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EXCLU CSR: Interview de Christophe Prudhon (observateur des adversaires)

Si vous avez lu le livre de Rudi Garcia (« Tous les chemins mènent à Rome », sorti en février 2014), vous avez retenu le nom de Christophe Prudhon (page 213-214), qui est depuis plusieurs années l’observateur des adversaires, et homme de confiance, du mister français. Le site CSR a eu la possibilité de l’interviewer.

Introduction : Quand as-tu su que Rudi Garcia écrirait ce livre, et quand as-tu su que tu y serais cité ?
« Rudi m’en avait parlé et j’ai su que je serais dans le livre, lorsque Denis Chaumier m’a interrogé sur mon rôle de superviseur ».

Christophe, peux-tu d’abord nous décrire ton parcours ?
« J’ai joué gardien de but à l’ES Colombienne (club de Mickael Ciani) au niveau de la ligue de Paris. Puis je suis devenu entraineur d’équipes de jeunes (Morangis, Brétigny) et d’équipes séniors du niveau ligue jusqu’au CFA (Corbeil-Essonnes, Fleury-Merogis, Viry-Chatillon) ».

Comment s’est passé ta première rencontre avec Rudi Garcia ? Vous ne vous-êtes ensuite plus perdu de vue depuis ce jour ?
« Nous avons été mis en relation par l’intermédiaire de José Crespo responsable technique à Corbeil- Essonnes. Le club cherchait un entraîneur pour son équipe réserve, qui officie aussi en tant qu’adjoint auprès de Rudi. Le courant est passé assez facilement et nous sommes restés en contact après son départ à St Etienne ».

De façon globale, en quoi consiste ton « job » vis à vis de Rudi ? A quels moments conversez-vous ?
« Je suis chargé de superviser nos adversaires et d’établir un rapport circonstancié. Rapport que je transmets ensuite au staff. Nous échangeons dans la semaine lorsque c’est nécessaire et avant la rencontre ».

Dijon, Le Mans, Lille pour Rome. Est-ce que cette ascension a changé quelque chose pour toi ? Ton travail a connu une tournure différente ?
« Il a fallu s’adapter au changement de niveau, car je suis passé du championnat national à la Champion’s League. Ce changement est caractérisé par la rapidité du jeu et une prédominance de l’aspect tactique ».

Est-ce qu’il y a déjà eu un risque que votre « collaboration » professionnelle s’arrête, suite à la perplexité d’un club ayant engagé Rudi, ou bien cela s’est-il toujours bien passé ?
« Une précision, je n’ai pas pu suivre Rudi au Mans, j’ai travaillé pendant cette période au club de Troyes, comme responsable du recrutement pour le centre de formation. Pour répondre à la question, le risque est inhérent au monde professionnel ».

Rudi parle du décès de son père au sein de ce livre, quelle importance a-t-il dans sa vie professionnelle selon toi ?
« Le père de Rudi était un entraîneur reconnu et un homme avec de grandes qualités, donc comme tout père il a pu avoir une influence sur la carrière de Rudi. ».

Quand as-tu su que la Roma était intéressée à Rudi et quand as-tu su que c’était officiel ? Il t’a parlé de ce choix avant d’y signer son contrat ?
« J’ai échangé avec Rudi, avant son départ pour New-York, où il devait rencontrer le président James Pallotta. Il m’a ensuite tenu informé de l’évolution de la situation, jusqu’à la confirmation de sa signature et de mon intégration dans le staff ».

Rudi raconte dans le livre qu’il a dû un peu batailler avec Walter Sabatini, et qu’il t’a fait rencontrer le directeur sportif. Est-ce une rencontre physique ou téléphonique, et quelles étaient les arguments qui ont réussi à le convaincre ?

« J’ai rencontré Walter Sabatini à Trigoria et je pense que la societa voulait mettre Rudi dans ses conditions de travail habituelles, ce qui m’a permis de signer à la Roma ».

Outre Rudi, tes fonctions sont complémentaires avec Simone Beccaccioli (« virtuose en informatique et en montage vidéo ») et Fred Bompard. Que penses-tu d’eux professionnellement, et es-tu en interaction directe avec eux ?
« Ce sont de grands professionnels, Simone à une connaissance totale du Calcio et Fred à une lecture tactique ultra pertinente du jeu de l’adversaire. Chacun reçoit mon rapport sur l’adversaire et nous échangeons avec Fred comme nous le faisions à Dijon et à Lille ».

