EXCLU CSR: Interview de Philippe Genin (BeiN Sports)

A quelques heures de la reprise de la Serie A (samedi à 18h, sur la pelouse du Hellas Verona, pour l’AS Roma), dont BeiN Sports (où il est possible de s’y abonner ICI) a récupéré l’intégralité des droits TV, le site Cesololaroma a interviewé le journaliste qui se dédie depuis de nombreuses années au championnat italien, Philippe « Pippo » Genin.

Philippe, peux-tu nous parler un peu de ton enfance et de ton rapport avec le football à cette époque ? « Comme beaucoup à l’époque : St Etienne, Michel Platini, l’équipe de France avec la Coupe du Monde en Argentine. Je regardais tous les matchs diffusés avec mon grand-père qui m’emenait aux entraînements de foot et aux matchs le week-end quand je jouais ».

Quel a été ton parcours ensuite niveau professionnel ?« J’ai un parcours atypique. Je n’ai pas fait d’école de journalisme. Après les études secondaires, je suis passé par NRJ, puis Canal+… comme quoi. Mais je pense que pour commenter, ce n’est pas l’école où on apprend. On a ce truc en soi, cela doit être d’abord une passion avec le football ».

Tu arrives en 1993 à Canal+. Comment es-tu arrivé chez la chaîne n°4 ?
“J’ai fait un casting. C’était les débuts du grand « Jour de Foot ». Je devais regarder, monter, puis mixer un résultat de match dans les conditions du direct. Après, Charles Bietry et Thierry Gilardi ont regardé, et j ai débuté 5 jours plus tard. Un an de piges et un contrat en poche pour une aventure d’environ 17 ans »

Tu deviens assez rapidement l’un des représentants de la chaîne au niveau de la Serie A, comment cela s’est fait ?
“Cela n’a pas été si facile. Ce n’est pas comme aujourd’hui, où avec le flux de rencontres, les jeunes qui arrivent commentent sans jamais faire leurs preuves, et cela amène pas mal de déconvenues. Il y avait pas mal de respect vis-à-vis des personnes en place. J’ai fait des résumés, des sujets pendant près d’un an, puis les 20h30 de Ligue 1 qui étaient diffusés en 16/9ème. Après j’ai commenté en Angleterre, en Espagne et enfin vers ce championnat que j’aimais tant : l’Italie. En 1996, j’ai fait toute la fin de saison en suivant le Milan, jusqu’au titre face à la Fiorentina. Je me souviens de mes premiers pas en interview, comme un face à face avec Capello. Quel souvenir ».

Certains des internautes étaient probablement encore trop jeunes, mais tu as vécu de +/- loin le scudetto 2001 de l’AS Roma (un an après celui de la Lazio). Quels souvenirs en as-tu ?
“C’est certainement pour moi l’un des plus beaux titres et l’une des plus belles saisons en Série A. E quelle équipe incroyable avec les Totti, Montella et autre Batistuta….et encore Capello, pas un hasard ».

Tu rejoins ensuite BeiN à sa création en France. Comment as-tu été approché, et as-tu hésité ?
« Pas la moindre hésitation. 17 ans de Canal, un besoin d’autre chose. Quand Charles Bietry vous appelle, ça ne se refuse pas. On sait qu’on y va pour la gagne. C’est une compétition pour construire un énorme projet, et j’aime ce genre de challenge »

Tu passes donc ensuite en binome avec Bruno Cheyrou. Est-ce la première fois que tu ne travailles plus seul, et y a-t-il eu d’autres possibilités de casting que Cheyrou ?
« J’avais déjà travaillé avec des consultants quand j’étais à Canal+, mais pour Bruno, c’est là aussi une belle aventure. Deux mois avant de débuter l’Euro 2012 avec BeiN, Charles Bietry m’a demandé avec qui je voulais travailler en me montrant une liste : je lui ai dit Bruno Cheyrou, et il m’a répondu que cela tombait bien car c’était aussi son choix. Nous nous sommes croisés sur les terrains de L1 et L2, mais là c’était différent, notre complicité est énorme dans la vie, donc ça se ressent à l’antenne et c’est un garçon extra ».

Comment prépares-tu un déplacement pour un match type de Serie A et de Champions League ?
« Oh très simplement, nous avons un service voyage. Je regarde les meilleurs vols qui permettent d’arriver dans un bon timing. En général, toujours le même hôtel, pas loin de l’aéroport et du stade, pour ne pas perdre de temps. Je déteste être en retard ».

Comment prépares-tu un match que tu vas commenter ? La presse locale ? Les sites francophones ?
« Je suis un couche-tard et un lève-tôt. Tous les matins je télécharge La Gazzetta dello Sport, Corriere dello Sport, Tuttosport ou L’Equipe. J’échange sur Twitter, je consulte des sites des clubs que je vais commenter, et des sites francophones comme le votre où on apprend toujours quelque chose ».

