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Florenzi, du scudetto Primavera à l’adulation en Serie A

De la Primavera à l’AS Roma, en passant par Crotone et la sélection d’Italie, Alessandro Florenzi possède un début de carrière atypique, où il a explosé sur le tard. Mais à 24 ans, le polyvalent italien n’a plus de temps à perdre, et voit un avenir radieux s’ouvrir à lui.

A l’AS Roma depuis ses 11 ans

Né à Rome, Alessandro Florenzi à l’âge de 4 ans dans le petit club de l’Atletico Acilia. Il rejoint un peu plus tard, à 9 ans, le célèbre club de Lodigiani (dont Francesco Totti et Luca Toni en sont aussi originaires). C’est donc à l’âge de 11 ans qu’il fût repéré par Bruno Conti, qui l’amena à Trigoria. Mais jusqu’au Allievi Nazionali, en U17, Florenzi n’est pas titulaire et joue pas. Mais l’agent Alessandro Lucci voit son talent, et mise déjà sur lui. C’est alors qu’il va rencontrer le chemin du mister Andrea Stramaccioni. Alors que plus personne ne mise sur lui, ce dernier lui donne une place de titulaire, qu’il ne quittera alors plus. Appartenant à la génération 1991, dont seul Andrea Bertolacci aura su atteindre le haut niveau jusqu’ici, Florenzi devient alors capitaine, et réalise trois saisons avec la Primavera. C’est lors de la dernière qu’il explose totalement, dans un 4-2-3-1, aux côtés de Federico Viviani (30 buts à eux d’eux, avec de nombreuses frappes de loin ou coup-franc direct) et de nombreux talents classe 93. Il rejoint la finale de Coupe d’Italie (perdu contre la Fiorentina) et soulève le trophée du scudetto en juin, dans une finale difficile face à Varese.

La première apparition en A, puis le prêt à Crotone

Quelques semaines avant ce scudetto en Primavera, Florenzi fera ses grands débuts en Serie A. Alors qu’il n’y a plus rien à jouer, le mister Vincenzo Montella décide de le faire entrer dans les dernière minutes de la 38ème journée face à la Sampdoria. Ironie du sort, il remplace le mythe et capitaine Francesco Totti, dont beaucoup souhaiteraient aujourd’hui lui voir prendre sa propre succession. C’est alors que Florenzi choisit Crotone pour se faire les dos de petit louveteau. Alors qu’il n’a jusqu’ici évolué qu’au poste de milieu de terrain, lors de la 1ère journée de Serie B son entraîneur lui demande s’il se sent de jouer arrière droit, Florenzi lui répond : « je jouerais même gardien s’il le faut ». C’est aujourd’hui à ce poste qu’il brille et voit son avenir en rose. Ale’ dispute 35 matchs sur l’ensemble de la saison, mais inscrit surtout 11 buts. Tout la panoplie y passera : retournée acrobatique, but de la tête, coup franc direct ou frappe de loin. Florenzi sera également utilisé dans une position de soutien à l’avant-centre. En parallèle, il dispute 8 sélections avec l’Italie U21 (et 2 buts). Au terme de la saison, il est élu « meilleur jeune de Serie B » (tandis que Verratti est lui élu meilleur joueur).

