout ce qui lui reste à accomplir pour relever la Louve et lui faire retrouver ses lettres de noblesse. Pour cela, les axes de travail sont multiples : Avant tout remettre à flot son effectif d’un point de vue psychologique, et renforcer son groupe en conséquence pour cette nouvelle saison. Il devra également essuyer les grondements respectifs des tifosi, qui ne pardonnent toujours pas le sacrilège d’avoir perdu ce derby historique. Sur le mercato, le coach d’origine espagnole doit déjà faire avec une contrainte. En effet, son président lui signifie qu’il faudra vendre pour recruter, étant donné les deux saisons précédentes où beaucoup d’argent a été mis, sans avoir de retour sur investissement. Le premier sacrifice sera le tout jeune Marcos, qui sera cependant déjà remplacé par l’arrivée de Benatia. Garcia devra ensuite choisir qui sacrifier entre Pjanic et Lamela. Mettant en avant que sa philosophie de jeu repose avant tout sur son milieu de terrain, le choix se pointe alors sur le jeune argentin. Avec ces deux ventes, 60 millions rentrent alors dans les caisses, dont s’additionneront les 15 millions d’euros suite au départ d’Osvaldo. Evidemment, l’objectif n’est pas de dépenser les 75 millions récoltés, mais de faire un recrutement de manière intelligente. Si Sabatini a ses idées en tête, toute arrivée devra obtenir l’accord de son mister. Défensivement, le choix va vers des joueurs d’expérience. Si le directeur sportif lui propose des profils jeunes, Rudi donne lui son aval pour De Sanctis, avec qui il possède un ami en commun (tenant une pizzeria à Lille), et Maicon qui arrive pour se relancer après l’échec de Manchester City. Auquel s’ajoute les deux jeunes Jedvaj et Skoruspki. Au milieu, Garcia appelle personnellement Strootman, dont ce dernier le questionne longuement sur sa philosophie de jeu et avouera avoir été convaincu par le mister français. Enfin devant, Ljajic et Gervinho arrivent tous les deux pour environ 10 millions d’euros chacun, amenant des flèches différentes à l’arc offensif giallorosso. Mais Garcia ne s’arrête pas à l’aspect sportif, en effet il reprend en main le centre de Trigoria et décide de nombreuses choses au niveau des infrastructures.

Une première saison de tous les records

Cela permet à Garcia de mettre en place son 4-3-3, avec deux défenseurs centraux fort sur l’homme dans les duels mais capables d’être à la première relance, deux latéraux actifs dans leur couloir et capable d’amener le soutien offensif, une sentinelle devant la défense qui joue le rôle de courroie de distribution entre la défense et le reste de l’équipe, deux milieux relayeurs devant à la fois presser sans le ballon et organiser le jeu offensif, et enfin trois joueurs devant chargés de prendre les espaces et de conclure. Malgré les doutes en début de saison, Garcia s’impose très vite comme le capitaine du bateau, n’hésitant notamment pas à aller au charbon face à ses propres tifosi mécontent durant l’été. Il se fera également remarquer avec quelques phrases chocs en conférence de presse, tel que le fameux « ceux qui critiquent sont au pire des tifosi de la Lazio » ou encore le « on a remis l’église au milieu du village », lors du succès dans le derby. Un match qu’il attendait de bon pied, pour mettre au placard les vieux fantômes. L’excellent début de saison permettra d’effacer les doutes dans la tête des joueurs très rapidement. A commencer par un De Rossi sur le départ après une saison catastrophique avec Zeman, qui renaît totalement. La Roma de Garcia marque déjà son territoire, mais surtout les esprits, en démarrant avec une série de 10 victoires consécutives (22 buts marqués, et 1 seul encaissé). S’en suivra une série difficile (amorcée par les deux dernières victoires sur un petit score de 1-0) avec 4 matchs nuls consécutifs (et plus globalement 2 victoires, 5 nuls et 1 défaites en 8 matchs). Cela aura malheureusement eu comme conséquence de voir la Juventus faire fondre l’avance accumulée. Si cela ne suffira pas pour le Scudetto (avec une Juve qui dépassera les 100 points), Garcia battra un tas de records de l’histoire du club : record de points (85 points), record de victoires (26), record de buts encaissés (25), record de « clean-sheet » (21) ou encore record de victoire consécutives à l’entame d’une saison (10).