Sur quels critères un match est diffusé en direct sur BeiN Sport. Par exemple, comment choisir entre un Roma-Sampdoria et un Napoli-Fiorentina ?
« Déjà, il y a les affiches décalées par la Lega Calcio. Après on pioche sur les gros, même si un est mal classé. Puis il y a aussi l’éventualité d’un adversaire d’un club francais en Champions League ou Europa League. ».

A force il y a certaines petites habitudes. Quels restaurants ou quels lieux pourrais-tu conseiller à nos internautes dans la Capitale italienne ?
« Rome est une ville magnifique. J’aime y flâner et y découvrir de nouveaux restaurants. Mais la Piazza del Popolo est pas mal ».

De façon générale, quelles sont tes meilleures souvenirs concernant les matchs de l’AS Roma que tu as commentés ?
« Aïe, il y en a tellement. Je ne vais pas me faire des amis, mais pour moi c’est le derby de 2002, et la victoire 5-1 avec le quadruplé de Montella, mon aeroplanino ».

Si tu devais faire un top 5 des joueurs de l’AS Roma qui t’ont fait vibrer ?
« Totti, Batistuta, Montella, Delvecchio, Cafu ».

Ton job te permet aussi d’être régulièrement en zone mixte. Comme une relation se crée à cet endroit avec les joueurs ?
Perso, ce n’est pas là que je peux échanger, mais plutôt avant les matchs, sur la pelouse .C’est un moment privilégié ».

Si tu devais dire une phrase pour chacun de ces joueurs, par rapport à ton rapport humain avec eux ? Mexes, Zebina, Candela, Dacourt, Faty, Giuly.
« Mexes : le Mustang, un cheval fougueux, mais quel gagneur. Zebina : le dandy talentueux. Candela : le français devenu italien. Giuly : la Formica atomica tricolore.Ricardo Faty : ah!!!! La famille. Dacourt : le cœur sur la main, le gars qui vous laissera jamais tomber et un artiste sur et en dehors des terrains ».

Et idem pour les derniers francophones de l’effectif : Benatia (parti l’été passé) Mapou (parti il y a quelques semaines à Lyon), Balzaretti (qui parle très bien français, comme on a pu le constater nous-mêmes à Trigoria).
« Mapou est parti trop tôt, je voulais le voir encore une saison. Balza’ a une carrière qui s’arrête bien trop vite. Quant à Benatia, il a été le patron en défense pendant une saison ».

Pour revenir sur BeiN, après quelques années de co-distribution avec Canal+, vous récupérez 100% des matchs italiens. Comment cela se caractérisera au niveau de l’offre ? Plusieurs matchs (par exemple à 15h le dimanche) pourront passer en même temps et en direct ?
« Et c’est très bien. Nous aurons ainsi les deux grosses affiches : le Samedi à 20h45, et le Dimanche à 20h45. Cela fait une grande différence. Après, on va piocher dans ce qui est le mieux à 15h. Bien sur on ne peut pas tout diffuser, il y a aussi la Liga et la Bundesliga, mais vous ne manquerez rien avec de longs résumés, tous les buts, qui passeront en fin de soirée dans le « Club du Dimanche », avec Alexandre Ruiz. Ce rendez-vous va devenir la référence du football européen ».

Szczesny, Falque, Salah, Dzeko et bientôt Digne. Comment juges-tu le mercato de l’AS Roma ?
« Positif. En gardant des éléments forts, le groupe se renforce avec des jeunes et d’autres expérimentés.En parlant de Dzeko, voila un joueur que j’attends avec impatience. Le buteur qu’il manquait à la Roma ».

Comment vois-tu cette saison 2015/2016 avec le probable retour sur le devant de la scène des clubs de Milan et un nouveau départ de la Juventus ?
« La Juve reste favorite, mais attention car il y a eu pas mal de changements, avec des départs très importants. Mais quand on voit le match face à la Lazio, ça va être toujours costaud. Derrière, la Roma doit confirmer et ne pas lâcher des points comme la saison dernière. Le milan, avec ce que l’on a vu en préparation et l’arrivée de Mihajlovic, sera un client ».

Avec Rudi Garcia, comment l’image de l’AS Roma a changé en France et au niveau des média ?
« Rudi a une très bonne image en France, il fait jouer ses équipes. Les gens ne sont pas dupes, ils voient ce qu’il a réussi à Rome. Maintenant il faut aller chercher un titre, en championnat ou en coupe, pour asseoir un peu plus cette image. Rudi, je le connais depuis près de 29 ans. Il n’a pas changé, c’est un gros travailleur, il sait où il va et je ne peux le dissocier de Fred Bompard et Claude Fichaux. Les trois mousquetaires de La Louve en quelque sorte ».

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