L’éclosion sous Zeman en Serie A

Il ne faudra que quelques jours pour que Florenzi soit rapatrié à Trigoria. Alors que l’on s’attend à le voir jouer le rôle de doublure, il s’imposera très vite comme un titulaire dans le schéma du mister boemo, en jouant comme milieu relayeur. Il y inscrira notamment 3 buts, dont le premier à San Siro face à l’Inter de… Stramaccioni, reprenant d’une tête croisée un centre du Capitano. Il fera parti des rares satisfactions de la saison, et jouera pas moins de 36 rencontres de Serie A et inscrira 3 buts (ainsi que 2 matchs de Coupe d’Italie et 1 but). Même avec le changement de coach, et l’intronisation d’Aurelio Andreazzoli, il ne quitte toujours pas le poste de titulaire, sauf pour la finale perdue face à la Lazio en Coupe d’Italie où il restera toute la rencontre sur le banc, sans pouvoir aider ses coéquipiers. En parallèle, il continue de jouer en Italie U21, et dispute ses deux premières sélections avec le mister Prandelli, d’abord face à la France (à Parme), puis face aux Pays-Bas (à Amsterdam). En fin de saison, il dispute l’Euro U21 en Israël, où il rejoint la finale avec l’Italie, face à l’Espagne. Il éliminera notamment en 1/2 finale les Pays-Bas de Kevin Strootman, futur coéquipiers quelques semaines après.

Le couteau-suisse de Garcia

Quand le mister français arrive à la Roma, il envoie un sms à tous les joueurs de son nouveau groupe. Walter Sabatini et Federic Massara parient avec Garcia que Florenzi sera le premier à répondre. Garcia décrit quelqu’un de « attachant, convivial qui aime beaucoup s’exprimer, sans être un moulin à paroles, d’un naturel sympathique et ouvert. Changement de poste, l’entraîneur de la Louve a une idée derrière la tête, et décide de le place dans son trident offensif, dans un couloir. Première journée de Serie A, à Livorno. Alors que Daniele De Rossi ouvre le score sur une frappe lointaine, c’est Florenzi qui va boucler le match, avec une jolie frappe croisée. En bon lieutenant, Florenzi ne reste jamais sur le banc durant 90 minutes, et est même souvent le premier à entrer. Il disputera, cette saison 2013/2014, 37 matchs de championnat et inscrira surtout 6 buts (ainsi que 4 matchs de Coupe d’Italie). Lors de cette saison 2014/2015, il devra de nouveau s’adapter à une nouvelle position. Un peu plus barré offensivement, Florenzi profite des blessures de Maicon et Vasilis Torosidis pour jouer comme arrière droit. Toutes compétitions confondues, Florenzi a déjà atteint son nombre de rencontres disputés, avec 41 matchs (dont 6 en Champions League).

Un avenir de capitaine romanista et de titulaire en sélection d’Italie ?

S’il marque en moyenne 5 buts par saison depuis son arrivée en Serie A, ceux-ci sont tous plus beaux les uns que les autres, à tel point que l’on pourrait constituer un Top 10 rien qu’avec ses buts : de son ciseau acrobatique face au Genoa, à sa frappe hors de la surface à ras de terre face au Torino, en passant par sa frappe croisée dans la lucarne face à Sassuolo. Du haut de ses 14 buts en Serie A (et 17 passes décisives), il ne quitte la pelouse que lorsqu’il est blessé ou suspendu. En 110 matchs possibles en l’espace de quasiment 3 saisons, Florenzi n’en aura manqué de 5. Depuis quelques jours, les compliments vont bon train à son égard, à tel point que beaucoup le voient comme le successeur de Totti concernant le capitanat. Les clubs anglais commencent à lui faire les yeux doux, mais son futur est ici, avec son compagnon de chambré, Alessio Romagnoli, de retour cet été. S’il a joué dans quasiment toutes les positions durant sa jeune carrière, Florenzi pourrait bien se poser de façon définitive au poste d’arrière droit : un poste qui semble lui coller à la peau, notamment de par son endurance et ses courses incessantes. S’il a encore des progrès à faire dans la phase défensive, dont il apprend avec Federico Balzaretti, Ashley Cole ou Maicon, il possède un bagage technique capable d’apporter dans la phase offensive. Cela ne l’empêche pas de grimper d’un cran en fonction de certains scénari. Et celui qui crie bingo aujourd’hui n’est autre que le sélectionneur Antonio Conte, qui en ferait un parfait latéral droit dans son 3-5-2, ce qui pourrait lui ouvrir une place de titulaire à l’Euro 2016.