Suivais-tu la Serie A avant d’arriver au club ? Qu’est-ce qui t’a surpris positivement et négativement au sujet du pays et du championnat ? Quelles principales différences avec la Ligue 1 ?
« J’ai toujours suivi les grands championnats européens, donc la Série A. Le pays est magnifique, par contre il ne permet pas de se mettre au régime !!!!! C’est un pays de football, mais qui mériterait d’avoir des stades modernes pour accueillir les tifosi dans des conditions optimales. La différence avec la Ligue 1 se situe surtout au niveau de la rigueur tactique, qui s’applique du début à la fin d’un match ».

Peux-tu nous décrire une semaine type de travail ? Travailles-tu en amont, en cherchant des informations via internet par exemple, avant d’assister aux matchs ?
« Déjà, j’ai un métier qui m’occupe la semaine (responsable de service chez AG2R La Mondiale). Bien évidemment, je travaille en amont sur le site WYSCOUT, pour accumuler le maximum d’informations et ainsi arriver au match, avec une première connaissance de notre futur adversaire ».

Est-ce qu’il peut t’arriver, de façon totalement informelle, de mettre en avant un joueur que tu as observé, pour orienter la cellule recrutement vers ce joueur ?
« Cela peut m’arriver, mais il ne s’agit pas de ma mission première ».

La Roma a signé Falque et conserve Ibarbo. Iturbe devra aussi se racheter après une saison en dents de scie. Quelles impressions ses joueurs t’avaient fait quand ils étaient dans leur club précédent ?
« Ils s’étaient toujours montrés à leur avantage, leurs qualités respectives représentent un plus pour la Roma. Par expérience, je sais qu’une première saison dans un club demande un temps d’adaptation, je pense qu’ils donneront leur pleine mesure au cours de la saison à venir ».

Sans faire de lien direct avec la Roma, y a-t-il certains joueurs qui t’ont littéralement surpris (dans le bon sens du terme) en Serie A ?
« J’ai surtout été agréablement surpris de l’excellente qualité des gardiens de but, qui possèdent une technique de mains très sûre, ce qui se perd de plus en plus, en raison de l’arrivée des nouveaux ballons. Au niveau des joueurs, Pogba a pris une dimension, qui pour moi, en fait un futur ballon d’or. Luca Toni par son efficacité, force également le respect ».

Vas-tu souvent physiquement à Rome, et particulièrement à Trigoria ? Que penses-tu des installations sportives, ainsi que de l’Olimpico (et son ambiance) ?
« Je vais à Trigoria au moins une fois tous les deux mois et je trouve le cadre idéal pour travailler. L’ambiance de l’Olimpico est phénoménale et l’hymne chanté par les tifosi à l’entrée des joueurs, me donne à chaque fois des frissons. Après, comme tout stade avec une piste, il ôte de la pression à l’adversaire ».

Concernant ton travail, as-tu une autonomie totale, ou bien il peut y avoir des discussions avec la societa pour apporter des pistes d’améliorations ?
« Je suis les directives de Rudi et j’échange avec Frédéric Massara sur mon fonctionnement, en particulier pour l’organisation de mes déplacements ».

La première saison a été euphorisante, tandis que la seconde a été beaucoup plus compliquée. As-tu senti Rudi différent lors de tes discussions avec lui ? (moins détendu cette année) Est-ce que finalement on apprend pas plus lors d’une saison difficile, pour en tirer les enseignements ?
« Les deux dernières saisons nous avons terminé à la deuxième place, donc seul le résultat final est important. Après, toutes les situations apportent des enseignements, ceux-ci nous permettront d’être encore plus performants pour les échéances à venir ».

Suite à sa conférence de presse pré-Palermo, beaucoup de rumeurs de départ ont circulées durant les 7-10 jours suivants. As-tu eu « peur » de devoir quitter la Roma avec lui, ou bien l’as-tu vécu sereinement ?
« J’ai toujours été très serein, car dans le football professionnel, la vérité d’un jour n’est jamais celle du lendemain ».

Tu vas visionner trois nouvelles équipes cette saison : Carpi, Frosinone et Bologne. As-tu déjà commencé à te renseigner sur ces futurs adversaires ?
« Pas encore, je profite de mes derniers jours de congés. Une fois le calendrier connu, je pourrai commencer à me préparer pour la prochaine saison. Je sais juste que Carpi a réalisé un excellent parcours pour monter et je connais Bologne, qui était en série A lors de la saison 2013/2014 ».

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