Photo tirée du site Aftonbladet.se et Gianlucadimarzio.com

Simone Palermo (30 ans), formé à l’AS Roma (ex-international de l’Italie U15 jusqu’à U19) et ex-joueur du Virtus Entella (76 matchs entre 2015 et 2018) s’est exprimé au sujet du 8ème de finale de Coupe d’Italie dans un interview au site officiel Asroma.com :

« Mon passage au centre de formation de la Roma ? Cela fut un long parcours chez les jeunes, jusqu’à arriver aux portes de l’équipe première, m’entraînant plusieurs fois avec eux et étant convoqués pour aller sur le banc à plusieurs reprises. J’ai même eu l’occasion de débuter, sur demande de Totti, mais ça n’arriva pas. Vraiment ? Oui. Cela s’est déroulé à Gênes en 2006, contre la Sampdoria. Quand Francesco marqua ce but fou d’une reprise du pied gauche en diagonale, où tout le Marassi l’avant applaudi. Il restait quelques minutes à jouer… Panucci sorti, Totti suggéra à Spalletti: « Fais entrer ‘il ragazzino’ (le petit jeune, ndlr »), en parlant de moi, qui avait 18 ans. Mais lui préféra mettre Vucinic. Spalletti était ainsi, il misait peu sur les jeunes. S’il manquait un milieu de terrain, il préférait adapter un joueur de l’équipe pro plutôt que prendre un jeune di viver. Cela m’est arrivé, mais aussi à d’autres jeunes. Ranieri, Montella et Luis Enrique, par contre, prenaient d’autres décisions. Faisant par exemple débuter Florenzi, Viviani, utilisant avec discrète régularité Cerci et Okaka. Mais j’ai joué un match amical avec le numéro 10, au Flaminio en 2006 ? Oui, cette journée fut émouvante, et surtout de la partager avec lui. Nous jouions contre le Cisco Roma, fini sur le score de 2-2, mais le résultat n’était pas important. Je conserve encore une photo, que j’ai partagé sur Instagram. Ce jour-là, Spalletti n’avait pas peur de me mettre sur le terrain… (rire, ndlr).

Je semble avoir de l’amertume envers Spalletti ? Mais non, pas particulièrement. Au final j’ai fais ma carrière, peut-être même mieux que certains qui, par rapport à moi, n’ont jamais joué en Serie A. Je ne me lamente pas, j’ai eu ce que j’ai mérité. Je me suis relevé après une grave blessure au cartilage. J’ai obtenu de nombreuses satisfactions. Si j’en ai contre Spalletti, en réalité cela est pour une autre raison. Laquelle ? De comment il a géré la fin de carrière de Totti. Moi j’ai toujours été totalement du côté de Francesco. Spalletti perdait le contrôle avec les journalistes quand ils lui demandaient du respect envers un joueur qui n’a pas seulement été un joueur, mais une légende. Spalletti reste un excellent entraîneur. Totti est la Roma. « Totti è la Roma » comme l’a écrit la Curva Sud le 28 mai 2017, le jour de l’adieu du Capitano ? C’est la vérité, Totti est la Roma. Depuis que je suis le football, de conséquence la Roma, Totti a toujours été là. Je suis né en 1988, Francesco est le symbole éternel de cette équipe. Notre fierté en Italie et à l’étranger. Où j’étais le jour de ce Roma-Genoa 3-2 ? Chez moi, les yeux humides devant la TV. J’avais une sensation indescriptible que je n’avais jamais ressenti auparavant. Après le match, je suis sorti de chez moi et je percevait en ville un silence surréelle. On comprenant qu’à présent il manquerait quelque chose.

Pourquoi je n’étais pas au stade ? Ça me déplaît, mais je ne mettrais plus les pieds à l’Olimpico. Je ne me sens pas d’y entrer. C’est le lieu où j’ai laissé mes rêves en suspens. Je dis cela, je suis romanista, je l’ai toujours été et je le serais toujours. Evidemment plus d’une personne m’a invité lundi au stade pour voir Roma-Virtus Entella, mais j’ai décliné toutes les propositions. Au Virtus Entella j’ai vécu la plus longue expérience de ma carrière ? Cela a été ma revanche. On ne comprend pas souvent que l’on peut faire le saut de catégorie de la Serie C à la B à 27 ans. Ils m’ont fait confiance, j’arrivais de la Cremonese, j’ai donné le meilleur de moi-même. Et je garde avec moi un extraordinaire rapport avec les tifosi de l’Entella, très passionnés. J’ai joué à cette période avec Zaniolo ? On voyait que Nicolo avait des qualités hors du commun. Je ne suis pas surpris que aujourd’hui il soit déjà un joueur important de la Roma. Cependant, il doit rester tranquille et continuer à travailler avec sérieux, comme il le fait là. Mais il a autour de lui une famille sérieuse, avec un papa qui a été un joueur professionnel. Ils sauront le préserver. Et lui deviendra un joueur encore plus important. La Roma semble être sortie de la crise ? Elle a reprise du moral et obtenu des résultats ces derniers matchs avec l’acclimatation des recrues.

Avec un tel mercato, en devant intégrer des joueurs de talents et absorber la cession de certains leaders du vestiaire, il faut un moment d’adaptation qui est prévisible. Puis, l’environnement n’aide pas toujours dans les moments négatifs. Et ce que je pointe est sous les yeux de tous. A Rome, les 3/4 de la population est romanista. Seulement une petite minorité supporte d’autres équipes. Nous sommes nombreux et de conséquence on parle énormément de la Roma. Il n’existe pas d’autres endroits où il y a 5 ou 6 radios, ou bien de nombreux journaux, qui ne parlent que de la Roma. Chacun se devoir donner son avis, et parfois on le fait de la mauvaise manière. Je n’ai pas une vision de tifoso ‘viecchie maniere’. On devrait surtout penser au bien premier, qui est la Roma. Cela doit venir avant chaque chose et chaque opinion sur un joueur ou un entraîneur. Di Francesco ? Il a su aller outre les difficultés avec courage durant cette saison. La saison passée il a fait un vrai et propre chef-d’oeuvre tactique durant la remontada contre Barcelone. Où ai-je vu ce match ? J’étais chez moi, avec ma famille. Sur le but de Manolas, cela a été une explosion incroyable. A la fin du match, j’ai appelé mon frère et il était en larmes. On se disait: « Je n’y crois pas ». Émotions incroyables ce soir-là à l’Olimpico. Cela aurait été beau d’y être, mais, comme déjà dit, moi dans ce stade je n’irais pas ».