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EXCLU CSR: L’Interview d’Alessandra Bianchi (2ème Partie)

Vous l’avez connue dans l’Equipe du Dimanche, puis dans divers talk-show de radio ou TV, Alessandra Bianchi (journaliste chez Diese Foot) nous fait l’honneur de répondre aux questions de Cesololaroma.org. Dans cette 2ème partie, la journaliste italienne nous parle plus précisément de l’AS Roma.

Retrouvez la 1ère partie (ICI) de l’interview EXCLUSIF d’Alessandra Bianchi.

Retrouvez aussi notre interview EXCLUSIF avec Gervinho (1ère partie ICI ; 2ème partie ICI).

Quels sont tes premiers souvenirs de tifosa ?
Les disputes amicales que j’avais avec mes copines, racontées dans la première partie de l’interview. Je n’ai jamais eu une autre équipe, je suis toujours restée fidèle, car j’ai toujours pensé que dans la vie on peut tout changer, sauf l’équipe chérie. Question de cœur.

Quel a été ton premier match au Stade ? Allais-tu en Curva Sud et en déplacement ?
Il me semble que cela a été un Roma-Juventus, il me semble qu’on avait gagné. Mais pour moi l’important était surtout d’aller en Curva Sud, c’était le rêve. Et je faisais tous les déplacements, partout : Bergame, Milan, Turin, Naples, Florence…. En fait j’ai commencé ce métier grâce à ma passion de supportrice. Et non pas l’inverse, en allant au stade grâce à mon métier.

Quel est ton pire moment et ton meilleur moment de tifosa ?
Le pire moment c’est toujours la défaite injuste, à cause d’une erreur d’arbitrage. Cela me laisse un sentiment d’impuissance et d’injustice. Le meilleur est le dernier titre, mais aussi avoir eu la possibilité de pouvoir applaudir un joueur comme Francesco Totti.

Rosella Sensi a été l’une des rares femmes Président, en prenant la succession de son père. Quelle est ton jugement sur la famille Sensi d’abord, puis sur la gestion Rosella ensuite ?
La famille Sensi a beaucoup donné à la Roma. On ne pouvait pas nier leur amour pour nos couleurs et les sacrifices qui ont été faits pour nous faire gagner le scudetto, en recrutant des champions comme Batistuta. Rosella a essayé de suivre le chemin de son père Franco, mais cela n’a pas été facile : elle a sûrement fait des erreurs, dues aussi à l’inexpérience.

Tu as rencontré il y a quelques jours Francesco Totti à Trigoria. Comment l’as-tu trouvé physiquement et mentalement ? Combien de saisons le vois-tu encore jouer ?
Francesco a toujours le moral : son envie de jouer et son hygiène de vie doivent être un exemple pour tous les jeunes qui rêvent de devenir footballeur professionnel. Il se sent bien, il doit juste se gérer pour pouvoir jouer le plus longtemps possible. Seul lui pourra dire stop, et il est tellement honnête avec lui-même et avec les supporters qu’il le fera quand il le faut. Je ne veux pas penser à ce jour-là : cela va être dur pour la Roma et pour les tifosi. S’il se sent bien, il est capable d’aller au Brésil cet été, mais cela dépend aussi de Prandelli. S’il n’y va pas, il aura quand-même terminé sa carrière avec l’Italie de la meilleure des façons : en tant que Champion du Monde !

Un mot sur De Rossi. As-tu eu peur qu’il quitte le club cet été ? Quelle est pour toi son importance autant sur la pelouse que en dehors à la Roma ?
Après Totti, De Rossi est l’autre symbole de Rome. Je l’ai toujours défendu contre tous les gens qui le critiquaient durement. Car pour moi ‘Danielino’ est incontournable pour ses qualités techniques. Ce n’est pas par hasard que les meilleures équipes européennes le voulaient, et qu’en équipe d’Italie il est un titulaire indiscutable. On a bien vu que cette année il est redevenu un pilier de notre milieu de terrain. En plus de cela, il a un caractère de leader, il n’a jamais peur d’assumer dans les moments difficiles. D’ailleurs c’est lui qui va souvent devant les journalistes quand les choses vont mal. J’avais effectivement peur qu’il puisse partir cet été, et je crois qu’avec un autre entraineur cela aurai été le cas. Mais heureusement il avait fait un pacte avec Garcia.

Sabatini a déclaré récemment que le football lui rendait la vie supportable. Comment le juges-tu humainement et professionnellement ? Ne crains-tu pas qu’il ait une voix plus « roque » que la tienne avec toutes les cigarettes qu’il fume (^^) ?
Un avis sur la societa américaine et le nouveau stade ?
J’ai arrêté depuis longtemps de fumer, donc je crains que la voix de Sabatini soit plus cassée que la mienne ! Blagues à part, je ne connais pas personnellement Sabatini. J’ai toujours pensé qu’il connaissait très bien le foot et j’étais déçue de certains recrutements. Il y avait des choix que je ne comprenais pas. Mais dans les deux années précédentes, il y a eu une série d’erreurs commises par tout le monde. Aujourd’hui on peut juger les choses ainsi que le travail de tout le monde avec plus de sérénité, y compris le boulot de la propriété qui ne connaissait rien de la réalité romana. Cette année, ils ne pouvaient pas se permettre un autre faux pas concernant le choix de l’entraineur. Le projet du stade est aussi très important. Aujourd’hui tous les grands clubs visent un stade de propriété : la Roma a besoin de son nouveau ‘Colisée’. Mais aussi retourner enfin en Europe, c’est une carte de visite qui compte énormément pour l’argent et le prestige. Vu que le maire s’est également engagé pour le projet, j’espère qu’on évitera les retards hallucinants qui concernent tous les travaux à Rome. Et vu qu’il s’agit d’un projet important, où l’image de la ville est également importante, je veux croire que cela sera prêt pour la date prévue.

