EXCLU CSR: L’Interview de Gervinho (1ère Partie)

Le site Cesololaroma.com a l’honneur de vous faire partager l’interview de Gervinho. L’attaquant ivoirien réalise un bon début de saison, avec 4 buts et 3 passes décisives. Dans cette première partie, « G27 » revient sur sa formation, son passage en Ligue 1 (Le Mans et Lille), avec des titres collectifs et individuels, puis les difficultés rencontrés en Premier League à Arsenal.

Peux-tu nous parler de ton enfance ? Ta famille ? Et tes premiers pas avec le football ?
« Je suis né à Anyama, un quartier d’Abidjan. J’ai passé un test de pré-sélection pour la fameuse académie de foot du Sol Béni à Abidjan : un petit match à cinq contre cinq avec près de 200 personnes. La règle était claire : ils prenaient le mec qui avait un truc en plus. Les noms de ceux qui étaient retenus furent ensuite publiés dans le journal de l’Asec Abidjan ».

Très jeune, tu quittes ta famille, pour rejoindre la Capitale Abidjan et une école de football. Comment tes parents, et toi, avez vécu ce changement de vie aussi jeune ?
« Ce sont mes coachs qui m’ont appris la nouvelle. Quand je suis rentré à midi chez moi, tout le monde était heureux, mais personne n’a pleuré ; je ne me souviens pas d’avoir vu des larmes ».

Avant Rudi Garcia, il y a eu Jean-Marco Guillou. Peux-tu nous parler de son importance dans ta jeune carrière ? Et de façon générale ce qu’il a apporté au football ivoirien ?
« Jean-Marc Guillou a été un père pour tous les jeunes ivoiriens qui sont passés par l’Académie. Il avait foi en mes qualité de footballeur. Ca a été une grande joie et une chance immense d’intégrer son école de football ».

Peux-tu nous expliquer d’où vient le surnom de « Gervinho » et nous faire un bilan de ces années passées à l’Académie ?
« Le surnom Gervinho m’a été donné par un éducateur d’origine brésilienne. Pendant ces années à Sol Béni, j’ai énormément travaillé ma technique et j’ai fait toutes mes gammes. Ca a été une période décisive pour la suite de ma carrière ».

A tout juste 18 ans, le grand saut vers le « vieux continent » et la Belgique : Beveren. Le club jumelé avec l’Académie Guillou et un club où beaucoup d’ivoiriens sont passés. Comment s’est passé ton acclimatation à l’Europe et quel a été l’importance d’avoir des compatriotes pour ton intégration ?
« De nombreux joueurs ont quitté le centre afin d’aller jouer en Belgique. On était content de quitter l’Afrique pour l’Europe car on avait conscience de la chance qu’on avait. Nous nous sommes retrouvés à plusieurs à Beveren et c’était plus facile. Nous avons pu apprendre les exigences du football européen tous ensemble ».

Quels souvenirs gardes-tu de ses deux saisons passées là-bas ?
« Un bon souvenir. Il a fallu passer par une période d’adaptation mais ensuite j’ai réussi à trouver le chemin des filets et à faire des passes décisives. Individuellement c’était donc très bien même si collectivement c’était plus difficile. »

Pourquoi avoir choisi Le Mans, alors que de grands clubs européens s’intéressaient déjà à toi ? Rudi Garcia te connaissait déjà et t’avait déjà parlé à cette époque ?
« Je savais que Le Mans était un club réputé pour révéler les jeunes talents et je savais que je pourrai continuer à franchir des paliers progressivement là bas. C’est Alain Pascalou, le directeur technique du club qui m’a repéré. »

Une première saison en Ligue 1 moyenne individuellement (26 rencontres et 2 buts) mais intéressante collectivement (une 9ème place historique en championnat et une ½ finale de Coupe de la Ligue). L’apprentissage parmi l’élite ?
« Non je crois au contraire que c’était une bonne première saison. Le championnat de France est l’un des meilleurs au monde et j’arrivai dans un nouveau championnat et dans une sacrée équipe. J’ai fait petit à petit mon trou dans cette équipe et c’était le plus important. »

Alors que Rudi Garcia rejoint Lille, tu effectues ta deuxième saison dans la Sarthe. Et là totale inversion : Une saison chaotique collectivement (fleurt avec la relégation et trois entraineurs durant la saison), mais de très bonne augure sur le plan individuel (33 matchs et 7 buts). Selon toi, s’agit-il du tremplin de ta carrière ?
« L’effectif avait été bouleversé à l’intersaison et on a connu en effet une saison plus difficile. Mais on a réussi à s’en sortir en restant solidaires. Pour ma part j’étais devenu un cadre et j’étais désormais prêt à franchir un nouveau cap ».

