EXCLU CSR: Interview de Claude Fichaux (adjoint à l’AS Roma)

En attente d’un entretien avec Rudi Garcia lors des prochains mois, le site Cesololaroma.org vous propose un interview de Claude Fichaux, fidèle compagnon et entraîneur adjoint du mister français de l’AS Roma.

Peux-tu nous parler un peu de ton enfance, et tes premiers pas avec le ballon rond ? Ainsi que tes débuts professionnels à Mulhouse (à 40km de ton lieu de naissance)
« Avant dernier d’une fratrie de 15 enfants, je commence le football à 10 ans dans un petit village. A l’âge de 12 ans, je rejoins Colmar. A 15 ans je pars pour Mulhouse, où l’on me propose d intégrer le centre de Formation, dont je passerais 5 années : 2 à la formation, puis 2 ans en Ligue 2 et enfin une année en Ligue 1 ».

Ensuite s’en suivront Lille et Le Havres, deux équipes qui globalement végèteront dans la seconde partie de tableau (à part une 6ème place avec le LOSC). Que retiens-tu de ce passage dans ces deux clubs ?
« Je me suis éclaté. J’ai joué au plus au niveau du championnat de France. J’ai toujours privilégie le jeu, j’étais conscient de mes moyens. J’ai joue avec de grands joueurs, mon plaisir était là ».

Tu rejoins ensuite le club mythique de Saint Etienne, mais parmi la deuxième division. Quel était ton objectif en allant là-bas ?
« L’objectif premier était de monter dès la première saison. Finalement on a mis 3 ans à le réaliser. Mais je ne regrette pas mon choix d’avoir choisi l’ASSE, même en Ligue 2 car j’ai vécu de grands moments sur le terrain et de grandes émotions avec le peuple vert. Le stade Geoffroy Guichard est le plus chaud du championnat de France, les supporters sont fantastiques. C’est aussi là que je rencontre Rudi, alors entraineur adjoint lors de notre montée en Première Division ».

Après un passage au Mans, tu finis ensuite ta carrière de joueur avec un retour dans ta région natale. Notamment pour y travailler avec les jeunes du centre de formation (dont 5 ans avec les U18, une Gambardella gagnée et une 1/2 finale). Qu’est-ce que cela t’a apporté pour la suite ?
« L’objectif du retour à Strasbourg n’est pas de jouer en pro, mais d’abord d’accompagner les jeunes de la CFA en jouant avec eux, et ensuite de me reconvertir dans l’encadrement du RC Strasbourg. Quoi de mieux que de démarrer une nouvelle carrière dans sa région ? La boucle était bouclée en tant que joueur. Pendant 6 ans j’ai accompagné les diverses équipes de la formation, j ai appris un nouveau métier au coté de gens compétant, mais aussi la satisfaction de voir des jeunes joueurs jouer en équipe première ».

L’été 2009 tu rejoins le staff de Rudi Garcia à Lille. Comment s’est passé les contacts pour ton arrivée à Lille ? (notamment avec le « vrai-faux » limogeage » de Rudi)
« Un poste s’est libéré au LOSC. Rudi Garcia recherchait quelqu’un ayant un passée à la formation, mais aussi ayant été joueur professionnel et connaissant bien le LOSC. L’affaire s’est conclu très rapidement, car j’étais très attaché à Lille ».

Comment se sont passés ces 4 années là-bas ? Quel était ton rôle au sein de ce staff ?
« J’ai vecu 4 belles années au LOSC. Nous avons fait 2 fois l’Europa League et 2 fois la Champions League . Le tout agrémenté d’un doublé Championnat-Coupe en 2011. Une superbe équipe cette année-là. C’est dommage que nous n’ayons pas pu garder tous les joueurs pour la saison suivante. Là-bas, j’avais un rôle multi-fonctions : Les séances techniques avec Fred Bompard, La réathlétisation des joueurs pros avec le ballon, animer les séances supplémentairs pour les jeunes pros, ainsi que garder un oeil sur la CFA et les jeunes ».

Eté 2013, départ à l’AS Roma. A quel moment as-tu été mis au courant des négociations avancées entre Rudi Garcia et la Louve ?
« Dès que Rudi s’est engagé avec la Roma, il a tout de suite précisé qu’il souhaitait emmener son staff. Il m’a demandé si cela m’intéressait et j’ai dis oui immédiatement ».