Totti et De Rossi, qui ont avoué avoir été sceptiques au moment de sa nomination, parlent aujourd’hui de l’entraineur du futur. Est-ce présomptueux de le comparer tactiquement à Spalletti, au niveau de sa solidité à Capello et au niveau de sa communication à Mourinho ?
As-tu lu son livre, nommé « Tous les chemins mènent à Rome » ?
Je connaissais la réputation de Garcia en France et j’appréciais son boulot à Lille. Mais en connaissant Rome, j’avais peur qu’il ait besoin de temps pour comprendre l’ambiance de Roma, et surtout qu’à Rome il n’y avait plus de patience. Un troisième pari perdu après Luis Enrique et Zeman aurait été mal vécu par les tifosi et les médias. Mais par les joueurs aussi, comme vous le disiez de Totti et De Rossi. Mais Garcia a bluffé tout le monde, moi comprise. Il a tout compris, rapidement, de l’esprit romain, pas seulement de l’équipe. Effectivement la Roma est capable de faire du spectacle comme celle de Spalletti, mais en même temps d’être pragmatique comme celle de Capello. Elle est agréable à voir mais elle n’oublie jamais d’avoir une bonne défense, ce qui est pour moi un pilier essentiel pour pouvoir gagner dans le football. L’année dernière j’avais mal au cœur chaque fois que les adversaires avaient le ballon. Mais je pense aussi effectivement qu’un entraineur doit aujourd’hui savoir communiquer : Comme le fait très bien Mourinho. Quand Garcia déclare « On a remis l’église au centre du village », il montre qu’il a vraiment tout compris de Rome, il sait être subtil et habile. Chapeau. Je suis entrain de lire son livre et je découvre un homme avec les idées claires. Avec des hauts et de bas dans sa carrière, mais qui, grâce à sa passion et son caractère, a réussi dans le football. Et cela était son rêve. Et quel caractère costaud derrière ses yeux bleus ! C’est le meilleur achat de la Roma pour moi cette année.

Florenzi et Romagnoli. Pourquoi pas bientôt Viviani, Bertolacci et Antei. Des joueurs de la Roma Capitaines de l’Italie U18 jusqu’à l’U21. Penses-tu que le centre de formation franchit un cap ces dernières années grâce au travail de Bruno Conti et ses collaborateurs ?
La Roma a toujours eu une bonne tradition concernant les jeunes. Puis cela dépend aussi des périodes et de l’argent investi. Je crois que, de plus en plus, les clubs se rendent compte de l’importance de former un champion à la maison et qu’ils y font plus attention. Ensuite, il faut être conscient que l’on ne peut pas avoir un De Rossi ou un Totti tous les ans, mais il est d’important de former des jeunes qui feront une bonne carrière.

Les joueurs français ont souvent été très apprécié par les tifosi. Comment expliques-tu cela ?
Malgré les francophones (Benatia, Gervinho, Pjanic et Bastos) il n’y a pas de français cette saison. Quel joueur pourrais-tu proposer pour palier à cela en vue de la saison prochaine ?
Si je ne me trompe pas, la Roma a eu 7 joueurs français : Candela, Mexès, Ménez, Faty, Dacourt, Giuly et Zebina. Le plus beau souvenir est lié à Candela qui est devenu presque ‘Romain’. En général à Rome on apprécie le joueur qui s’engage à fond, qui mouille le maillot. Pas question de nationalité mais de volonté. Pourquoi les gens pardonnent les erreurs de Gervinho, par exemple ? Parce que personne ne doute de son envie et de son enthousiasme pour la cause giallorossa. Son arrivée, comme celle de Benatia, a été bien choisi. Bastos a encore besoin de temps, même si j’espère que le but contre le Sassuolo va le débloquer. J’espère que Pjanic restera, mais s’il y a une proposition importante, j’ai peur qu’il puisse partir. On l’a vu l’année dernière avec Lamela et Marquinhos. Si je devais proposer un joueur français, cela serait sûrement Cabaye, qui pourrait être très utile à la Roma et que Garcia apprécie beaucoup. Mais aussi Rio Mavuba ou Aurelien Rabiot.

Ciblons deux français en particulier : D’un côté Dacourt, qui suit une carrière de journaliste, et de l’autre Candela, qui continue de vivre à Rome et se considère plus romano et romanista que français. Peux-tu nous parler d’eux en tant que joueur, et ensuite de ce qu’ils sont devenus ? As-tu des contacts avec eux ?
Candela fait penser tout de suite au Scudetto. Lui et Cafu dans les couloirs, qui descendaient à folle vitesse et qui ont été l’un des secrets de la Roma de Fabio Capello. Je l’ai vu récemment chez lui, dans sa maison de campagne pas loin de Rome, lors d’un interview DieseFoot. Cela a été sympa comme toujours, car il raconte avec plaisir ses années romaines et il se sent vraiment romain. Dacourt était un joueur qui ne lâchait jamais rien. A la Roma il a joué trois saisons où il y avait beaucoup de problèmes aussi, surtout la deuxième. Au niveau professionnel, je l’ai croisé mais on n’a pas eu vraiment la possibilité de parler.

Peux-tu nous donner ton 11 de rêve de l’AS Roma ? (avec l’entraineur et 6 remplaçants)
(4-3-1-2): Masetti; Cafu, Samuel, Aldair, Rocca; B.Conti, Di Bartolomei, Falcao; Totti; Pruzzo, Batistuta.
Remplaçants: Tancredi, Benatia, Losi, Ancelotti, Cerezo, Amadei.
Entraineur: Liedholm (Capello, Spalletti)