Les premières difficultés et critiques

On dit souvent que la saison de la confirmation est la plus compliquée, et cette phrase va se confirmer. Si l’effectif connait peu de départs, le principal reste Benatia qui avait su devenir le véritable leader défensif la saison précédente. Mais à côté de ça viennent s’ajouter d’autres absences imprévues : Celle de Strootman (qui aura quasiment vécu une saison blanche, malgré quelques bons matchs en janvier), ainsi que Castan (dont le retour est attendu d’ici la fin du mois mars. Trois joueurs plus que primordiaux dans le système du coach français, auxquels on pourrait rajouter la baisse de forme et performance de la part de De Sanctis ou Maicon. Après un bon début de saison, autant en Serie A (7 victoires, 1 nul, 1 défaite) qu’en Champions (1 victoire contre le CSKA et 1 nul à Man City), cela va un peu se gâter ensuite, avec des défaites qui vont faire très mal sur le plan mental, notamment le 7-1 contre le Bayern et la défaite 2-0 à Naples. Les joueurs de Garcia vont devoir également digérer l’élimination en LDC, après une égalisation à la dernière seconde à Moscou et un but venu d’ailleurs de Nasri au dernier match. Depuis cela, si la Roma ne perd quasiment plus, elle garde un mal fou à remporter ses rencontres, et réalise notamment 9 matchs nuls en 13 matchs sur ce début d’année 2015. Cependant, dans la tourmente, le mister français a su trouver les bons mots et garder ses joueurs mobilisés. En effet, après deux nuls face à Parme (0-0) et Verone (1-1) qui ont crée le chaos, ainsi qu’un nul (1-1) à l’aller face à Feyenoord, les deux matchs suivants étaient le véritable tournant de la saison, le véritable tournant de l’aventure giallorossa de Garcia : le retour à Rotterdam et le choc face à la Juventus : Et cela va globalement bien se passer. Les joueurs romanisti montrent une grosse envie et semblent retrouver de l’allant. La qualification pour les 1/8 de finale d’Europa League arrive (malgré une égalisation adverse) et la Roma réussit à arracher l’égalisation en infériorité numérique contre les bianconeri.

Après la pluie, le beau temps ?

Si le scudetto semble maintenant qu’une illusion, les objectifs restent importants : Assurer la seconde place (pour de nouveau jouer la Champions) et aller chercher un premier trophée de l’ère américaine avec l’Europe League. Pour cela, l’entraîneur français va pouvoir récupérer quelques joueurs importants, comme Iturbe, Ibarbo, Doumbia, ou encore Castan d’ici quelques semaines. Alors qu’une partie de la tifoseria (et certains médias) remettent déjà en cause sa présence sur le banc giallorosso, Sabatini et Pallotta n’ont pas hésité à être très ferme ces derniers jours « Garcia sera notre entraîneur la saison prochaine ». Et à première vue, si le mister passe cette année difficile de la confirmation sans encombre, beaucoup d’éléments semblent aller dans le sens que la troisième année du cycle Garcia pourrait être la bonne, avec énormément de voyants au vert. En premier lieu de l’effectif, où les trois premières recrues de la saison prochaine pourraient se nommer Castan, Strootman et Iturbe, dont rien ne leur aura été épargné physiquement cette saison. On pourrait rajouter Ibarbo-Doumbia devant, ou encore le retour de Romagnoli derrière. Enfin, Sabatini pourrait amener quelques retouches importantes à cet effectif : particulièrement un gardien international et un ou deux latéraux capable d’apporter grandement au jeu de Garcia dans les couloirs. Ensuite, la gestion de la préparation physique ne peut que s’améliorer. En effet, cette saison, nombreux joueurs découvraient la Champions League, et de manière générale n’avait que peu l’habitude d’assumer une préparation faite pour jouer tous les trois jours, ce qui pour certains a pu accentuer le risque de blessures (puis le cercle vicieux du manque de turnover l’a agrandi). La saison prochaine, donc, tout l’effectif aura cette expérience en plus. Le préparateur athlétique, arrivé cet été et qui avait déjà travaillé au Mans avec Garcia, aura lui un an de recul et connaîtra mieux le corps de chacun de ses joueurs, permettant d’adapter sa méthode de façon individuelle. On dit souvent que c’est dans la difficulté que l’on en sort plus fort, et ce groupe giallorosso (qui aura un an de plus dans le vivre ensemble) aura su surmonter beaucoup de choses durant cette saison.

Cependant Rudi Garcia devra relever quelques défis clés. A commencer par la priorité d’assurer au plus vite la seconde place. En effet, si le fait de ne pas accrocher la Champions ne remettrait pas forcément en cause son poste, cela remettrait par contre en question les finances de la saison prochaine, et donc indirectement du mercato estivale. Il devra également assurer la transition de certains cadres expérimentés, comme De Sanctis, Maicon, De Rossi, Keita et Totti, à plus ou moins long terme. Lui qui s’est toujours ancré sur la durée, restant notamment 5 ans à Dijon et 5 ans à Lille.

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