El Shaarawy, un prédestiné qui veut rattraper le temps perdu

Après avoir quitté le Milan AC cette saison (où il a alterné deux bonnes saisons, puis deux suivantes fantomatiques), El Shaarawy s’est exilé du côté de l’AS Monaco… sans réussite. Le voila donc de retour en Serie A, pour tenter de relancer sa jeune carrière.

Stephan El Shaarawy est né le 27 octobre 1992, à Savona (dans la région Luguria). Il est né d’un mariage où son père est égyptien (et est arrivé dans sa ville de naissance 10 ans plus tôt) et d’une mère cittadine suisse. De 9 ans à 14 ans, il fait ses débuts près d’où il vit sa jeunesse, au Legino. Ensuite, il est alors repéré par le Genoa, où il va faire toutes ses gammes dans les équipes de jeunes. En Primavera, sur l’espace de deux saisons, il réalise le triplé : Coppa Italia et SuperCoppa (2008/2009), où il marque un doublé pour ce second titre, et le Scudetto de la catégorie (2009/2010), où il marque en finale. Pour l’anecdote, à Trigoria face à l’AS Roma du mister Alberto De Rossi, il marque un but qui rappelle un peu celui inscrit samedi à Empoli (voir la vidéo ICI). Il devient ensuite le 3ème plus jeune joueur de l’histoire de la Serie A (et plus jeune de l’histoire du Genoa), en faisant son entrée le 21 décembre 2008, à la 83ème minute contre le Chievo. La saison suivante, il dispute deux autres matchs avec les rossoblu, dont une entrée sur la pelouse de la Juventus (défaite 3-2). La saison 2010/2011, le « Faraone » rejoint Padova, pour un prêt d’une saison en Serie B. Alors qu’il est encore âgé de 17 ans, il inscrit en septembre son premier but professionnel, face à la Reggina. Il subit ensuite une tendinopathie rotulienne bilaterale, qui le tiendra éloigné des terrains pour environ 3 mois. Malgré cela, il finit le championnat avec 7 buts en 25 matchs (où il sera plus tard primé comme le « meilleur joueur de la saison en Serie B », et fût aussi un artisan des play-off pour la montée en A, avec 2 buts en 4 matchs.

El Shaarawy tape alors dans l’oeil du Milan AC, qui paye le prix fort pour obtenir la copropriété (correspondant à la moitié du contrat) du jeune joueur alors âgé de 19 ans : 7 millions d’euros + le contrat de Alexander Merkel. Il y fera ses débuts officiels, le 18 septembre 2011, remplaçant Alberto Aquilani face au Napoli. Trois jours plus tard, il marque son premier but en Serie A, signant l’égalisation à San Siro contre l’Udinese. Encore trois jours plus tard, il dispute son premier match comme titulaire, toujours à San Siro, face à Cesena. Cette première saison en rossonero se conclura par une titularisation en 8ème de finale de Champions League, à l’Emirates Stadium contre Arsenal (défaite 3-0), à l’âge de 19 ans. Au terme de cette première saison, il dispute 28 matchs (toutes compétitions, pour 4 buts). Mais c’est lors de sa seconde saison, où il sera racheté définitivement du Genoa (pour un montant global d’environ 20 millions d’euros). El Shaarawy (qui est un « champion de billard » selon Montolivo) va réaliser la saison la plus pleine de sa jeune carrière. Il dispute 37 des 38 matchs en championnat, et inscrit un total de 16 buts (à voir sur cette vidéo ICI), et marqua même à 14 reprises, durant les 19 matchs de la phase aller). Cela lui permettant de monter sur le podium du classement des buteurs, derrière Cavani et Di Natale. Il commence aussi à briller sur la scène européenne, où il devient le plus jeune buteur du Milan AC en champions League, face au… Zenit St Pétersbourg de Luciano Spalletti. Durant cette campagne, il inscrira 2 buts en 8 rencontres. Au total, il joua 46 matchs officiels, pour 19 buts. Cela lui permettra notamment d’être élu « meilleur jeune » du championnat, et le « Ballon d’Argent » (remis par l’Union de la Presse Sportive Italienne, à voir le palmarès ICI) qui prime autant le talent que les qualités morales. Courtisé par le Napoli et le FC Barcelone, il décide alors de prolonger son contrat (pour un salaire net annuel de 2 millions d’euros). Il refusera même une proposition salariale de 7 millions annuel venant de l’Anzhi (en Russie), alors que Galliani avait déjà accepté leur offre de 40 millions d’euros. Durant cette saison 2012/2013, il intégrera également la sélection d’Italie pour un total de 10 apparitions sous le maillot azzurro (dont sa participation à la Coupe des Confédérations).

Les deux saisons suivantes seront un vrai fiasco, pour motif physique. Le jeune joueur ne va jouer que 9 matchs (dont 6 en Serie A) lors de la saison 2013/2014. Suite à une lésion musculaire à la cuisse (indisponibilité de deux semaines), il est de nouveau absent pour une micro-fracture à l’os métatarse du pied. S’il revient après 2 mois, la douleur l’oblige à être opéré pour stabiliser l’os concerné. Au total, il sera absent 5 mois, et retrouvera la compétition lors du mois de mai. Sa dernière saison en Lombardie ne sera guère mieux. Le 8 novembre 2014, El Shaarawy retrouve le chemin des filets… 18 mois après son dernier but. Oui mais voila, sa blessure au pied resurgit alors, et l’éloigne de nouveau des terrains pour une période de 4 mois. Il terminera cependant l’aventure de belle manière, puisque le 24 mai 2015, il inscrit un doublé face au Torino (à San Siro), chose qu’il n’avait plus fait depuis 2012. C’est alors que, d’un commun accord, les parties décident de se séparer. L’international italien rejoint alors l’AS Monaco, sous la forme d’un prêt (3 millions d’euros), avec une option d’achat fixée à 13 millions d’euros. Si cela se passa plutôt bien sur la scène européenne (3 buts en 9 matchs), il sera un véritable flop en Ligue 1, où l’attaquant ne sera titulaire qu’à 8 reprises (pour 677 minutes jouées au total). Refusant de lever le rachat obligatoire (suite à une certain nombre de match), le club azuréen ne le fait alors plus jouer. El Shaarawy (dont les idoles sont Chevtchenko, Ronaldinho et Kaka) décide dans les derniers jours du mercato de retrouver la Serie A… et l’AS Roma (refusant des destinations comme le Shanghai d’Eriksson, la Fiorentina, Bologna, Wolfsburg et le Spartak Moscou), où il fût convaincu par une réunion secrète (en face à face) avec Walter Sabatini, et un coup de téléphone du nouveau mister toscan. Difficile pour lui de rêver meilleurs débuts, avec 4 buts et 1 passe décisive (à voir sur cette vidéo ICI) en 5 matchs de Serie A (ainsi qu’une titularisation face au Real Madrid en Champions). S’il n’a pas encore montré toute l’étendue de son talent, le « Faraone » (dont il avoua dans un interview que c’est lui qui s’était inventé ce surnom dans sa jeunesse) semble s’être très bien intégré au sein des rouages collectifs de l’équipe (mais aussi au sein de la communauté musulmane du vestiaire, dont il avait déclaré par le passé « être croyant, mais me limite à ne pas mal manger ni boire, pour moi la religion est une question de valeurs »). A tel point qu’il peut à présent rêver de l’Euro 2016 l’été à venir (où il fût malgré tout appelé 4 fois entre septembre et novembre 2015). , 

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