Alors que tu es suivi par l’OM ou l’Atletico Madrid, tu décides de rejoindre Garcia à Lille. Es-ce un choix facile de retrouver ton ancien coach ou bien as-tu hésité à un autre challenge ? Es-ce une certaine pression d’être recruté pour presque 7 millions d’euros à 23 ans ?
« Le fait de retrouver le coach a bien évidemment compté dans mon choix. Il savait comment me faire jouer et m’utiliser. Mais je savais aussi que le LOSC avait un gros potentiel. Je ne me suis pas mis la pression avec le montant du transfert. J’avais juste envie de rendre la confiance qu’on m’avait donné. »

Tes capacités de buteur auront été mises en avant du côté du Losc : 18 buts en 43 matchs, puis 15 buts en 42 matchs. Comment expliques-tu cela ?
« Je l’explique par mon travail qui m’a permis de progresser devant le but mais aussi par mes coéquipiers de l’époque et le jeu mis en place par Rudi Garcia. Que ce soit avec Sow, Hazard ou mes autres coéquipiers d’attaques on permutait sur le terrain, on changeait facilement les postes et on donnait le ballon à celui qui était le mieux placé. »

Tu découvres durant ses deux saisons la Coupe d’Europe, avec 18 matchs d’Europa League (et 5 buts). Ces matchs sont-ils différents du championnat ?
« Bien évidemment les matchs de Coupe d’Europe comme les matchs internationaux sont des matchs de très haut niveau. Vous n’avez pas le droit à l’erreur dans ce genre de compétitions et cela permet de progresser plus vite. »

Tu y remportes tes deux et uniques titres collectifs jusqu’ici : Championnat de France et Coupe de France. Comment as-tu vécu ses semaines de succès ?
« C’était fantastique. L’aboutissement d’un travail bien accompli. Nous n’avons rien lâché et nous y avons cru jusqu’au bout. Même lorsque nous avions connu quelques moments de doute, on s’est très vite remis dans le sens de la marche. Il y a eu beaucoup de choses, qui ont défilé dans la tête. Je me suis rappelé de mes années à l’académie et du travail accompli. »

Sur le plan individuel, tu auras enchainé les consécrations : Meilleur joueur africain de Ligue 1 (deux fois), meilleur joueur ivoirien de l’année (deux fois), meilleur joueur de Ligue 1 (selon France Football) et nominé dans l’équipe type de Ligue 1. Cependant, tu termines second meilleur joueur de Ligue 1 (selon l’UNFP et la LFP) juste derrière ton coéquipier Hazard. Beaucoup de gens pensent que tu aurais mérité ce titre à sa place. Es-ce ton sentiment également ?
« Il ne faut pas avoir de regret dans la vie. Si Eden a gagne le titre de meilleur joueur c’est qu’il le méritait. »

Tu décides ensuite de rejoindre Arsenal. Quels sont les facteurs qui ont influé dans ton choix de quitter le LOSC et de rejoindre le club londonien ? Arsène Wenger t’a convaincu à défier ce nouveau challenge ?
« Arsenal était un club qui me faisait rêver depuis toujours. Le club, le jeu pratiqué tout me plaisait. Et travailler avec Arsène Wenger est également un honneur. »

Comment juges-tu la Premier League ? Ce championnat t’a-t-il fait progresser, et notamment sur le plan physique ?
« C’est un des meilleurs championnats du monde. J’y ai côtoyé et affronté de grands joueurs. L’ambiance dans les stades est fantastique. On ne peut que progresser « 

9 buts en 46 matchs de Premier League. Comment juges-tu ces deux saisons ?
« Je ne regrette pas mes deux années à Arsenal. Il y a eu, c’est vrai, des bons et des moins bons moments et j’espérais plus c’est vrai. Mais ce club restera à jamais dans mon cœur ».