Comment se passe l’arrivée dans un environnement totalement inconnu ? Comment le staff technique cohabite avec une moitié de français et une moitié d’italien ?
« Nous n’avons pas eu le temps de gamberger, car la préparation débutait quelques jours après notre arrivée. Tout se passe très bien entre membres du staff, il y a beaucoup de respect. Nous avons appris rapidement l’italien afin de communiquer avec le staff, mais surtout pour les joueurs. Par respect pour eux, nous avons dès le début animer les séances en italien ».

Est-ce que certains joueurs t’ont impressionné dans leur travail quotidien ? 
« Je ne peux pas en citer un en particulier, mais je peux seulement dire tous les joueurs. Ils sont tous très pros, et sont des acharnés du travail. Il n’est pas rare de voir les joueurs faire du travail supplémentaire ».

L’été passé, vous ne connaissiez pas les joueurs (ou bien très peu). Qu’est-ce que cela va changer vis-à-vis de cette préparation estivale 2014 ? Et quel est l’importance des activités extra-terrain comme le rafting ou les repas entre joueurs et staff ?
« Cela va permettre de gagner du temps : la langue, la compréhension des exercices, la connaissances des joueurs. D’ailleurs ils ont eu un petit programme d’entretien physique durant leurs vacances. Pour les activités hors-foot, cela permet de créer une cohésion entres les joueurs, mais aussi entre les différents membres du staff, ainsi qu’entre le staff et les joueurs ».

On sait que l’AS Roma sera aux USA, en gros, du 20 juillet jusqu’au 5 août, et qu’il y aura ensuite un stage en Autriche du 9 au 15 août.
Peux-tu nous parler brièvement des différentes étapes de cette préparation ? Notamment sur les difficultés des nombreux voyages aux USA.
« Cela sera chargé. Dans l’ordre : Boston, Denver, Dallas, Philadelphie, et enfin Boston ou Miami. Le problème est au niveau de la logistique, car cela amène beaucoup d’heures d’avion et de décalage horaires. Mais tout a été prévu pour que nous puissions bien travailler ».

En tant qu’ex-entraîneur des jeunes, suis-tu de près la Primavera et les autres équipes de jeunes de l’AS Roma ?
« Oui, je suis la Primavera car cela fait partie de mes fonctions à la Roma. Dès que je peux je vais voir les matchs. Ce qui me permet d’avoir un œil sur le potentiel des jeunes de la Roma. Je m’entretien quotidiennement avec le mister Alberto De Rossi, puisqu’il les entraîne tous les jours. Lorsqu’un joueur est intéressant, on le prends avec nous si besoin ».

Peux-tu nous dire un mot sur le stadio Olimpico, et la passion des tifosi romanisti ?
« Ah ! L’Olimpico ! Il faut le voir, c’est un spectacle sur le terrain, mais aussi un spectacle dans les tribunes. La Curva Sud est impressionnante, les chants aussi. L’hymne « Roma Roma Roma » avant le match te donne des frissons, c’est énorme ».

Questions mystères

Pascal Bridel (ami alsacien de Claude Fichaux, et actuel recruteur à l’AJ Auxerre) : L’Alsace te manque-t-elle ?
« Dire qu’elle me manque est un grand mot, mais je reste tres attaché à ma région, à mes racines. J’y reviens dès que je peux. Ma famille, mes amis y vivent encore. Je me tiens informé de ce qu’il s’y passe, notamment sportivement ».

Christophe Prudhon (ami de Rudi Garcia, et actuel observateur des adversaires de l’AS Roma) : En quoi le Rudi Garcia de Saint-Etienne et de la Roma a-t-il changé ?
« L’homme est resté le même. La fonction a changé. Aujourd’hui les sollicitations le concernant sont multipliés. Le staff est élargi, les modes de fonctionnement ont évolué. La presse est omniprésente ».

Alessandra Bianchi (journaliste italienne en France, notamment à LEquipe21 et DieseFoot) : S’il y a une idée différente sur des joueurs entre Rudi Garcia et son staff, qui aura le dernier mot ? Comment trouve-t-on la solution pour régler un désaccord ?
« Le chef reste le chef, c’est donc Rudi qui prend la décision finale ».

20) Ricardo Faty (ex-joueur de l’AS Roma, entraîné chez les U18 de Strasbourg par Claude Fichaux, et actuel joueur de l’AC Ajaccio) : D’abord entraîneur des jeunes, puis entraîneur adjoint. La suite logique peut être d’entraîner une équipe sur le long terme ?
« Pourquoi ? tu veux m’embaucher ? (rire, ndlr). Pour rester sérieux, je m’éclate à fond dans ce rôle d’adjoint ».