Florenzi, le pur produit romano et romanista

Ce fut un drame pour tous les Romanisti. Il y a trois semaines, alors qu’Alessandro Florenzi se remettait parfaitement, et dans un temps record de sa rupture des ligaments croisés, une soudaine rechute s’est déclarée pendant l’entrainement, sa saison est définitivement terminée. Cela faisait quelques semaines que nous pensions mettre au point une nouvelle chronique mensuelle racontant une personnalité ou un évènement marquant de la Roma. Il semble tout à fait normal de la démarrer avec notre romano et romanista de cœur qui a fêté récemment ses 26 ans.

Un nouveau Romanista

Alessandro Florenzi est un pur produit romain qui est né le 11 mars 1991 à Rome. Tout comme Francesco Totti, il est passé par le club de Lodigliani avant d’être repéré par Bruno Conti qui l’amènera à Trigoria. Cependant, ce n’est pas parce qu’il arrive à Rome que tout est acté. De son arrivée jusqu’aux U17 avec les Allievi Nazionali, Ale doit se contenter de miettes et ne joue que trop peu. A ce moment, personne ne peut imaginer qu’il deviendra un jour titulaire de la Roma, et encore moins un capitaine potentiel. Une rencontre va changer sa vie, celle d’Andrea Stramaccioni, qui va lui laisser sa chance en le lançant titulaire. Le produit romain va monter les échelons dès ce moment, en réalisant trois saisons pleines avec la Primavera (réalisant un superbe duo avec Federico Viviani), en devenant son capitaine, et en remportant le scudetto Primavera. C’est l’apothéose.

Sa monté en puissance est visible mais ça ne semble pas suffisant pour avoir sa chance avec les pros. Et ce, jusqu’au 22 mai 2011 où Vincenzo Montella, alors entraineur par intérim, décide de le faire monter au jeu contre la Sampdoria en remplacement de …. Francesco Totti ! Tout un symbole !

Comme tant d’autres jeunes, il est envoyé en prêt à Crotone. Cette saison lui sera plus que bénéfique : 35 match et surtout 11 buts, tous aussi variés les uns que les autres : retournées acrobatiques, buts de la tête, coup-francs directs ou frappes de loin. Il sera même initié à plusieurs postes (notamment arrière droit). Il recevra même le titre de meilleur jeune de la Série B, mais aussi un billet de retour à la Roma, sous la confiance d’un certain Zdenek Zeman. Florenzi ne quittera plus la Roma et gagnera sa place de titulaire au fil du temps. Mais ça ne sera pas de tout repos car il va être longtemps considéré comme un couteau suisse : soit il ne jouera que 60 minutes par match en moyenne, soit il est le premier remplaçant. Mais, quand on veut on peut et aujourd’hui il est titulaire à la Rome. La ligné des romains continue avec lui !

Un joueur importantissime

Sans conteste, Alessandro Florenzi possède deux qualités qui le rendent quasi indispensable : sa polyvalence exceptionnelle et sa volonté.

En effet, milieu relayeur de formation, Ale est passé par beaucoup de postes : A Crotone il a été initié au poste de latéral droit et au poste de soutient d’attaquant. Sous Rudi Garcia il est reconverti d’abord en ailier droit, où il va se montrer encore une fois à la hauteur et ensuite arrière droit. Nul doute que dans le système de 3-4-1-2 de Luciano Spalletti, Florenzi sera encore une fois dans le couloir Ce qui peut même être encore mieux tant il pourra faire profiter de son apport offensif. Lui-même le dit : « Je peux jouer partout tant que c’est à droite ».

De part justement cette polyvalence, la Roma a besoin de lui car, même s’il ne sera probablement jamais un des plus grands à un poste, Florenzi sera bon partout. Il est rapide, tactiquement très intelligent et très travailleurs. Sa qualité de centre est indéniable et a un très bon touché de balle. D’ailleurs, on pourrait quasiment dire qu’il a « sa zone » sur le terrain. Zone depuis laquelle il est capable de marquer. En tant que latéral, Alessandro est devenu un atout tant il peut apporter offensivement et défensivement.

Sa volonté est une autre de ses qualités, et c’est probablement celle-ci qui l’a amené jusqu’à Rome. En effet, nous avons affaire à un véritable loup qui ne lâche jamais rien. C’est peut-être aussi un défaut, même si avec le temps ça s’est amélioré, Alessandro se ménage difficilement et peut tout donner trop tôt au point d’être cuit à la 60e et de laisser passer l’adversaire.

Une personne en or massif

Le football est devenu un business, c’est indiscutable : certains joueurs choisissent l’argent pour « assurer l’avenir de sa famille », d’autres choisissent à juste titre les trophées. Tous les joueurs se trouvent dans ces catégories… Tous ? Non ! Certains choisissent la passion et l’amour de ses tifosi. Oui bien sûr à Rome nous avons déjà Francesco Totti qui est hors concours, mais Alessandro Florenzi a quelque chose de spécial, quelque chose qui fait qu’on est obligé de l’adorer. Voici quelques anecdotes.

C’est à son retour à Rome que tout a commencé. Lors du match Inter – Roma, remporté 1-3 (où il est buteur), il fait part de sa vision du métier de footballeur en déclarant que « nous sommes payés pour courir, il y a des gens qui font beaucoup plus que nous et qui gagnent moins ». Déclaration qui ne passe évidemment pas inaperçu et encore plus du fait que Florenzi est un des joueurs les « moins bien » payé par rapport à ce qu’il pourrait et dont on entend rarement des problèmes de prolongations. D’ailleurs, on n’entend jamais de problèmes le concernant !

A son arrivée, Rudi Garcia envoie un simple petit sms « de présentation » aux joueurs. Le directeur sportif de l’époque, Walter Sabatini, avait parié que ce serait Florenzi qui répondrait le premier. C’est effectivement Alessandro Florenzi qui souhaite en premier la bienvenue au Mister Français. C’est un bon pote !

Cela continue en septembre 2014. Juste après avoir marqué contre Cagliari, Ale sors du terrain, monte dans les tribunes et cours embrasser sa Nonna (grand-mère en italien, ndlr). Geste plus que touchant qui lui vaudra le surnom de « Cuore di Nonna ».

Même si en cette phase retour la Roma semble avoir acquis une maturité qui manquait (enfin, jusqu’au derby en coupe d’Italie du moins), son absence pèse quand même un minium parce que, même si on ne l’entend pas et qu’il n’en a pas l’air, Alessandro apporte beaucoup à l’équipe mentalement. De plus, Bruno Perès, déjà par le fait qu’il n’apporte pas ce qu’il devrait qualitativement, est la seule option dans le couloir droit… Vite la saison prochaine pour revoir notre numéro 24 et 3e capitaine sur le terrain pour porter la Roma !!!!
DAJE ALE !! TORNA PRESTO !!!!

Antonino